Débutez votre parcours touristique à Souvigny, capitale religieuse des Bourbons (km 0). Ce village médiéval bourbonnais situé à quelques encablures de Moulins occupe actuellement le devant de la scène en prenant part à la candidature “L’Abbaye de Cluny et le réseau des sites clunisiens” au patrimoine mondial de l’UNESCO portée par la Fédération Européenne des Sites Clunisiens. Parmi les mille établissements que possédait la congrégation de Cluny au XIIe siècle, l'église prieurale Saint-Pierre et Saint-Paul de Souvigny comptait au rang des “Cinq filles” de Cluny. L'histoire de Souvigny est donc étroitement liée à celle de Cluny. Haut lieu de l’histoire médiévale occidentale, première capitale des Bourbons, le passé de Souvigny est riche et fastueux.
Lorsqu’on arrive à Souvigny le temps se suspend. Le prieuré, haut lieu spirituel dès le Xe siècle, s’avère un témoin formidable pour comprendre les styles architecturaux ( roman, gothique, baroque) à travers le temps jusqu’au XVIIIème siècle. Plus vaste réalisation romane du Bourbonnais, l'ensemble architectural comprend également des jardins à la française et des granges médiévales qui abritent un musée. Saint Mayeul, abbé de Cluny, fut enterré en 994 dans l'église originelle. La découverte de son tombeau a relancé des fouilles. L'église prieurale de Souvigny, "Berceau des Bourbons" devient aussi la "Nécropole des ducs de Bourbons", d’où son nom de "Saint-Denis des Bourbons". Les ducs Louis II, Charles Ier, Jean Ier, Jean II, Pierre de Beaujeu et son épouse Anne de France y éliront sépulture.
Le Musée du Grand site clunisien de Souvigny présente des collections principalement constituées de sculptures et d’éléments lapidaires médiévaux provenant du site prieural. Sa pièce phare est la colonne du Zodiaque, pilier sculpté unique au monde datant du XIIe siècle et chef-d’œuvre de l’art roman clunisien. Autour de ce noble élément, le Musée présente des gisants complémentaires à ceux des chapelles de la prieurale, des statues représentatives de la sculpture bourbonnaise du XVe siècle comme sainte Marie-Madeleine et quelques pages reproduites de la très célèbre Bible de Souvigny (XIIe siècle), conservée aujourd’hui à la médiathèque de Moulins. Les jardins du prieuré, qui prolongent la visite, sont une reconstitution de jardins à la française mixant plantes ornementales, légumes anciens et médicinales.
Il est temps de prendre la route en direction de Autry-Issards (5,5 km), via la D104. Au Xe siècle, le territoire de la commune appartenait à la viguerie de Bourbon, et relevait de l'archevêché de Bourges. Au cours du XIe siècle, ce territoire se sépara de la paroisse de Bourbon et prit le nom d'Autriacum, qui signifie habitation d'Autrius, propriétaire en ce lieu d'une villa importante. Il y avait sans doute à cette époque une église privée au sein de cette communauté humaine, autour de laquelle se forma un embryon de paroisse. Progressivement dans ce XIe siècle, les églises privées disparurent pour être remises au diocèse. Après avoir reçu celle d'Autriacum, l'évêque de Bourges la confia aux moines du Montet qui fondèrent alors une nouvelle église sous le vocable de la Sainte-Trinité.
L’histoire de la construction de l'église de la Sainte-Trinité de Autry-Issards, d'origine romane est incertaine, car aucun document ne nous est parvenu qui viendrait en préciser les étapes. Seule l’étude de son architecture permet de les deviner, dans un contexte historique qui n’est pas inconnu. La fondation de l'église intervint à la fin du XIe siècle ou au tout début du XIIe. De la première époque il reste le cœur de l’église actuelle (restauré en 1868) et la chapelle sud dédiée à la Sainte-Vierge. Dans la seconde moitié du XIIe siècle, l’église fut agrandie par la nef actuelle précédée de son portail, et la tour du clocher fut élevée. Sa flèche en pierre date soit de cette époque soit du tout début du XIIIe siècle ; elle est la plus élevée de la région après celle d’Ygrande.
