La première étape de votre escapade touristique se fera de la "Ville d'art et d'histoire" d'Anger (km 0), en bordure de la Maine, la capitale de l'Anjou dispose d'un riche patrimoine architectural. Le roi René renforce le rôle d’Angers comme capitale du duché. C’est là que siège le Conseil ducal, ainsi que la Chambre des comptes établie près du château.
Monument phare de la ville, le château d'Angers, édifié au XIIIe siècle par Saint Louis, fut aux XIV et XVe siècles la résidence des ducs d'Anjou. Flanquée de dix-sept tours, cette impressionnante forteresse médiévale abrite un chef-d'oeuvre : la célèbre tenture de l'Apocalypse. Le roi René naît au château d’Angers le 16 janvier 1409, il y réside par intermittence jusqu’en 1471, entre ses voyages en Provence, ses expéditions italiennes et des séjours dans ses manoirs angevins.
Pour le château, le temps du roi René fut une période de construction et d’embellissements : aménagement des appartements et, surtout, construction de la galerie nord du logis royal qui fait suite à la chapelle. La dernière construction de René au château d’Angers est le châtelet, charmant logis à deux étages scandés de pilastres (rappelant ceux de Saumur) qui vient parfaire et enclore la cour seigneuriale.
Le château du roi René invite également ses visiteurs à découvrir ses charmants jardins suspendus et son panorama sur la ville et la rivière Maine. Entiché de ses jardins, le roi René a aussi tenté, en vain, d’aménager des fontaines pour alimenter les vergers et les carrés de fleurs parcourus d’allées couvertes dans le vaste périmètre du château.
La visite d'Angers se poursuit avec la collégiale Saint-Martin. Le chapitre Saint-Martin a été institué par le comte Foulques Nerra et sa femme Hildegarde en 1029. Le roi René fit entreprendre d’importants travaux dans l’église Saint-Martin ; c’est notamment grâce à ses dons que les murs du transept furent surélevés vers 1471 et recouverts d’une nouvelle charpente où ses armes rappellent encore sa libéralité.
La Collégiale Saint-Martin est un édifice carolingien majeur, chœur gothique angevin, peintures du Moyen Âge… Autant de témoignages de quinze siècles d’histoire dévoilés dans la collégiale Saint-Martin qui constituent un voyage inoubliable à travers le temps.
Animé par une dévotion sincère, le roi René fut un grand bienfaiteur des églises de ses domaines, comme les autres princes de son temps, puisque les manifestations de piété sont aussi une façon de briller et d’affirmer son rang. Le roi René a par exemple offert des ornements ou des reliques à diverses églises d’Angers : cathédrale, abbaye du Ronceray, église paroissiale Sainte- Croix…
Les princes angevins avaient toutefois une relation particulière avec deux églises de la ville, toutes deux de fondation comtale et desservies par un collège de chanoines : la collégiale Saint-Laud, établie hors les murs en face de la Porte-des-Champs du château, dont il ne reste rien, et la collégiale Saint-Martin.
Le couvent de la Baumette sera la prochaine visite sur les traces du bon roi René dans Angers. En 1452, René qui goûte aussi cette vie solitaire, fonde aux portes d’Angers, à côté de son manoir de Chanzé, un couvent pour des Franciscains observants, près d’une grotte assimilée à la Sainte-Baume où avaient été retrouvées les reliques de Marie-Madeleine pour laquelle il avait grande dévotion.
Le couvent, appelé Baumette, bâti sur les paliers successifs d’un rocher, fut rapidement victime du ruissellement des eaux de pluie, mais rencontra bientôt la faveur des Angevins. La même année, René faisait aménager, cette fois dans l’ancien couvent franciscain de la ville, une chapelle destinée à recevoir son cœur après sa mort et placée sous la dédicace du grand promoteur de l’Observance franciscaine, saint Bernardin de Sienne.
Nés au XIIIe siècle, les ordres mendiants ont toujours bénéficié de la faveur des princes angevins et René ne déroge pas à cette tradition. Par ses largesses, il a contribué à des travaux dans différents couvents de Provence (Dominicains de Marseille ou de Saint- Maximin) ou d’Anjou (cloître des Carmes d’Angers par exemple) et leur offrit à diverses reprises des ornements ou des livres liturgiques.
