« Le temps est tout à fait beau : nous avons été à Saint-Pierre, à travers la vallée ».
« Nous sommes descendus à la mer par un chemin à droite, que je ne connaissais pas. C’est la plus belle pelouse en pente douce que l’on puisse imaginer. L’étendue de mer que l’oeil embrasse de la hauteur est des plus considérables. Cette grande ligne bleue, verte, rose, de cette couleur indéfinissable qui est celle de la vaste mer, me transporte toujours. Le bruit intermittent qui arrive déjà de loin et l’odeur saline enivrent véritablement... »
« J’ai beaucoup étudié la mer, qui était toujours la même et toujours belle. » Eugène Delacroix, Extrait du Journal (1822-1863).
La valleuse de Saint Pierre-en-Port a été creusée par le ruissellement des eaux. Elle offre un accès à une plage de galets où l’on peut se baigner, naviguer ou aller à la pêche.
A voir : L’église, ouverte au culte en 1851, intègre le porche de celle du XIIIe siècle, anciennement située dans la valleuse, et qui fut détruite en 1849. Ses vitraux datent de la fin du XIXe siècle. Au XIIIème siècle, deux lieux de culte sont édifiés à Saint-Pierre-en-Port : Une chapelle, dite "Saint Gervais", située sur le plateau, au hameau de Boulleville. (près de l'actuel château d'eau) et l'église, située en plein centre de l'ancien cimetière, dans le vallon.
En 1920, un fossoyeur découvre des statues enterrées dans le cimetière. Elles proviennent de l'église du XIIIème siècle. Après restauration, elles sont placées dans la nouvelle église. L'une d'elles, la Vierge à l'Enfant, date du XIVème siècle.
Prendre la direction de Sassetot-le-Mauconduit par la D79 (5 km). le village de Sassetot se trouve sur la falaise entre les plages de Petites-Dalles et les Grandes-Dalles.
« Passé devant le château de Sassetot. Environs magnifiques ; la descente pour aller à la mer. Effet de ces grands bouquets de hêtres. Arrivé à la mer par une ruelle étroite ; on la découvre tout d’un coup au bout du chemin. Mer basse. J’ai été sur les rochers et ramassé deux des coquillages qu’on y trouve collés ; j’ai essayé de les manger. Chair dure, sauf un je ne sais quoi de jaune qui a un goût agréable de moule. Fait plusieurs croquis ». Eugène Delacroix, Extrait de son Journal (1822-1863)
Admirer le château de Sassetot du XVIIIe siècle, transformé en hôtel-restaurant. Jean-Robert Bigot lance sa construction en 1772, à la fin du règne de Louis XV1. En 1875, le château accueille Élisabeth de Wittelsbach, dite Sissi, lors d'un de ses séjours en France. Les façades et toitures du château et de l'orangerie, ainsi que le colombier font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques.
Visiter l’église Notre-Dame-de-la-Nativité dans le centre du bourg. L'ancienne église construite au Xème siècle est détruite en 1852 pour être reconstruite grâce à la générosité du marquis de Martainville, dans le style néo-roman très en vogue au XIXème siècle.
A voir aussi le Château de Briquedalles du XVIIIe siècle, , à l’emplacement de l’ancien prieuré, acquis 20 ans après sa construction par la famille Lachèvre, dont les descendants sont toujours propriétaires. Aujourd’hui ce manoir, joliment restauré, est une accueillante maison d’hôte. La chapelle Saint Jean Baptiste construite en 1762, la chapelle de Petites-Dalles construite, en 1892.
Si vous aimez le surnaturel, alors venez à la rencontre du mystère. La Maison des Croyances et Traditions du Terroir vous propose, à l'aide de panneaux, d'objets anciens, une rétrospective de la vie des habitants du Pays de Caux, dans les siècles passés, accompagnée d'anecdotes locales. Des croyances avec les saints guérisseurs, des légendes rehaussées de sorcellerie.
Poursuivre votre circuit touristique sur les traces d'Eugène Delacroix en suivant la direction d'Angerville-la-Martel par la D17 (11,9 km).
« Revu, en passant, Angerville, où je suis venu, il y a tant d’années, avec ma bonne mère, ma soeur, mon neveu, le cousin, tous disparus ! Cette petite maison est toujours là, comme la mer que l’on voit de là, et qui y sera encore à son tour, quand la maison aura disparu. »
« Promenade avec Bornot à Angerville, dans le char à bancs. On a coupé la plupart des sapins qui étaient aux environs de l’église...». Eugène Delacroix, son Journal (1822-1863)
Profiter de ce site agréable composé de l'église Saint-Martin, agrandie au XVIe siècle. La flèche du clocher date de 1772, elle fut reconstruite après que la foudre l’ait détruite, il est de nouveau foudroyé et reconstruit en 1837. Plusieurs vitraux de grande qualité datent du XVIe siècle.
