Parcour 1 : Saint-Émilionnais
Au cœur du libournais s’épanouissent Les AOC Saint-Emilion et Saint-Emilion Grand Cru ainsi que les appellations dites « satellites » de Saint-Emilion : Saint-Georges-Saint-Emilion, Montagne-Saint-Emilion, Puisseguin-Saint-Emilion et Lussac-Saint-Emilion.
Bordeaux : le point de départ urbain
Commencez votre périple à Bordeaux, ville de pierre blonde et de quais vivants. Flânez sur la Place de la Bourse, laissez-vous captiver par le miroir d’eau, montez au Grand Théâtre, perdez-vous dans les ruelles du centre historique où la Grosse Cloche et les hôtels particuliers racontent des siècles d’histoire. Bordeaux est une ville qui se prête à la marche, aux pauses café sur une terrasse et aux premières découvertes gastronomiques : cannelés, huîtres du bassin, et bien sûr, un premier verre de Bordeaux pour ouvrir l’appétit.
Saint Émilion : la cité médiévale
Impossible d’évoquer la Route du Patrimoine sans s’arrêter à Saint Émilion. Perchée sur une butte calcaire, la cité médiévale est un labyrinthe de ruelles, de places ombragées et de monuments qui témoignent d’un passé religieux et viticole intense. Saint Émilion est un lieu où l’architecture se mêle au paysage viticole : les vignes descendent jusqu’aux portes du village, et les caves troglodytiques, les cloîtres et les tours offrent des panoramas à couper le souffle. La cité est un incontournable pour qui veut comprendre la relation intime entre terroir, histoire et vin dans la Gironde.
Pour se rendre à Saint-Emilion depuis Bordeaux, prendre la direction Libourne/Périgueux par la N89 et suivre la sortie Saint-Emilion, village médiéval incontournable avec ses ruelles étroites et escarpées, riche en monuments au passé glorieux et entouré de grands crus. À la Maison du vin, plus de 250 châteaux sont représentés et vendus au prix de la propriété. Situé sur la rive droite de la Dordogne, Saint-Emilion, surnommée la colline aux 1 000 châteaux, est célèbre pour ses vins fins et élégants, mais aussi pour sa cité médiévale, son vignoble classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, son macaron et son église monolithe creusée dans la roche. Le village médiéval de Saint-Emilion, classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO est à visiter absolument lors de votre escapade sur les Routes des Vins de Bordeaux.
De même, Saint-Emilion et les huit communes de sa juridiction ont été le premier territoire viticole au monde inscrit par l’UNESCO au titre de Paysages Culturels en 1999. C’est dire si l’homme et la nature ont bien œuvré pour créer une véritable civilisation de la vigne.» Ses habitants disent qu’il s’agit d’une pierre précieuse dans un écrin de vignes. La tour du Roy, comme l’église monolithe, domine le paysage. Cette dernière, creusée entièrement dans la pierre aux XIe et XIIe siècles, est la plus grande église de ce type en Europe. En effet, une grande partie du patrimoine de Saint-Emilion se trouve sous terre, creusé dans la roche. Il y a en tout plus de 200 km de galeries souterraines sous le village. Aujourd’hui, la plupart ont été transformées en chai.
D’avril à fin octobre, un petit train touristique effectue une balade au travers des vignes de Saint-Emilion. Tél. 33 (0)5 57 51 30 71. Dans cette région, vous pouvez également explorer le "chai-cathédrale" du château Faugères, construit par l'architecte suisse Mario Botta en 2009. De même, de nombreuses pistes cyclables et locations de vélos permettent une découverte du vignoble hors des sentiers battus, à un rythme paisible. Renseignements à l’office de tourisme de Saint-Emilion.
Continuer vers les satellites de Saint-Emilion par la D122, direction Saint-Georges, puis Montagne et Lussac ou Puisseguin, par des petites routes bordées d’églises romanes et de châteaux viticoles superbement restaurés. Situées sur la bordure nord de l’appellation Saint-Émilion, dans l’ombre portée de la cité médiévale, les quatre appellations Lussac-Saint-Émilion, Montagne-Saint-Émilion, Puisseguin-Saint-Émilion et Saint-Georges-Saint-Émilion partagent avec leur prestigieux protecteur une histoire très ancienne ainsi que l’essentiel des caractéristiques d’un terroir de haute aptitude viticole.
Plateaux, collines et vallons forment un paysage très varié dans lequel les témoignages du passé s’inscrivent avec une rare densité : vestiges gallo-romains, comme cette villa découverte à Montagne, qui aurait appartenu au poète Ausone au IVe siècle, monuments religieux à l’émouvante simplicité, telle l’église romane de Saint-Georges, dont une partie remonte au IXe siècle, anciens pigeonniers, moulins, belles demeures du XVIe siècle.