Dans ces ordres, René d’Anjou soutient en particulier le mouvement de l’Observance qui, depuis la fin du XIVe siècle, entend rétablir les usages originels et retrouver l’esprit de grande austérité des fondateurs, en prônant une vie érémitique à l’écart de la société.
La cathédrale Saint-Maurice d’Angers, un édifice de style gothique angevin renfermait avant la révolution le tombeau de roi René. Le choix original d’une cathédrale comme nécropole, celle de Saint- Maurice d’Angers, revient au père de René, Louis II, en 1417. Dans ses trois testaments successifs, sans varier, René choisit cette église pour sa dépouille corporelle et la chapelle Saint-Bernardin pour son coeur.
Entamée vers 1450, la construction du tombeau a été un des grands projets de son règne. Ce monument adoptait la forme d’un enfeu, sous la deuxième arcade nord du choeur, près du modeste tombeau de son père, avec un sarcophage dont la table de marbre noir supportait les gisants de René et d’Isabelle de Lorraine. Au-dessus était représentée la figure du Roi mort, symbole de la vanité des choses terrestres.
À la fin du Moyen Âge, l’attitude des princes face à la mort s’inspire étroitement des pratiques royales, avec notamment l’élection d’une nécropole dynastique (le plus souvent dans une abbaye ou un couvent mendiant) et la partition de la dépouille (en général corps-coeur-entrailles) de manière à multiplier les lieux d’inhumation.
Le 10 juillet 1480, René meurt à Aix-en- Provence. Aussitôt, les Provençaux déposent son corps à la cathédrale Saint-Sauveur et ses entrailles aux Carmes de la ville. Mais un an plus tard, grâce à un subterfuge de Jeanne de Laval, sa dépouille est enlevée et ramenée à Angers afin de rejoindre les deux dernières demeures qu’il avait prévues pour son corps et son cœur.
En plus de ces sites, la ville d'Angers regorge de monuments, de bâtiments et autres hôtels particuliers retraçant l'histoire importante de ses quartiers dont l’architecture est imprégnée du style gothique angevin, appelé aussi style Plantagenêt.
Sortir d'Anger par l'avenue de Lattre de Tassigny en direction des Ponts-de-Cé (6 km). ? Elle se situe sur les rives de la Loire, traversée par de nombreux ponts qui lui ont donné son nom. Près de la Loire, le château garde l’empreinte du roi René d’Anjou avec son magnifique donjon. Le château des Ponts-de-Cé date du XIIIe siècle. Reconstruit sur les vestiges d'une ancienne forteresse du IXe siècle, il a été remanié par le roi René au XVe siècle.
Il ne reste aujourd'hui que le donjon, en pierre de tuffeau, autrefois cerné par un chemin de ronde en encorbellement. Propriété de la ville et classé, l’édifice abrite l’exceptionnel Musée des coiffes et des traditions. La ville des Ponts-de-Cé, fût la résidence secondaire préférée du roi René au XVe siècle, elle fut également un lieu d'accueil privilégié pour le roi Louis XI à la même époque.
Aujourd'hui, les Ponts-de-Cé est encore appréciée pour son riche patrimoine architectural et ses nombreux sites touristiques et historiques. Comme le château du Rivet du XVe siècle, l'église Saint-Aubin édifiée au XIe siècle. Ancien édifice roman du XIe siècle, l'église Saint-Maurille a été entièrement refaite au XIXe siècle dans un style néogothique. Il est aussi possible de voir dans la commune le dernier vestige de l'ancien couvent des Cordelières.
Poursuivre vers Grézillé via la D748 (28 km). Dès le Moyen-âge, le village de Grézillé se compose de nombreux fiefs et seigneuries dont la majorité rendait hommage à la Châtellenie de Pimpéan. La plupart des hameaux ont hérité leur nom de cette époque médiévale. Parmi ces anciennes seigneuries certaines possèdent encore leur château ou manoir comme le château d’Aligny (XVème siècle) et le château de la Bruyère (XVIème siècle).
C’est au XIe siècle que la famille Péan du Pin donne son nom au domaine de Pimpéan. Le seigneur le plus emblématique de Pimpéan est Bertrand de Beauvau, ami et conseiller du roi René, dont il a épousé une fille naturelle, qui fait entièrement reconstruire le château de Pimpéan à partir de 1435.
