Si la Baïse sous le règne d'Henri IV est rendue navigable jusqu'à Nérac, cinq écluses remplaçant les dangereux passelis, il faut attendre les années 1830 pour voir se réaliser les travaux nécessaires afin de remonter jusqu'à Condom, puis L'Isle-de-Noé. Le site de Graziac offre aux visiteurs un spectacle inattendu, presque hors du temps...
Prendre la direction de Cassaigne par la D208 (9,2 km). Cassaigne est notamment connu pour son château du XIIIe siècle remanié au XVIe siècle pour
devenir la résidence des évêques de Condom. Le château abrite dans ses murs un petit musée de la vigne.
Il est possible de visiter les chais d'armagnac aménagés dans l'ancienne salle d'armes ainsi que la cuisine du XVIe siècle, voutée en cul de four. Cette dernière est remarquable de par son four à pain, sa potence où l'on découpait les cochons et le gros gibier, son tournebroche à trois niveaux, sa vaisselle, ses étains, ses cuivres et ses faïences.
Cassaigne avec sa charmante place de village donnant sur le parvis de l'église est un petit village médiéval typiquement gascon dont des vestiges de remparts sont toujours visibles.
Poursuivre vers Mansencôme via la D229 (14 km), traversé par le ruisseau de Pouchet, Mansencôme était un castelnau qui était encore fortifié au début du XVIIe siècle. Village aux deux châteaux : l'un au centre du village de Mansencôme, de type gascon du XIIIe siècle (privé), le second, du XVIIe s au lieu-dit Busca, de forme majestueuse et classique, est ouvert à la visite.
Situé à l'extérieur du village, sur une colline voisine, le château de Busca, avec sa façade en majesté, largement ouverte sur un jardin à la française, Busca-Maniban, noble demeure d'une illustre famille de magistrats, a des airs de petit Versailles.
Dans le village de Mansencôme, on peut voir une croix datée de 1818 et un métier de maréchal ferrant. L’église paroissiale était hors enceinte. Jusqu’à la période révolutionnaire, le village appartenait au Comté de Fezensac avec, dans un premier temps, la domination de la famille Lasseran.
La prochaine étape sera Lagardère (19,2 km) ancien castelnau. Au Moyen-Âge, suite à un legs de Géraud V, comte d’Armagnac, Lagardère appartint à l’abbaye de Condom qui y fit ériger un château à la fin du XIIIe siècle.
Le nom de Lagardère est porté par des familles vivant en Gascogne, essentiellement dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, du Lot et Garonne, des Pyrénées Atlantiques. C’est « le Bossu »: un personnage de roman, puis de films qui l’a mieux fait connaître. Mais ce nom était déjà depuis longtemps, celui d’un château qui existe depuis sept cents ans.
Le château est situé à proximité du village de Lagardère, proche de la ligne de crête qui sépare la vallée de l’Osse de celle de la Baïse, il fut pensé comme un poste de guet surveillant la vallée de l’Osse. La découverte de l'extérieur est libre et gratuite.
Le village possède une petite chapelle romane du XIIe siècle qui dévoile dans son portail gothique un chrisme rectangulaire du XIe siècle.
A environ 2 km de Lagardère via la D112 le hameau de Pardailhan (21,4 km) s’organise autour de son église romane qui remonterait au XIe siècle. A quelques mètres du château féodal des Seigneurs de Pardailhan, un château (privé) d’origine du XIVe siècle remanié au XVIe siècle avec enceinte quadrangulaire, tours et courtines.
Cette chapelle est dédiée à St Loup. Classée par M. Mesplé, ancien conservateur en chef du musée des Augustins de Toulouse, dans le très petit groupe des édifices les plus anciens de Gascogne, au tout début de l'époque romane, elle constitue avec le château un des hauts lieux de l'histoire régionale.
Poursuivre vers Beaucaire située sur les bords de la Baïse via la D112 (24,5 km). Ancien port sur la Baïse, Beaucaire est un village qui possède une charmante place conviviale ombragée qui fait face à une église néogothique. Dans cette église, sont exposés deux des 121 sarcophages trouvés non loin de là, lors de fouilles d'une nécropole mérovingienne voisine.
