Une première attestation de la présence juive en Avignon date du IVe siècle. Il s’agit d’un sceau représentant une menorah à cinq branches et portant l’inscription avinionensis. Le commerce juif fut très actif à l’époque des papes. Le tailleur de Grégoire XI était juif, de même que son relieur de livres. À partir du XVIIe
siècle, les juifs s’occupèrent surtout du commerce de marchandises usagées et de chevaux.
Après le rattachement de la ville à la République française en 1791, le nombre de juifs à Avignon diminua rapidement. En 1892, il ne restait plus que cinquante-quatre familles. L’arrivée des séfarades dans les années 1960 redonna vie à la communauté. Le quartier juif était situé en face du Palais des Papes. La rue de la Vieille Juiverie en est un souvenir. Vers 1221, il fut transféré place de Jérusalem, aujourd’hui place Victor Basch.
La carriere se trouvait rue Jacob, où vous verrez encore quelques-unes de ses maisons. Elle était entourée de murs et fermée de trois portes. La vieille synagogue fut détruite par un incendie en 1845 et remplacée par une nouvelle, de forme circulaire, que l’on peut visiter actuellement.
L'ancien quartier juif d'Avignon se trouvait dans le haut de l'actuel quartier de la Balance, face au Palais des Papes, jusqu’à ce qu’ordre fut donné en 1221 par l’évêque d’Avignon de déménager la Synagogue à son actuel emplacement, et la Carrière s’établit le long de l’actuelle rue Jacob, juste en face. Le fameux pont d’Avignon ou pont Saint Bénezet est souvent le point de départ pour se lancer à la découverte du centre historique. Le pont offre une jolie vue sur la cité d’Avignon et le Rocher des doms.
Rejoindre Cavaillon, via la D973 (25 km). La présence des Papes en Avignon a joué un rôle déterminant sur le développement de Cavaillon et ses environs, et marque aujourd'hui encore sa culture. Cavaillon possède un patrimoine qui se visite en flânant dans ses vieux quartiers. L'hôtel d'Agar, situé au cœur du passage Vidau, présente dans ses caves et dans l'ancien jardin de l'évêque, des vestiges remarquables de l'époque romaine.
Lors de votre promenade dans les rues piétonnes de ses vieux quartiers, vous ne pourrez manquer de découvrir ses nombreux trésors architecturaux comme ses demeures anciennes, le musée de l'Hôtel-Dieu, sa Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Véran datant du XIe siècle et dont le cloître date du XIIe siècle, ses magnifiques chapelles dont la Chapelle Saint-Jacques, la chapelle du Grand Couvent.
Vous découvrirez, au détour de petites rues et placettes fleuries de Cavaillon, l'une des plus belles synagogues d'Europe et son musée Juif Comtadin. Monument magnifique construit au XVe siècle, il ne subsiste de la synagogue médiévale de Cavaillon qu'une tourelle dont les portes sont aujourd'hui conservées au Musée Juif Comtadin. Reconstruite entre 1772 et 1774, elle est l'une des plus anciennes synagogues européennes.
Située au cœur du centre ancien, cette synagogue du XVIIIe siècle est un édifice d’une très grande originalité remarquablement conservé et récemment restauré. Elle se trouve encore dans son contexte d’origine, le ghetto qu’on appelle la Carrière, du terme provençal qui signifie la rue. Cette carrière demeure aujourd'hui la seule encore visible de l'Ancien Comtat. La communauté juive de Cavaillon vit depuis 1624, dans ce quartier à part.
Cette situation d'exclusion et de tolérance mêlées, spécifique aux Etats du Pape, est connue par les textes à Cavaillon dès la fin du XVe siècle. C’est à Cavaillon que fut instituée la première carrière en 1453. Située près des remparts médiévaux, elle occupait l’actuelle rue Hébraïque. La carrière était strictement délimitée : au sud sur la rue Fabricis, actuelle rue de la République, où se situait jusqu'au XVIIIe siècle, son unique entrée, fermée chaque nuit et à l'occasion des grandes fêtes religieuses chrétiennes.
Au nord, des fouilles récentes ont révélé, depuis la fin du Moyen-Age, la persistance d'une placette jouxtant la synagogue, dont la tourelle au nord-est est sans doute un vestige délibéré. Les superbes portes en bois polychrome du tabernacle, conservées au Musée Juif Comtadin, par leur module permettent de restituer un volume modeste.
