Au départ d'Aurillac (km 0), suivre les panneaux "la route des crêtes" : un itinéraire chargé d’émotions et de découvertes. Vous vous demandez peut-être si la route des crêtes n’est pas trop étroite et vertigineuse ?... Elle surplombe la Vallée de la Jordanne sur toute sa longueur mais la route reste assez large pour se croiser avec un autre véhicule même si c’est un camion ou un tracteur. Prenez le temps pendant votre escapade de découvrir Aurillac et son centre historique. Partez sur les traces du Comte Géraud, fondateur de l'abbaye du même nom, où étudia Gerbert d'Aurillac... devenu le premier pape de l'an mil. Aurillac, une ville où l’histoire se mêle à une douceur de vivre typiquement cantalienne. Ses ruelles anciennes, ses maisons en pierre volcanique, ses marchés animés et son atmosphère conviviale donnent le ton : ici, on prend le temps.
Avant d’entreprendre la Route des Crêtes, une visite du centre historique s’impose : flânez sur les places ombragées, admirez l’architecture médiévale ou plongez dans les collections locales qui racontent la longue histoire de la région. Découvrez le Château de Saint-Etienne à Aurillac. Berceau de la ville d’Aurillac, le château qui la domine fut maintes fois détruit puis reconstruit. Bâti sur une butte de 685 m, d’après les vestiges retrouvés dans les fondations de la tour, un dolmen aurait existé en ce lieu à l’époque gallo-romaine. Le château fut construit au IXème siècle pour Gérard Ier comte d’Auvergne. Son fils Géraud, fondateur de la bourgade d’Aurillac, cousin du roi, y naquit en 856. Il était le petit fils de Charlemagne. Adeltrude, sa mère, était fille de Pépin Ier , roi d’Aquitaine. Il servit de résidence aux abbés ainsi qu'au premier préfet. Il accueillit les écoles normales d’instituteurs avant de devenir le siège du Centre permanent d'initiation à l'environnement (Maison des Volcans) et le Muséum des Volcans.
Prenez la direction de Saint-Jean de Dône via Prom. de la Commanderie et Route des Crêtes/D35 (5 km). Peu après le départ, une première étape culturelle et contemplative vous attend : la chapelle Saint-Jean-de-Done. Ancienne commanderie de l’Ordre des Chevaliers de Malte avec toit de lauzes, elle se dresse avec élégance dans un décor bucolique, offrande silencieuse aux voyageurs qui prennent le temps de s’arrêter. Admirez la croix de Malte sur la voûte, symbole de l'ancienne commanderie.
La table d’orientation d’Alquier (10 km), située à environ 977 mètres d’altitude, est une autre halte incontournable. Accessible après une courte promenade depuis le Parking Alquier, Marmanhac, elle révèle en un coup d’œil la vaste géographie du massif cantalien : sommets arrondis, vallées profondes et reliefs ondulants qui semblent pouvoir s’étendre à l’infini. Après cette halte, Direction Marmanhac via la D59 sur la gauche et ses trois chateaux : le Château d'Estang, le Château de Sedaiges et le Château de La Voulte. En chemin, vous pouvez vous arrêtez à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, ou dite également : chapelle du Roquenatou(13 km).
La chapelle du Roquenatou se situe à 900 mètres d'altitude en direction de Marmanhac. Ancien prieuré érigé par Géraud d'Aurillac au IXe siècle., ce sanctuaire a toujours été dédié à la Sainte Vierge et connu sous le nom de Notre-Dame de Roquenatou. Elle appartient depuis de nombreuses années aux propriétaires du château de Sedaiges de Marmanhac. Face aux volcans du Cantal, isolée dans les bois du coteau, la chapelle de Roquenatou est la seule trace de la puissante forteresse éponyme qui joua un rôle important à l’époque médiévale, jusqu’à sa destruction ordonnée par Henri III, en 1579. Une halte ici est comme une respiration, un moment pour écouter le silence chargé d’histoire.
