Le point de départ : Saint-Chamant, l’âme ancienne de la vallée
Votre voyage débute à Saint-Chamant, posé comme une sentinelle sur les contreforts des vallées de la Bertrande. Ici, le temps semble s’écouler avec lenteur, porté par le battement régulier d’un clocher au son ancien. Promenez-vous dans ses ruelles, laissez vos pas cadence rythmée par les saisons. L’air pur, encore humide de rosée, porte l’odeur de la pierre chaude et du bois ancien.
Dans le village de Saint-Chamant, l'église paroissiale conserve un ensemble de mobilier gothique provenant de l'ancienne collégiale du Chapitre. Le chapitre de Saint-Chamant (I.S.M.H.) est un monument exceptionnel chargé de cinq siècles d’histoire (stalles sculptées et peintes du XVème siècle). L’église du village recèle également une statuette polychrome, témoins d’un art médiéval délicat. Adossée à l'église, la tour de Prallat, bâtie au XIIIe siècle est le plus ancien édifice du village.
À l’écart, le château de Saint-Chamant se dresse dans la lumière du matin, massif et serein, sa silhouette imprégnant déjà l’esprit de puissance douce de la région. Visitez le Château de Saint-Chamant avec son donjon du XVème siècle et son corps de logis du XVIIème. Profitez de votre passage pour passer admirer l'abri sous roche de Cors, dominant la Bertrande, en amont à l'est du bourg de Saint-Chamant. Connu par des fouilles de 1987 et 1992, ce campement fut occupé par des chasseurs magdaléniens. Avant de reprendre la route, asseyez-vous un instant sous les arcades du village : prenez la mesure de ce que signifie être ici, dans une France profonde, riche et authentique.
Saint-Projet-de-Salers : l’architecture montagnarde et la vue sur les monts
Prenez la D42 en direction de Saint-Projet-de-Salers (8 km). En quittant Saint-Chamant vers l’est, la route grimpe doucement vers Saint-Projet-de-Salers. Dès l’arrivée, c’est le charme authentique d’un village de montagne qui vous enveloppe : maisons de pierre et toits d’ardoise, un clocher à peigne qui perce le ciel, et l’écho discret de la rivière qui chante entre les rochers. Ce petit village de montagne situé à quelques km de la cité Médiévale de Salers vous propose de découvrir son architecture montagnarde, son église de style roman auvergnat du XIVème siècle est dotée d’un magnifique clocher-peigne rajouté au XVIIIème siècle.
Saint Projet de Salers dans la haute vallée de la Bertrande est niché au coeur des volcans à 800m d’altitude, entre la barrière rocheuse de Cabrespine et le Puy Chavaroche. Avec ses paysages le village offre un cadre exceptionnel.
Un détour vers le lieu-dit Saint-Georges s’impose. Arrivé au lieu-dit Saint-Georges, allez jusqu’au col pour le panorama sur les Monts du Cantal et les Bois Noirs. Les cols de Légal (1231m) et Saint-Georges (952m) offrent de très beaux panoramas sur les vallées de la Doire, de la Bertrande et de l’Aspre. Là, sur le col, le regard embrasse les Monts du Cantal : d’abord le Puy Violent, puis le noble Puy Mary culminant à près de 1 787 mètres, et plus loin encore le Puy Chavaroche qui veille sur les vallées. Ces sommets racontent l’histoire d’un volcanisme ancien, façonnant des lignes de crêtes et des vallons qui rendent ce paysage à la fois structuré et sauvage.
Ici, le vent joue dans l’herbe haute des pâturages, effleurant la peau comme une caresse. Le silence n’est pas vide : il est rempli de la respiration lente de la nature, du murmure des feuilles et de la promesse d’aventures tranquilles.