Élément indispensable à la vie de la communauté juive, situé au cœur de l'ancienne carrière de Cavaillon, un bain rituel (mikvé) est conservé dans la propriété Jouve jouxtant la synagogue. Ce bain, alimenté par une nappe phréatique, permettait aux membres de la communauté d'assurer les rites purificateurs imposés à tous.
C’est seulement à l’occasion du rattachement du Comtat Venaissin à la France en 1791 que le statut de citoyen étant accordé à tous, la communauté juive quitta la carrière, symbole de leur oppression passée. La vigilance de la famille Jouve en faveur de tout le patrimoine de Cavaillon, puis la ville de Cavaillon elle-même, ont permis la conservation exceptionnelle de cet ensemble urbain, seul encore lisible aujourd’hui de l’époque des ghettos.
Découvrez cette synagogue de Cavaillon, chef-d’œuvre de l’art comtadin du XVIIIe, devenu un musée Juif Comtadin. De la Synagogue médiévale, il subsiste au nord une tourelle. La formule architecturale des synagogues du Comtat, seulement conservée à Cavaillon et Carpentras, est unique au monde. La synagogue est conçue en deux volumes superposés, reliés par un escalier extérieur, vestige de la synagogue primitive du XVIe siècle.
À l’intérieur de la synagogue, on est frappé par la disposition profondément originale, sous-tendant une liturgie particulière : l'éloignement, sur une tribune, de la table de lecture de la Torah. Autre trait spécifique, le rôle insigne accordé au prophète Elie. Le style architectural et décoratif de la synagogue est inspiré de celui de la Provence du XVIIIe siècle. La synagogue de Cavaillon, bijou de l’art judéo-comtadin, constitue le premier édifice judaïque classé Monument Historique en 1924.
Cavaillon a la chance d'avoir une colline verdoyante, la colline Saint-Jacques, au coeur de la ville. Le sentier balisé de découverte de la colline vous guidera jusqu'à son sommet d'où vous aurez une très belle perspective sur la ville, la plaine d'Apt, le Luberon et les Alpilles. Vous pourrez ensuite vous promener dans une garrigue odorante et chantante.
L’Isle-sur-la-Sorgue sera la prochaine étape de cette escapade, via la D24 et la route de Robion (48 km). Surnommée la Venise du Comtat, L’Isle-sur-la-Sorgue est un petit paradis de verdure traversé par de nombreux bras de la Sorgue, sur lesquels tournent encore de vieilles roues à aube. Dans son centre ancien, ruelles et canaux s’entrelacent.
Le patrimoine historique de L’Isle-sur-la-Sorgue illustre l'importance de la ville au sein du Comtat Venaissin au XIVe siècle. L'îlot de la Tour d'Argent concentre toute l'histoire de la ville. Il intègre en effet dans son périmètre une juxtaposition de bâtiments représentatifs de l'architecture civile locale sur une très large période du XIIe-XIXe siècles.
La Collégiale Notre-Dame-des-Anges avec son intérieur baroque est exceptionnelle, la pharmacie de l'Hôpital, dans son décor d'origine du XVIIIe siècle avec une rare collection de pots en faïence de Moustiers, les villages d’antiquaires, l’hôtel Dieu du XVIIe avec son vestibule, de magnifiques hôtels particuliers reconvertis en galerie d'art sont à découvrir. Arpentez les rues, au détour d’une ruelle, vous serez surpris de découvrir ses édifices religieux, des monuments à part… et leurs histoires singulières.
La première référence écrite qui témoigne de la présence d’une communauté juive à L’Isle-sur-la-Sorgue date de 1268. Tout porte à croire que la juiverie, située intra-muros dans le quartier de Villefranche, existait bien avant cette date au même emplacement. Au milieu du XVe siècle, cette communauté est astreinte à résidence autour d’une seule rue, la carriera qui devient un ghetto.
La « carrière » de près d’un hectare de superficie, s’organisait autour d’une place reliée à la ville par deux artères fermées par un portail : le « Petit portal » sur la rue de la Cavalerie (rue de l’hôtel de ville) et « Grand Portal » sur la Grande rue Carnot. A L’Isle-sur-la-Sorgue, les juifs du pape à partir du XVIIIe siècle participèrent au commerce de la soierie et des lainages, et de ce fait contribuèrent à la prospérité de la ville.
