Les mâchicoulis et les créneaux des trois tours restantes furent également détruits. A la suite de ces démolitions, vers 1633, le propriétaire, Roussel, coiffa de calottes à lanternon abritant des cloches les tours du château de la Batisse dont il surmonta l'une d'elles d'une girouette portant ses armoiries. Le clocheton du centre est plus récent, la cloche datant d'environ un siècle et demi.
Dès l'acquisition du château de la Batisse par les Girard de Chasteauneuf en 1693 le château fut restauré en demeure de plaisance, en véritable manoir à la mode du 18ème, et pourvu d'un jardin à la Française en terrasses, au style classique, agrémenté de broderies de buis et de charmilles dont la conception a été réalisée par l'école de Le Notre installée à Clermont-Ferrand. Les deux tours restantes font partie de la partie ancienne : l'une du 13ème l'autre du 15ème siècle.
Le Château de la Batisse à découvrir lors de vos vacances dans le Puy de Dôme
Tour du 13ème siècle : la vallée de l'Auzon était commandée par un château dont il ne reste plus qu'une tour "le Crest". C'était une garnison importante de 500 hommes qui surveillait tout horizon. Il commandait aussi bien à l'Ouest le Livradois-Forez ; au Sud, Montpeyroux, l'arrivée le long de l'Allier ; au Sud-Ouest, la vallée de la Monne avec la série des châteaux de Saint Amand Tallende et surtout le château royal de Saint-Saturnin et bien sûr le village de Chanonat.
Au Sud, le château d'Opme qui commandait sur Clermont-Ferrand. Donc tout horizon, mais la vallée de l'Auzon, à l'origine, était couverte d'arbres et servait de chemin protégé, camouflé, remarquable pour l'ennemi. Il était donc nécessaire de tenir les hauts : c'est le cas du château du Crest ; mais il fallait aussi tenir en bas et c'est ce qui explique l'existence de cette tour du guetteur au Château de La Batisse. Le guetteur habitait le village et y arrivait par voie souterraine. Ce passage ouvert au 15ème siècle est maintenant comblé. Le moyen de communication avec le château du Crest était le feu, la fumée
La Salle des gardes : salle d'habitat par excellence où vivaient les gens d'armes ainsi que les écuyers qui faisaient au Château de La Batisse leur éducation de chevalier. Elle abrite en particulier une très belle Pieta du 16ème siècle, classée Monument Historique, ainsi que la maquette du château représenté tel qu'il était pendant la guerre de Cent Ans, réalisée par monsieur de Maison Rouge. Les armoiries des différents propriétaires viennent illustrer, dans cette pièce, leur passage au Château de La Batisse.
La Salle du plan située au premier étage : cette salle comprend un outil extraordinaire, unique au moins en Auvergne par son importance : un plan des jardins de 8 mètres de long sur 2 mètres de haut classé Monument Historique, accompagné de 136 planches annexes qui détaillent parcelle par parcelle les 8 hectares de jardin au 18ème siècle.
Ceci a permis de les restaurer. Il aurait été réalisé par un Chasteauneuf selon l'école de Le Nôtre de Clermont-Ferrand. C'est une aquarelle sur papier toilé. On ne connaît pas exactement la date d'exécution de ce plan (il semblerait que ce soit aux alentours de 1700-1750).
Outre ce plan, cette salle présente un bel ensemble de mobilier Louis XIII, ainsi qu'une tapisserie d'Aubusson, des vitrines de porcelaines et faïences anciennes et une galerie de six portraits en médaillon représentant les Girard de Chasteauneuf.
La Chambre des Dames : faisant suite à cette vaste salle s'ouvre la Chambre des Dames gardée à l'entrée par deux faïences de Lunéville du 18ème siècle, brûle-parfums d'inspiration chinoise, représentant un lion et une lionne. Elle renferme un élégant ensemble de mobilier 18ème.
Escalier à vis dit "à la sarrasine" : les marches s'appuient les unes sur les autres à la place de la colonne centrale et pour bien les maintenir elles sont, selon l'expression du maçon, "balancées" dans la muraille. Cette exceptionnelle pièce d'architecture militaire empruntée aux châteaux maures par les croisés, permettait la défense du donjon à l'épée, de haut en bas, grâce à l'absence de pilier central.