Le village de Turenne conserve de nombreuses traces de son histoire. Turenne a gardé sa structure médiévale, en empruntant les ruelles étroites et abruptes du village classé "plus beaux villages", le visiteur voit encore flotter les drapeaux de cette célèbre vicomté. Nous vous rappelons que le village médieval de Turenne se visite à pieds.
Il semblerait que la 1re implantation du château de Turenne se trouvait à quelques centaines de mètres à l'est, sur le Puy de Gondres. La butte domine la vallée de la Tourmente et contrôlait l'ancienne voie Limoges-Brive-Cahors-Toulouse. La commune est bordée au nord-est par la Loyre. La meilleure façon de découvrir le patrimoine historique du village, c'est de suivre l'itinéraire de découverte qui fait le tour de la butte, depuis le bas du village et passant par le Château.
Un circuit jalonné de 10 panneaux explicatifs "Circuit du Patrimoine de Turenne" et d'environ un kilomètre et demi menant du bas de la butte jusqu'au château vous est proposé avec une forte pente dans certaines ruelles. Les maisons nobles aux toits de lauzes ou d’ardoises et coiffées de tours en poivrière, s’étalent de la partie ancienne du XIIIème siècle jusqu’à la partie plus moderne qui date du XVIIIème.
Après avoir stationné votre véhicule, découvrez le village médiéval de la place du Foirail. Le foirail n'était à l'origine qu'un élargissement de la voie charretière qui escaladait le Causse en direction de la croix du Marchadiol, tout en haut de la montée. Il était bordé par un vieux cimetière, peut être une église et, à partir de 1740, par les bâtiments du nouvel Hospice, actuellement Maison de Retraite.
Votre chemin croisera une grande quantité de maisons nobles : La ?Maison Livet du XVe siècle, avec sa façade médiévale avec ouverture à large baie semblant être une boutique. Echauguette d'angle sur corbeaux de pierre de taille. Moëllons et pierres de taille en calcaire du pays. La ?Maison Duché du XVIe siècle, Maison du général Duché avec tourelle d'angle sur culot en forme d'échauguette du 16e siècle. La ?Maison Ceyroux du XVe siècle avec une porte en calcaire, de style gothique flamboyant, surmontée d'une ouverture à accolade. Restes de personnages et écusson sculptés.
La place du Milieu ou du Marché est au centre du bourg de Turenne et à la croisée de quatre chemins. A l'ouest, la route cavalière vers Nazareth et Brive. Au sud, la route charretière vers l'ancienne voie de Paris à Toulouse, par le Causse. Au nord, la rue Droite pour aller directement au château. A l'est, la route en lacets vers l'église et la porte de Mauriolles.
Construites par des notables du XVIIème siècle, ces vastes maisons ont aussi abrité les Capucins en 1644, les Pénitents Blancs en 1711, des pensionnats au XIXème siècle et l'Hospice jusqu'en 1740. Le long de la rue Droite, s'étagent des maisons nobles du XVème et XVIème siècles, agrémentées de tours et de tourelles et, jadis, des boutiques d'artisans.
Sous la halle de 13 m sur 7, se tenait le marché aux grains du Jeudi. Jusqu'en 1858, volailles, laitages, fruits, paniers et tonneaux s'étalaient au pied des maisons.
Le chemin de la Cavotte et du Poustat (Porte) donne accès à la ville Haute par l’ouest. Il surplombe le chemin des Lices qui fait le tour de la butte. De là, on surveille le Causse, couvert de la forêt de chênes de Belz, et traversé par l’ancienne route.
Au centre, s’élève le Puy de la Justice (362 m), où se dressaient les fourches du Vicomte. Au pied de la falaise, descend le ruisseau de la Roche qui alimentait quatre ou cinq moulins et des forges. Seul a subsisté le Moulin du Château.
Le château de la Peyrouse, bâti au XVIIIème siècle, dissimule un petit repaire. Construit en 1600, et blotti contre le rocher. C’était la résidence des Sénéchaux ou Juges Suprèmes du Vicomte.
Avant d'abriter les logis des Officiers de Justice et d'Administration de la Vicomté, le sud et l'ouest de la Ville Haute a été le lieu de séjour des Chevaliers du château. Des salles nobles et des tours ne subsistent que des noms et quelques blasons épargnés par la Révolution.
Au nord de la ville, sur le chemin primitif de Brive s'étend le quartier de Magal, domaine des auberges, des écuries et des maréchaux-ferrants. Au pied du château, logeait le concierge. Lors de la Révolution, plusieurs familles bourgeoises de Turenne se sont partagé les biens confisqués au domaine royal.
La construction de la chapelle et du couvent des Capucins, vers 1670-1680, a profondément modifié l'aspect du sud de la ville, autrefois fait d'hôtels nobles. Selon les études récentes faites sur le patrimoine bâti roman en Vicomté de Turenne par Mr Paloumbas, il semblerait que la rue droite ait été doublée, rétrécissant ainsi cette voie principale qui monte directement au château.
