Les maisons nobles aux toits de lauzes ou d’ardoises et coiffées de tours en poivrière, s’étalent de la partie ancienne du XIIIème siècle jusqu’à la partie plus moderne qui date du XVIIIème.
Et bien-sûr le château, ou plutôt ses ruines imposantes : les remparts, le donjon du 13ème et la Tour César. D’en haut, le panorama est inoubliable !
Après votre visite à Turenne, prendre la D8 (4,7 km) et arrêtez-vous dans le village-rue du XIVè siècle de Jugeals-Nazareth où une histoire très spéciale est racontée sur des panneaux d’interprétation (le kibboutz). En 1933, de jeunes juifs fuyant le régime hitlérien s'y sont installés et y ont créé une ferme collective, un kibboutz dénommé Machar.
La montée des sentiments anti-juifs ayant traversé le Rhin bien avant les uniformes vert-de-gris, ils ont dû quitter leur ferme en 1935. Une plaque apposée après la guerre témoigne de cet épisode historique pour le moins étonnant.
Jugeals-Nazareth tient son « Nazareth » du temps des Croisades au Moyen Âge, lorsque Elie de Malemort à son retour de la première croisade, décida de donner le nom de Nazareth à cette bourgade, apparemment pour bénir et aider les nombreux lépreuxqui vivaient dans une léproserie présente à l'époque.
Prendre la direction de Noailles, par la D73 (9,7 km). Dans un paysage vallonné et verdoyant, Noailles est dominé par l’église et le château dont l’histoire est liée à l’une des plus grandes familles de l’aristocratie française. Les célèbres ducs de Noailles ! Le châteaux de style Renaissance a été construit au début du XVème siècle, Incendié en 1789 puis réhabilité, au 19ème siècle par Alexis de Noailles.
Depuis le Moyen Age, la commune etait forte de deux châteaux, un dans le bourg, l’autre à 2 km au sud dont il ne reste que les communs. Le château du bourg, est à l’emplacement du fort médiéval précédemment cité : le château de Nouailles.
L’autre château est situé au sud de la commune, à La Fage. Séjour de plaisance d’abord, ce fut peut-être le pied à terre de ses membres lorsque, établis à la cour, ils logèrent le chapitre dans leur première résidence. De ce château, il ne reste que les communs, transformés aujourd’hui en discothèque.
Puis, direction l’église romane de Noailles perchée sur un coteau. Edifice de style roman limousin des XIe et XIIe siècle, remanié au XVe et XVe siècle, coiffée d'un clocher à peigne de style limousin. L’église comprenait une longue nef à voûte à berceau et se terminait par un petit sanctuaire hexagonal avant d’être en partie détruite pendant la guerre de Cent Ans.
Sans oublier la visite du gouffre de la Fage situé au sud de Noailles. L'abîme de la Fage est un gouffre du causse de Martel. Les galeries aménagées se divisent en deux ensembles que l'on parcourt successivement ; l'escalier d'accès emprunte le grand aven qui résulte d'un effondrement de la voûte.
Le gouffre présente de nombreuses concrétions, il s'agit de la seule cavité ouverte au public de la région du Limousin.
Partons ensuite pour découvrir un autre des plus beaux villages de France, le village de grès rouge de Collonges-la-Rouge via la D158 et la D38 (24,9 km). Collonges-la-Rouge, haut lieu touristique en Corrèze, niché entre noyers et châtaigniers. Construit sur la faille géologique de Meyssac, le village doit son nom à son grès rouge qui le rend si atypique. Le mystère de cette couleur réside dans sa teneur en oxyde de fer (un peu plus de 2%).
Collonges-la-Rouge offre un spectacle original et insolite. A partir du XVIe siècle, le village devient le lieu de résidence des grands fonctionnaires de la Vicomté de Turenne et des juristes de la châtellenie. De là proviennent de nombreux castels et les tours en poivrière. A Collonges, les yeux ne savent plus où se poser tant il y a à voir de petits trésors architecturaux
Collonges-la-Rouge est un bijou de petites ruelles médiévales, levez le nez rue Barrière et imaginons la richesse de ce bourg en contemplant les maisons nobles à tourelles datant du XVIème siècle, visitez la maison de la Sirène, au toit de lauzes rouge, passez sous son porche voûté, sa fenêtre à accolade pour regarder en détail la sirène sculptée à droite d'une porte gothique.
Surnommé la « cité aux vingt-cinq tours », Collonges et ses abords, en incluant les coteaux surplombant le village au nord, sont inscrits parmi les sites classés.
Mais si votre humeur était plus à la promenade qu'aux visites, reprenez un peu la route pour goûter à une ambiance bien différente, sans changer de géologie : Direction Meyssac via la D38 (26,8 km). Tout comme son voisin, Meyssac est un village dont les quartiers anciens sont bâtis en grès rouge.
Ce sont d'ailleurs les mêmes carrières, situées sur les pentes nord du bourg, qui ont approvisionné ces cités moyenâgeuses en grès permien mais à Meyssac le rouge du grès tire sur la couleur lie de vin.
Historiquement depuis le XIIème siècle Meyssac fût un village fortifié ou « castrum » de la Vicomté de Turenne fermant les passages du Quercy. Son enceinte, ouverte par trois portes fortifiées fut détruite au XVIIème mais nous pouvons encore observer des vestiges de cette époque. L'histoire de Meyssac est intimement liée à la Vicomté de Turenne.
Place forte, Meyssac offre un riche patrimoine culturel avec ses maisons à colombages du XVIe siècle autour de l'église Saint-Vincent et Saint-Roch, fortifiée à porche roman et de la halle aux grains du XVIIe siècle.
