La fondation de La Bastide d'Armagnac s'inscrit dans la troisième période de construction de villes nouvelles s'étendant de 1271 à 1290. Deux hommes ont dominé cette époque: Edouard 1er roi d'Angleterre et Eustache de Beaumarchès, sénéchal de Toulouse du roi de France. Sur fond de rivalités féodales mais également en réponse au roi de France qui, par l'intermédiaire de son sénéchal, a autorisé l'édification de Pavie aux portes d'Auch, Bernard VI Comte d'Armagnac, sous le nom de Bolonia entreprend la construction d'une bastide sur les confins de son fief éauzan en 1291. La charte de construction sera ratifiée par Edouard 1er d'Angleterre, suzerain d'Armagnac, en 1294.
Ici débute la longue histoire d'une ville à la fois bastide dans sa conception, et ville frontière par la volonté politique de son fondateur. Sur une période de 150 ans, chevauchant le XIIIe et le XIVe siècle, 400 villes nouvelles seront construites. Dans l'esprit de ces villes du Moyen Âge, la place Royale rectangulaire, entourée de couverts, est le centre économique de la cité. La légende raconte que le futur Henri IV qui a souvent séjourné dans une maison de la place, se serait inspiré de La Bastide d'Armagnac pour construire la place des Vosges à Paris.
Labastide d'Armagnac "Petites Cités de Caractère" témoigne parfaitement de l'organisation urbaine des villes nouvelles du Moyen-âge : elle a conservé sa structure originelle jusque dans les moindres détails architecturaux et paysagers. Au fil des ruelles : les andrones, les venelles et carerots, les jardins, le lavoir et sa fontaine de Las Canères, le Temple des Bastides où l'on peut découvrir l'histoire passionnante de ces villes nouvelles ainsi que des exposition temporaires. Découvrez cette bastide de Labastide-d'Armagnac, elle a conservée son charme médiéval et surprend le visiteur par l'authenticité de son patrimoine bâti. C'est certainement l'un des villages les plus attachants des Landes, émaillée d'anecdotes.
A l’arrivée dans Labastide d'Armagnac nous vous conseillons, de vous rendre à d’aller voir l’office de Tourisme des Landes d'Armagnac, place Royale. Elle met à votre disposition un plan avec les monuments et endroits principaux de la bastide, pour ne pas rater plein de coins secrets cachés dans les petites venelles qui valent vraiment le coup d’être découverts. Autrefois poumon économique de la ville, la place Royale, dominée par son église forteresse, a conservé les mêmes arcades avec passages couverts. C’est ici que la construction de Labastide d'Armagnac a démarré, suivi par les trois rues principales jusqu’aux murailles. Cette Place où étaient installés commerces et artisans, était l’endroit le plus important.
Les maisons à colombages autour de la Place Royale n’ont pas changé, elles en font toute l’originalité et le charme. Henri de Navarre fit plusieurs séjours à la maison Malartic, donnant sur la Place Royale. La légende raconte que devenu Henri IV, il s’inspira de celle-ci pour faire édifier la Place des Vosges à Paris. Celui qui prônait un certain art de vivre, comme la Poule au pot tous les dimanches, ne serait pas déçu aujourd’hui. Située place Royale, la maison Malartic est une maison de colombage reposant sur des piliers de pierre de l'autre côté de la place. En 1576, échappé de Paris et de ses dangers, Henri de Navarre se réfugie chez sa mère à la cour de Nérac. Au cours de ses nombreux déplacements, il aime rendre visite à son ami et compagnon d'armes le capitaine de Malartic, qui demeure sur la place.
Juste en dehors de la Place Royale,il y a une maison au calme avec un signe "Café du Peuple". Parmi les quatorze cafés que comptait la cité, le Café Chantant accueille au début du XXe siècle des spectacles de comiques troupiers et de french cancan. Le fonds de commerce est racheté en 1920 et le lieu rebaptisé Café du Peuple, haut lieu du café-concert et de ses refrains parisiens. Cela vaut au café une réputation dans la région. La mort du propriétaire en 1932 freine l'élan, les représentations cessent en 1936 et le café ferme définitivement en 1954. C'etait le plus vieux café de France, ici, petite et grande histoire se mêlent.
La Place Royale est dominée par l’impressionnante église forteresse Notre-Dame de l'Assomption du XIVe siècle. A l’angle sud-est de la Place Royale, la ligne des arcades est brusquement interrompue par l’imposante tour de l’église paroissiale. Selon la tradition orale, le clocher est l'ancien donjon de la bastide. Il aurait été transformé en clocher d'église au XVe ou XVIe siècle, après le percement d'une ouverture de style gothique à l'édifice militaire. Jusque-là, l'entrée de l'église se trouvait vraisemblablement sur le côté bordant la rue Notre-Dame, le cimetière se trouvait quant à lui entre l'église et les murailles.
