Le bourg primitif de Puymirol devait avoir une origine rurale ancienne puisque ses foires et marchés sont cités dans un acte de l’an 1100. Le bourg initial, nommé “Podium Ad Mirandum“ (Mont que l’on voit de loin), d’où le nom actuel de Puymirol, était bâti comme annexe de l’église paroissiale dédiée à St Seurin.
Assise sur un plateau escarpé à 153 mètres d'altitude, Puymirol est une ancienne bastide du treizième créée par Raymond VII, comte de Toulouse, sur un terrain cédé par Pierre de Reims, évêque d'Agen. La date de 1246 est donnée comme celle de la fondation de cette place réputée imprenable. La bastide est considérée comme la première « ville nouvelle » de l‘Agenais et d’Aquitaine. En 1286, Édouard 1er, roi d’Angleterre, octroie des coutumes aux habitants. Elle devient un poste stratégique dans le conflit de la guerre de Cent Ans, conflit de 1337 à 1453 opposant les royaumes d’Angleterre et de France. En 1574, la ville passe aux mains des Réformés. En 1575, le roi de Navarre, futur Henri IV fait construire une citadelle, forteresse militaire avec 13 tours, qui est démolie après la Révolution.
Placée sur une hauteur, Puymirol domine un très vaste site et elle est visible de fort loin. L‘enceinte, percée de quatre portes fortifiées, suit le contour de cet éperon rocheux qui se situe sur un promontoire à 153 m d’altitude, au dessus de la Séoune. D’où sa réputation de bastide imprenable. Le plan de Puymirol a les caractéristiques des villes médiévales, organisées selon un plan ordonné avec des rues parallèles et perpendiculaires, et une place centrale bordée de cornières où se déroulaient les marchés et foires aux blés.
Son plan fut adapté à la configuration du lieu : Forme allongée, en "fuseau", avec les grands axes orientés est-ouest : Les "corriéré", délimités par les portes de la comtale (à l'ouest) et de la citadelle (à l'est), et les rues transversales nord-sud : Les "bonello" (ou venelles). Au centre, la grand'place carrée "la carra" est traversée par l'axe principal "la rue royale", disposition plutôt rare dans l'urbanisme des bastides. Puymirol, aussi secrète que bavarde s'aborde au travers d'un virage, puis d'un autre. Le château d'eau et les toits des maisons apparaissent puis disparaissent faisant avec le conducteur patient une partie de cache-cache.
Après avoir stationner votre véhicule, arrêtez-vous au Sénat, lieu emblématique de la palabre puymirolaise, il s'agit d'un banc creusé dans la pierre sous les remparts du XIIIe siècle. Là, vous croiserez sûrement quelqu'un qui vous racontera l'étonnante légende de Crocatao... A l’entrée est, la porte de la Citadelle vous invite à pénétrer dans la bastide de Puymirol. Quatre portes permettent de rentrer ou de sortir de la bastide : la porte de la Comptal à l’ouest, la porte de la Citadelle à l’est, la porte de la Rause au nord et la porte de Saint-Seurin au sud. Elles permettent aussi d’accéder au chemin de ronde, à la promenade du pied des remparts.
Remarquez au passage le puits de la Citadelle, récemment restauré. A votre droite, faites une halte sur le foirail qui accueille toutes les manifestations importantes du village et offre un panorama incomparable sur la vallée. Sous l'Ancien Régime, la halle au blé de Puymirol était l'une des plus importantes de Guyenne. Les transactions y atteignaient un chiffre d'autant plus élevé que les négociants de la juridiction apportaient d'énormes quantités de grains à destination des colonies.
Dirigez-vous vers la Rue des Arcades pour visiter le musée des roches cristallines et des outils anciens de la vigne. C'est un surprenant petit musée dont la visite est une plongée originale dans deux mondes complètement différents. Au premier étage de l'Office du tourisme, vous trouverez une exposition d'outils anciens liés à la viticulture. Mais c'est la partie réservée aux roches cristallines qui nous a plu, les collections proviennent de Louis Lardini, un passionné, et elles sont partagées à travers des vitrines où vardinite, cristal de fluor, soufre, mais aussi polymorphite sont au rendez-vous.
