L'histoire du village de Tournemire est marquée par la rivalité de deux familles et leurs combats pour contrôler le village : d'une part la famille de Tournemire, d'autre part la famille d'Anjony. La famille d'Anjony, famille de riches marchands pelletiers d'Aurillac avaient accédé à la noblesse grâce à d’importants offices royaux. La famille de Tournemire possédait un château de ce nom bâti sur le promontoire dominant la vallée de la Doire. Ce premier château, très ancien, dit de Tournemire, fut le fief d'une maison chevaleresque habituée à tenir l'épée.
Là, se réfugia au plus fort de la guerre de Cents Ans, le routier Aymerigot Marchès, ou Marcel, truand de haute volée et grand preneur de forteresses. Le maître des lieux, pour entrer dans les bonnes grâces du duc de Berry, le fit prisonnier et le livra à la justice du roi qui s'empressa alors de lui faire trancher la tête et de le faire écarteler. Cette famille va étendre sa puissance sur toute la Région et participer à toutes les Croisades. C'est d'ailleurs au retour de l'une d'entre-elles que Rigault de Tournemire ramena une épine de la couronne du Christ. Cette relique est visible dans une chapelle de l'église.
En 1439, fut édifié au cœur même du fief de la famille de Tournemire, le second château par Louis II d'Anjony, compagnon de Dunois et de Jeanne d'Arc, tout à côté des tours de Tournemire dont la famille partageait la seigneurie depuis 1351. Les deux familles châtelaines ne supportèrent pas la coexistence et entrèrent en conflit : il y eut guerre ouverte pendant deux cents ans. Totalement défaillante, la justice royale n'avait jamais pu intervenir. La branche aînée des Tournemire demeure dans un logis noble, au milieu de l'ancien château qui tombait progressivement en ruine ; leur chapelle castrale devient l'église paroissiale dont ils conservent les droits honorifiques.
De nombreuses générations des deux familles se sont tantôt battues, tantôt alliées, jusqu'à ce que les revers de fortune des Tournemire les contraignent à quitter les lieux. En 1623, c'est par un duel, trois contre trois, sur la place du village que les protagonistes vidèrent une fois pour toutes leurs querelles. L'affaire ne s'acheva que par un mariage, et le départ des Tournemire. Les Tournemire ont laissé leur nom au village, Les Anjony ont conservé leur château à travers les siècles… Aujourd’hui, la visite de ce château permet de comprendre l’histoire riche et tumultueuse de ces deux familles et du village.
Le village de Tournemire n'est pas accessible aux véhicules, seuls les résidents peuvent entrer en voiture. Au abord du village, vous trouverez des parkings pour stationner votre véhicule, l'office de tourisme de Tournemire se trouve à côté d'un des parking. Ce village médiéval dispose de maisons dont les plus anciennes possèdent des fondations romanes, des murs en pierres volcaniques et des toits en lauzes. L’élément le plus ancien de Tournemire remonte à un oppidum, celui de Bezaudun, sur lequel a été construit le château des Tournemire. Aujourd’hui, de leur château d’origine du XIIe siècle, il ne reste plus rien mais on remarque lors de la traversée du village des maisons possédant des pierres monumentales appartenant sans doute à cet ancien édifice.
À votre arrivée, laissez-vous surprendre par le calvaire, au cours de la traversée de Tournemire, remarquez les maisons typiques aux murs en pierre de tuf, aux toits de lauzes ou d'ardoises avec leurs linteaux de portes et encadrements de fenêtres anciens. Certaines sont bâties de pierres imposantes provenant de l'ancien château. Le pays des volcans réserve bien des surprises à ses visiteurs parmi lesquelles une architecture typique que certains qualifient d’âpre en raison de son aspect fort rustique, robuste et solide à l’image du climat parfois rude de la région. Votre promenade vous plongera dans un passé chargé d’Histoire et d'histoires…
Sur la Place de l'église se trouvait l'ancien cimetière déplacé en 1871. L'ancien cimetière aura aussi connu des crimes lors de la querelle entre familles. En effet, un Tournemire y aurait, premièrement, tué un homme d'Église, et deuxièmement, déterré un Anjony pour le traîner devant le château de ces derniers. Les murs en pierre, les toits pentus recouverts d’ardoises ou de lauzes, les lucarnes, les escaliers monumentaux, les placettes, les balcons suspendus sont autant de richesses à découvrir dans le village. Poursuivre par la rue des châteaux., vers le XIIe siècle, le premier château de Tournemire enserrait dans ses murailles la place de l'église et l'église. Seul subsistent aujoud'hui dans le parc, les ruines du donjon et la base arrondie d'une tour jouxtant un abreuvoir.
Poursuivre vers le Château d'Anjony. Toute la beauté de Tournemire repose sur les quatre tours du célèbre château d'Anjony qui se voient à l'horizon, sur son charme pittoresque et le calme verdoyant qui y règne aux alentours. Avec ses 40 mètres de haut, ce château de basalte rougeâtre est l'un des plus remarquables de la Haute-Auvergne. Très bien conservé et situé sur un promontoire rocheux, le château médiéval est toujours habité par la même famille depuis son origine. On y pénètre par l'une des tours, dans une salle d'accueil voûtée, ancienne cave où l'on entreposait autrefois les réserves.