Col de Légal : altitude, panoramas et sensations fortes
Retournez sur vos pas sur la D42 et prenez la D 35 vers la Station du Col de Légal, (16 km), perché à 1 231 mètres d’altitude. Vous apercevrez les principaux sommets du Cantal : Puy Violent (1592 m), Puy Mary (1787 m), Puy Chavaroche (1739 m).... À cet endroit, l’air se raréfie un peu, mais l’intensité du paysage grandit. Les crêtes volcaniques surgissent autour de vous ; la lumière joue sur les pentes herbeuses, dessinant des ombres changeantes au fil de la journée. Que vous soyez randonneur ou simple contemplatif, cet endroit invite à la pause. Prenez un sentier comme celui qui mène au refuge de Cabrespine (environ 1h30 A/R) pour prolonger l’instant : les pas sur l’herbe humide, le parfum des fougères, le chant lointain d’un oiseau de haute montagne — tout ici invite à une profonde respiration. En hiver, le col devient une station de ski de fond et de raquette, une autre manière de vivre cet espace immaculé et silencieux. De nombreuses activités sont praticables aussi bien l'hiver que l'été.
Tournemire : un des plus beaux villages de France
Suivez la D 35. Arrivé au «Bruel», prenez la D60 vers Tournemire (18km), classé “Un des Plus Beaux Villages de France”. Implanté en balcon sur l’une des vallées de la Doire, ce village est une promesse de beauté médiévale et de charme absolu. Le petit village de Tournemire au cœur des monts du Cantal, s'étire le long d'une arête volcanique qui domine la vallée de la Doire, l'une des treize vallées qui rayonnent autour du puy Mary. La silhouette aristocratique du Château d’Anjony domine le village de ses tours austères.
Les charmantes maisons de lave de la cité de Tournemire s'organisent autour d'une ruelle. Village typique de cette région du pays vert, avec ses belles maisons en lave couvertes d'ardoises ou de lauzes, fut choisi, honneur insigne, parmi les plus beaux villages de France. Dans les ruelles étroites de Tournemire, chaque pierre a une voix. Les murs de lave, les toits en lauze, les lavoirs publics et les fontaines racontent la vie d’antan. Arrêtez-vous à la petite place, écoutez la rivière au fond de la vallée, sentez le parfum des herbes sauvages qui montent des jardins. L’ensemble compose un tableau vivant, presque immobile, mais profondément ancré dans la mémoire des lieux.
Prenez le temps de visiter ce petit village pendant votre escapade de vacances, à son extrémité ouest, en contrebas de la petite église romane et telle une figure de proue, se dresse le château d'Anjony avec ses quatre tours rondes datant du XVe siècle pointant vers le ciel. Édifié au Moyen Âge, ce château fort offre une plongée dans l’architecture défensive et résidentielle de la noblesse auvergnate. L’intérieur, richement meublé et décoré, révèle une histoire vivante, entre pierres, peintures anciennes et atmosphère feutrée.
Prendre la direction du Col de Fontbulin puis la D 260 et la D292 direction Girgols (35 km). Le village de Girgols vous offre des paysages très variés, bois, prairies, estives, ruisseaux, sentiers de randonnées. Un patrimoine bâti très riche se trouve sur Girgols, l’église Notre Dame est un très remarquable monument roman du XIIème siècle abside et façade romane, clocher peigne, nef gothique. Cet édifice religieux appartenait autrefois aux seigneurs de Tournemire. Une des cloches de l’église (1566 / 1867) a été cachée pendant la Révolution et n’a jamais été retrouvée. Vous pouvez aussi y découvrir plusieurs croix de chemin en pierre, sur la place du village une fontaine avec bacs-lavoir. La section du Rieu vous dévoile une architecture civile avec les souterrains au Rieu et une architecture sacrée pour son église du XIXème siècle ainsi qu’une fontaine avec bac lavoir.
Saint-Cernin : histoire, patrimoine et panoramas
Retournez sur vos pas par la D43, puis prendre la D 922 direction Saint-Cernin (41 km). Ce lieu est riche d’une histoire intellectuelle et culturelle ! Village bâti à flanc de colline, dominant la vallée de la Doire, Saint-Cernin est le village natal d’Henri Mondor de l’Académie Française et de l’Académie de Médecine, qui édicta les règles modernes de la chirurgie.
Le clocher à peigne de l’église Saint-Saturnin, construit au XIIe siècle, retient l’attention dès votre arrivée. L’église Saint-Saturnin comporte des modillons sculptés remarquables et abrite des stalles en bois du XVème siècle provenant de l’église de Saint-Chamant, elles rappellent la finesse artisanale d’une époque qui a su allier foi et art. Allez voir les boiseries, les stalles, la Vierge et l’Ange de l’Annonciation du XV ème dans l’église. Les panoramas depuis les hauteurs du village sont d’une beauté apaisante : la vallée se déploie en larges courbes, les collines se succèdent jusqu’à l’horizon.
