Pour débuter la route touristique des Vikings, ducs et hommes de Dieu, direction Ecouis (km 0) dans l'Eure. Située sur la route reliant Paris à Rouen, Écouis est un petit village situé au Moyen Age sur une voie de communication et de commerce importante. Dominant le petit village d'Écouis, du haut de son imposante silhouette, la collégiale Notre-Dame de l'Assomption rappelle la splendeur passée du village au Moyen Âge et l’importance des personnages qui firent son histoire : Enguerrand de Marigny, Jean de Marigny et saint Vincent de Paul.
La Collégiale d'Écouis fut construite en trois ans entre 1310 et 1313, par Enguerrand de Martigny, est d'une taille imposante et inattendue pour un si petit village. L'ensemble est construit en pierre de Vernon. La collégiale garde aujourd'hui une certaine sobriété mais surtout un ensemble homogène du XIVe siècle car n'ayant pas subit d'importantes modifications ultérieures, exceptés les destructions des Révolutionnaires.
La façade de la collégiale Notre-Dame d’Écouis du XIVe siècle est encadrée par deux tours massives appuyées sur des contreforts, qui évoquent davantage l'art roman que l'art gothique. Son centre est décoré d'une grande baie, la gigantesque verrière occidentale, comme on en rencontre dans le style gothique normand et dont le remplage est caractéristique du style gothique rayonnant. L'édifice abrite en ses murs de superbes boiseries du XVIe siècle, ainsi que de remarquables statues allant du XIVe au XVIIe siècle. Gisant de l'archevêque Jean de Marigny du XIVe siècle, statues de Sainte Agnès et Sainte Marguerite du XIVe siècle, Ecce Homo du XVe siècle et Groupe de l'Annonciation du XVe siècle, pour ne citer qu'eux, sont autant de trésors à découvrir en ces lieux !
Après avoir exploré ce site exceptionnel et profité de son cadre enchanteur, poursuivez votre parcours en direction de Louviers via la D11 (27 km). Cité drapière dès le XIIIe siècle, construite au bord de l’Eure, Louviers comptait à cette époque près de mille maîtres drapiers ! Prise par les Anglais durant la guerre de Cent Ans, la ville sera libérée en 1440 par ses propres habitants. Ils en seront récompensés sous forme de privilèges accordés par Charles VII. L’industrie du drap y fut prospère et se spécialisa dans la fabrique de draps fins. L'activité prit un nouvel essor grâce à l’industrialisation : la ville vit naître la première filature mécanique de laine et se mit à produire du textile pour l’armée, des sous-vêtements de flanelle et des draps.
Au détour des rues, le long des bras de la rivière Eure… l’industrie drapière a laissé une empreinte séculaire à Louviers. Il suffit de lever les yeux ou de s’attarder sur le paysage urbain pour se replonger quelques siècles en arrière : d’anciennes manufactures, des moulins, des lavoirs, des ruelles pittoresques, des bras de rivières… Louviers a conservé quelques quartiers normands avec ses maisons à pans de bois, ses monuments majestueux, ses anciennes usines et son Cloître des Pénitents, le seul d’Europe à être établi sur l’eau. La cité possède également un superbe édifice des XIIIe-XVIe siècles : l'église Notre-Dame.
L’Église Notre-Dame de Louviers, construite entre les XIe et XIIIe siècles, marque l’attention du visiteur : son luxuriant porche sud flamboyant, ses statues, ses gargouilles, sa tour-beffroi… Mais les surprises continuent à l’intérieur de l’édifice : découvrez la nef parée de ses couleurs du début du XVIe siècle. Mais aussi ses vitraux des meilleurs peintres-verriers, ses grandes orgues provenant de l’abbaye de Bonport… L'église Notre-Dame présente un riche mobilier avec notamment de très belles statues en pierre du XVIe siècle, ainsi qu'une remarquable série de vitraux du XVe et du XVIe siècle, ils ont été créés par les plus grands peintres-verriers de l'époque.
Prendre la direction de La Saussaye, via la D313, D86 puis la D26 (45 km). L'origine du hameau, suite aux objets et les vestiges trouvés, permet de penser qu'il remonterait à l'époque gauloise. Dans les actes anciens, le hameau de la Saussaye est mentionné sous plusieurs appellations : la Saucée, la Saulcée, la Chaussaye, parfois la Saucoye… Il est probable que le village doive son nom à la présence de nombreux saules qui ont toujours poussé spontanément dans ses terres humides et argileuses. Le hameau de la Saussaye abrite un édifice remarquable : la collégiale Saint-Louis fondée par Guillaume d'Harcourt (mort en 1327), baron d'Elbeuf, seigneur de La Saussaye, conseiller du roi, maître d'hôtel du Roi Philippe le Bel, grand-queux de France, et Blanche d'Avaugour, son épouse.
