Votre escapade touristique débute dans le petit village de Ry (km 0), Charmant village normand, bordé par la vallée du Crevon, Ry doit sa notoriété à Flaubert et au roman "Madame Bovary" et en retour ce village invite à la rêverie littéraire autour des lieux où les personnages du roman auraient vécu. Le visiteur peut s'amuser à retrouver les scènes du roman (panneaux place Flaubert et à l’église) avec sa rue principale « longue d’une portée de fusil et bordée de quelques boutiques » : l'église du village, la boutique de Monsieur Lheureux ou encore celle de l'apothicaire. Ry et ces maisons à colombages seraient le "Yonville l'Abbaye" qui pourrait avoir servi de cadre à Flaubert.
Ry, c'est aussi l’église Saint-Sulpice avec son exceptionnel porche d'église sculpté en chêne, inspiré de la Renaissance italienne, avec une voûte en carène de bateau renversé caractéristique de l'architecture normande. Ses belles maisons à colombages et ses petits commerces à l’ancienne. Et bien sûr les lieux du roman : la pharmacie Homais, l’auberge du Lion d’Or, l’étude de Maître Guillaumin… et la maison des Bovary
Vous pourrez aussi flâner le long de la rivière du Crevon et vous rendre au musée des automates. Après vos visites à Ry, prendre la direction de Blainville-Crevon par la D12 (5,5 km). Le village de Blainville-Crevon s'est développé dans la vallée du Crevon. Une route pittoresque longe le cours sinueux du Crevon, « la Rieule » dans le roman. (panneau au château, route de Buchy). Garez vous sur la place du village et avant d’aller visiter la collégiale Saint-Michel, fondée le 5 janvier 1489, construite de 1489 à 1491. Dirigez-vous vers les ruines du château médiéval qui accueille chaque année le festival « Archéo-Jazz ». Site médiéval, mis en valeur par l'Association d'études culturelles de Blainville-Crevon
A côté, un «étroit sentier serpentant entre les blés verts» conduisait à la ferme Couturier. C’est dans la collégiale que se marièrent Eugène Delamare et Delphine Couturier. À côté se trouve la maison natale de Marcel Duchamp (1887-1968). Vous pouvez aussi voir à Blainville-Crevon le Logis seigneurial du XIIIe siècle., le Grand escalier et couloirs enterrés du XIVe siècle, le Château de Mondétour du XVIIIe siècle à cheval sur la commune de Morgny-la-Pommeraye.
Poursuivre vers Saint-Germain-des-Essourts via la D98 (10,5 km). Ce village tire son nom des nombreuses sources dont les eaux vives alimentent une cressonnière. C’est ici que naquit Augustine Ménage, la servante des Delamare, « Félicité » dans le roman. (panneau près des cressonnières). A voir : l'église Saint-Germain et la Chapelle Sainte-Austreberthe (Fontaine-Châtel).
Prendre ensuite la direction de Authieux (26,3 km) par la D6. Non loin de St André, le village des Authieux conserve des vestiges importants de son église Saint-Etienne. Les Authieux, dont le nom signifie une église inférieure à un lieu de culte paroissial, est une succursale des premiers temps chrétiens. (panneaux près de la chapelle). Campée sur les fondations d'un passé religieux au milieu du cimetière, l'église Saint-Etienne des Authieux (Altaria), est aujourd'hui en ruine depuis 200 ans. Seuls quatre murs rectangulaires de silex et des fenêtres en ogives de style gothique flamboyant du XVIème siècle forcent l'admiration et freinent sa destruction plusieurs fois manifestée.
Revenir sur vos pas, puis prendre la D919 vers Buchy (43,3 km). Le bourg de Buchy, cité dans « Madame Bovary » offre la possibilité de ressentir l’atmosphère des comices agricoles. En effet, chaque lundi matin se tient sous les halles en bois du XVIIe siècle, un marché fermier pittoresque. Les halles semblent datées du XVIIe siècle, car en 1675, Nicolas Le Pesant de Bois-Guilbert et son prédécesseur Pierre de Bonissent de Buchy sont autorisés à construire des halles pour abriter le commerce de denrées et marchandises. Avant de quitter le bourg, contemplez les superbes vitraux Renaissance du XVe siècle de l’église Notre-Dame est consacrée à saint-Pierre et saint-Paul.(panneau à côté de l’église).