L'église de la Sainte-Trinité de Autry-Issards est remarquable avec un magnifique portail occidental à pilastre cannelés, un linteau en bâtière d'influence auvergnate et tympan sculpté et clocher. L'héritage du haut Moyen-âge (édifice long et bas ; utilisation répétée du linteau en bâtière) et les influences décoratives clunisiennes (pilastres cannelés notamment) s'y conjuguent. Le décor du portail (pilastres cannelés et rinceaux enchevêtrés) rappelle fortement certains éléments décoratifs de l'importante abbatiale de Chézal-Benoît, Cher, construite dans la première moitié du XIIème siècle.
La splendeur passée se retrouve dans le patrimoine d'Autry-Issards comme le Château d'Issards. Construit en pierre de taille, le château est couvert d'ardoise (autrefois tuile). Du XVe ne subsistent que la tour noble et l'escalier d'honneur accolé. La base de la tour est renflée sous un talus et percée de trois canonnières. A l'intérieur, trois étages superposés ont chacun une salle, un cabinet, des latrines et un judas surveillant l'escalier. Chaque salle comporte une cheminée sculptée à hotte droite et un plafond à lambris sur poutrelles. La lucarne ancienne est conservée. Les fenêtres de ce corps de bâtiment sont à appui saillant, décors sculptés, croisée et encadrement de moulures. La porte d'entrée comporte un galbe en accolades et un tympan à décor armorié martelé. L'escalier se termine par une colonne centrale d'où rayonnent les huit nervures d'une voûte en parapluie reçues, sur l'extérieur, sur des culots de feuillages et personnage grotesque. Le château du XIXe comprend un porche d'entrée à toit en pavillon surmonté d'une chapelle, une tourelle d'angle, et, accolé à la partie ancienne, un logis presque carré double en profondeur, desservi par un escalier central et traversé par un couloir.
Chaque édifice, raconte une histoire, la Chapelle Saint-Maurice est un site très ancien puisque l’origine semble remonter aux tout premiers Bourbons, bien avant l’An mil. Mais, comme nombre d’édifices religieux, la Révolution a sonné le glas de ce prieuré, qui, il y a peu d’années encore, menaçait ruine. Au terme de nombreuses années de reconstruction, l’ancien prieuré Saint-Maurice à Autry-Issards s’ouvre à la visite. Un magnifique exemple de restauration réussie du patrimoine religieux médiéval.
Le château du Plessis est situé à 2 km sur la commune d'Autry-Issards, il a été édifié à partir de la fin du XVe siècle quand le duc de Bourbon autorisa Jean Nicolas, seigneur du Plessis, à y élever une résidence fortifiée. Initialement, le premier château était composé d'une tour ronde que desservait une tourelle d'escalier gothique. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, un logis et une chapelle furent ajoutés. En 1862, un nouveau propriétaire demande à l'architecte Jean Moreau de concevoir d'importants travaux d'agrandissement. Un logis rectangulaire et une grande porterie ont ainsi été bâtis, entourés de douves. Selon la mode en vigueur, des éléments défensifs (mâchicoulis, chemins de rondes, meurtrières...) évoquant le Moyen Âge ont été conservés ou ajoutés. De même, les intérieurs ont été dotés de décors de lambris, cheminées et plafonds d'inspiration médiévale.
Continuez vers Saint-Menoux (11 km), via la D58. Saint-Menoux, anciennement Mailly (Malliacum), est situé sur l’ancienne voie romaine reliant Moulins à Bourbon. La voie antique traversait Malliacum en contournant par le nord le sommet de la colline. Des vestiges d’occupation gallo-romaine ont été exhumés sur le territoire communal, notamment des monnaies. Dans le bourg même, c’est dans le quartier Saint-Germain, implanté à l’ouest en bas de la colline le long de la voie romaine, que de tels vestiges ont été mis au jour (débris de vases et tuiles).