A partir de 1307, Guillaume d'Harcourt, chevalier sire de La Saussaye et d'Elbeuf, fit bâtir une église collégiale pour accueillir 13 chanoines chargés de prier pour son âme. Elle fut placée sous le vocable de Saint-Louis et les travaux durèrent dix ans. L'acte de fondation, signé de la main de Guillaume d'Harcourt, date de 1317. En août 1553, la collégiale fut entièrement détruite par un incendie et reconstruite en style gothique grâce à la générosité du roi de France Henri II, et des ducs d'Elbeuf. Elle abritait aussi la sépulture familiale des comtes, puis ducs d'Elbeuf, ses fondateurs, sépulture qui fut profanée en 1793. Elle abrite aujourd'hui un musée des Charitons.
La façade occidentale de l’église Saint-Louis est précédée d’un petit porche avec toiture à double pans et voute en berceau reposant sur des piliers de style gothique flamboyant. Il couvre un portail avec une voûte en forme d’arc brisé. Le mur pignon comprend un autre niveau d’élévation constitué d’une lancette avec arc brisé surmonté de deux minces ouvertures rectangulaires. La façade est flanquée d’une tour-clocher de base carrée épaulée par deux contreforts pour chacune de ses faces et comprenant trois nivaux d’élévation.
Quittez l'Eure pour la Seine-Maritime pour visiter le Château de Robert le Diable, situé Rue Lieutenant Jacques Hergault, dans la commune de Moulineaux, via la D840 et D64 (59 km). Petit village de Seine-Maritime en bordure de la Seine, situé aux portes de l'agglomération rouennaise, Moulineaux possède les ruines d'un château. Situées sur les hauteurs de Moulineaux, à proximité de Rouen, les ruines du château de Robert le Diable sont visibles depuis l’autoroute A13. Surplombant la vallée de la Seine, aux portes de Rouen, le Château attire les regards par sa puissance et développe l’imaginaire par tous les mystères qui l’entourent.
L'histoire de ce château de Moulineaux remonte au XIe siècle, à l'époque des ducs de Normandie. Ce monument fait l’objet de nombreuses interprétations. Certains l’attribuent à Rollon, également prénommé Robert, d’autres à Robert le Magnifique ou encore à son petit-fils Robert Courteheuse. Situé sur une colline qui domine la Seine, le lieu avait une position stratégique. Cette position stratégique exceptionnelle a fixé la destinée de Moulineaux : Poste militaire protégeant les portes de Rouen.
Les premiers écrits mentionnant la forteresse de Moulineaux datent de 1180. Jean sans Terre effectue plusieurs séjours à Moulineaux entre 1199 et 1204 et divers écrits témoignent de travaux de mise en défense et à l’entretien d’une garnison. La forteresse fut démantelée au moment de la conquête de la Normandie par Philippe Auguste, puis totalement rasée lors de la guerre de Cent Ans afin d’éviter son occupation par l’armée anglaise. Au cours du Moyen-âge, l’édifice connaît néanmoins plusieurs destructions et réparations avant de tomber dans l’oubli pendant des siècles. Il faut attendre son rachat par Oscar Cosserat pour qu’il soit en partie reconstruit au début du XXe siècle par Lucien Lefort, élève de Viollet le Duc.
Dans le petit village de Moulineaux vous pourrez également visiter l’ancienne villa gallo-romaine, l’église Saint-Jacques le Majeur du XIIIe siècle, l’ancienne léproserie, Le lavoir rue Louis-Moguen (D 67), le Monument du Qui-Vive de Eugène Fauquet et Auguste Foucher de 1901, le château du Rouvray de 1876, en bordure de Seine, construit pour Eugène Dutuit, dont la famille est actionnaire de la Banque de France, le manoir des Sources qui comporte sur son domaine un oratoire du XVIe siècle, des sources ou encore des moulins.
Poursuivre en direction de Jumièges (82 km). Jumièges est célèbre par les ruines de son antique abbaye, souvent visitée par les archéologues et les touristes. L’Abbaye de Jumièges est l’un des plus anciens et des plus importants monastères bénédictins de Normandie qu’il faut absolument visiter sur cette route touristique, étape incontournable de la route des abbayes normandes. Avec ses tours en pierre blanche qui s’élèvent à presque 50 mètres de haut, il suffit de lever la tête et d’ouvrir grand les yeux pour se rendre compte de la beauté de ce site à ciel ouvert. Victor Hugo la surnommait « la plus belle ruine de France ».