Suivre la direction de la Bastide de Valence-sur-Baïse par la D939 (30,5 km), située à la confluence de la Baïse et de l'Auloue. Construite sur un promontoire de 600 m et 150 m de large dominant la vallée de plus de 60 m, Valence-sur-Baïse était entourée d'une ceinture de murailles hautes de 8m dont subsistent d'importants fragments sur tout le pourtour.
Les remparts, côtes sud, de cette bastide défensive épousent les contours de l' éperon rocheux habillé de fleurs sauvages. Après avoir passé la porte dite de l'Hérisson où porte d'Espagne, on y découvre la place carrée bordée sur trois côtés de couverts, sauf au nord ouest où se trouve l'église du XIVe siècle en partie remaniée et flanquée de deux tours.
Ne partez pas sans être monté au clocher d’où se déroule la belle campagne de la Ténarèze. Du haut du belvédère, les majestueuses montagnes des Pyrénées seront là !
Prendre la D142 pour se rendre à Abbaye de Flaran (32,2 km), abbaye cistercienne fondée en 1151 dans la vallée de la Baïse, est un ensemble architectural remarquable des XIIe et XVIIIe siècle. Les bâtiments monastiques et les jardins, sont la parfaite illustration d'un ensemble cistercien.
Joyau de l'Art cistercien, c'est l'une des abbayes les mieux préservées du sud-ouest de la France qui présente encore la totalité de ses bâtiments monastiques et de son jardin.
Continuer vers l'ancien castelnau de Maignaut-Tauzia (35,4 km). En arrivant à Maignaut-Tauzia il est impossible de manquer le pigeonnier-octroi du XIXe siècle. Ce pigeonnier du XIXème siècle a la particularité d'être bâti en triangle. D'un autre côté, même si les archives ou les traces architecturales sont peu précises ou mal définies, il semble également avoir été un octroi, un péage médiéval avec pesée des vaches.
Pour pénétrer dans l’enceinte fortifiée de Maignaut-Tauzia, passage obligé par la porte-tour qui atteste de la présence de remparts construits à la fin du XIIIème siècle avec deux portes-tours dont seule la porte nord subsiste. La porte-tour Nord du village est le vestige de l'enceinte médiévale de Maignaut.
Le village intègre le château de Maignaut construit au XIVème siècle, modernisé entre les XVème et XVIème siècles et qui fut la résidence notamment des seigneurs de Maignaut, de Castelbajac ou encore de Cassagnet. Des traces sur les murs du château indiquent qu’une église rectangulaire y était accolée. En mauvais état elle fut détruite et une nouvelle église fut édifiée à l'extérieur de l'enceinte.
Entre 1816 et 1850, la partie de château bordant la place publique a été transformée en habitation. Jusqu'au milieu du XIXème siècle, le château est une "ferme" en plein village : il abrite des granges, un pressoir.
Il existe une autre construction médiévale sur la commune de Maignaut-Tauzia : la tour du Tauzia. Elle fut créée à la fin du XIIIème siècle, au cœur de la rivalité franco-anglaise. Il s’agit d’un édifice défensif. La tour du Tauzia fut construite par les Anglais dans les douze dernières années du XIIIème siècle pour servir de poste d’observation.
La petite église Notre Dame d'Auloue date de l'époque romane. La façade principale à l'ouest est surmontée d'un clocher-mur avec une arcade unique qui abrite une cloche. Tombée dans l’oubli sous la Révolution, elle est alors vendue comme bien national en 1799.
La commune de Maignaut Tauzia compte trois moulins : deux moulins à eau sur l'Auloue et un moulin à vent en ruine sur le coteau du Pouy. Les deux moulins à eau de Maignaut sont d'origine médiévale tandis que le moulin à vent date du XIXème siècle. Ce dernier fut abandonné en 1940 tandis que les moulins à eau fonctionnèrent jusqu'aux années 60.