Une importante colline, que domine aujourd’hui l’abbatiale romane, forme la partie haute du bourg. L’église abbatiale de Saint-Menoux est considérée comme l’un des plus beaux édifices religieux du Bourbonnais. La partie la plus ancienne (le narthex) date du XIe siècle et sert de vestibule à l’église elle-même édifiée au XIIe et XIIIe siècles suivant un plan inscrit dans un rectangle de 62m de long et 16m de large. Une nef de 3 travées et le transept d’influence gothique se caractérisent par la hauteur exceptionnelle des piliers. Le chœur avec abside semi-circulaire, son déambulatoire, ses chapelles rayonnantes, ses chapiteaux richement décorés, constitue la partie la plus intéressante de l’église. Une tour-clocher carrée de 30m de hauteur ajoute à l’originalité de l’édifice.
Mais ce qui attire surtout le visiteur, c’est la présence dans l’église de la fameuse « débredinoire ». Le Débredinoire de Saint-Menoux est une curiosité incontournable en Allier Bourbonnais. En dialecte Bourbonnais, “Débredinoire” provient du mot “Bredin” qui signifie “simple d’esprit”. En effet, le tombeau du saint est l’objet d’un véritable culte. Le sarcophage de pierre situé derrière le maître-autel est percé sur son flanc d’un orifice qui permet aux simples d’esprit (les bredins en patois local) de recouvrer, en y introduisant la tête, la santé mentale ou du moins de s’éclaircir les idées.
Sur la commune de Saint-Menoux, vous trouverez la Maison des vertus, cette maison se situe dans le bourg, à coté de la Poste. La porte avec son tympan sculpté avec 4 vertus : la Prudence, la Tempérance, la Force et la Justice. Le château de Souys, le château de Clusors, de son passé médiéval a conservé une tourelle ronde et une tourelle carrée munie d'une bretèche et le château du Goutay.
Poursuivre vers Agonges (13 km), la commune aux treize châteaux... Appuyée à l’Est à la forêt domaniale des Prieurés de Bagnolet, Agonges garde en témoignage de son histoire, somme toute quelque peu mouvementée, de nombreux châteaux et sa remarquable église de la fin du XIIème siècle. Le village a conservé quelques monuments qui feront le bonheur des amoureux de vieilles pierres. La commune d'Agonges, forte d'un patrimoine historique important, est une étape incontournable sur cette route touristique...
L'église Notre Dame d'Agonges est un édifice roman de grès ocre marie les styles berrichons bourguignons et auvergnats. Sa construction date des XIIe et XIIIe siècles. La cure abrite des fonts monolithes. Une fresque du XVème siècle représentant la Trinité est visible dans la sacristie. L’image est reproduite sur le vitrail au fond du chœur. L’ancien bénitier sous la tribune est en pierre et présente trois vasques. Une statue de la Vierge à l’oiseau en bois polychrome date du XVIIème siècle. Elle est remarquable de par son état de conservation et son sujet : elle représente Marie tenant l’enfant Jésus dans ses bras avec un oiseau perché sur la main de celui-ci. Cela fait référence à l’évangile apocryphe de l’enfance de Jésus selon Thomas écrit au IIIème siècle : Jésus enfant y fait des miracles comme donner la vie à des oiseaux d’argile.
Le château de L'Augère est le plus ancien des 13 châteaux de la commune d’Agonges. Logis du XVe siècle flanqué aux angles de tourelles. coiffé d'un toit et agrandi d'un bâtiment du style néogothique au XIXe siècle a conservé ses douves en eau. Le donjon date de 1441 ainsi que l'ancien pont levis et les deux pigeonniers. Le château de l'Épine est un rare exemple en Bourbonnais de domaine fortifié datant du XIVe siècle. Le château de La Pommeraye présente dans un parc une gentilhommière du XVIIIe siècle munie de tours rondes restant d'un manoir du XVe siècle. Le château des Sacrots est un logis du XVIIe siècle. Le château de Beaumont a été reconstruit en 1740 sur l'emplacement d'un château fort dont il ne reste qu'une tour et un pigeonnier. Le château des Échardons a été reconstruit en 1792 et il ne reste des bâtiments antérieurs que deux tours et un pigeonnier. Le parc centré sur une allée date du début du XXe siècle. Le château des Brosses est une ancienne maison forte, il date du XVIIe siècle. Le château de la Tuilerie est une ancienne ferme forte antérieure au XVIe siècle, avec d’anciennes meurtrières dirigées notamment vers la forêt toute proche qui était le domaine des ‘’routiers’’ dont on cherchait à se préserver. Le château du Breuil est un ancien logis sur motte du XVIIIe siècle. Le château du Petit Luçay. Le château du Grand Luçay. Le château de Praingy. Le château du Petit Monceau. Le château du Grand Monceau.