Les Capucins qui étaient une dizaine, avaient pour tâche de convertir la bourgeoisie protestante ; pour discuter avec les pasteurs, plus instruits qu'eux, le Vicomte Frédéric Maurice, fraîchement converti, leur donna la bibliothèque religieuse de son père. Plus tard, son fils, le Cardinal de Bouillon, la leur reprit.
Chassés à la Révolution , leur chapelle et leur couvent vendus comme biens nationaux, les Capucins cèdent la place, successivement, à l'administration cantonale (1791-1800), à l'école de garçons et à la mairie. L'ensemble des bâtiments, restauré, retrouve peu à peu son ancien caractère.
Edifiée grâce aux efforts du Prieur de Turenne et à la fortune des Vicomtes, la Collégiale Baptisée Notre-Dame-Saint-Pantaléon date de 1660 -1680, malgré une pieuse légende qui l'attribue a une Vicomtesse protestante en 1593.
Exemple parfait de la Contre-Réforme triomphante, peu avant la Révocation de l'Edit de Nantes, l'austérité de sa construction presque militaire, la nudité de ses murs autrefois blanchis, forment un profond contraste avec la splendeur dorée de son tabernacle-retable, conçu par les frères Tournier de Gourdon en 1678. Les vitraux, translucides à l'origine, ont été remplacés par des verrières colorées, d'un atelier toulousain, vers 1880.
A l'origine entourée d'un cimetière, ainsi que de la foire aux moutons et aux chèvres, puis aux volailles, le parvis est maintenant dégagé. L'énorme vaisseau de 40 mètres de long, le transept de 23 mètres de large et le clocher-porche de plus 30 mètres de haut, donnent une impression de grandeur et de solitude, encore accentuée par une implantation à l'écart de l'animation du bourg.
La Porte de Mauriolles, la tour découronnée qui la flanque, et les vieilles maisons qui l'encadrent, sont les vestiges de la période médiévale. L'une d'entre elles a peut être abrité l'Auditoire de la Justice.
La tour du Calvaire faisait partie du système défensif qui protégeait au XVIème siècle, l'entrée sud de la Ville Haute. La vieille route en lacets passe à ses pieds, à coté du Grenier de la Rente, bâtisse massive avec tour, où les agents de l'administration vicomtale recevaient les contributions en nature ou en argent.
La route actuelle et son virage devant la casemate et à proximité de l'ancien presbytère, transformé en école, puis en maison privée, datent du XIXème siècle.
La vue s'étend sur la basse vallée de la Tourmente, affluent de la Dordogne, et sur la proche frontière avec le Quercy, marquée par la gare de Turenne (ouverte en 1862). A l'horizon, les monts d'Auvergne sont visibles par temps clair.
Sur un éperon avancé du Causse, à 317 m, se dresse le château de Linoire, poste de garde auprès de la vieille route et relai vers les châteaux du Quercy. Il fut longtemps habité par des Chevaliers du Vicomte. Le château, juché sur sa butte, n'est pas assez vaste pour abriter tout le personnel du Vicomte,
On l'installe dans la Ville Haute, qui s'entoure d'une muraille médiévale, percée de trois portes, dont il ne subsiste aujourd'hui qu'une seule : la Porte de Mauriolles.
Au XVIème siècle, lors des guerres de Religion, Turenne devient une place forte protestante et le Vicomte, Henri de la Tour, la dote de nouveaux ouvrages défensifs, dont les vestiges sont la Tour du Calvaire reliée à une casemate sous le tournant de la route. Au nord du château, il édifie le bastion de Magal et, partout ailleurs, modifie l'enceinte médiévale.
En témoigne la Cavotte sur le chemin du Poustat. Ces défenses, sapées après la Fronde sur l'ordre de Louis XIV, n'ont jamais réellement servi. Il domine du haut de sa falaise imprenable de 20m, les maisons qui l’entourent. Seule une pente raide, fermée jadis par trois portes successives, y donne accès. Sur une plate-forme de 1500 m², entourée de murailles ponctuées de tours arasées, se dressent deux tours, ultimes vestiges des anciens bâtiments.
La tour de César, au nord, est une tour cylindrique du XIIIème siècle, qui servait à recevoir les signaux des tours relais de Nazareth à l’Ouest et de la Gardelle au nord, vers le Limousin et le Périgord.
Le donjon, ou Tour du Trésor, bâti au XIVème siècle, à la veille de la guerre de Cent Ans, est plus le symbole de la puissance vicomtale qu’un ouvrage défensif. Des autres bâtiments, démolis après la vente de la Vicomté, en 1738, ne reste que le souvenir perpétué par les sceaux du Moyen Age et un vitrail de la Collégiale.
Situé au cœur du causse corrézien, sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, au carrefour du GR46 et du GR 480, la cité de Turenne est aussi le point de départ ou de passage pour les randonneurs.
De nombreux itinéraires de randonnées permettent d'explorer le paysage vallonné de notre commune à pied, à cheval ou en VTT. Ce sont plus de 50 km de chemins qui vous attendent ; entièrement balisés et panneautés, ils feront le plaisir des amoureux de la nature et de la randonnée.