La route touristique de la Traversée des Cîmes débute à Saint-Étienne-de-Baïgorry, un village qui semble garder jalousement les traces de son passé. La commune a su garder toutes les traces de son passé. L'histoire parle au travers des murs et les pierres se dévoilent au rythme de vos visites : Cromlechs, Menhirs, Dolmens, maisons de pur style navarrais aux linteaux sculptés : le pont romain datant de 1661, l'église fondée au XIe siècle, les chapelles d'Occos, d'Urdos du XVIIe.
Ici, chaque pierre raconte une histoire, chaque ruelle murmure une époque révolue. Dès le pont roman, qui enjambe la Nive, on ressent ce souffle ancestral. À la sortie du pont, l’église Saint-Étienne, fondée au XIᵉ siècle, impose sa présence. Les murs, épais et humides de mémoire, captent la lumière de fin d’après-midi, et c’est comme si l’on pouvait entendre le rythme des vies anciennes, des batailles, des fêtes et des prières qui se sont succédé ici. Un peu plus loin, le château d’Etxauz déploie ses quatre tours d’angle, ses escaliers élégants et sa salle d’armes impressionnante. C’est un passage obligé pour quiconque souhaite comprendre la dualité de ce territoire, entre puissance locale et influences françaises et navarraises.
Remarquer le plan à tours d'angle du château d'Etxautz qui orne un paysage magnifique digne des seigneurs navarrais qui l'édifièrent. Quand au château de Licerasse, il peut être cité en exemple d'architecture régionale. Le chateau d'Urdos impressionne par sa façade imposante garnie de fenêtres à meneaux. Les belles maisons basques navaraises feront rêver les amateurs de pierres taillés ,de linteaux gravés, de balcons de bois. Aux alentours, une balade au col d'Ispeguy s'impose pour les amateurs de belle balades.
Une caractéristique unique de la Traversée des Cîmes est sa capacité à révéler des panoramas inattendus à chaque virage. En quittant Saint-Étienne-de-Baïgorry par la D251 et la D10, on pénètre dans des paysages d’une rare douceur. Les collines basses se succèdent, tapissées de prairies odorantes, parfois ponctuées de haies sauvages où les ajoncs et les bruyères libèrent leurs parfums capiteux à la saison des floraisons.
Prenez la D948 jusqu'a la coquette et attrayante localité d’Osses. Le village a plusieurs quartiers, visitez ses belles maisons Basques traditionnelles au mélange d'influences à la fois Labourdines et Navarraises. Ne manquez pas l'Eglise Saint Julien du XVIe qui a remplacé une chapelle Romane du XIIe, la maison Sastriarena, à la sortie du village en direction d'Irissary, qui était autrefois la résidence secondaire des Evèques de Bayonne, et enfin le quartier Ugarzan et son hospice ayant appartenu à Roncevaux. Nombreuses balades et sentiers se situe autour d'Osses, découvrez notamment les cascades du Laka et les monts Baigura et L'Hartzamendi.
Continuer sur la D22, puis la D8 vers Irissary. La naissance d'Irissarry ainsi que la construction de la commanderie "Ospitalea" et de son oratoire datent du XIIème siècle, vers l'an 1150. Irissary est située sur la voie de la Nive, est une variante du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle suivie par les pèlerins qui, de Bayonne, recherchaient à regagner le Camino Navarres avant sa traversée des Pyrénées, à Saint-Jean-Pied-de-Port. Vous trouverez de très belles fermes et la maison de maître Gazteluberria, des Stèles discoïdales et L'église Saint-Jean-Baptiste des XVe et XVIIe siècles.
Poursuivez votre escapade sur la route touristique de la Traversée des Cîmes en direction de Hélette via D22. Contrairement à de nombreux villages basques, Hélette ne présente pas le triptyque église-fronton-place, l’église se trouvant initialement à l’écart du bourg. L'église Sainte-Marie d'Hélette, comme celles de l'ancien diocèse de Bayonne, possède trois étages de galeries de bois. La construction de ces galeries fut décidée par l'évêque de Bayonne, afin accueillir plus de fidèles. Celles-ci datent de 1695. Traditionnellement, les hommes y prenaient place tandis que les femmes s'installaient en bas. .