La vie de la communauté était organisée autour d’une place centrale où se concentraient les activités économiques, essentiellement tournées vers l’industrie textile. Les maisons pouvaient s’élever sur quatre, voire cinq étages, afin d’optimiser un espace devenu précieux. Au moins deux immeubles particulièrement représentatifs de l’architecture civile des carrières de la fin du XVIIIe siècle sont conservés.
Ces bâtiments se caractérisent par un style raffiné, perceptible notamment dans la qualité des ferronneries des balcons et des décors de gypseries. La seconde moitié du XVIIIe siècle est marquée par une nette amélioration des conditions de vie et des ressources utilisées pour la reconstruction des immeubles et des bâtiments cultuels (synagogue, bain rituel, etc.).
Une première synagogue à L’Isle-sur-la-Sorgue existait avant le XVIe siècle puisque l’évêque de Cavaillon autorise en 1523 sa reconstruction dans l’angle sud-est de la carrière. François Brun fut chargé de la restaurer en 1676. Elle fut néanmoins de nouveau reconstruite en 1759. Son architecture et sa décoration étaient probablement très proches de celles de Cavaillon ou de Carpentras.
Fort endommagée pendant la Révolution, la synagogue fut finalement détruite en 1856. Seul subsiste un garde-corps en fer forgé, visible aujourd’hui à la collégiale. Comme en Avignon, la majorité du patrimoine juif de la ville a été détruit au XIXe siècle suite à l’abandon de celle-ci par la communauté hébraïque.
Encore une fois, la toponymie de la ville témoigne de cette ancienne occupation comme la « place de la Juiverie » qui était au cœur de la carrière ou encore la rue Louis Lopez qui est encore fréquemment appelée « ancienne rue Hébraïque » par les habitants de la ville. Aujourd’hui, il ne reste que peu de vestiges de l’époque des juifs du Pape à L’Isle-sur-la-Sorgue.
Mais au détour d’une flânerie dans la petite Venise vauclusienne, on peut apprécier la beauté de l’ancienne « carrière » ou quartier juif.Seul, sur la route de Caumont, le cimetière juif, où l’on inhumait jusqu’au début du siècle dernier, reste un témoignage fort encore de l’ancienne communauté juive. Il est probable que le cimetière, dont la première mention attestée en l’état actuel des recherches date du milieu du XVIe siècle, existait déjà au Moyen Age à son emplacement actuel.
Continuer vers Pernes-les-Fontaines, via la D938 (59 km). Cette ville charmante classée parmi "Les plus beaux détours de France", a gardé des traces prestigieuses de son histoire. Célèbre pour ses quarante fontaines, Pernes-les-Fontaines offre également d'autres trésors comme ses remparts dotés de tours et de portes. La porte Notre-Dame ornée de deux tours en est un beau vestige.
Jusqu’à ce que le pape Jean XXII rachète les droits de l’évêque de Carpentras sur cette ville, Pernes-les-Fontaines était la capitale du Comtat venaissin. La présence juive dans l’agglomération est attestée par deux éléments: le nom de la place de la Juiverie, ainsi que par la tradition qui attribue à la grande maison construite sur cette place le nom de "bains juifs".
L’Hôtel de Cheylus situé Place de la Juiverie est lié à la Communauté Juive de Pernes-les-Fontaines. Les juifs furent très présents dans le Comtat Venaissin dès le XIVème siècle. Un ghetto juif fut tout d’abord mis en place à Pernes en 1504 autour de la Place de la Juiverie actuelle et du Bourg Merdeux. Puis, en 1569, les juifs furent expulsés définitivement de Pernes-les-Fontaines.
C’est probablement entre 1504 et 1569 que fut construit le bain rituel juif de l’Hôtel de Cheylus, ayant appartenu sans doute à la famille des Stella. Ce bain rituel, aussi appelé Mikvé, est le seul connu à ce jour dans le département. Dans la religion juive, ses eaux ont un pouvoir de purification. Pour cela, la construction et les eaux du Mikvé doivent répondre à des critères bien précis. Le Mikvé se situe dans les caves de l’hôtel. Il se constitue d’un bassin en « L » vouté.
Un escalier de onze marches de pierre mène au bassin. La hauteur sous voute du bassin est de 2,25 mètres. L’eau, qui provient d’une source, y est stabilisée à 1,45 mètre grâce à une surverse. Un second bassin, monolithe, recueille les eaux de pluie et s’ajoute à l’ensemble pour compléter le rituel juif de purification. En 1590, cet hôtel particulier fut racheté par la famille De Cheylus qui lui a donné son nom actuel.