Ces vestiges, racontent neuf siècles d’histoire. Sa construction par saint Philibert daterait de la fin du VIIe siècle, faisant de cet édifice un témoignage unique d’église chrétienne carolingienne. L’abbaye de Jumièges fût détruite par les nombreux raids vikings du IXème siècle attiré par la renommée et la richesse de l’Abbaye. En 841, les vikings pillent et incendient l’Abbaye, poussant les moines à s’enfuir avec les reliques. La paix en Normandie n’est retrouvé qu’en 911 avec la signature d’un accord avec Rollon le chef des vikings lui reconnaissant la propriété de la Normandie. C’est ainsi que ce dernier devient le premier Duc de Normandie. Le monastère reste inoccupé et à l’abandon jusqu’à ce que Guillaume le Conquérant en décide sa reconstruction. Sous son règne, la Normandie connait une période prospère, qui permet la renaissance et l’expansion monastique dans la vallée de la Seine.
L’abbaye de Jumièges devient un centre intellectuel de tout premier plan entre le XIIIe et le XIVe siècle. Nationalisée à la Révolution, démantelée, l’abbaye de Jumièges devient une carrière de pierres. L’intervention de notables locaux et d’artistes à partir de 1824 sauve les derniers vestiges du site. La magie des lieux tient notamment à leur renaissance au XIXème siècle sous l’impulsion des Romantiques épris de leur mystère.
Aujourd’hui, l’ampleur du site, joyau de l'art roman, témoigne de l’importance et de la prospérité du monastère. Les éléments préservés du cloître, des bâtiments conventuels, de l'église abbatiale illustrent la transition entre architectures carolingienne et romane au Xe siècle. Au nord-ouest de la propriété se trouve le logis abbatial, petit manoir de style classique avec toiture à la Mansart qui a remplacé l’ancienne résidence médiévale des abbés commendataires de Jumièges au XVIIe siècle.
L’abbatiale Notre-Dame, grande église romane consacrée le 1er juillet 1067, en présence de Guillaume le Conquérant, désormais à ciel ouvert est dominée par ses deux tours jumelles hautes de quarante-six mètres. La nef à trois niveaux s’élève à vingt-sept mètres. Chœur à découvert, piliers à colonnettes de style gothique, blancheur du calcaire, une seule chapelle préservée sur les sept originelles demeure. Rares vestiges carolingiens, la discrète église Saint-Pierre antérieure, se trouve dans le prolongement du cloître et de la salle capitulaire. Terminez votre visite en vous promenant à travers l'agréable parc aux arbres centenaires.
Rendez-vous à présent à Saint-Wandrille (98 km) pour visiter son abbaye. L’abbaye de Saint-Wandrille est une abbaye normande bien différente de celle de Jumièges et de la plupart des abbayes normandes puisqu’elle accueille toujours une cinquantaine de moines. L'abbaye de Saint-Wandrille, primitivement abbaye de Fontenelle, est une abbaye bénédictine de la congrégation de Solesmes. Fondée en 649, elle a connu une longue histoire avec trois grandes périodes de destructions : celle de l'invasion des Vikings, puis celle des Huguenots et enfin la Révolution Française.
Arrivé sur la place du village, on entre à l’abbaye de Saint-Wandrille par la jolie porte du Pélican qui donne accès à l’avant-cour bordée des bâtiments mauristes, dont les frontons s’ornent de décors du XVIIIe siècle de style rocaille. Dressant ses arcades et colonnes blanches au milieu des vallons verdoyants, l’abbaye de Saint-Wandrille et ses ruines romantiques évoquent pour le moins la rêverie. Les majestueux bâtiments sont entourés de bois et de champs. L’architecture de l’abbaye présente la particularité d’être un vrai recueil de styles différents. De la chapelle Saint-Saturnin qui pourrait remonter à l’époque carolingienne, jusqu’aux bâtiments conventuels du XVIIe siècle en passant par des décors de style rocaille et par la nouvelle église abbatiale, les édifices témoignent des reconstructions successives et de l’ardeur des moines à faire vivre cette abbaye.
L’église actuelle est installée dans une ancienne grange du XIIIe siècle transportée et remontée en 1969. On y a placé le reliquaire qui contient le chef de Saint-Wandrille. l'abbaye de Fontenelle est l'un des sites touristiques les plus visités de la vallée de la Seine. Elle est ouverte au public toute l'année et propose des visites guidées régulières des lieux. Au cœur du monastère le seul cloître gothique complet de Haute-Normandie est un élément majeur du patrimoine artistique national. Ne quittez pas ce site sans profiter d’un dernier détour à la boutique qui propose à la vente des produits de l’artisanat monastique uniques : les bonnes cires, confitures et un délicieux pain d’épices, sans oublier, bien entendu, la maintenant célèbre Bière de Saint-Wandrille.