Admirer la tour-lanterne du 1936, construite par l'abbé Maurice. Un éclairage violet est observable au crépuscule. Elle rappelle la présence d’un ancien cimetière de lépreux. Un fanal était allumé à leur sommet quand un décès survenait dans la communauté, pour éclairer et guider les défunts vers le repos éternel.
Aux alentours d’Angerville-la-Martel, le calvaire d'Alventot est orné de plusieurs motifs religieux ou funéraires en relief et d’une série de H qui pourraient se rapporter au souverain, peut-être Henri II, qui régnait lors de l’édification du monument.
Revenir sur vos pas, puis prendre la direction de Thérouldeville via la D33 et D69. Sur votre route, remarquer les cavées. Une cavée ou chemin creux est un sentier dont le niveau se trouve en dessous de celui des terrains adjacents.
« Revenus par Thérouldeville, et visité la petite église. Touché extrêmement de cet endroit : le presbytère est charmant. Je parlais à Bornot de la condition tranquille du curé d’un lieu pareil... ». Eugène Delacroix, Journal (1822-1863).
A voir l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul des XVIe et XVIIe siècle. Le clocher est d’une hauteur impressionnante. La voûte est confectionnée à la manière d’une coque de bateau renversée. Les vitraux sont remarquables.
Continuer vers Valmont par la D17 (16,7 km) surnommée la "Petite Suisse Cauchoise". Au début du XIIème siècle, le domaine de Valmont fut fondé par la famille d’Estouteville. Estout, ancien viking, compagnon de Rollon, reçut « Vallemont » en récompense. Le domaine passa ensuite successivement aux Orléans-Longueville, Matignon et Grimaldi de Monaco. Situé au cœur du Pays de Caux, Valmont est un village chargé d'histoire.
« ... Dormi dans ma chambre, puis fait un tour de parc à la nuit tombante. Ce parc et ces arbres gigantesques ont pris un aspect qui est presque lugubre ; mais en vérité, si l’on pouvait, en peinture, rendre de pareils effets, ce serait ce que j’ai vu en paysage de plus sublime. Je ne peux rien comparer à cela. Cette forêt de colonnes formées par les sapins, le vieux noyer en montant, etc... ». Eugène Delacroix, Journal (1822-1863)
C’est par une belle journée d’août 1814, qu’Eugène Delacroix jeune adolescent de 15 ans découvre Valmont, lors d’une visite chez son oncle Nicolas-Alexandre-Marie Bataille.
Après la séparation de l'église et de l'Etat, l'abbaye Notre-Dame-du-Pré construite par Nicolas D'Estouteville à été rachetée par l'oncle d'Eugène Delacroix. Celui-ci y a séjourné durant de nombreuses années, son journal en témoigne comme bon nombre de ses œuvres. Un itinéraire sur ses traces avec des reproductions de tableaux réalisés sur place est à votre disposition à l'Office de Tourisme.
De l'église abbatiale en ruines, reste en état la superbe chapelle axiale dite de Six-Heures, où se trouvent des gisants finement sculptés des d'Estouteville, des vitraux datés de 1552, ainsi qu'un groupe sculpté attribué à Germain Pilon. Eugène Delacroix a peint le tableau Ruines de l'abbaye de Valmont, aujourd'hui au musée du Louvre. C'est dans le cadre de cette abbaye que se déroule le premier chapitre de L'Aiguille creuse de Maurice Leblanc.
Surplombant Valmont, le château construit par la famille d'Estouteville, descendant de la famille Grimaldi de Monaco. A l’origine fermé sur ses quatre côtés, il ne reste plus à ce jour que l’aile médiévale du XIIème siècle et l’aile Renaissance. Le donjon est l’un des plus anciens et des mieux conservés de France.
La dernière étape de votre escapade touristique sur les pas d'Eugène Delacroix prendre la direction d'Ypreville par la D17 et la D926 (23,6 km).
Mercredi 24 octobre. « Parti à neuf heures et demie avec Bornot. Pris l’ancienne route d’Ypreville, par le plus beau temps du monde. J’ai parcouru avec bien du plaisir cette route. Revu la futaie à l’entrée d’Ypreville... Cette route est toute changée depuis trois semaines : tons dorés et rouges des arbres. Ombres bleues et brumeuses. » Eugène Delacroix, Journal (1822-1863).
A voir l'église Saint-Michel d'Ypreville avec son clocher carré du XVIIet la nef gothique, le Tombeaux du XIVe siècle dans le cimetière, le Château de Biville et les ruines de la chapelle Saint-Martin à Biville, romane.