Du XVème siècle se découvre encore aujourd’hui la chapelle et ses voûtes peintes. Véritable chef-d’œuvre, l’ensemble des fresques est réalisé vers 1460. L’iconographie reprend des thèmes chers au Roi René : les Anges porteurs des instruments de la Passion, la Vie de la Vierge. Cet ensemble pictural compte parmi les plus beaux de l’Anjou.
Le paysage de Grézillé mêle agréablement un habitat local troglodyte très présent, moulins : durant la première moitié du XIXe siècle, on comptait sept moulins à vent sur la commune de Grézillé, une densité remarquable, maisons de tuffeau à toit d’ardoise, vignes et vergers. La commune est bordée par la rivière l’Aubance.
Saumur et son château sera la prochaine étape de cet itinéraire, via la D751 (54 km). Le château de plaisance du duc Louis Ier d’Anjou, grand-père du roi René, figure dans les « Très riches Heures du duc de Berry ». Digne d’un conte de fée, il accueille en 1446 le fameux pas d’armes dit « de la Joyeuse Garde » pendant lequel le roi René reçoit le roi de France et la fine fleur de la chevalerie de son temps.
Le château des Ducs d'Anjou, trône en haut d’un petit pic au bord de la Loire. Visible de très loin, il est non seulement une construction qui domine la ville mais aussi un emblème qui permet de la reconnaitre. Ce fut le compte de Blois, Thibaud 1er le Tricheur qui a conçu les premières fortifications du Château de Saumur vers le Xe siècle. Il faisait poser les premières pierres du château autour de l’abbaye bénédictine de Saint Florent.
Le fameux Foulques Nerra, compte d’Anjou dans les années 1026 fut son prochain propriétaire. Puis celui-ci l’a laissé comme héritage à ses successeurs Plantagenêt. Il fut propriété de Philippe Auguste qui brûla les premières fortifications et les remplaça par un donjon barlong.
A partir de ce lieu, on peut facilement accéder au centre-ville de Saumur. La ville dispose d’un patrimoine architectural d’une richesse exceptionnelle. comme l'église Notre-Dame-de-Nantilly, la plus ancienne de Saumur, construite dans la première moitié du xiie siècle en style roman, elle fut ensuite dotée au xve siècle d'un vaste bas-côté gothique édifié sur les ordres de Louis XI.
Saumur est aussi particulièrement connue pour son École de cavalerie, la maison de la Reine de Sicile, les Hôtels du quartier ancien, l’Hôtel de Ville ou chacun des sites du patrimoine religieux.
Traverser La Loire pour se rendre à Villebernier via la D952 (59,5 km). Au Moyen-âge, seigneurs et abbayes se partagent les terres fertiles, mais inondables, de la vallée. Des fermes se développent à l'abri des premières digues de terre, les turcies. Le bourg se construit peu à peu autour de l’église dédiée à Saint Mainboeuf. Cette église comporte encore des parties romanes du XIème siècle dans le chœur et la nef.
Situé à Villebernier, le manoir de Launay remonte au début du XVe siècle, il appartenait à un certain Jean-Crist en 1414. Au centre d'une forêt, le petit manoir se composait de corps de logis en fer à cheval entourant une cour qui s'ouvrait vers l'ouest. C'est en 1444 qu'il est vendu au duc d'Anjou, le roi René, qui en fit don à sa femme Isabelle de Lorraine deux ans plus tard.
Le manoir de Launay était pour le roi René le "manoir du bon repos", fasciné par le site, le roi René y organisa des fêtes dont un tournoi célèbre qui fut dit "Pas de Launay" ou "Pas de Perron". Dans ce lieu mythique se sont déroulés les plus grands tournois du XVe siècle, lors de fêtes impressionnantes et somptueuses.
Le roi René augmenta le domaine, y fit des travaux de restauration et de construction, ajoutant deux corps de bâtiments. Mais ce lieu incitait aussi à la méditation : le roi René qui appréciait sa sérénité aimait s’y reposer et y partager son bonheur.
Vous pourrez également visiter l’église romane Saint-Mainboeuf, La chapelle Notre-Dame-des-Eaux. Les ports de Villebernier offrent un superbe panorama sur la Loire, la ville de Saumur et son château. Une cale et un petit port dit de Saint-Mainbeuf, ont été installés en 1857 en amont du bourg, à l'extrémité d'une pointe de terre qui formait autrefois l'île Saint-Mainbeuf où s'ancrent fièrement quelques plates de Loire.