Comme dans la plupart des bastides de la région, cette église se réduisait à l’origine à une simple salle rectangulaire. Elle se distingue toujours par son ampleur et la qualité de sa construction. A l’intérieur de l'église Notre Dame, le mur du chœur est recouvert d'une peinture en trompe-l'œil datant du XVIIIe siècle, représentant une architecture à quatre colonnes, réalisé par Céroni, un artiste italien. La promenade dans Labastide d'Armagnac se poursuit dans les venelles et les carrerots, et au détour d'une ruelle, parfois l'anecdote est croustillante, parfois le personnage est célèbre...
Après cette visite de l'église Notre Dame, prendre la rue Maniban, puis la rue des Taillandiers. Dans le système économique d'une bastide, l'organisation de l'espace tient à l'époque une place importante. Ainsi, la rue des Taillandiers était-elle réservée aux ouvriers du fer, chargés de fabriquer des instruments tranchants et des armes, sans doute destinées à la garnison, tandis que la rue Caillet était celle des bouchers et des équarrisseurs. Dans la Rue des Taillandiers, vous trouverez "le Chai", un espace ouvert aux créateurs, autrefois déjà réservé aux artisans. D’ailleurs, artistes et artisans s’inspirent toujours de ce village pittoresque. Comme le coutelier, l’atelier de photocéramique, sculpture sur bois etc.
Dans la rue du Portail, ce trouve un vestige de briques rouges est le seul témoin qui reste de la maison abritant le corps de garde de la cité qui commandait au pont-levis. c'est également ici que l'administration de la cité percevait l'octroi ou droit d'entrée sur les marchandises. Un peu plus loin, la rue de la Viguerie. La Viguerie etait un vaste espace où se tenait le marché placé sous la juridiction d'un magistrat municipal, le viguier. De nos jours, cette fonction ne se retrouve plus qu'en Andorre.
Dirigez-vous vers la Mairie, l'architecture du bâtiment est typique de la bastide. Ainsi que le voulait l'esprit initial de la fondation de la ville nouvelle, il réunit la halle aux grains au rez-de-chaussée, le pouvoir administratif à l'étage et le lieu de sentences avec la prison entre l'entrée de la mairie et le mur de l'église. Après la Mairie on aperçoit une "Andronne", petit espace entre 2 maisons, servant de coupe feu. L'ancien temple protestant du XVIIe siècle, qui s'élève près du cimetière, abrite de nos jours un musée consacré aux bastides, ainsi que des expositions temporaires.
L’imposant Château du Prada bâti en 1764, demeure historique construite par la famille De Bouglon, situé en bordure de l’Avenue de l’Armagnac. Il fut le berceau d’une longue et glorieuse lignée de militaires. Dès la grille d’entrée ouvragée, une atmosphère romantique flotte encore sur le château : escalier monumental, collections de meubles anciens, belles cheminées… La visite se prolonge dans les chais où sommeillent de vieux armagnacs. Il est également possible maintenant d’y goûter la vie de château dans les chambres d’hôtes.
C'est à 2 kilomètres au sud du village que se dresse la petite chapelle Notre-Dame-des-Cyclistes. La chapelle originelle date du xie siècle. L'actuelle a été reconstruite sur les ruines de l'ancienne ville fortifiée de Géou, brûlée en 1335 par le Prince Noir. La chapelle est construite sur une ancienne villa gallo-romaine. Cette modeste chapelle, Notre-Dame-des-Cyclistes, accueille régulièrement les amateurs de ce sport. C'est dans les années 1950 que l'abbé Massie, curé de Créon-d'Armagnac, surnommé « le pape du cyclotourisme », crée ce sanctuaire national des cyclistes. Les champions y viennent en pèlerinage à la Pentecôte. Quelques vieux vélos y sont exposés et plus de 700 maillots des plus grands champions. A voir aussi, les vitraux conçus par un ancien champion Henry Anglade.
Dans le cadre enchanteur de la place royale à La Bastide d’Armagnac, découvrez les saveurs des terroirs ainsi que les nombreux producteurs d’Armagnac. « Armagnac en Fête » est une occasion magnifique de découvrir le terroir d’Armagnac. Un grand nombre de producteurs d'Armagnac ouvrent leur chai au visiteur de passage. On pourra également déguster les asperges, les produits issus du canard... se délecter avec les carcasses grillées ou les escargots proposés souvent lors des traditionnelles fêtes patronales, la garbure, la tourtière...