Les manoirs et bâtisses de caractère, au crépis ocre, donnent une couleur chatoyante à un pays placé sous le patronage du percheron, noble cheval de trait. L'harmonie des proportions architecturales s'invite jusqu'au coeur des cités anciennes de Bellême, de Mortagne et du charmant village de La Perrière.
Bellême, porte d’entrée d’un voyage dans le temps
Le point de départ idéal de la Route des Sites et Panoramas est la petite cité perchée de Bellême (km 0). Solidement campée sur une colline, cette ancienne citadelle de Bellême a conservé, à côté de vestiges médiévaux témoins d'une histoire agitée, d'élégantes demeures élevées aux XVIIe et XVIIIe siècle par des fonctionnaires royaux ou par des familles nobles du Perche. Bellême est classée petite cité de caractère. Derrière son porche fortifié du XVe siècle, unique accès à la ville médiévale, commence une promenade hors du temps.
En passant sous le porche du XVème seule entrée fortifiée de la citadelle, vous pourrez flâner dans la rue Ville Close avec ses façades colorées et ses hôtels particuliers des XVII, XVIII et XIXème siècle dont les balcons en fer forgé témoignent de l'habileté des maîtres ferronniers locaux. Toute proche, la forêt invite à la promenade. Le sous-bois fait le bonheur de l'amateur de champignons. Au sommet de Bellême, des vestiges de l'enceinte du château sont encore visibles. De la place de l'Europe (ancienne place du château), vous aurez également une belle vue sur les toits en tuile plate et l'église Saint-Sauveur. Bellême est également le paradis des chineurs avec les nombreux brocanteurs.
Au sommet de la cité, les vestiges de l’ancienne forteresse racontent une histoire agitée : celle d’une place stratégique longtemps disputée entre les grandes familles féodales. Depuis l’esplanade, la vue embrasse les toits en tuiles plates, les clochers et les collines environnantes. C’est le premier panorama du voyage. Et déjà, la magie du Perche opère. Accrochée à une colline, cette ancienne citadelle domine les paysages du Perche avec élégance.
Quitter Bellême en direction de Saint-Martin du Vieux Bellême par la D274 (3 km). En quittant Bellême, la route plonge rapidement dans un univers différent : celui de la forêt domaniale de Bellême, véritable cœur naturel de l’itinéraire. Peu avant la forêt, de petites maisons sagement rangées le long de deux côtés d'un grand espace triangulaire annoncent le hameau de la Bruyère. Cet ensemble avec son mail de tilleuls, était encore, au début du XXe s., un grand chantier où l'on travaillait le bois. Sur la partie en herbe oeuvraient les scieurs de long, tandis que les sabotiers façonnaient leurs sabots dans leur atelier. Dominant le site, adossée à la forêt, la maison du "garde marteaux", représentant des Eaux et Forêts. Ayant la charge de surveiller et de gérer la forêt, il gardait les "marteaux" revêtus du poinçon officiel, servant à marquer les troncs des arbres vendus.
Saint-Martin du Vieux Bellême, non loin du hameau de la Bruyère, se trouve une enceinte quadrangulaire à talus en terre. Remontant probablement aux âges des métaux, elle a été occupée par les Romains. On pourra découvrir ce site archéologique depuis le bourg de Saint-Martin du Vieux Bellême. Visiter l'église Saint-Pierre d'origine romane abritant un tableau représentant la Vierge en prières. Le 19 septembre 1909, année de la béatification de Jeanne d'Arc, vers dix heures, l'évêque de Sées bénissait la cloche de Saint-Pierre-la-Bruyère baptisée Jeanne, Augustine, Marie.
Flanez au site de la Herse, le site de la Herse est auréolé d'une légende que le promeneur pourra méditer en suivant le sentier ombragé qui fait le tour de l'étang aux eaux brunes. La Herse est un lieu mythique du Perche. L'actuelle source ferrugineuse, connue probablement dès l'antiquité, aurait été retrouvée au XVIIe s. Geoffroy, maître des Eaux et Forêts de la Généralité d'Alençon, la fit aménager en 1770. La fontaine se compose de six pierres. Deux portent des épigraphes sibyllines évoquant les divinités latines de Vénus, Mars et Mercure.