La plupart des bains rituels sont collectifs et liés à la synagogue comme à Cavaillon et à Carpentras.
Pénétrez au coeur du centre ancien de Pernes-les-Fontaines. Admirez ses quatorze hôtels particuliers, ses petites chapelles, son église romane. Ne manquez pas de visiter la tour Ferrande pour découvrir le plus précieux des trésors historiques de la ville : des fresques du XIIIe siècle magnifiquement conservées. Empruntez la petite calade ombragée et tortueuse jusqu'au sommet de la tour de l'Horloge et profitez du panorama exceptionnel sur la plaine du Comtat et sur le Mont Ventoux.
Il est temps de filer vers Carpentras, dernière étape de cette itinéraire touristique, via la D938 (66 km). Ville d'Art et d'Histoire, Carpentras a conservé de nombreux témoignages de son passé et un riche patrimoine laissé par la présence des papes durant cinq siècles. Carpentras invite à découvrir sa vieille ville avec la cathédrale Saint-Siffrein, l'Hôtel-Dieu et son apothicairerie, œuvre de Monseigneur d'Inguimbert, évêque de Carpentras en 1735 et la porte d'Orange, dernier vestige de l'époque médiévale.
Dans l'alignement de la cathédrale Saint-Siffrein, se dresse sur la grande place du "Palais" rebaptisée Général De Gaulle, l'ancien palais épiscopal devenu depuis 1801, le palais de Justice. Carpentras doit son originalité à son appartenance au Saint Siège du XIIIe au XVIIIe siècle. Son architecture s'inspire des modèles italiens et la présence des juifs protégés des Papes, marque sa culture. Au détour des rues et des places, son riche patrimoine se dévoile au promeneur.
Les juifs étaient présents dans la ville de Carpentras lorsqu’elle fut cédée à la papauté par le roi de France, en 1274. Au XIVe siècle, le quartier juif abritait quatre-vingt-dix familles et se trouvait rue Fournaque, près des remparts. En 1459, il fut mis à sac par une émeute qui fit soixante victimes ; la communauté fut obligée de se déplacer vers le centre-ville, rue de la Muse, qui devint la rue des Juifs ou carriere, fermée aux deux extrémités par des portes.
De cette époque, Carpentras en garde aujourd’hui l’architecture avec des monuments emblématiques tels que la Synagogue. De la carrière installée en 1461 au coeur de la ville par les Consuls et abandonnée dès le rattachement du Comtat à la France, subsiste un lieu de culte empreint d'émotion et toujours en activité qui témoigne de la civilisation judéo-provençale passée et présente.
La synagogue de Carpentras, édifiée en 1367 et remaniée au XVIIIe siècle par l'architecte Antoine D'Allemand, est la plus ancienne de France, encore en activité. Elle témoigne de la présence des Communautés juives qui, persécutées dans le Royaume de France, se mettent sous la protection pontificale et s'installent en Comtat Venaissin dès le XIIIe siècle.
La façade, volontairement discrète date de 1909, la salle de culte offre un décor baroque du XVIIIe siècle, avec colonnes et décor en faux marbre, tandis que le rez-de-chaussée abrite les parties les plus anciennes : les bains rituels, les 2 boulangeries et une salle dédiée à Jérusalem dans l'enceinte de prière. Des fouilles ont permis de retrouver des éléments datant de l’époque romaine et médiévale.
Le cimetière juif de Carpentras, est situé au Nord-Est de la ville, dans un espace le long de l’aqueduc, à l’intersection des routes de Caromb et de Bedouin. Son acquisition remonte au XIVe siècle, lorsqu’en 1343, l’évêque Hugues accorde aux juifs de la cité d’avoir un cimetière hors de la ville, en contrepartie d’une redevance annuelle.
Il est mentionné au même endroit, quartier des fontaines, au début du XVIIIe siècle. Un rapport daté de 1764 nous apprend qu’il n’était pas encore clos d’un mur d’enceinte, mais simplement délimité par 33 bornes de plus de 2mètres de haut. Le cimetière juif de Carpentras est le plus ancien cimetière israélite attesté de la région. Il constitue le complément du patrimoine juif appartenant à la capitale du Comtat Venaissin.
Retour à Avignon, via la D942 puis la D925 (93 km).