Passer Sainte-Croix-sur-Buchy (45,8 km) via la D7. Dans le bourg, la silhouette imposante d’un if plusieurs fois centenaire côtoie l’église reconstruite vers 1735. Poursuivre en direction de Bois-Héroult par la D41 et D 61 (52,3 km), puis la rue du château. Bois-Héroult tient son nom d'un seigneur nommé Hérold ou Harold, d'origine Viking. Les anciens textes mentionnent l'existence «ancienne et de grande antiquité» d'une fortification féodale normande, dans une situation stratégique remarquable. Dans les bois surplombant le carrefour du « Chef de l'eau » où se trouve la source de l'Héronchelle, on voit encore des vestiges
Au milieu d’un parc qui ouvre ses portes au public, le château de Bois-Héroult du début du XVIIIe siècle et ses dépendances forment un ensemble remarquable. Édifié au XVIIIe siècle en brique et pierre, il est caractérisé par ses hauts toits d'ardoise, son colombier et par son orangerie. Le parc de 7 hectares est composé d'arbres centenaires. Les principaux arbres de ce parc (Cèdres, Séquoïas, Hêtres pourpres) ont été plantés il y a plus de 200 ans par l'abbé Le Turquier de Longchamp, aumônier des Gardes du Corps du Roi et botaniste distingué (1748-1829), né et baptisé à Bois-Héroult, auteur de La Flore des Environs de Rouen. Son bassin octogonal et ses statues à l'antiques datent du XVIIIe siècle.
L’église de Bois-Héroult (panneau en face de l’église) présente les vestiges d’un porche en bois Renaissance transformé en chapelle baptismale. Dédiée à la Nativité de Notre-Dame, édifiée près du château de la famille de Civille, jusqu'à ces dernières années et maintenant de la famille de Broglie, l'église est construite en brique, sur un plan rectangulaire sans transept, avec un chœur plus étroit que la nef, et sacrifie au chevet.
La prochaine étape de la route touristique au Pays d'Emma Bovary sera Bois-Guilbert, prendre La Quesnes (55,3 km). Rendez-vous devant le château du XVIIe siècle (panneau en face du château) où les amoureux de la nature et de la sculpture pourront flâner dans le Jardin des Sculptures d’avril à novembre. Le Jardin des sculptures est classé "Jardin remarquable". Ce parc de 7 hectares est un hymne à la nature et à la sculpture. Jean-Marc de Pas, sculpteur paysagiste, a créé un vaste espace de poésie où soixante-dix oeuvres jalonnent la promenade.
Un châtaignier du XVIIe siècle, des platanes bicentenaires, des espaces symboliques, la mare et son île, le labyrinthe de buis, le cloître végétal des quatre saisons, entourent le domaine familial : château, pavillon, chapelle des XVIIe et XVIIIe siècles, où vécu l'illustre économiste Pierre Le Pesant de Boisguilbert, et où séjourna Pierre Corneille. Admirer l'église Saint-Pierre, dont les parties les plus anciennes du chevet remontent au XIIIe siècle.
Après cette pause bucolique, suivre la direction d'Héronchelles via la route de la Gloe (58,7 km). Ici naquit François Thérain, aubergiste et conducteur de la diligence à Ry, qui évoque le « Père Hivert » et son « Hirondelle ». Admirez sur les rivages de l’Héronchelles, l’église Sainte-Geneviève-et-Saint-Nicolas (panneau en face de l’église) et le manoir du XVIIe siècle.
Prendre la D46 en direction de Rebets (60,9 km). Le village de Rebets est marqué par l'époque du Néolithique. En effet des outils en silex comme des haches taillées et polies ainsi que des grattoirs et perçoirs ont été retrouvés sur les terres du village. L'époque Franque y a aussi laissé des traces. C'est en 1860, lors de la reconstruction quasi-totale de l'église que deux cercueils de cette époque sont retrouvés. Quatre ans plus tard, une nouvelle découverte a lieu dans un champ appartenant à Monsieur D'arboval alors que celui-ci était en plein labour. Cette découverte comprend quatre cercueils, l'un est en pierre de Saint Leu, les autres en pierre du pays.