Les maisons de maître Bitirenea et Santa Maria datent du début du XVIIe siècle. Des maisons anciennes, principalement du XVIIIe siècle, sont répertoriées par les monuments historiques. Le cimetière entoure l’église sur trois cotés et recèle des stèles discoïdales. En 1923, une quarantaine de stèles étaient visibles, dont une datant de 1600, la plupart du XVIIe siècle. Prenez la D151 en direction de Saint-Martin-d'Arberroue. À quelques kilomètres au cœur de la vallée, la route s’enfonce dans les mystères de l’humanité. Le village peut s'enorgueillir de très belles maisons basques dont certaines existaient déjà en 1435. Vous ne pourrez quitter Saint-Martin sans visiter les magnifiques grottes d'Oxocelhaya, qui sont classées Monument Historique.
Prenez la direction d'Isturitz via la D251. La grotte d'Isturitz, la première, est mondialement connue des archéologues. On y a retrouvé près de 45 000 pièces de mobilier et objets d'art, témoignant de la présence d'atelier de fabrication de vêtements datant d'il y a 14 000 ans ! Sur ses parois, des gravures rupestres remarquables, dont un pilier qualifié d'oeuvre d'art où trois animaux superposés interpellent encore les chercheurs. À l’entrée, une légère odeur de terre et de pierre vous saisit. Dans la pénombre, vos pas résonnent légèrement, comme s’ils réveillaient les siècles. Les concrétions millénaires semblent figées hors du temps, et l’on comprend pourquoi les archéologues parlent ici d’une « atelier » de la Préhistoire. Marcher là-dedans, c’est ressentir le lien profond entre l’homme et la terre — et découvrir que cette relation, ici, est écrite dans la roche elle-même.
Les grottes d’Oxocelhaya et d’Isturitz sont parmi les sites préhistoriques les plus importants d’Europe. Classées Monuments historiques, elles ont livré des milliers d’objets façonnés par des mains humaines il y a plus de 14 000 ans, ainsi que des gravures rupestres exceptionnelles.
Se diriger par la D251 et D 10 vers Hasparren par des chemins de traverses odorants, des paysages sublimes et atypiques vous mèneront dans ses villages au bâti architectural des plus remarquables, des échoppes d’artisans d’art au savoir-faire inattendu. L’histoire du Pays Basque se retrouve ici aux grottes d’Isturits et Oxocelhaya, classées Monuments Historiques, lieu emblématique de la préhistoire et de la géologie, venez découvrir l’histoire de notre Humanité et laisser aller votre imaginaire au milieu de concrétions millénaires. Hasparren possède un patrimoine religieux riche avec entre autre, le retable en bois polychrome de la chapelle d’Elizaberri et les fresques en couleur de la chapelle art-déco, Notre Dame du Sacré Cœur.
Les rues pentues recèlent des maisons à colombage, anciennes fermes basques très typées qui datent pour la plupart des XVII et XVIIIème siècle. Elles desservent les onze quartiers disséminés dans les coteaux ceinturant le bourg. Eyhartzea est la maison aux volets verts qui a appartenu au poète, romancier, Francis Jammes qui y passa les dix-sept dernières années de sa vie. Elle se visite aujourd’hui.
Puis poursuivez vers Saint-Pierre-d'Irube par la Route des Cîmes construite par Napoléon 1er avec une magnifique vue sur les Pyrénéees. Admirer l'ancienne benoîterie classée aux monuments historiques. Elle fait partie des maisons Elizaldia, Elizabelar, Ibarbide, Bidart et Martino qui entourent l'église Saint-Pierre. Le cimetière qui encercle celle-ci contient un tombeau qui fait l’objet d’une inscription auprès du ministère de la Culture.Le cimetière originel recèle quelques stèles discoïdes recensées par l’association Lauburu.
Poursuivez votre escapade sur la route de la traversée des Cimes en suivant la direction Villefranque via D22, admirer l'église Saint-Jean-Baptiste inscrite aux monuments historiques et les Stèles discoïdales. Continuer jusqu'à Ustaritz par la D137. Ustaritz est située sur la voie du Baztan, une voie du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle qui traverse les Pyrénées le plus à l'ouest et par le col le plus bas (col de Belate, 847 m). C'est la voie antique qu'empruntaient les pèlerins descendus à Bayonne, soit le long de la côte sur la voie de Soulac, soit parce qu'ils y débarquaient, pour rejoindre le Camino francés le plus rapidement possible.