A l'intérieur, le Château d'Anjony conserve un remarquable mobilier dont une vaste cheminé portant la devise "Fides Hic Semper" ("La Foi ici et toujours"), des tapisseries des Flandres et d'Aubusson, un lit à baldaquin, un fauteuil "à système" permettant de s'y étendre. Le château est décoré dans sa chapelle de magnifiques fresques religieuses du XVIe siècle représentant la vie du Christ, ainsi que d'un exceptionnel ensemble de fresques profanes dans la salle des Preux. Dans la salle d'armes est exposée une grande tapisserie illustrant le triomphe de l'empereur Justinien, sous les traits de Louis XIII. Enfin, autour du donjon, un sentier parcourant l’ancien chemin de ronde est à disposition. On peut y trouver des créneaux et mâchicoulis, une superbe vue sur la vallée de la Doire se dévoile depuis les meurtrières du chemin de ronde. En haut de l’escalier, la charpente de l’édifice est importante et puissante car elle soutient les toits de lauzes.
Revenir en direction de l'église Saint-Jean-Bastite, ancienne chapelle seigneuriale du château, édifice de style roman du XIIe siècle. Construite par la famille de Tournemire, ses murs résonnent encore du combat qui opposa celle-ci à la famille d’Anjony en 1465. Après l'incendie de 1360 lors du siège du château, l'édifice fut restauré et revoûté au début du xve siècle : sept chapelles et un porche furent ajoutés. La nef et certaines chapelles ont été reprises à l’époque Gothique. Elle abrite une épine supposée avoir appartenu à la couronne du Christ, un des nombreux objets de la passion du Christ. Elle a été déposée par Rigald de Tournemire à son retour de la première croisade. D’après la légende au moyen âge, certains vendredis saints, l'épine rougit du sang du Christ. Elle abrite également en son sein une cuve baptismale au couvercle de cuivre rappelant l’importance de la dinanderie du XVIIIe siècle.
Autour de l'église Saint-Jean-Bastite, les maisons des XIVe et XVe siècles, font de Tournemire l'un des villages les plus représentatifs de l'architecture cantalienne. Les deux maisons les plus anciennes se situent en haut du village. Derrière l'église vous trouverez la Maison Delzanges, Maison de Fernand Delzangles (1871/1944), poète originaire de Tournemire, Puis dans la rue du lavoir admirez La Nanet. Noble maison forte à trois étages du XVème Siècle ayant probablement appartenu à l’un des coseigneurs de Tournemire, impressionnant escalier avec sa meurtrière de défense et couronné d’un écu. Cave voutée magnifique avec un four à pain dont la partie extérieure détruite laisse une trace visible sur le mur pignon à l’ouest.
En suivant la rue du lavoir, poursuivre vers les Grottes, c’est sans doute la trace la plus ancienne d’un habitat dans le village. L’une d’entre elles servait d’étable il y a peu. Dans l’autre, on peut voir des encoches (trous de boulin) dans le rocher témoignage de l’encrage des poutres supportant un plancher. On note également une très belle vue sur la façade nord du Château d'Anjony. Revenir sur vos pas, au passage admirer le lavoir, le modeste ruisseau traversant le village est à l’origine du site. Dans les années 60, les femmes venaient encore y laver le linge.
Vous voici devant une demeure médiévale "Le Gardou" avec fenêtre à meneaux et un monumental escalier. Sans oublier, ici là, les croix en pierre et en fer. Et, si vous avez la chance de pouvoir pénétrer dans certaines bâtisses, vous découvrirez un cantou, une souillarde ou peut-être un four à pain… Continuer vers la place du Suquet, dite ; le petit suc, la petite butte en patois ou en occitan. Située en haut du village, avec une superbe vue sur la vallée de la Doire. La construction du mur et de la croix remonte à 1886. Prendre la rue Edouard Marty jusqu'à la maison Chabaud, très belle vue sur la vallée et le château.
Pour finir montez au Calvaire sur l’éperon rocheux de Roquerouge, il domine la vallée de la Doire avec ses croix du Christ et les deux larrons. Dernière station d’un chemin de croix béni en 1886 par Gabriel Marie de Lorette Tyssandier d’Escous à la demande de l’évêque de Saint-Flour. Son ascension sera récompensée par la découverte d’un panorama à couper le souffle… Il vous reste à aller découvrir le célèbre dolmen qui se trouve à Tournemire. Situé sur la route de Saint-Projet de Salers, Le virage de la Malétie offre une vue imprenable et originale sur le Château d'Anjony.
Un circuit de randonnée appelé « randonnée au puy de grigols » d’une longueur de 11km est à disposition. Partant du village de Tournemire, permet de découvrir le château d’Anjony, de passer à proximité de la rivière Doire et au travers de nombreux petits villages avec un patrimoine vernaculaire et agricole important.