Depuis sa lointaine origine, l’histoire de Dives-sur-Mer est étroitement liée à la mer. La cité de Dives était connue à l’époque romaine où son port avait une grande importance. Reprenons un peu plus en détail son histoire depuis le Moyen-Âge et plus précisément depuis l’an 858. A partir de cette date le fleuve est emprunté par les Vikings qui remontent la Dives pour aller saccager Chartres. Le 6 août 1001, Dives-sur-Mer entre dans la légende avec la pêche en mer d’un christ miraculeux.
L’histoire raconte que durant une pêche en mer les pêcheurs du Village auraient pêché un Christ sans croix dont le genou se met à saigner sous les coups de hache d’un mécréant. Aucun artisan n’est capable de fabriquer une croix pour y déposer ce Christ. Trois ans plus tard, une croix retrouvée en mer s’adapte parfaitement au Christ miraculeux. La légende du Christ Saint Sauveur est née, on place le Christ dans la chapelle qui va vite se révéler trop petite et Dives-sur-Mer devient un lieu de pèlerinage. Mais, la grande page de l’histoire de Dives-sur-Mer est écrite quand Guillaume le Conquérant rassemble ses troupes à Dives en 1066.
C’est en effet dans l’estuaire de la Dives qu’il prépare ses troupes et fait construire une partie de sa flotte pour partir à la conquête de l’Angleterre. Les historiens s’accordent aujourd’hui sur les chiffres de 1000 navires et 7 à 8 000 hommes dont 2 à 3 000 cavaliers. Devenu roi d’Angleterre, le duc Guillaume fait embellir l’église. Cet édifice roman garde la trace de cette époque avec notamment deux somptueux chapiteaux à entrelacs du XIe siècle. Vers l’an 1100 l’église et le cimetière vont être agrandis et le bourg acquiert la configuration qu’on lui connait aujourd’hui.
En 1562, avec les guerres de Religion, le Christ Saint-Sauveur est brûlé et le pèlerinage prend fin. Nous arrivons en 1875 et un des autres faits ayant marqué l’histoire de la Ville est la construction de la ligne de chemin de fer. L'engouement pour les bains de mer entraîne la création des lignes de chemin de fer Mézidon - Dives-sur-Mer et Deauville - Dives-sur-Mer. On peut enfin venir de Paris à la plage. C'est l'époque des visiteurs célèbres, Marcel Proust décrit la région, et en particulier l’église de Dives, dans son roman À la recherche du temps perdu. Parmi les premiers archéologues : Arcisse de Caumont remet à l'honneur l'histoire : on lui doit la liste de 475 noms des compagnons de Guillaume le Conquérant qui figure dans l’église.
Le centre historique de Dives-sur-Mer est un joyau d'architecture médiévale, héritage de son passé millénaire. Dives-sur-Mer possède à la fois un centre historique médiéval : les halles du XVe siècle, le manoir de Bois-Hibout du XVIIe siècle, l'église Notre-Dame et sa partie romane du XIe siècle, le Village d'Art Guillaume-le-Conquérant de la fin du XVe siècle... un port de plaisance Port Guillaume, un port de pêche et différents quartiers ayant chacun une identité propre : les anciennes cités ouvrières, une zone commerciale et industrielle, des quartiers résidentiels,... À travers neuf statues en métal, le parcours de Guillaume le Conquérant offre un retour sur l’histoire de la ville de Dives-sur-Mer.
Après avoir stationné votre véhicule, dirigez-vous vers l'office de tourisme de Dives-sur-Mer. C’est dans la cour Louis XIV du village d'Art Guillaume-le-Conquérant, face à la grande table en pierre, que l’office de tourisme se trouve. Il se tient dans l’ancienne salle de réception du relais de poste de la fin du XVe siècle situé sur la route de Caen à Rouen, aménagé en auberge à la fin du XIXe siècle. Transformé en hostellerie, l’endroit a séduit de nombreuses personnalités. Henri IV, Marie de Médicis, Madame de Sévigné et Louis XIII y ont séjourné. L’office de tourisme est richement décoré. À la fin du XIXe siècle, Léon Le Rémois, propriétaire de l’auberge et passionné d’antiquités fait orner les cours de statues en pierre des XVIIe et XVIIIe siècles, vases et bustes en pierre, et de sculptures sur bois. Dans la cour principale, on peut aussi y admirer des bas-reliefs inspirés des chapiteaux romans de l'abbaye de Boscherville près de Rouen.
Vous trouverez l’entrée du village d'Art Guillaume-le-Conquérant au croisement de la rue d’Hastings et de la rue Gaston Manneville. Les toits sont surmontés par des épis de faîtage en terre cuite vernissée aux teintes des poteries du Pré d’Auge. Une splendide façade en pierre calcaire et damier de silex noirs et gris vous accueillera. Passez les portes ouvertes gratuitement au public et découvrez les inspirations de style médiéval et Renaissance qui s’y mélangent. Après le passage sous une lucarne en pierre sculptée encadrée de deux volutes, vous découvrirez les cours intérieures.