Sans doute légèrement moins sensible à l’influence du fleuve, le terroir d’ensemble de ces quatre appellations s’apparente très largement à celui de son voisin saint-émilionnais. On y retrouve en effet les mêmes types de sols, avec une même dominante argilo-calcaire. Cette similitude se prolonge dans la définition même des vins, marqués par la belle suavité que leur confère le cépage merlot. De couleur profonde, les vins de Lussac, Montagne, Saint-Georges et Puisseguin sont subtilement fruités, charpentés et complexes et présentent en général une structure tannique soyeuse. Agréables à boire dans leur jeune âge, ils possèdent le plus souvent une grande aptitude au vieillissement.
Parcour 2 : Entre les méandres de la Dordogne et de l’Isle… Fonsac, Canon Fronsac
Escale à Libourne, bastide fondée en 1268 sur décision du roi d’Angleterre, pour y découvrir les quais, la place du marché, l’Hôtel de Ville. Libourne est une ancienne bastide portuaire fondée au XIIIe siècle par Roger de Leyburn, au centre d'une riche région viticole et au confluent de la Dordogne et de l’Isle, a été conçue pour devenir le débouché naturel des vins et du bois de la vallée de la Dordogne exportés vers l’Angleterre.
Longtemps deuxième ville du nord de la Guyenne après Bordeaux, Libourne entretient avec cette dernière des rapports ambivalents : "filleule" de la capitale aquitaine durant le court règne du Prince noir, elle est aussi sa rivale en matière de commerce ou de fiscalité. A l’ouest de Libourne se trouvent les AOC Graves de Vayres, Fronsac et Canon-Fronsac. Le canton de Fronsac produit également des Bordeaux et Bordeaux Supérieur.
Se diriger ensuite vers Fronsac, appellation aux vins rouges francs de goût et de longue garde. Splendide vue panoramique depuis le Tertre, en haut de Fronsac. Aux portes de Libourne, à quelques encablures du confluent de la Dordogne et de l’Isle, le Fronsadais bénéficie d’un pouvoir d’attraction singulier dans le vaste concert des appellations bordelaises, tant par le charme unique de ses paysages vallonnés et la richesse de son passé que par la qualité de ses vins. Il n’est que de monter sur le célèbre tertre de Fronsac, qui culmine à 77 mètres d’altitude, pour embrasser l’un des plus beaux panoramas du Bordelais. Ce même tertre où Charlemagne fit ériger une forteresse qui ne fut détruite qu’en 1623 et remplacée par une somptueuse “folie” italienne, construite à la demande de Richelieu, Duc de Fronsac.
Protégé par les méandres de la Dordogne et de l’Isle, le terroir très spécifique du Fronsadais induit une vocation viticole très marquée : climat très doux, sols à dominante argilo-calcaire qui reposent sur la fameuse “molasse du Fronsadais”, drainage naturel du fait des pentes souvent accentuées… Ce terroir porte en réalité deux vignobles, celui de Fronsac au nord et, au sud, celui de Canon-Fronsac, qui doit son particularisme à son sous-sol constitué de calcaire à astéries.
Au-delà de ces nuances, l’ensemble de cette production porte la signature des vins de côte. Colorés de façon intense, brillants, séveux, ils possèdent beaucoup de corps tout en présentant une grande élégance aromatique, parfois relevée de nuances d’épices et de truffe. Il est intéressant de signaler que ces vins de qualité, sans doute moins connus que leurs voisins Pomerol et Saint-Émilion, possèdent un rapport qualité-prix extrêmement attractif.
Parcour 3 : les Côtes de Castillon et les Côtes de Francs
A l’est de Saint-Emilion, découvrir les Côtes de Castillon et les Côtes de Francs par la D670, depuis Libourne jusqu’à Castillon-La-Bataille, cité historique dont le nom rappelle la célèbre bataille qui, en 1453, mit fin à la guerre de Cent Ans. Point culminant du bordelais où ces vignobles de coteaux offrent des points de vue inoubliables. Les AOC Côtes de Castillon, Côtes de Francs, et Sainte-Foy-Bordeaux se concentrent à l’est du Libournais, tout près de la frontière avec le département de la Dordogne.
Poursuivez votre route jusqu'à Sainte-Foy-La-Grande, la plus ancienne des bastides de Gironde et cœur du Pays Foyen, a été fondée en 1255 sur les rives de la Dordogne par Alphonse de Poitiers, Comte de Toulouse en paréage avec l'Abbaye Sainte-Foy-de-Conques. Aussi appelée "Porte du Périgord", le Pays Foyen est au cœur du vignoble AOC de Sainte-Foy-Bordeaux. Sainte-Foy-La-Grande est l'une des plus petites communes de France : elle s'étend sur 51 hectares presque entièrement urbanisés ; et est située à l’extrémité orientale de la Gironde, à une heure de Bordeaux, à la confluence des départements de la Dordogne et du Lot-et-Garonne.