Dirigez-vous vers le manoir de la Pellonnière via la D938 (10 km). Au bout d'une belle allée de platanes, derrière la grille d'entrée flanquée de deux tourelles du XVIIe siècle, on découvre le manoir de la Pellonnière, avec son logis seigneurial du XVe doté d'une tour hexagonale accostée d'une tourelle en encorbellement. En retour d'équerre, l'aile droite, remaniée au XVIIIe siècle, rejoint un pavillon Henri IV, à l'angle de la cour d'honneur. Une tour polygonale lui a été adjointe sous la Restauration. Sur la droite de l'entrée, l'imposant colombier circulaire date de 1630. Sur la gauche, dans le prolongement des communs et de l'ancienne orangerie, un intéressant mur rucher à logettes s'appuie sur une curieuse tour ruinée dans le goût romantique. Possibilité de visite des extérieurs.
Continuez ce périple touristique en direction du manoir de Chanceaux via la D256 (14 km). Ancienne maison forte du XVI e siècle. le manoir de Chanceaux offre un ensemble massif de murailles en pierre de taille soigneusement appareillées et percées de rares ouvertures. Le passage charretier traversant le pavillon d'entrée est couvert d'un plafond à caissons. L'arcade est surmontée des deux rainures par où descendaient les bras supportant le pont-levis. La chapelle Saint-Marc reconstruite au XVIIe siècle, convertie en grange, se reconnaît à son abside arrondie.
La prochaine étape de la route touristique, vous mènera à Saint-Jouin de Blavou via la D256 (17 km). Sur la commune se trouve le manoir de Blavou du XVIe siècle et son four à pain. Le château de Chanceaux du XVIe siècles et sa chapelle Saint-Marc. Visiter l'église Saint-Jouin du XVIe siècle. De forme pyramidale, la croix cémétériale a été déplacée en 1859, lors de la translation du cimetière, jadis autour de l'église. Au-dessus de la corniche du piédestal, deux cadrans solaires latéraux jumeaux donnent l'heure à tour de rôle. Gravés dans une moulure concave, ils appartiennent à un type de cadran peu fréquent en France.
Prendre la direction de Vauvineux via D931 et D27 (22 km). Vauvineux faisait partie de la ligne de défense qui, dès le Xle siècle, protégeait la partie occidentale du Perche. Commandant un vaste horizon la position était éminemment stratégique, Place forte des Carrel, seigneurs de Pervenchères, un donjon d'époque romane y fut construit. II sera rasé, ainsi que la forteresse, durant la guerre de Cent Ans.
À son emplacement s'élèvera un manoir à la fin du XVe siècle. Le manoir de Vauvineux présentait un volume massif à trois niveaux, rehaussé de hauts pignons. Amputé en 1900 du dernier étage, le logis est flanqué d'une tour d'escalier polygonale restée dans son état d'origine. La restauration méticuleuse entreprise permettra de sauvegarder l'un des plus vieux témoins de l'architecture du Perche. En dehors des périodes autorisées, le manoir, propriété privée, n'est pas ouvert à la visite.
Poursuivez votre circuit touristique vers Montgaudry via D297 (27 km) et le site de la butte de Montgaudry. Isolé, le bourg de Montgaudry couronne un monticule dont la commune tire son nom du latin "mons" signifiant colline, suivi du patronyme germanique Waldirich. Dès 1067, Hervé de Monte-Qualdrici occupait cette position stratégique, défendant le Perche à l'ouest.
Comprise dans les lignes de fortifications dressées par Robert II de Bellême, trente ans plus tard, la motte féodale était gardée par les Carrel, seigneurs de Pervenchères, Les Anglais la rasèrent lors de la guerre de Cent Ans. Une petite route à pente raide permet d'accéder au bourg. Contourner l'église Saint-Rémi du XVe siècle pour découvrir un joli point de vue - site protégé. Sur la commune de Montgaudry vous pouvez voir la Motte castrale avec restes du château, le Château de la Fontenelle. C'est au lieu-dit l'Érable que l'Orne saosnoise prend sa source.
