Commencer votre promenade dans Yèvre-le-Châtel par la forteresse. Entouré de douves sèches, le château a la forme d’un losange flanqué de quatre tours saillantes. Un chemin de ronde permet de circuler sur les courtines et, du haut des tours, on embrasse un vaste panorama sur les champs de la
Beauce, les vallées du Gâtinais et les lisières de la forêt d’Orléans.
L'entrée dans le château se fait en gravissant un escalier du XIXe siècle qui mène à la cour-haute. A l'origine, cet accès se faisait par un pont mobile s'abattant sur une pile reliée à une rampe en bois. Dans la cour-haute du château, des carrés médiévaux présentent plus de 150 plantes aromatiques, médicinales et tinctoriales.
L'entrée dans la basse-cour est protégée par un châtelet d'entrée, cantonné de deux tours, muni d'une herse, et d'une porte à double vantaux. A l'est, une poterne située dans le rempart permet également d'accéder à la basse-cour. Il en existait vraisemblablement une seconde à l'ouest de l'enceinte.
En contrebas, vous aimerez flâner dans ses ruelles toujours fleuries pour découvrir la basse cour et ses belles maisons en pierre et ses églises Saint-Gault et Saint-Lubin qu'admirait Victor Hugo. Ce petit village, aux belles maisons construites avec le calcaire du pays, est, dès le début de la saison estivale, un lieu de promenade très prisé.
En contrebas de la basse-cour du château, vous pourrez admirer l’église de Saint-Gault construite au XIème siècle par des moines bretons fuyant l’invasion des normands. Sa bâtisse, aujourd’hui en ruines, vous laissera entrevoir un style gothique qui laisse supposer à un remaniement de l’église au XIIIème siècle.
Puis, l’église Saint-Lubin, un lieu particulier et à ne pas rater lors de votre promenade, construite au XIIIème siècle à la demande des habitants du village et avec l’autorisation de l’évêque d’Orléans la construction est vite abandonnée. En effet, celui ci revient sur sa décision après l’intervention des moines de Saint-Benoit-sur-Loire. Si bien que Saint-Lubin fut donc à la fois inachevée et ruinée…
Quant à son église Sainte-Brigide, elle est dotée d’un clocher roman et de trois absides des XIe et XIIe siècles. Elle a été profondément remaniée, notamment au XIXe siècle où elle fut dotée d’un porche d’entrée et d’une voûte intérieure. La vue sur le chevet de l’église depuis la vallée de la Rimarde est remarquable.
Les rues contiennent un bon nombre de maisons traditionnelles en pierre qui le rend très agréable à visiter. Elles vous emmèneront l’espace d’un instant, dans un autre monde. Ses petites ruelles vous conduiront dans des coins cachés et reculés, près de l’ancien puits, sur la place du bourg ou au pont de Seville qui enjambe la Rimarde…
Cette charmante rivière traverse Yèvre et donne naissance à l’Essonne. La Rimarde traverse Yèvre et, à son confluent avec l’Œuf, va donner naissance à l’Essonne. Cette agréable rivière constituait, jusqu’à la Révolution, la frontière naturelle entre les évêchés de Sens et d’Orléans. Aujourd’hui, elle marque la limite entre la Beauce et le Gâtinais.
Des parcours de randonnées de 3 à 8 kilomètres vous permettront d’observer d’un peu plus près le patrimoine historique du village ainsi que la faune et la flore de la vallée de l’Essonne.
De nombreux artistes furent séduits par le charme du village de Yèvre-le-Châtel et celui de ses ruelles ombragées et fleuries. Maria Helena Vieira da Silva et son mari Árpád Szenes, en particulier, y vécurent l’été pendant près de trente ans. Ils sont enterrés tous les deux dans le petit cimetière près de l'église Saint-Lubin.
Autour d’eux, d’autres artistes, peintres, sculpteurs, plasticiens de renom international, vinrent également s’y installer. Ce brillant passé artistique revit aujourd’hui grâce aux expositions, aux concerts et aux diverses manifestations programmées chaque saison. Des créations d’artistes contemporains, présentées in situ, s’offrent aux regards des promeneurs, au hasard des rues.
Grilles, cadran solaire, portails, et même les monuments funéraires se révèlent être les œuvres d’un véritable musée en plein air et ajoutent à l’attrait du village de Yèvre-le-Châtel.