Ne manquez pas une halte au Château du Cambon, transformé au fil des siècles d’une place forte en demeure de plaisance, où chaque pierre porte les traces d’une histoire locale qui se lit comme un roman. Après les nombreuses visites que vous offre Saint-Cernin, prenez la D160 puis la direction de Freix-Anglards (48 km). C'est un viillage disposant d’une remarquable architecture mise en valeur par un aménagement du bourg réussi. Admirer les remarquables vitraux à l’église.
Suivez la D 6 vers Saint-Illide (59 km). Vous découvrirez dans cette petite bourgade les stalles du XV ème de son église et une charmante chapelle de style gothique à Albart. Dans l'église du bourg de Saint-Illide, des objets sont classés monuments historiques, parmi lesquels deux cloches de bronze du XVIe siècle, et des stalles en bois sculpté, appelées miséricordes, datant du XVe siècle. Les miséricordes proviennent du chapitre de Saint-Chamant, et représentent des êtres fantastiques (sirènes...) et des scènes de la vie quotidienne.
Continuez sur la D 6 vers Saint-Martin-Cantalès (67 km), entre les gorges de la Maronne et de la Bertrand. L’église Saint-Martin est un beau monument presque intégralement roman, remarquable surtout par son portail orné de têtes de loups, d’hommes et d’animaux fantastiques. Un des plus beaux porches d’église de l’école romane auvergnate (dans l’église, stalles, christ en bois, piéta du XVII ème ) - croix du XII ème , XIV ème et XIX ème. Comme pour la plupart des édifices du Roman auvergnat aucun élément fiable permet de dater sa construction avec précision.
Prenez la D42 pour aller aux gorges de la Bertrande au Pont du Rouffet. Revenez sur vos pas jusqu’à Saint-Martin, puis direction Besse par la D 342 (71 km). La commune de Besse se situe à une altitude de 750 mètres. Elle est bordée au nord par la Maronne. Du plateau, vous aurez un magnifique point de vue sur les Monts du Cantal. Sur la petite place du bourg de Besse, vous admirerez la petite église romane avec son rétable et son arbre de «Sully».
Dirigez-vous vers la D 922 par la D 42 puis direction Saint-Cernin et prenez à droite vers l’Hôpital, une ancienne commanderie templière privée très bien restaurée. Revenez sur vos pas vers la D 922, prenez direction St-Cernin, puis vers Saint-Cirgues-de-Malbert (85 km) par la D 142. Le villages de Saint-Cirgues-de-Malbert possède une magnifique petite église romane avec des fresques murales dans un cadre très pittoresque.
L'Église Saint-Cyr, édifiée à l'époque romane, a été agrandie au début du XVIIIe siècle par deux chapelles latérales qui dessinent en plan un faux transept. Le petit sanctuaire est décoré, dans les arcades latérales du chœur, de peintures murales de la fin du XVIe siècle et du XVIIe siècle. Le portail occidental en plein cintre et la porte latérale sud possèdent des vantaux du XVIIe siècle.
À l'intérieur, le plafond de la nef présente un décor peint du XVIIe siècle également. Les arcades aveugles qui animent les parois latérales du chœur portent des traces de peinture. Le clocher peigne a été refait en 1812. L'église, y compris ses peintures murales, est classée monument historique par l'arrêté du 28 décembre 1978.
Profitez de cet itinéraire touristique pour admirer le château de Saint-Cirgues, datant du XVIIe siècle, constitué d'un grand corps de logis à cheminées et échauguettes, un fournil et des écuries, actuellement en cours de rénovation. Deux fours à pain ont été restaurés, un à Bourcenac et un à L'Hôpital où chaque année les différents comité des fêtes cuisent le pain lors des fêtes du village.
Retour par la D922 vers Saint-Chamant. Chaque arrêt devient prétexte à écouter le paysage, à sentir la douceur ou la rudesse du vent, à goûter la lumière changeante sur les pentes verdoyantes.