Le quartier de Marquèze, constitué d'authentiques maisons de maître et métairies, de fours et d'un moulin, de bergeries, s'organise autour d'un airial, vaste pelouse ombragée de chênes centenaires. C'est là que vivaient, à côté d'une famille de meuniers, trente à quarante cultivateurs tirant leur subsistance de la récolte du seigle et du millet, des fruits du verger et du miel des ruchers, de l'élevage de la volaille et des brebis, ainsi que de l'exploitation de la forêt.
Le site, plongé au cœur de la forêt des Landes, n'est accessible que par un ancien train touristique classé patrimoine historique au départ de la gare de Sabres. Entraînées par une locomotive à vapeur, les voitures centenaires, empruntent l'une des dernières voies de l'ancien réseau ferroviaire qui irriguait le massif forestier des Landes de Gascogne au XIXe siècle.
Les quartiers
L'airial
L'habitat en quartier est inséparable d'une forme particulière de l'aménagement de l'espace : l'airial. Les bâtiments d'habitation et d'exploitation se déploient sur une pelouse (due à la présence et à la fertilisation des animaux) plantée de feuillus (chênes, châtaigniers, arbres fruitiers...) et ouverte à la circulation des hommes et des bêtes. Jadis îlot de boisement dans la lande dénudée, l'airial est aujourd'hui une clairière enserrée dans la vaste forêt des Landes.
Maisons et bâtiments
Des études démontrent que le bois constituant les maisons du parc de Marquèze date pour une partie du XIIIe siècle.
La maison du laboureur
La maison du laboureur affirme par son architecture la position sociale de ses occupants. Classiquement construite à pans de bois, elle présente à l'est une façade avec mur-pignon et large auvent, signe de prospérité. Un toit à trois pentes ouvre largement au soleil levant : à l'ouest, une pente généreuse protège des intempéries venues de l'océan. Cette maison, archétype de l'architecture traditionnelle, est dite "maison de maître". Cela fait référence au statut social de ses habitants et désigne un modèle reproduit largement dans toute la région.
Le pin franc ou pin parasol, aux abords immédiats, est là comme symbole de propriété. Accolé à la maison, un petit jardin avec plantes potagères et médicales. À côté, la borde, construction couverte de chaume et seigle, abrite des outils aratoires et autres chars à bœufs. Ce type de bâtiment existait jadis en grand nombre dans les quartiers et dans la lande, où il servait de bergerie de parcours.
La maison du berger
Lorsqu'il est brassier, le berger landais dispose d'une petite maison (meysouet) et d'un lopin de champ, complété d'un jardin pour assurer sa subsistance. Le meysouet est une maison basse n'offrant qu'un confort sommaire. Des ouvertures étroites et barrées dispensent une faible lumière. Au centre, la cuisine donne sur deux pièces latérales.
La maison du résinier
Le résinier habite avec sa famille une maison en principe plus modeste que celle du maître. Il exploite une métairie composée principalement de terres agricoles et de pièces de pins qui, comme la maison, ne lui appartiennent pas.
Pourtant, le mode de vie du métayer et celui du propriétaire-laboureur pendant longtemps ne diffèrent guère, dans la mesure où tous les deux sont des paysans. Ce n'est que par les revenus de la vente de la résine que les disparités vont se creuser : les propriétaires-laboureurs qui réussissent à se lancer dans l'aventure forestière cessent d'être des paysans, quittent les quartiers et rejoignent les bourgs. Les autres disparaissent en tant que catégorie sociale. Les maisons de maître sont ainsi désertées puis occupées par les métayers-gemmeurs. Dès les lendemains de la Première Guerre mondiale, les quartiers seront le domaine exclusif de ces derniers.
Même à l'époque sylvicole, la fonction agricole de la métairie demeure, bien que très affaiblie. Une portion de champ subsiste et un troupeau de moutons continue de fournir le fumier à plusieurs métairies. Par la suite, ce troupeau sera remplacé par trois ou quatre vaches laitières. Outre le fumier toujours nécessaire à la terre, elles apporteront un petit revenu complémentaire par le commerce du lait. La culture du seigle sera abandonnée dans les années 1920-1930 et, avec elle, la fabrication domestique du pain. Le champ se limitera alors à produire le maïs nécessaire à la basse-cour.
La maison du Mineur
Aussi appelée la maison du Baynard, elle fut achetée dans les années 1960 à la famille Faucouneau de Luglon. Elle fut transportée sur place. Elle se situe au bout du Parc, derrière les ruches.
Le moulin
Les moulins des Landes de Gascogne sont des édifices toujours modestes ne comprenant en général que deux jeux de meules. Leur nombre, en revanche, est assez considérable. Au début du XIXe siècle, la commune de Sabres, pour une population de 2 000 habitants environ, ne compte pas moins de huit moulins, dont quatre sur l'Escamat, petit affluent de la Leyre.
Leur implantation ne peut se faire au hasard. Dans ce terrain sableux, l'amarrage et l'entretien onéreux du barrage sont pour le meunier un souci constant. C'est pourquoi les moulins de la région sont tous situés sur de petits cours d'eau et non sur la Grande Leyre en aval de Sabres. Un débit parfois trop puissant et une largeur trop importante risqueraient de rompre les barrages.
Le moulin sur pilotis que l'on voit aujourd'hui à Marquèze provient à l'origine de la commune de Geloux. La maison originale de meunier avait elle-aussi disparu. À son emplacement a été remontée une maison semblable trouvée sur la commune de Vert.