Poursuivez votre route jusqu'à Marmanhac (15 km). Marmanhac est un village cantalien au charme rural authentique : mille ans d’histoire, des paysages d’estive entre 600 et 970 m d’altitude, et une porte d’entrée discrète vers le Puy Mary et les Monts du Cantal. C’est une halte idéale pour qui cherche calme, patrimoine local et terroir vivant. Le
bourg et ses hameaux s’étirent le long de l’Authre, offrant un paysage de bocage, de prairies et de collines propices aux promenades et à l’observation des estives. Le territoire porte des traces anciennes : des mentions écrites remontent au XIᵉ siècle (Roquenatou, châtelain Pierre de Roquenatou) et la commune conserve un patrimoine rural riche : églises, lavoirs et maisons de pierre qui raconte l’histoire paysanne et religieuse de la région. Le Château de Sédaiges et d’autres éléments patrimoniaux ponctuent le paysage communal et méritent un arrêt pour les amateurs d’histoire locale.
En suivant la D59 vous arrivez à Laroquevieille (18 km). Outre l'Église Saint-Pardoux, Il existe plusieurs monuments à découvrir dans le village de Laroquevielle. Dans le village de Ferluc une belle cascade sur le ruisseau de Vergues domine le bourg. Continuez votre parcours sur cette route des crête du Cantal vers Fontanges via D35 (42 km). Au fond de la vallée glaciaire de l’Aspre, le village médiéval de Fontanges renferme de très belles maisons à l’architecture typiquement auvergnate aux toits de lauze si caractéristiques. L’église gothique Saint-Vincent du XVème siècle a conservé son clocher roman du XIIème. Le château de la Fromental, situé à l'entré du bourg abrite une activité de chambre d'hôtes. En contrebas du château, existe un vieux moulin remis en état qui fonctionne pour les touristes. Le château de Seilhols plus en amont peut se louer par exemple pour des mariages. A la sortie du village, ne manquez pas la chapelle monolithe Saint-Michel surmontée d’une vierge et creusée dans un énorme rocher en 1896.
Prenez la direction de Salers (48 km). Salers est un joyau médiéval perché au cœur des Monts du Cantal : cité de pierre de lave, terroir fromager d’exception et porte d’entrée vers des paysages volcaniques grandioses — une visite qui mêle histoire, gastronomie et panoramas. Salers classée «Plus Beau Village de France», est une étape incontournable dans le Cantal, avec un ensemble unique du XVIe siècle, ses hôtels particuliers et ses maisons à tourelles en pierre volcanique confèrent au village un charme austère. Déhambulez sur la place Tyssandier d’Escous avec son beffroi : cœur vivant du village, bordé de demeures à linteaux sculptés et fenêtres à meneaux, parfait pour une première immersion historique. Promenez vous sans hâte dans les ruelles et maisons de lave pour apprécier les toits en lauze, les tourelles et les blasons qui font le caractère unique de Salers. Les remparts et portes anciennes offrent une vraie sensation d’être transporté dans le temps.
Votre escapade sur cette route des crêtes du Cantal se poursuit vers le Puy Mary via la D680. Sur la route une visite au Musée du Fromage et de la Vache Salers (59 km), s'impose. Passez le Pas de Peyrol (70 km) à 1589 m en continuant sur la D680. Au sommet la vue est époustouflante. C’est certainement le plus beau point de vue des parcours. Là, la montagne s’ouvre, noble et massive, comme une cathédrale de pierre. Ce col est une invitation à la contemplation : on reste un moment à admirer les vastes vallées glaciaires qui se déploient autour, les sommets arrondis des puys voisins, les ombres qui dansent sur les flancs rocheux. Ici, le silence a une texture, et le vent, un timbre propre. À partir du col, vous pouvez monter à pied au sommet du puy Mary en empruntant un escalier en béton.
Classé Grand Site de France, le Puy Mary du haut de ses 1 783 mètres, est l’un des points de vue les plus impressionnants d’Auvergne. Depuis les plates-formes aménagées, le panorama embrasse l’ensemble du massif cantalien : crêtes, vallées, plateaux et reliefs volcaniques sculptés par des millénaires d’histoire naturelle. Cheminer jusqu’au sommet à pied, même depuis le col, est une expérience puissante : chaque pas rapproche du cœur de cette montagne, et chaque souffle devient plus dense, plus chargé d’émotion. Là-haut, face à l’immensité, on comprend pourquoi ce lieu est un passage obligé pour tout amoureux de paysages grandioses.
