Nous vous proposons de commencer votre escapade à partir du village de Auberive (km 0). Le village s'est créé autour de son abbaye cistercienne fondée en 1135 au bord de l'Aube aux frontières de la Champagne et de la Bourgogne. Les moines de l'abbaye exploitaient les massifs forestiers environnant jusqu'à la Révolution.
Fondée par saint Bernard, alors abbé de l’abbaye de Clairvaux, l’abbaye cistercienne d’Auberive répond à tous les idéaux de ce mouvement monastique. Elle garde son implantation d'origine ce qui nous permet de voir encore aujourd'hui le travail réalisé par les premiers bâtisseurs. Sur ces terres, les moines imaginent comment aménager cet espace en fond de vallée.
À cette époque c'est un lieu sans village, où la rivière « l'Aube » passe au milieu du cloitre actuel. Un lieu marécageux, dans la forêt, peu propice - à première vue - à l’implantation de bâtiments et d’espaces agricoles. Ici les moines commencèrent par détourner le cours de l’Aube pour dégager un plus grand espace de construction. La rivière déplacée et creusée sur le côté sud du vallon, permit l’implantation en parallèle du bief d'un moulin.
L’abbaye cistercienne d’Auberive atteint son apogée en termes de possessions au XIIIe siècle. Deux éléments architecturaux évoquent encore le Moyen Âge sur le site : le sanctuaire de l'église abbatiale et l'entourage de la porte du réfectoire des moines.
Prendre la direction de Belmont par la D428 et la D7 (45 km), l'abbaye qui se trouve au cœur du village était autrefois habitée par des sœurs bernardines. L'abbaye de Belmont, de l'ordre de Cîteaux était l'une des seules abbayes de femmes dans la Haute-Marne avec Poulangy. Elle a été fondée en 1127, fille de l'abbaye de Tart, à Belmont sous le vocable de Notre Dame.
Installée d'abord sur la colline, elle a été réinstallée dans le village au XVIIe siècle. Détruite durant la guerre de Cent Ans et des guerres de religion, elle a été reconstruite au XVIIIe siècle. Ne subsistent qu'une partie du bâtiment conventuel, remarquable bâtiment à corps central et à deux ailes et le logis des hôtes.
Les bâtiments subsistants sont l'ancienne église abbatiale et l'ancienne « maison du dehors » ou « maison des hôtes », qui est privée. Les bâtiments conventuels ont brûlé en 2010. Le site abrite une bibliothèque publique depuis 2013, avec possibilité de consultation d'archives. Des animations culturelles saisonnières sont proposées.
La prochaine étape de ce parcours touristique des abbayes Cisterciennes en Haute-Marne sera Bourdons-sur-Rognon via la D1 (110 km) située dans la vallée du Rognon. L’abbaye de la Crête, ou anciennement La Chreste, est une abbaye cistercienne fondée en 1121 par le seigneur de Clefmont et des moines venus de l'abbaye de Morimond dont elle est la deuxième fille.
La Crête est fondée sous le règne du roi capétien Louis VI le Gros, dont le pouvoir est encore faible. L'abbaye de La Crête se situe dans une région-frontière où le comte de Champagne est sans cesse en alerte, subissant tantôt la poussée du roi de France, tantôt celle des ducs de Lorraine. Elle va ainsi profiter de ces rivalités pour obtenir une aide précieuse des comtes de Champagne et des ducs de Lorraine.
Faute de documents, on ignore la chronologie précise de la construction des différents bâtiments. Il semble que l'église ait été construite la première, avant 1150, car son plan est très proche de celui de l'abbaye de Clairvaux construite entre 1135 et 1150. Au XVIIe siècle, une légende entoura l'abbaye, selon laquelle on y aurait retrouvé le tombeau de Mérovée, second roi des Francs saliens.
À l'abbaye de la Crête, il ne reste pas de bâtiments du Moyen Âge. L'histoire mouvementée de la région va progressivement l'amener à sa destruction. L'abbaye est dans la tourmente à partir du XVIe siècle, avec la peste noire venue d'Asie en 1348, 1499 et 1509, et les bandes de mercenaires qui sèment la terreur.
Les restes sont aujourd'hui modestes mais donnent la mesure de l'ambitieuse reconstruction du XVIIIe siècle. Il ne reste plus de bâtiment d'origine médiévale, mais la porterie est remarquable par son corps central incurvé. Subsistent également le palais abbatial, le pigeonnier, une partie du mur d’enceinte et l'écurie, au rez-de-cour voûté en arêtes sur des piliers arborescents.