Le village d'Art se compose de plusieurs cours intérieures sont dans un style normand à pans de bois, avec des galeries extérieures protégées desservant les pièces à l'étage. Cour Louis XIV, Cour des Évangélistes ou Cour de la Pucelle et Cour Jacques Bracquemond se succèdent dans l’intérieur du village. Au-dessus du porche qui mène à la dernière cour trône une sculpture de Guillaume le Conquérant. A la Belle Epoque, les élégantes prenaient leur thé dans la cour intérieure de l’Hostellerie Guillaume le Conquérant à côté des bananiers en pot, des palmiers et de nombreux rosiers.
L’intérieur, du village d'Art Guillaume-le-Conquérant, contient une copie de quelques scènes de la tapisserie de Bayeux, peinte au XIXe siècle, retrace l’épopée de Guillaume le Conquérant et en particulier les scènes qui se sont déroulées dans l’estuaire de la Dives : l’abattage des arbres pour la construction de navires, le chargement des bateaux et l’embarquement. Mais également un trésor avec de superbes vitraux du XIVe siècle : les Anges musiciens. Ce sont des vitraux représentant huit anges musiciens chacun jouant d’un instrument différent offerts par l’évêque de Lisieux à l’église Notre-Dame de Dives.
Le Village d’art Guillaume le Conquérant, c’est aussi l’occasion de découvrir le travail effectué par les artisans du village d'Art. Entre deux collations, accordez-vous un peu de temps, observez les détails architecturaux restés encore discrets et parlez avec ces hommes et ces femmes qui se feront un plaisir de vous montrer leur savoir-faire. Situé à 200 mètres du Village d’art, votre prochaine visite sera l'église Notre-Dame est fondée grâce à la générosité de Guillaume le Conquérant, un édifice de style roman est construit, au XIe siècle pour accueillir le pèlerinage autour du Christ Saint Sauveur. Les quatre piliers de la tour carrée et une arcade romane sont les plus anciennes parties encore visibles. Devenu trop exigu et dévasté lors des guerres, l’édifice a été agrandi, reconstruit et remanié à plusieurs reprises, notamment aux XIVe et XVe siècle, en style gothique rayonnant puis flamboyant.
L'église Notre-Dame offre au visiteur de nombreuses curiosités : sur la façade sud de l’édifice, un trou aux lépreux permettait aux malades d’assister à l’office depuis l’extérieur. Un trou aux lépreux que l’on ne peut voir que rarement de nos jours. Les 400 graffitis de bateaux datant du XVe au XXe siècle, gravés dans la pierre au niveau du porche sud, sont des ex-voto laissés par les marins.
Au-dessus du fronton à l’entrée de l’église Notre-Dame, en 1862, Arcisse de Caumont, historien et archéologue normand, fait installer une liste de 475 compagnons de Guillaume le Conquérant au-dessus du porche d’entrée. Cette plaque commémore le départ de Dives sur mer en 1066 des 7000 à 8000 guerriers avec Guillaume le Bâtard à la conquête de l’Angleterre. De superbes vitraux racontent la légende de la fondation de l'église, liée au Christ Saint Sauveur. Les lecteurs de Marcel Proust reconnaîtront dans l’église de Dives celle de Balbec décrite dans le roman « A la recherche du temps perdu ».
Prendre la direction des vieilles halles médiévales en bois à Dives-sur-Mer. Les halles sont datées du début du XVe siècle, mais il est probable que des halles plus anciennes aient préexisté, elles mesurent 50 x 12 m. Les Halles sont constituées d'un vaisseau central et de deux bas-côtés symétriquement disposés. La charpente repose sur une série de soixante-six piliers de chêne reposant sur des dés en pierre posés à même le sol. Des blasons de familles de nobles ayant participé à la conquête de l'Angleterre auprès de Guillaume-le-Conquérant ont été installés sur les piliers, reproduits à l’initiative de la ville. La charpente est elle aussi en chêne comme toutes les constructions imposantes de l'époque.
Entièrement ouverts à l'origine et ce, jusqu'au début du XXe siècle, les bas-côtés ont été rajoutés récemment dans le style du pan de bois typique du pays d'Auge qui emploie le bois pour l'ossature et le torchis pour les cloisons entre les colonnes. Un pavage a été posé, rehaussant le sol d’une vingtaine de centimètres et des fenêtres ont été ouvertes sur la toiture pour laisser pénétrer le jour. Les Halles médiévales témoignent de l’activité importante d’un marché qui remonte au XIe siècle. Les Halles accueillent un marché très réputé le samedi matin et de nombreuses manifestations toute l’année.