Pour rejoindre la Vallée de la Jordanne, engagez-vous sur la D17, si celle-ci est ouverte ! Vous voilà à Mandailles-Saint-Julien (80 km), le village, issu de la fusion des anciennes communes de Mandailles et Saint Julien de Jordanne, s’étire dans la vallée de la Jordanne au pied du Puy Mary. La Maison de site de Mandailles, installée dans une maison de maître rénovée, propose une exposition panoramique et une création audiovisuelle qui présentent la faune, la flore et la géologie du massif. Le bourg conserve des maisons anciennes et une église au clocher octogonal qui donnent au lieu son charme rural.
Passez Saint-Julien-de-Jordanne (82 km), puis continuez en direction Saint-Cirgues de Jordanne en suivant la D17 (89 km). Le Village à 800 m d'altitude où les gorges de la Jordanne se donnent en spectacle fait partie des points forts de cette route touristique. Au saut de la Meurette, la rivière s'étrangle entre les rochers avant de s'engouffrer dans le chaos de la vallée... Après avoir visitez l'Église Saint-Cyr-et-Sainte-Juliette, de type romane à clocher à peigne, empruntez le sentier de découverte des Gorges de la Jordanne. Les gorges de la Jordanne creusées dans l’une des sept vallées qui descendent du puy Mary, s’étirent sur plus de 3 km entre les communes de Saint-Julien et Saint-Cirgues...
Première option : la plus simple :
Suivez la D17 vers Lascelles (90 km), un village niché aux portes du Parc Naturel Régional des Volcans d'Auvergne, dans le Cantal. Passez voir l'église romane du XI siècle le type le plus ancien des édifices religieux romans de la région. Plan rectangulaire, chevet carré à l'extérieur, rond à l'intérieur, clocher à peigne sur arc triomphal, statue représentant Saint-Gérau. L'église Saint-Rémi (ou Saint-Rémy) mérite aussi votre attention, remontant au XIIe siècle, elle appartient au style arverno-byzantin. Elle domine la Jordanne... Dans ce paysage, l’écoulement de la Jordanne se fait une ligne lumineuse, un fil d’argent qui court entre les ombres des rochers et des bois. Elle chante une présence discrète mais essentielle, comme un écho des anciennes forces volcaniques qui ont sculpté ces vallées.
Poursuivez vers Velzic via D17 (93 km). Velzic est située dans la partie large de la vallée de la Jordanne, avec une altitude de 700 m dans la vallée, jusqu'à 1 180 mètres. Visitez l'Église du XIXe siècle, avec un retable doré du XVIIIe siècle et de belles statues. La tour de Falhiès date du XIe siècle, en ruines depuis les années 1900, il n'en reste que les bases. Elle est située à 920 mètres d'altitude, avec une croix de pierre qui domine le plateau. Admirer la Grottes du "Huguenot" ou de Fracor. Belle maison forte à Mousset (Fracor).
Direction Saint-Simon via la Montée du Cardi et D58 (100 km). Admirer le Pont de pierre du XII siècle donnant accès à l'église et à sa tour fortifiée de 22 m de hauteur : la tour Saint Géraud XII-XIII. Sur la place de l'église, le tilleul Sully planté par ordonnance royale à l'époque d'Henri IV-XVI. Le village de Saint-Simon possède plusieurs bâtiments classés au titre des monuments historiques. Retour à Aurillac (106 km).
Deuxième option : Surplomber la vallée de la Jordanne !
A Saint-Cirgues de Jordanne (89 km), prendre sur la droite la D59, puis la D35. Retour à Aurillac via la D59 et D922 (110 km). La route des Crêtes dévoile alors l’un de ses traits les plus saisissants : elle surplombe la vallée de la Jordanne sur toute sa longueur. À chaque lacet, le regard plonge vers des eaux paisibles, des collines verdoyantes, des hameaux où la vie locale déroule son fil tranquille.