Dès le Moyen-Age, Sainte-Foy-La-Grande bénéficie de la prospérité grâce au commerce du vin qui a pour théâtre son port situé à l'écart de la ville, ainsi que des activités liées à la principale production locale : tonneliers et charpentiers de la marine qui installèrent leurs ateliers le long de la rivière. Sous domination anglaise jusqu’en 1450, les vins du secteur sont expédiés sur des gabarres vers Libourne et Blaye pour être embarqués sur les navires de haute mer à destination des îles britanniques.
Le véritable essor viticole de Castillon-la-Bataille commence au Moyen-Âge, avec notamment le mariage d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri Plantagenêt, la ville devient ainsi une véritable étape portuaire et une importante forteresse est édifiée sur les bords de la Dordogne, ce qui permit l’exportation de ses vins aussi bien vers l’Angleterre que vers la Hollande.
D’après Bernard Ginestet : « Au XIIIe siècle, ces vins étaient fort estimés et se chargeaient par cargaisons entières à destination de l’Angleterre. Ils se distribuaient aussi localement au détail et constituaient la consommation de luxe de l’aristocratie bordelaise ». Par le fait de mariages royaux, l’Aquitaine devint une riche province anglaise, attirant la convoitise des Rois français, ce qui contribua au début d’un long conflit : la guerre de 100 ans. En 1453, l’ultime bataille de cette guerre sur les collines de Castillon, met fin à la domination anglaise après 300 ans de règne. Elle signe la mort du célèbre Général Talbot et la reconquête de l’Aquitaine par Charles VII. Ainsi, Castillon-la-Bataille reste le symbole de la fin de la présence anglaise en Aquitaine.
Parcour 4 : Incursion en Pomerolais, aux portes de Libourne... Pomerol, Lalande de Pomerol
A deux pas de Libourne à l’ouest, Pomerol est limitrophe à l’est de l’appellation Saint-Émilion. Bien individualisé, ce petit territoire – l’appellation couvre moins de huit cents hectares – offre un paysage assez dépouillé où la relative humilité des maisons blanches qui parsèment le vignoble tranche avec l’architecture plus cossue de certains châteaux viticoles. Cette terre d’histoire conserve de nombreux témoignages de la présence romaine à qui l’on doit l’introduction de la culture de la vigne. Et c’est là qu’au XIIe siècle, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem installèrent leur première commanderie en Libournais, qui deviendra une étape majeure sur le long tracé du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle.
Paradoxe d’une terre viticole d’excellence, la véritable notoriété des vins de Pomerol, qui d’ailleurs, à ce jour, n’ont fait l’objet d’aucune classification, ne date guère que du XXe siècle. Il n’empêche... Sur les sols essentiellement graveleux et argileux sur crasse de fer de l’appellation, naissent des vins sublimes dont il est de coutume de dire qu’ils possèdent la chaleur et la sève des grands crus de Saint-Émilion et l’extrême délicatesse de ceux du Médoc.
Prolongeant au nord le territoire Pomerolais, l’appellation Lalande-de-Pomerol présente une structure de sols à peu près identique. De réputation sans doute plus discrète, ses vins n’en possèdent pas moins, notamment dans la partie sud-est de l’appellation, cette sève unique et ce merveilleux velouté qui signent les grands vins de Pomerol. C’est aussi le territoire de l’AOC Pomerol, qui regroupe seulement « 813 » hectares de vignes. L’AOC Lalande-de-Pomerol, elle, ne concerne que deux communes : Lalande-de-Pomerol et Néac. Malgré sa petite superficie (800 ha), l’appellation Pomerol fait figure de fleuron dans le paysage viticole.
Après cela, la bien nommée Route du patrimoine n’attend que vous. Il vous faut mettre le cap à l’est pour arriver sur la rive droite de la Dordogne. Ici vous serez accueillis par des vignobles s’appelant Saint-Emilion, Fronsac ou encore Côtes de Castillon. L’appellation Pomerol doit en être le joyau dont la région est l’écrin. Si vous passez par là, il vous faut absolument visiter ces vignobles. Particulièrement vallonnée, la région offre de nombreux points de vue de toute beauté ainsi que de nombreuses ruines de moulins. Pour visiter les châteaux et pour toutes informations complémentaires, rendez-vous aux Maisons du Vin des appellations.
Découvrir les autres circuit de la Route des Vins de Bordeaux :
Visiter le Médoc par la Route des Châteaux - Visiter le Blayais et le Bourgeais par la Route des Côteaux - Visiter l’Entre-deux-Mers par la Route des Bastides - Visiter les Graves et les Liquoreux par la Route des Graves