Un héritage princier : qui étaient les Ducs de Bourgogne ?
Avant de prendre la route, il faut comprendre l’ampleur de ce que l’on s’apprête à découvrir. Les ducs de Bourgogne ne furent pas de simples seigneurs régionaux. Ils furent, pendant près d’un siècle, les rivaux directs des rois de France. Leur puissance s’étendait de la Bourgogne aux Flandres, de la Franche-Comté aux Pays-Bas bourguignons. Leur cour, brillante, cosmopolite, attirait artistes, poètes, musiciens, architectes et diplomates.
La Bourgogne connut l'apogée de sa puissance et de son prestige au temps des Ducs de Bourgogne : Philippe II le Hardi (1363-1404), Jean Ier de Bourgogne, dit Sans Peur (1404-1419), Philippe III le Bon (1419-1467) et Charles de Valois-Bourgogne, dit le Téméraire (1467-1477). Les quatre Ducs Valois comptèrent parmi les Princes les plus puissants dans l’Occident de la fin du Moyen Age. Ces noms résonnent encore dans les pierres des palais et des forteresses. Ils ont laissé derrière eux un patrimoine exceptionnel : châteaux, villes fortifiées, hospices, abbayes, œuvres d’art majeures, traditions culinaires et viticoles.
La Route des Ducs de Bourgogne est née pour mettre en lumière cet héritage. Elle relie les lieux emblématiques de leur pouvoir, mais aussi les paysages qui ont façonné leur identité : vignobles prestigieux, forêts giboyeuses, vallées fertiles, routes commerciales. Mais la Route des Ducs de Bourgogne n’est pas figée dans le passé. Elle vibre encore, portée par ses traditions vivantes, sa gastronomie renommée et ses paysages classés.
Le parcours emprunté de cette Routes des Ducs de Bourgogne chemine sur les plateaux de l’Yonne, s’amuse dans les collines boisées de la Côte-d’Or avant de s’égarer dans les vignobles pour mieux s’arrêter dans les villages de Saône et Loire… Sont ainsi mis en avant les anciens palais des ducs, mais aussi leurs vignobles, les villes médiévales de Bourgogne, des trésors d'art religieux gothique, les châteaux médiévaux ouverts à la visite, les fêtes et manifestations à thématique médiévale, sans oublier des suggestions d'itinéraires, motorisés ou non, et des hébergements dans des bâtiments d'origine médiévale.
Dijon : capitale des ducs, capitale du goût
Le voyage débute naturellement à Dijon, ancienne capitale des ducs et aujourd’hui l’une des villes les plus séduisantes de l’est de la France. Dès les premiers pas dans le centre historique, le charme opère. On ressent cette atmosphère unique : une ville élégante, vivante, où les façades médiévales côtoient les hôtels particuliers Renaissance et les grandes places classiques. Le cœur historique, parfaitement préservé, se parcourt comme un musée à ciel ouvert. Les maisons à colombages aux teintes chaudes se penchent doucement au-dessus des ruelles pavées. Les hôtels particuliers témoignent de la richesse passée. Et puis il y a le majestueux Palais des Ducs et des États de Bourgogne, véritable cœur battant de la ville.
Le Palais des Ducs et des États de Bourgogne domine la ville. Ses ailes successives racontent l’évolution du pouvoir : la tour Philippe le Bon, fière et élancée, rappelle la grandeur du XVe siècle ; les bâtiments classiques témoignent de l’époque où Dijon devint capitale provinciale du royaume de France. À l’intérieur, le Musée des Beaux-Arts est un trésor. Les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur, chefs-d’œuvre de sculpture gothique, impressionnent par leur finesse. On y découvre aussi des peintures flamandes, des retables, des objets précieux qui illustrent le rôle majeur des ducs comme mécènes.
Flâneries gourmandes
Dijon, c’est aussi une ville de saveurs. Les halles, dessinées par Eiffel, vibrent de l’énergie des marchés bourguignons : fromages affinés, volailles de Bresse, pains dorés, légumes du Val de Saône, épices, vins… Et bien sûr, la fameuse moutarde de Dijon, dont les artisans perpétuent aujourd’hui les recettes traditionnelles. Impossible de repartir sans avoir flâné aux Halles de Dijon, où les produits du terroir s’offrent dans une explosion de couleurs et de senteurs : fromages affinés, pains croustillants, escargots, moutardes artisanales.
Dans les rues pavées, les terrasses invitent à s’attarder autour d’un verre de kir, d’un bœuf bourguignon fondant ou d’un pain d’épices parfumé. Dijon donne le ton : ici, le voyage sera aussi gastronomique. Et puis, il y a cette atmosphère… un mélange de raffinement discret et de convivialité qui donne immédiatement envie de prolonger le séjour.
En quittant Dijon, la route s’enfonce dans un paysage qui semble avoir été dessiné pour la douceur de vivre. Les collines se couvrent de vignes, les villages se blottissent autour de leurs églises romanes, les murets de pierre sèche bordent les chemins.