La carpe frite : C'est bien sur une légende !
En ce temps-là, le fils du comte de Ferrette aimait à se promener du côté de Liebsdorf. Un jour, il rencontra une bergère dont la beauté l’éblouit. Éperdument amoureux, il exprima son amour en un poème qu’il grava sur la pierre où la belle aimait se reposer. Séduite par ce message, la bergère accepta d’épouser le chevalier.
Hélas, il fallait convaincre le comte, qui s’opposait à ces épousailles. Croyant l’exploit impossible, le comte exigea de la bergère qu’elle accomplisse une action extraordinaire. Sûre d’elle, la jeune fille lui proposa de goûter à de mystérieux « Poissons d’Or ».
Intrigué, il accepta. Elle fit dorer des carpes à l’huile. Conquis par le plat qui lui étaient proposé, le comte accepta l’union. Il fit même construire un château sur la pierre témoin de l’idylle, endroit désormais connu sous le nom de Liebenstei, signifiant « pierre de l’Amour ». C’est ainsi que la carpe frite devint ce mets si prisé dans le Sundgau.
La tradition de la Carpe Frite : un art maîtrisé
Si vous demandez à un Sundgauvian ce qui rend la carpe frite « d’ici », il vous répondra avec un sourire mi-fier mi-gourmand : “C’est la panure, c’est l’huile, c’est le tour de main… mais surtout, c’est le cœur.”
La recette sundgauvienne respecte trois règles d’or :
Une carpe fraîche, découpée en goujons
Quelques heures avant d’être servie, la carpe est préparée en morceaux réguliers, appelés « goujons ». Cette découpe, précise et symétrique, n’est pas qu’une coquetterie : elle permet une cuisson homogène et une texture parfaite, croustillante dehors, moelleuse dedans.
Une panure légère, presque aérienne
Farine, œuf, parfois un soupçon d’herbes selon les maisons, mais toujours cette panure fine qui enveloppe le poisson sans l’étouffer. L’objectif : créer un écrin doré et croquant, sans jamais masquer la saveur délicate de la carpe.