La commune d'Ustaritz compte plusieurs châteaux sur son territoire. Le château de la Motte ancienne demeure des vicomtes du Labourd et des ducs d'Aquitaine. À l'ouest d'Ustaritz, le château d’Haitze du XVIIe siècle, surplombant une colline, est la demeure d’une des plus anciennes familles de nobles du Labourd. Le château Larreguienea, du XVIIe siècle, se dresse au quartier Hérauritz. Le château Haltya, dans le quartier Hérauritz, fut quant à lui, construit par Sauveur Halty, à son retour du Mexique en 1874. Le château Arkiberria, dans le quartier Elizahegi, est un manoir de style écossais construit en 1860 par Jean Olhagaray, un entrepreneur originaire de Villefranque parti exploiter la mine d’argent de Sinaloa au Mexique.
Le château Lota, propriété communale, occupe une place centrale dans le village, entre Bourg Suzon et quartier Hiribehere, à proximité de l’église Saint-Vincent, construite en 1864. D'autres châteaux, plus récents, sont dus aux Américains, basques expatriés, revenus d'Amérique au XIXe siècle, et plus particulièrement, du Chili et du Mexique. Visitez l'église Saint-Vincent, datant du XIXe siècle et l'église Notre-Dame-de-la-Purification, au lieu-dit Arrauntz. Comme dans beaucoup d’églises du Labourd, deux étages de galeries en bois ont permis d’augmenter la capacité d’accueil de l’édifice religieux. Le cimetière contient de nombreuses stèles discoïdales, datant pour certaines d'entre elles des XIIe et XIIIe siècles.
Après une visite au musée de la Petite Labourdine, continuer vers Itxassou via D932. Situé sur le sentier bordant les eaux tumultueuses de la Nive en direction de l'Artzamendi. Selon la légende, Roland, longeant la vallée de la Nive pour se rendre à Roncevaux, s'est frayé un passage à travers un énorme rocher à l'aide de sa « durandal ». L'église Saint-Fructueux date du XVIIe siècle et le cimetière qui entoure l'église est riche en stèles discoïdales et tabulaires.
Prenez la D918 jusqu'à Bidarray, un village au pied des crêtes d'Iparla et visiter la Maison du Pottok. Au carrefour des trois Vallées Nive, Baztan, Begieder, Bidarray est l’un des sites les plus prenants du Pays Basque. Ancien prieuré de Roncevaux, le village de Bidarray accueillait les Pèlerins de Saint Jacques de Compostelle. Le village, situé sur une colline où s’élèvent les Crêtes d’Iparla, offre de multiples activités pour s’éclater et profiter pleinement de la nature.
La commune présente un ensemble de maisons et de fermes dont la construction des plus anciennes remonte au XVIIe siècle. Le pont Noblia, sur la Nive, fut construit au XIVe siècle. L'église de l'Assomption, d'origine médiévale du XIIe siècle a été reconstruite en 1625. C'est une église à campenard. Avant de partir visiter la grotte de Zelharburu et sa stalagmite qui donnait lieu à un pèlerinage dédié à Harpeko Saindua.
Retour à St Etienne de Baigorry. Ce trajet, loin des grands axes, offre l’expérience la plus intime du Pays Basque : l’herbe fraîchement coupée, le bois humide après une pluie d’été, le souffle du vent qui court sur les champs. Les hameaux traversés sont comme des tableaux vivants : des maisons traditionnelles aux linteaux sculptés, agrémentées de volets rouges ou verts, se dressant fièrement au milieu des vallons.
Plus qu’une route, une odyssée
La route de la Traversée des Cîmes n’est pas simplement une succession de kilomètres balisés sur une carte. C’est une odyssée sensorielle, émotionnelle et culturelle. C’est un voyage où chaque virage réserve un panorama, où chaque village est un livre ouvert, où chaque colline cache une histoire. C’est une invitation à ralentir, à ressentir, à vivre pleinement chaque instant.
Que vous soyez amateur d’histoire, amoureux des paysages sauvages, passionné de traditions, gourmet curieux, photographe en quête de lumière parfaite, ou simplement voyageur en quête de sens, la Traversée des Cîmes vous offre un écrin d’expériences qui vous accompagneront longtemps après votre retour. Au-delà des cîmes, c’est la sauvagerie délicate du Pays Basque qui se révèle : une terre de contrastes, façonnée par sa géographie, ses peuples, son histoire, et par cette capacité unique à faire sentir au visiteur qu’ici, chaque lieu a une âme.