Outre l'Abbaye Saint-Wandrille, le village a su conserver plusieurs monuments historiques comme l'Église Saint-Michel de Saint-Wandrille, l'Église Notre-Dame de Rançon, la Chapelle Saint-Amand, la Chapelle Notre-Dame à Caillouville, le moulin à blé sur la Rançon au Hautp-Pas...
Votre prochaine étape de ce parcours touristique sera Bolbec, via la D40 et la D6015 (127 km). Habitée depuis l’Antiquité, Bolbec s’est développée au Moyen Âge grâce à la présence de moulins qui jalonnaient la rivière du Commerce, petite rivière affluent de la Seine. La fabrication de toiles de laine, puis de coton se développe. Les quatorze moulins édifiés le long de la rivière de Bolbec ont permis à la ville de devenir au XIXe siècle un important centre de transformation du coton et du lin, au point de donner à cette vallée le surnom de Vallée d’Or. Et à Bolbec celui de capitale. Bolbec était notamment connue pour sa production d'Indiennes. S'il reste aujourd'hui peu de traces physiques de cet âge d'or, il a cependant profondément marqué la ville et ses habitants.
Pleine de charme, Bolbec, présente encore un très beau patrimoine architectural et historique qui séduit les visiteurs de passage dans la région. Lors de cette étape, un circuit vous invite à redécouvrir Bolbec à l’époque de l’industrie textile, dont le développement a façonné l’urbanisme et l’architecture de la ville. La promenade est balisée et les étapes matérialisées par des panneaux qui mêlent commentaires historiques et anecdotes, tout en accordant une large place aux photographies. Ainsi, vous pourrez comprendre d’où vient l’expression « se mettre sur son 31 » ou encore la signification de la devise en latin inscrite sur le devant de la chapelle Sainte Anne.
Son patrimoine architectural permet d'en apprendre un peu plus sur l'histoire de cette cité pleine de charme. Déhambulez dans les rues pour découvrir l'ancienne usine Desgenétais : fleuron de l’industrie textile dans la région. L'église Saint-Michel, le temple protestant, le Manoir de Cailletot, les Moulins Seminel et du Vallot : ces roues de moulins ont toutes participé au développement de la ville aux XVIIIe et XIXe siècles car elles permettaient le fonctionnement des usines. L Château du Val-aux-Grès : cette ancienne léproserie du XIIe siècle a subi de nombreuses transformations au fil des siècles. L'hôtel de ville et les statues du jardin public : cette ancienne propriété de manufacturier fut vendue à la ville en 1881 par les héritiers de Gustave Lemaître.
Pour cette dernière étape de cette route touristique, Etretat sur la Côte d'Albâtre (156 km), vous offre un spectacle merveilleux. Etretat est célèbre pour ses paysages côtiers avec ses falaises blanches majestueuses au caractère exceptionnel. Village méconnu autrefois tourné vers la pêche, source de vie et de nourriture, de subsistance essentielle, Etretat est devenue au fil des siècles, un site mondialement connu après avoir accueilli tant d'artistes illustres. En effet, de nombreux artistes sont venus visiter la Normandie au fil des siècles, et ont fait de leurs vacances aux falaises d’Etretat une véritable source d’inspiration. Ainsi, des écrivains de renom sont tombés amoureux de ce cadre magique et pittoresque : Maupassant, André Gide, ou encore Maurice Leblanc, qui fera de l’aiguille creuse le repaire du gentleman cambrioleur Arsène Lupin. Immortalisé par les peintres Courbet et Monet, Étretat a su garder son âme de petit village.
Si Étretat, c'est surtout ses sublimes falaises, cet ancien village de pêcheurs a bien d'autres atouts à dévoiler à ses visiteurs. En ville, on flâne dans les rues bordées de villas de la fin du XIXe siècle et de la Belle Époque dont la plupart sont construites en alternant brique et silex taillés, une spécialité de la région. Parmi elles, la maison de Maurice Leblanc, le Clos Lupin, devenue une sorte de musée consacré à son personnage. Pour rester en plein air, ne manquez pas de visiter les Jardins d'Étretat, inspirés par le célèbre peintre Claude Monet. Côté monument, la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde, au style néo-gothique mérite aussi le détour. Sa nef en forme de carène fait référence à la vocation de lieu de culte pour les marins de l'endroit. Enfin, ne repartez pas sans faire escale au marché couvert d'Étretat, pittoresque marché couvert à colombages avec nombreux étals de souvenirs et vêtements.
Entourée des impressionnantes falaises d'amont et d'aval, la promenade du front de mer d'Étretat est idéale à faire en famille. Le spectacle grandeur nature est encore plus époustouflant par gros temps, avec le roulis des vagues et l'air soufflant. En fonction du temps disponible et du niveau de difficulté désiré, d'autres parcours sont à parcourir.