Quittez Eu (km 0), pour la prochaine étape de votre parcours qui sera donc Dieppe, via la D925 (34 km) . La ville de Dieppe, qui était si florissante encore au temps de Charles VI, et dont les marins s'étaient illustrés sur toutes les mers, était tombée dans un état presque misérable sous la domination anglaise. Ses habitants avaient été ruinés à force de tailles et d'impôts.
Le patrimoine architectural de Dieppe, "ville d'art et d'histoire" permet d'en apprendre un peu plus sur l'histoire de cette cité pleine de charme. Pour avoir une première vue d'ensemble de la beauté des lieux, rendez-vous au château fort du XIVe siècle situé sur les hauteurs. Depuis l'esplanade, très beau point de vue panoramique sur les toits de la Dieppe et la plage de galets. À l'intérieur, découvrez le musée avec sa remarquable collection d'ivoires sculptés ici-même à Dieppe entre le XVIe et le XXe siècle, ainsi qu'une exposition sur l'histoire maritime de la ville.
En plein cœur de Dieppe, la pittoresque place du Puits Salé marque le lieu où l'eau de mer venait autrefois se mélanger à l'eau douce du puits lors de la marée montante. Remarquez l’immeuble normand du XVIIIe siècle qui abrite le café des Tribunaux. Si vous aimez les édifices anciens, l'église Saint-Jacques et l'église Saint-Rémi satisferont également votre curiosité. La première date de 1195 et possède un grand portail du XIVe, une tour-beffroi du XVe haute de 42 mètres, ainsi qu'un chevet du XVIe siècle. La seconde fut bâtie entre les XVIe et XVIIe siècles et possède un chœur doté d'une magnifique boiserie.
Sans oublier la porte du Port d’ouest dite "les Tourelles" : la seule des six portes de la ville qui subsiste de l’enceinte, fortifiée au XIVe siècle. Utilisée comme prison pendant la Révolution, c’est aujourd’hui une propriété privée.
Quittez Dieppe, pour le château d'Arques, via la D154E (41 km). Situé sur un éperon rocheux qui domine Arques-la-Bataille, le château fut vraisemblablement construit entre 1040 et 1045 à partir des arches d’un vieux pont datant du VIIe siècle, par Guillaume d’Arques, l’oncle de Guillaume le Conquérant. Théâtre de nombreux affrontements durant la guerre de Cent Ans, le château s'avéra imprenable, les Anglais ne l'occupant qu'après la cession de la Normandie par le traité de Troyes de 1420.
Jeanne d'Arc séjourna en 1431 dans le château d'Arques, la citadelle fut définitivement reprise par le roi de France Charles VII en 1449. Durant le conflit qui l'opposa à Louis XI, Charles le Téméraire incendia, en 1472, la ville d' Arques, assiégea le château qui résista victorieusement. Étiré tout en longueur, l'édifice épouse la forme de la roche et il est encore possible de découvrir quelques traces du donjon, des murailles ou des différents
bâtiments alentours. Bel exemple de l'évolution des châteaux normands, il dévoile encore ses profonds fossés et offre une vue imprenable sur les paysages alentours.
Il faut remarquer, que depuis que jeanne d'Arc avait été prise à Compiègne, Jeanne d'Arc, dans ses différentes étapes, à Beaulieu, à Beaurevoir, au Crotoy, à Drugy ou à Eu, n'avait séjourné que dans des châteaux fortifiés. Ses récentes tentatives d'évasion et les projets qu'elle manifestait hardiment n'étaient pas faits pour endormir la vigilance de ses gardes. Il semble donc que le château d'Arques dut recevoir l'illustre prisonnière, qui devait être à l'abri de toute entreprise derrière ses puissantes murailles.
Le château d'Arques était le boulevard du Nord, la place forte par excellence, ayant gouverneur et garnison militaire. Les Anglais déléguaient à ce poste leurs plus vaillants et plus renommés capitaines, comme ce Raoul Bouteiller, qu'ils firent bailli de Rouen pendant le procès de Jeanne d'Arc.
Cette idée paraît encore plus fondée quand on se rappelle les précautions rigoureuses que les Anglais prirent, dès son arrivée au château de Rouen, en ce qui concerne sa prison, et le soin qu'ils eurent de la mettre aux fers, dans une tour, sous leur propre surveillance, au lieu de la déposer aux prisons ecclésiastiques, auxquelles elle appartenait de droit, puisque c'était un procès de foi qu'on devait instruire contre elle !