Le détour par ce village de Rebets qui domine la vallée permet de découvrir, en montant sur les hauteurs, le magnifique porche en pierre de l’église Saint-Denis de 1547, (panneau en face de l’église). Cet ancien portail qui est un cintre roman orné, est protégé par un porche datant de la même époque.
Ce parcours touristique vous emmène ensuite à Le Héron par la D46 et la route de Buchy (65,3 km). Ce lieu est probablement celui d'origine de la famille anglaise de Heron, dont un membre Jordan de Heron tenait un fief à Hadeston dans le Northumberland au début du XIIIe siècle. C’est au château du marquis de Pomereu que le jeune Gustave Flaubert prit conscience, comme Emma, des fastes de la vie mondaine, qui lui inspira l’épisode du bal de « La Vaubyessard ». De l’ancien domaine subsistent le parc dessiné par Le Nôtre, le colombier et les communs.
Ruines de l'église Notre-Dame-et-Saint-Gilles du XIIe siècle, détruite par un incendie en 1879. Ancienne église prieurale dépendant de l'abbaye de Saint-Évroult. (panneau en face des ruines de l’église). Le Château aujourd'hui disparu, a été détruit vers 1948. Son aspect est connu par des cartes postales anciennes. Il était construit en brique et pierre, sur deux niveaux.
A voir aussi le domaine de la Malvoisine ou Manoir de Malvoisine du début XVIIe siècle. Le manoir apparaît sous le nom du château de Mal Voisin dans le film Bon Voyage, Charlie Brown de Bill Meléndez et Phil Roman (1980).
Pour vous rendre à la curieuse chapelle funéraire de style néo-byzantin, revenez sur vos pas et tournez à droite dans la forêt. La chapelle funéraire construite en 1868 par l'architecte Louis Thérèse David de Pénanrun pour servir de sépulture à la Maison de Pomereu. Construite dans un style néo-byzantin, elle comporte un campanile coiffé d'une lanterne. La crypte se trouve sous une chapelle, surmontée par un dôme.
Poursuivre vers Saint-Denis-le-Thiboult par la D13 et la route des ventes (70,8 km). La route qui vous mène au village offre un superbe point de vue sur la vallée du Crevon. Vous pourrez voir de belles constructions en brique : un château, un moulin et la chapelle funéraire Saint-Laurian. Au Hameau de Villers, la propriété de la Huchette aurait accueilli les rendez-vous galants d’Emma Bovary.
A voir l'église Saint-Denis, des XIIe et XIXe siècle (panneau à côté de l’église). la Chapelle funéraire Saint-Laurian, démolie de 1830 à 1840 et reconstruite par le baron Alexandre Boullenger. Le Château de Belmesnil, l'ancien moulin de la famille Crespin, le Colombier et charretterie.
Continuer vers Auzouville-sur-Ry via la D93 (79,4 km). Ce village fut réputé, au XIXe siècle pour son industrie florissante de robinets de tonneaux en cuivre, les chantepleures, présentées près du four à pain (panneau à côté du four à pain). A 100 mètres de la place de l’église Église Notre-Dame, musardez dans le jardin de fleurs sauvage près de la mare. Le jardin plume a reçu le label "jardin remarquable". Le château à appartenu à une branche de la famille d'Osmoy, pionnière de la sucrerie d'Étrépagny.
Pour vous rendre sur la dernière étape de ce circuit touristique "au pays d'Emma Bovary", prendre la N31 pour admirer le château de Vascoeuil, puis suivre la direction de Martainville-Epreville ( 83,5 km) par la D13. Le château de Martainville à fait la renommée de la commune. Le château (panneau parking du château) construit en 1485 abrite le musée des Traditions et Arts normands : armoires normandes, collection unique de costumes, faïence de Rouen… Le musée des Traditions et Arts Normands est labellisé Musée de France et présente dans les 23 pièces du château des collections permanentes et une exposition temporaire renouvelée chaque année.
Le musée propose ainsi une belle évocation de la vie quotidienne normande au siècle de Gustave Flaubert. A découvrir aussi à Martainville-Epreville : l'église de Martainville-sur-Ry. Achevée en 1667, elle a été construite pour l'abbaye Saint-Ouen de Rouen, sur un terrain cédé par Louis de Martainville et l'église d’Épreville-sur-Ry, construite au XVIIe siècle, elle est dédiée à saint Ouen. Retour sur Ry par la D13 (87,2 km).