Suivre la direction de La Perrière et le site de l'Éperon via D649 (33 km). Dans le Perche, l’habitat s’est toujours dispersé : hameaux, fermes et maisons isolées se répartissent sur les pentes pour éviter les zones humides. Les bâtiments agricoles entourent la maison principale et composent un ensemble architectural harmonieux tourné vers le sud pour capter la lumière. Les matériaux changent selon les villages : pierre blanche, grès, silex ou brique. Cette diversité donne aux paysages une palette de couleurs subtile, variant du beige clair au rouge profond.
Parmi les étapes les plus charmantes de la route se trouve La Perrière. Ce village, classé parmi les Petites Cités de Caractère, semble littéralement posé sur un promontoire rocheux. Les maisons de pierre s’alignent le long de ruelles étroites. Les jardins s’ouvrent sur des vallons verdoyants. Et depuis les remparts naturels du village, le panorama sur les collines du Perche est saisissant. Le bourg de La Perrière est construit sur un promontoire calcaire recouvert de sable où affleurent des pierres de roussard, grès ferrugineux utilisé localement en abondance. Son extrémité ouest se rétrécit en une avancée en pointe où se dresse l'église Notre-Dame. Le dernier étage du clocher est aménagé en belvédère,
Le sentier qui contourne le cimetière, souligné par un liseré de pins sylvestres permet de découvrir un remarquable panorama. Le site de l'Éperon, classé dès 1932, domine le "plain" du Saosnois. Protégé au titre des "sites inscrits", le bourg et ses abords offrent plusieurs demeures de caractère des XVIe -XVIIe et XVIIIe siècle dont le logis de l'Évêque. Prenez le temps de flâner au gré des nombreuses ruelles de La Perrière qui dévoilent de belles et imposantes bâtisses, des maisons aux façades colorées dont la pierre de roussard donne un charme si particulier. Poussez les portes des ateliers d’artistes, des restaurants et des boutiques. La Perrière est un village dynamique et accueillant. En flânant dans les ruelles étroites aux noms évocateurs, le promeneur appréciera le channe d'un des plus pittoresques villages perchés du Perche.
À la sortie du bourg, vous trouverez une tour du XVe siècle du château de Montimer avec toiture en dôme coiffée d'un lanternon. La Perrière fut également le haut lieu d’expression d’une remarquable technique : le filet perlé. En quittant le village, faîtes un crochet par le château de Monthimer, le hameau de Bouvigny, les chemins de la forêt de Bellême ou bien encore le manoir de Soisay ouvert à la visite en été.
Votre escapade passera par Chemilli via la D275. Les terres de la commune, riches et profondes étaient propices à la culture du chanvre. Jusqu'à Igé, le circuit est jalonné de petites constructions cylindriques, au toit conique. Ce sont d'anciens fours à chanvre, derniers témoins d'une activité agricole qui prospéra jusque vers 1950-1960. Plante textile épuisante pour le sol, le chanvre exigeait aussi des façons culturales nombreuses.
Les fours à chanvre ont perdu leur vocation première, servant aujourd'hui de bûcher ou de simple remise. Éléments oubliés d'un petit patrimoine rural original, ils continuent cependant à imprégner le paysage de leur silhouette caractéristique... L’église Saint-Germain de Chemilli a été reconstruite en 1846 après avoir été incendiée par la foudre. Toute proche, la propriété dite du "Prieuré".
Amputé en 1841 de son pignon ouest par l'incendie de l'ancienne église à laquelle il était accolé, le corps de logis date du milieu du XVIe s. Une importante campagne de transformation le dota au XVIIe s. de sa porte d'entrée actuelle et d'un bel escalier de chêne, rampe sur rampe à balustres carrés. Les dépendances comprennent notamment une imposante grange dimière et un four à chanvre, ajouté vers 1860.