Jeanne d'Arc fut ensuite conduite vers le château de Rouen, et renfermée dans une prison du côté des champs. Suivons donc l'infortunée Jeanne dans cette nouvelle étape qui la rapprochait du supplice final.
A
partir du château d'Arques, le parcours suivi par le convoi des Anglais paraît encore plus hypothétique, aucun des écrivains qui ont relaté son passage dans ce pays n'ait cherché à élucider ce point intéressant d'histoire locale. A défaut de documents certains, qui, probablement, manqueront toujours, il convient de s'inspirer, comme point de départ, des observations générales qui suivent.
Quelle était donc, en 1430, la route la plus directe, et surtout la plus sûre, pour aller de Dieppe, ou plus exactement, du château d'Arques au château de Rouen ? Le pays de Caux, était ravagé par des bandes indisciplinées, tandis que du coté de la Picardie, les partisans de Charles VII infestaient les forêts et étaient toujours prêts à un coup de main hardi.
Pour finir cette escapade, direction Rouen, via la D154 et A28 (103 km). Comme nous le savons, Jeanne d’Arc, surnommée "la pucelle d’Orléans", sera jugée à Rouen pour hérésie et sera brûlée le 30 mai 1431. Visitez donc ces derniers vestiges de la ville du moyen âge, ces vieux murs qui ont vu passer Jeanne d'Arc, et essayons de suivre maintenant la glorieuse captive dans les dernières stations de son douloureux calvaire. Capitale historique de la Normandie et surnommée la ville aux cent clochers, Rouen est une ville passionnante.
En se promenant dans le centre ancien de Rouen, on a l'impression de passer la barrière du temps et de plonger en plein cœur du Moyen Âge. On y découvre notamment des ruelles bordées de maisons à colombages, pittoresques et pleines de charme. Avec un patrimoine architectural et religieux exceptionnels, il n'est pas étonnant qu'elle ait été labellisée Ville d'Art et d'Histoire ! Qu'il fait bon aujourd'hui de flâner dans les vieux quartiers pittoresques dont les ruelles pavées sont bordées de maisons anciennes à colombages.
Vos pas vous mèneront devant des monuments remarquables tels que la cathédrale Notre-Dame, un chef-d'œuvre de l'art gothique dont le début de construction remonte au XIIe siècle. Élevée sur les fondations d'un édifice du IVe siècle, elle possède encore son palais épiscopal et abrite les tombeaux des ducs de Normandie. Rouen possède aussi l'une des dernières nécropoles médiévales d'Europe en centre ville : l'aître Saint-Maclou. Fondé lors de la grande peste noire de 1348. Plus important monument gothique civil de France, le Parlement de Normandie voit ses origines remonter à la fin du Moyen Âge. Autre trésor historique remarquable, le Gros Horloge, constitué d'un beffroi gothique, d'un cadran Renaissance et d'une fontaine Louis XV.
Plusieurs bâtiments de Rouen permettent de retracer l'histoire de Jeanne, depuis la tour Jeanne d'Arc, ancien donjon du château où s'est déroulé son procès, jusqu'à la place du Vieux Marché où elle fut brûlée vive en 1431. Une grande croix indique d'ailleurs l'emplacement du bûcher. Au centre de cette place, l'église Sainte-Jeanne-d'Arc abrite de remarquables vitraux du XVIe siècle provenant de l'ancienne église Saint-Vincent. Pour revivre toute son histoire, l'Historial Jeanne d'Arc, installé dans le palais archiépiscopal, propose un parcours scénographique très intéressant.
Différents musées sont présents dans la ville, à l'instar du musée Jeanne d'Arc récemment ouvert. La ville propose également le deuxième muséum d'histoire naturelle de France après Paris, le musée des beaux-arts avec des œuvres du Caravage ou de Monet, un musée des antiquités, ou encore le musée du Gros-Horloge qui retrace l'histoire de l'horlogerie.
Montez jusqu'au panorama de la côte Sainte-Catherine, vous pourrez admirer la ville blottie autour de son fleuve, enserrée dans un écrin de collines verdoyantes.
Fin de cette quatrième étape de cette Route touristique "sur les traces de Jeanne d'Arc captive".