Continuer vers Baugé via la D347 et la D938 (98 km) situé entre les vallées de la Loire et du Loir. Baugé-le-jeune nait au XIe siècle par la volonté de Foulques III Nerra. Ce comte d'Anjou, dont un héritier fondera la puissante dynastie des Plantagenêt, établit une imposante forteresse, au confluent de l'Altrée et du Couasnon, sur un promontoire aujourd'hui arasé.
Aux alentours la forêt de Chandelais, l'une des plus belles de la région, formait pour les comtes d'Anjou un superbe terrain de chasse, ce qui incita au XVe siècle le roi René à faire édifier un grand pavillon voué à son sport favori.
Le Duc René d'Anjou, hérite du château en 1454, il décide d'édifier un chateau neuf appuyé sur la muraille de l'ancienne enceinte. ce relais de chasse était une des haltes préférées du Bon Roi René d’Anjou. René d'Anjou donne un nouvel essor à la cité, lorsque son neveu Louis XI rattache l'Anjou à la Couronne en 1471.
Chevalier accompli, amateur des sciences et des arts, sa présence se ressent encore dans ce lieu magique, ses salles de réception, son escalier d’honneur avec sa voûte Plantagenêt et la reconstitution de la chambre du Roi, unique en Anjou. . Situé en centre-ville, le château de Baugé accueille aujourd'hui un parcours-spectacle retraçant la vie du Roi René.
Le premier étage du château présente des thèmes tels que la dynastie des Anjou, l'Anjou et l'Europe, la chevalerie et les tournois, l'amour courtois et la croix d'Anjou, devenue plus tard la Croix de Lorraine.
Vous serez surpris de découvrir des trésors insoupçonnés de Baugé, capitale historique du pays baugeois, comme la croix d’Anjou, devenue croix de Lorraine. Les passants peuvent admirer, au long de ses rues paisibles, les altières demeures des conseillers du Roi. Dans les environs, ses églises au clocher tors, du Vieil-Baugé, compte parmi les trente-huit que l'on peut trouver en France. Également à voir au Vieil-Baugé, le manoir de Clairefontaine.
Pour la dernière étape de ce parcours touristique, prendre les D766 et D74, pour se rendre à Feneu (143 km). Le château de Montriou situé à la sortie de Feneu, en direction de Sceaux-d'Anjou, proche de l'axe Angers-Sablé, fait partie des plus beaux sites du Maine-et-Loire. Il attire un grand nombre de visiteurs qui peuvent découvrir la chapelle du XVe siècle dites des "Trois Marie".
Cet oratoire de Charlotte de Beauvau orné de peintures murales et dédié aux "3 Marie", thème cher au roi René, accueille depuis toujours 4 statues en pierre polychrome, véritable trésor de l’Anjou. Pour écrin : un parc et des jardins ravissants dont le parcours évoque la vie du prince et une exposition en 8 panneaux : "Le culte des Saintes Marie et René d’Anjou".
Ancienne, la cité de Feneu offre une large proposition de monuments historiques et de bâtiments à l'architecture exceptionnelle. Sur la route de Querré, la chapelle Notre-Dame de Pitié, ou chapelle des Vignes, fut construite en 1648. Le château de Sautré fut construit au XIIe siècle sur un éperon rocheux dominant le ruisseau de la Suine.
Cette forteresse commandait le cours de la Mayenne et protégeait Angers contre les invasions des Bretons et des Anglais. Le Moulin de Sautréil a été construit sur La Mayenne en 1285 pour protéger le château proche et assurer la surveillance du trafic de la rivière. La Chevalerie ou poste de défense du château de Sautré était commandé par un chevalier, d'où le nom de « chevalerie » donné à ce poste.
Aujourd’hui, subsistent les anciennes douves, la grille de 1732 et les bâtiments construits sur d’anciennes caves voûtées du XVIe siècle de l’ancien manoir. Sans oublier le Château du Bois Dayen, château construit en 1893 pour Edmond Lorieux, inspecteur des ponts et chaussées. Et l'église Saint-Martin, édifice en forme de croix latine.
Retour sur Anger via la D191 (158 km).