Les parcs de Laugère, de la Pommeraie, de la Tuilerie, du château des Échardons et du château de Beaumont ainsi que le jardin de la Saulneraie sont inscrits au pré-inventaire des jardins remarquables.
Prendre la D54, en direction de Couzon (21 km). Vous pouvez commencer votre visite par l'église Saint-Georges. L'édifice des XIIIe et XVe siècles comporte une nef de trois travées datant du XIIIe siècle. Un chœur à chevet plat a été ajouté au XVe siècle. L'ensemble est voûté sur croisée d'ogives. L'intérieur de l'église est relativement sombre et totalement peint. Elle fut agrandie en 1876 d'une travée qui soutient un clocher de forme carrée surmonté d'une flèche octogonale en béton, construit par l'architecte Moreau dont le travail est reconnu en école d'architecture. Dans le bourg se situe une maison où aurait séjourné Jeanne d'Arc.
La tuilerie de Bomplein a été créée en 1856, et cessera son activité en 1969. C'est la dernière tuilerie artisanale subsistante de l'Allier. Un atelier de poterie/céramique a été aménagé dans l'ancienne grange réhabilitée à cet effet. Le château des Bordes se trouve à environ un kilomètre et demi au nord du bourg, non loin de la limite entre les communes de Couzon et de Saint-Léopardin-d'Augy. Il domine la vallée de la Burge, sur laquelle se trouve le moulin des Bordes. Le château des Bordes est un donjon à quatre étages du XIVe siècle, auxquels on accède par un escalier à vis, situé au nord d'une tourelle octogonale sur une face et d'une tour carrée sur l'autre. Le château de Bordes est un exemple caractéristique des petits châteaux du XVe siècle qui subsistent dans le Bourbonnais.
La prochaine étape de cette route touristique sera Bagneux (29 km), via la D287. L'église romane Saint-Paul de Bagneux, à nef unique, date du XIIe siècle. Son clocher de bois est du XVIe et la cloche de 1527. À l'intérieur, on peut voir les fonts baptismaux du XVe et une plaque de fondation de messes de 1679. Après cette visite, prendre la D101 vers Le Sault. A 2,1 km sur votre droite, au lieu dit "Belle Perche" se trouve la motte castrale du château fort de Belleperche, aujourd'hui disparu. C'était le siège de l'une des châtellenies du Bourbonnais. Belleperche fut le théâtre d'un épisode important de la guerre de Cent Ans.
Au cours de l'été ou de l'automne 1369, un petit groupe d'une trentaine de « routiers » gascons, du parti des Anglais, réussit à s'emparer par ruse du château, où résidait la duchesse douairière de Bourbon, Isabelle de Valois. Louis II, qui se trouvait alors à la cour, accourut, réunit des troupes et mit le siège devant Belleperche. Le siège dura trois mois ; le duc fit installer quatre grands engins de sièges qui envoyaient nuit et jour des pierres sur la forteresse, faisant de gros dégâts. Mais une troupe de routiers poitevins et aquitains commandée par deux princes anglais, le comte de Cambridge, fils du roi Édouard III, et le comte de Pembroke vint au secours des assiégés et retarda la prise du château. Louis II réussit finalement à prendre Belleperche, mais ne put empêcher les routiers, Bernardon de la Salle, Bernard de Wisk et Hortingo de la Salle de s'échapper en emmenant la duchesse en otage ; elle ne fut libérée que deux ans plus tard contre rançon. Cet épisode contribua grandement à la gloire du duc.