La rue Royale vous mène ensuite jusqu’à la place centrale autour de laquelle s'ordonnent des maisons à portiques couverts. Ces arcades, autrement appelées cornières, sont soutenues par de larges piliers en pierre. Dans la bastide de Puymirol, un certain nombre de maisons qui ont des arcatures en cintre brisé, remontant peut-être au XIIIe siècle, voisinent avec d'autres, fort belles, des XVe, XVIe et XVIIe siècles. Au fil des rues, pendant votre balade regardez les maisons traditionnelles, les restes médiévaux sont rares mais, l’ensemble est caractérisée par des immeubles du XVIIIe siècle, construite en pierre très grignarde et d’une architecture un peu lourde qui ne manque pas de saveur.
De nombreuses maisons, en particulier rue d’Orléans et rue Lafayette, datant du XVIIIe siècle, présentent des ouvertures voutées, en plein cintre, pour les anciens entrepôts à blé et des façades en ogives pour les anciens commerces. L’église se trouve à l’angle de la place comme c’est souvent le cas dans les bastides. Il s’agit de l’église Notre-Dame du Grand-Castel qui a été construite en 1247, par Raymond VII. Détruite par les protestants au XVIe siècle, sa reconstruction aura lieu au XVIIe siècle.
L'église Notre-Dame du Grand-Castel est une véritable nécropole. Sous ses dalles sont couchés un très grand nombre d'anciens bourgeois de la ville. Pour la période de 1701 à 1781, on y a relevé près de quatre cents sépultures. D'une façon générale, les tombes sont alignées en bordure entre les murs et le chemin de pierre qui les longe vers le grand axe de la nef.
La place de l'église est un espace belvédère qui offre aux visiteurs un panorama incomparable sur la vallée de la Séoune. Poursuivez jusqu’à la porte Comtale, à l’entrée ouest de la bastide : la plus célèbre des quatre entrées féodales doit son nom au passage des comtes de Toulouse. Au pied des remparts, empruntez le chemin de ronde et faites le tour de Puymirol à pied. Le chemin de ronde au sud est planté de mûriers platanes et de tilleuls ; celui du nord présente de grands platanes le long des affl eurements rocheux.
Des remparts de Puymirol, ont été construits en 1283 par le gendre de Raymond VII, Alphonse de Poitiers et démolis sous Louis XIV, il subsiste quelques fractions appliquées, çà et là, dans le vide des rochers. De la citadelle, élevée à l'est pour défendre le point le plus accessible, il n'y a plus que l'emplacement d'où l'on découvre une vue superbe. Depuis Puymirol, de larges vues s’ouvrent sur les vallées et l’horizon. La réciproque est aussi valable. Ainsi, le bourg coiffant le relief est visible de nombreux endroits : vallée de la Séoune et vallées secondaires, plateaux,…
En sortant de la bastide de Puymirol, via la rue Royale, admirer le lavoir fontaine Du Rajol, puis digirez-vous le moulin de la Prade via la D16. Debout, face au vent, le moulin de la Prade a fière allure depuis qu’il a retrouvé ses ailes. En 1880, le canton de Puymirol en comptait quatorze ; aujourd’hui deux seulement. Durant sa vie de moulin à vent, il a souvent pris le relais du moulin d’Auzel situé en contre-bas, sur la Séoune, durant les périodes d’étiages où le débit de la rivière ne permettait plus aux meules de fonctionner… Autour de Puymirol, vous pouvez découvrir les pigeonniers de la commune. Autrefois signe de richesse et prospérité, 6000 pigeonniers sont recensés en Lot-et-Garonne, dont 25 sur le territoire de la commune de Puymirol.