Traversez la place de la République jusqu'à la maison dite Manoir de Boishibou, dominant la place de ses cinq niveaux. Construit en pierre de Caen au XVIIe sièclepar Leduc de la Falaise, un ancien valet de chambre anobli par Louis XIV. Il tire son nom d’un de ses anciens propriétaires, le Sieur de Bois Hibout. Le manoir était alors le siège de l’amirauté de Dives. Au XIXe siècle, il a abrité la gendarmerie : d’où son autre appellation usuelle de "Lieutenance". On peut observer sur la façade des traces d’ouvertures anciennes. Elles doivent correspondre à une aile, perpendiculaire au bâtiment actuel, qui a été détruite au début du XXe siècle. Cette partie est encore visible sur d’anciennes cartes postales. Le manoir construit sur un terrain sableux, ne possède pas de fondations mais repose sur des murs de deux mètres de large. On dit qu’il existait autrefois un souterrain qui rejoignait l’église.
Engagez-vous dans la rue du marché, puis la rue du port, pour arrivez à la maison dite Les Bossettes. Cette grande villa balnéaire a été construite de 1903 à 1908 par l'architecte caennais René-Jacques Baumier et son élève Georges Pichereau, pour le compte d'un joaillier allemand, Ruthaembur. Accumulant des effets baroques en façade et multipliant les références éclectiques à l'intérieur : gothique, Renaissance, Louis XIV et Louis XV, l'ensemble est actuellement divisé en appartements ; il ne subsiste rien de son parc d'origine, récemment loti.
Prendre à droite dans la rue du port, puis la première à gauche et enfin à droite la rue des Frères-Bisson. Au n°13, la Maison bleue est l’œuvre d'un maçon d'origine portugaise, Euclides Ferrera da Costa (1902-1984). Ce surprenant jardin de mosaïques a été créé entre 1957 et 1984, par Euclides Da Costa, ouvrier d’origine portugaise. A proximité de l'ancienne usine Tréfimétaux, où il a travaillé quelques années, il a transformé un modeste cabanon en une expression exceptionnelle de l'Art populaire, utilisant des matériaux de récupération (débris de vaisselle, de verre ou de miroirs, encastrés dans du ciment). Le premier édicule dans le jardin, un mausolée à la gloire de la chienne russe Laïka, morte dans un spoutnik en 1957, est suivi d'une quinzaine d'autres : chapelles, églises, moulins et grottes. Le décor se caractérise par un bestiaire insolite avec des oiseaux, des papillons et des cerfs, mais ne présente aucune figure humaine. Cet ensemble constitue un témoignage exceptionnel de l'Art brut en Normandie.
Poursuivre dans la rue des Frères-Bisson vers la place de l'ancienne fonderie Tréfimétaux. En 1891, Pierre Secrétan fonde sur les bords de la Dives, une usine de fabrication de produits à base de cuivre et de zinc. Le programme comprend la construction de bureaux, de logements d'ouvriers, de contremaîtres, ainsi que le logement patronal. Ce dernier, avec son étage carré et ses combles, joue de la polychromie de la brique et de la pierre, et se distingue par son beffroi au décor soigné. Le beffroi, situé à l’entrée de Port Guillaume, abritait les services de la direction de l’usine. Un bâtiment d’anciens bureaux a été réhabilité, en 2004, pour accueillir la Médiathèque de Dives-sur-Mer. Un plan illustrant l’implantation des ateliers de l’ancienne usine a été installé sur le quai sud du port.
Des cités ouvrières sont implantées à proximité de l'ancienne fonderie Tréfimétaux pour accueillir les familles d’ouvriers français et étrangers. À l’entrée de chaque rue, la maison du contremaître se distingue par ses dimensions plus importantes. En 1986, à la fermeture de l’usine Tréfimétaux, les bâtiments industriels ainsi que des cités ouvrières sont démontés. Un port de plaisance et des résidences s’implantent sur le site même de l’usine au début des années 1990.
Le nom donné au port rend hommage au départ de la flotte de Guillaume le Conquérant pour la conquête de l’Angleterre en 1066. Sur la Tour de la Capitainerie de Port-Guillaume a été apposée en 1991 une fresque illustrant le départ pour la conquête de l’Angleterre par la fameuse scène de la traversée des bateaux que l’on voit sur la Tapisserie de Bayeux. Port Guillaume, avec 600 anneaux et 300 places de mouillage à l’abri d’un cordon dunaire, possède la plus grande capacité d’accueil de la Côte Fleurie. Ancré dans l’estuaire de la Dives, le port de plaisance est un espace propice aux balades en mer. Au bout du quai se trouvent le port de pêche et la halle aux poissons, lieu de premier choix pour faire le plein d’iode. En fonction de l’horaire des marées, il est possible d’assister au va-et-vient des bateaux de pêche qui entrent et sortent du port.
La plage de Cabourg est directement accessible depuis une passerelle piétonne. À la fin du XIXe siècle, la Dives aménagée est encore navigable sur une vingtaine de kilomètres à l’intérieur des terres. Le long du chemin, vous pouvez observer la faune et la flore caractéristiques d’un estuaire marin.