Poursuivre votre périple touristique vers Marcillac-la-Croze (33,3 km). S’étendant sur la rive droite de la Soudoire, Marcillac-la-Croze est en grande partie construit en "brasier", un beau grès dont les reflets blonds prennent des saveurs différentes à chaque heure du soleil. Si le château-fort a aujourd’hui disparu, le promeneur attentif pourra découvrir, ça et là, quelques vestiges. Admirer l'église du XIXe siècle et le Château de Labrousse.
Un peu à l’extérieur du village de Marcillac-la-Croze, il faut marquer une halte pour découvrir au lieu-dit La Croze se trouve le Château de Livin et un four banal restauré depuis quelques années, parfaitement restauré.
Continuez vers Beaulieu-sur-Dordogne, la ville de la fraise via la D38 et la D940 (46,7 km). Cité médiévale blottie au creux de collines verdoyantessur la rive droite de la Dordogne, Beaulieu-sur-Dordogne a été surnommée "la riviera limousine" grâce à la douceur de son climat propice à la culture de la fraise. Sur les quais, la chapelle des Pénitents avec son magnifique clocher-mur à cinq baies, se reflète dans les eaux de la Dordogne.
Seigneur de la famille de Turenne, Rodolphe archevêque de Bourges, chevauchait sur ses terres quand il s’arrêta dans ce petit village et décida vers 856-858 d’y fonder une abbaye bénédictine afin d’attirer les pèlerins et de développer le territoire.
Beaulieu-sur-Dordogne fait partie du réseau des sites clunisiens. La Fédération Européenne des sites clunisiens a pour objectif de rassembler les lieux qui, en Europe, ont contribué à l’extraordinaire rayonnement de l’abbaye de Cluny en Bourgogne du sud, du Xe au XVIIIe siècle.
On y vient d’abord pour son abbatiale Saint-Pierre remarquable, dont le portail, chef-d’œuvre de l’art roman représentant le retour du Christ à la fin des temps, peut se comparer à celui de Moissac. La balade à la découverte du patrimoine de Beaulieu-sur-Dordogne se poursuit ensuite du côté de la vieille ville, dont le centre est accessible par la porte de la Chapelle ou la porte Sainte-Catherine.
Bordées de vieilles demeures à colombages, on flâne avec bonheur dans les ruelles pavées typiques qui se blottissent autour de l'ancienne abbaye bénédictine.
A proximité, on peut embarquer sur une gabare de mai à octobre, pour revivre l’épopée des gabariers qui descendaient jusqu’à Libourne livrer leurs chargements de bois pour la tonnellerie bordelaise. Un lieu particulièrement photogénique, qui ravira certainement les amoureux de flâneries au bord de l'eau...
La prochaine étape sera Queyssac-les-Vignes par la D12 (56,1 km), située tout au sud de la Corrèze, entre Haut-Quercy et Limousin. Comme son nom l'indique, le village est bien connu pour son fameux Vin Paillé, vin liquoreux blanc ou rouge que l'on déguste généralement à l'apéritif. Au Moyen-Âge, Queyssac appartient à la vicairie civile du Puy d'Arnac et à la Vicomté de Turenne.
Le Bourg, avec l'Eglise et la Tour de l'ancienne forteresse, est positionné sur une crête aux versants assez raides, dominant la vallée de la Dordogne. Juste en contre-bas se trouve le hameau de Queyssac-Bas, avec sa Chapelle Saint-Blaise du XIe siècle de l'époque romane.
Prendre la direction de Curemonte via la D153 (66 km),? le village, situé sur un éperon rocheux offre une particularité étonnante. A tel point qu’il est appelé le « village des Trois ». Trois églises, trois châteaux, trois fontaines, trois calvaires et trois travails à ferrer les bœufs…Curemonte, village classé par l'association des plus beaux villages de France, vous charmera.
C’est au XIè siècle que le village de Curemonte prend son essor. Curemonte appartient alors à la très indépendante Vicomté de Turenne, qui bénéficie d'avantages fiscaux et d'une certaine liberté d'action par rapport au royaume de France. Berceau de grandes familles féodales, les Curemonte, les Aymar, les Cardalhac et enfin les Plas du XVe au début du XIXe siècle.
Prenez le temps de parcourir à pied la cité, sans toutefois pouvoir visiter les châteaux (privés). Les maisons nobles, disséminées tout au long du village, agrémentent la visite : tourelles avec escaliers à vis, fenêtres à meneaux, écussons, balcons en bois... Sur les hauteurs du village, une halte s'impose à la table d'orientation pour contempler le magnifique point de vue sur les toits de Curemonte et le paysage préservé alentour.
De part et d'autre de la place principale, c'est la halle aux grains du début du XIXe siècle et l'église Saint-Barthélemy, surmontée d'un clocher-mur à trois baies, que vous pourrez découvrir. À voir à l'intérieur de l'église, le remarquable retable en bois peint daté de 1672.
Pour finir ce circuit touristique, suivre la direction de Branceilles par la D106 (69,5 km). Environnée de collines, de châtaignier et au sud, la vigne et la truffe noire qui furent à l’origine de la prospérité du pays.
Construites en pierres à l’époque faste où vin et truffes assuraient la richesse de la contrée. De magnifiques granges et maisons construites en belles pierres blanches, couvertes de tuiles rouges ou d’ardoises en portent témoignage. Les maisons comportent pour la plupart trois étages : la cave, l’habitation elle-même et le grenier.
L’église romane du XIIe siècle, avec son chevet agrémenté de modillons et son très beau retable du XVIIe a conservé son charme d’antan. Pour finir sa promenade, le visiteur peut faire une halte à la cave coopérative où il goûtera avec modération le vin de Mille et Une Pierres à la saveur fruitée.
Retour vers Turenne par la D720 (85 km).