Aujourd'hui, l'abbaye de La Crête sort de l'oubli. La propriétaire de la porterie de l'abbaye effectue d'importants travaux de confortation en vue d'une restauration future et l'association « Renaissance de La Crête » s'efforce de son côté de faire parler de La Crête en sensibilisant le public : spectacle audiovisuel autour de la maquette d'une abbaye cistercienne idéale à partir du plan de La Crête, conférences, édition de livres, etc...
Le circuit touristique vous emmènera ensuite à Fresnoy-en-Bassigny via la D33 (147 km). L'abbaye de Morimond est une abbaye cistercienne, située à Parnoy-en-Bassigny. Fondée en 1115, elle est la quatrième des première abbayes filles de Cîteaux, avec La Ferté, Pontigny et Clairvaux. Ces cinq abbayes étaient dites « primaires » dans l'ordre cistercien.
Les premiers moines découvraient une vallée étroite, humide et profonde, environnée de grandes forêts, située aux frontières de la Lorraine et de la Champagne. Dans ce lieu désolé, les moines construisent tout d'abord des huttes avant d'édifier en bois les premiers bâtiments de l'abbaye et de se livrer à la mise en culture de leurs terres.
Particulièrement féconde, l'abbaye de Morimond crée à travers toute l'Europe, mais plus particulièrement en Europe centrale et orientale, une trentaine d'abbayes filles directes, et plus de deux cents abbayes filles au total. Sa presque destruction après la Révolution n'empêche pas plusieurs de ses abbayes-filles d’exister encore de nos jours, notamment en Autriche et en Pologne
Une première église abbatiale est consacrée en 1154. De nos jours, seul un fragment de l'aile nord de l'église subsiste des structures médiévales. La chapelle Sainte-Ursule date du XVe siècle, tandis que la porte d'entrée, la bibliothèque et quelques pavillons témoignent des constructions du XVIIIe siècle. On retrouve également des traces des infrastructures hydrauliques construites pour faire fonctionner les forges et moulins de l'abbaye.
Pour la dernière étape de votre périple sur la route touristique, prendre la direction de Trois-Fontaines-l'Abbaye par la D16 (263 km). L'abbaye cistercienne de Trois-Fontaines, sur la commune de Trois-Fontaines-l'Abbaye, fut fondée en 1118 au diocèse de Châlons-en-Champagne ; elle était la première abbaye-fille de Clairvaux sous l'abbatiat de saint Bernard.
Le 10 octobre 1118, l'abbé Roger et quelques moines arrivent sur le site, venant de Clairvaux envoyés par saint Bernard. Ils s'y fixèrent dans une clairière pour y fonder la première fille de l'abbaye de Clairvaux.
Les multiples donations permettent aux moines de fonder de nombreuses granges autour de l'abbaye, les cisterciens de Trois-Fontaines se trouvèrent propriétaires d'une entreprise à la fois agricole, industrielle et minière. Les religieux construisent leur première église en bois, mais les dons leur ont permis d'édifier rapidement une nouvelle église en pierre.
L'abbaye perdue dans la forêt, éloignée des grands axes routiers, put passer les siècles sans trop subir de destructions. La commende ne lui fit pas subir de dommages. Les bâtiments de la basse-cour et les écuries ont été détruits en 1711 par des hussards. Ils sont reconstruits entre 1717 et 1741.
Le site est désormais privé, mais mis en valeur par une association qui l'ouvre au public. Le vaste parc qui conserve un bassin et des statues allégoriques est planté d'arbres imposants. Autour de l'abbaye s'est formé le village de Trois-Fontaines-l'Abbaye dans la Marne.
Option : .Vous pouvez redescendre vers l'Abbaye de Clairvaux en direction de Ville-sous-la-Ferté via la D384 (81 km). Située sur la rive gauche de l’Aube, à la limite des départements de l’Aube et de la Haute- Marne, l’Abbaye de Clairvaux, troisième ?lle de Cîteaux, fut fondée en 1115 par Saint-Bernard, qui en fut l’abbé jusqu’à sa mort en 1153.
Après des siècles de grande renommée dans toute la chrétienté, Clairvaux fut transformée en maison de détention en 1808 ; la partition signée en 2003 entre les ministères de la Justice et de la Culture permet la visite de bon nombre des anciens bâtiments, dont celui des frères convers, unique mais magni?que vestige du 12e siècle, et le grand cloître du 18e siècle. A l’entrée, l’Hôtellerie des Dames abrite salle d’exposition, librairie et accueil des visiteurs. Festival de Musique.