Une héroïne née dans la terre normande
Avant d’être un roman célèbre, avant d’être un opéra bouleversant, avant d’être une figure romantique intemporelle, la Dame aux Camélias fut une enfant de l’Orne. Née en 1824 sous le nom d’Alphonsine Plessis, dans un environnement rural marqué par la pauvreté, elle grandit dans une Normandie âpre, faite de chemins boueux, de fermes isolées et de vies rudes. Rien ne la prédestinait à devenir l’une des femmes les plus fascinantes du XIXe siècle.
À seulement 14 ans, son destin bascule. Elle quitte sa terre natale : contrainte, presque arrachée à son enfance, pour rejoindre Paris. Là, en quelques années à peine, elle se transforme. Elle devient Marie Duplessis, courtisane adulée, incarnation du raffinement et de l’élégance parisienne.
Mais derrière l’éclat, il y a la fragilité. Derrière les camélias, la maladie. Elle meurt à 23 ans seulement, laissant derrière elle un destin fulgurant, presque irréel. Ce destin, sublimé par Alexandre Dumas fils dans son roman La Dame aux Camélias, puis immortalisé par Giuseppe Verdi dans La Traviata, est aujourd’hui encore profondément ancré dans les paysages de l’Orne.
Et c’est précisément ce que l’on vient chercher sur cette route touristique: une émotion, une trace, une présence.
Gacé : un écrin discret chargé d’histoire
Gacé sera donc le point de départ de cette escapade. Nichée au creux de la vallée de la Touques, la petite ville de Gacé se présente comme la porte sud du Pays d’Auge. Arriver à Gacé, c’est ralentir. La route serpente entre prairies, haies bocagères et petites collines. Le rythme s’apaise, presque malgré soi. La ville elle-même, modeste et authentique, semble hors du temps. Son château, ses ruelles tranquilles, ses façades anciennes composent un décor presque cinématographique : celui d’une Normandie intime, loin des foules. C’est sur la place du château que se trouve le cœur de cette mémoire vivante : le Musée de la Dame aux Camélias
Alphonsine, la future Dame aux Camélias travaille à Gacé pendant quelques mois comme apprentie et domestique chez un marchand de parapluies avant de partir pour Paris, emmenée par son père. Le célèbre peintre Degas qui durant trente années passa ses vacances prés de Gacé écrivit “Quel beau pays ! Tous les jours ont fait dans les environs des promenades qui finiraient par me rendre paysagiste !”. Son remarquable patrimoine, ses paysages augerons qui l’entourent, méritent qu’on s’y arrête.
Remarquez la fontaine : Œuvre de Nicolas Popelin. Elle évoque la célèbre courtisane Marie Duplessis, de son véritable nom Alphonsine Plessis (1824-1847) qui travailla, durant l’année 1838, à Gacé, chez un marchand de parapluie. Les belles demeures bourgeoises de Gacé furent édifiées au cours de la deuxième moitié du XIXème siècle quand le pays d’Auge vivait son “âge d’or”… Les parties visibles du Château datent des XVème et XVIIIème siècles. En la cour Lainé on retrouve la plus ancienne maison de Gacé (fin XVème siècle) qui servit d’octroi. Visitez le Musée de la Dame aux Camélias, mais aussi le musée des minéraux et fossiles.
Prenez la direction de La Trouillère la D438 (10 km). La Trouillère Les Mesnil recueillent Alphonsine et sa soeur Delphine quand leur mère, tyrannisée par son mari Martin Plessis, part travailler en Suisse comme femme de Chambre. Alphonsine restera chez eux jusqu’à l’âge de 8 ans. En 1841 à la mort de leur père, l’oncle Mesnil deviendra leur tuteur.
Suivez la D732, la D438 puis la D212 vers Saint Germain de Clairefeuille. A Saint Germain de Clairefeuille Sa mère, Marie Deshayes y naît en 1794. Alphonsine y fait sa communion à l’âge de 11 ans. Sa soeur Delphine s’y marie en 1845 avec Louis Constant Paquet, tous deux s’installent à la Corbette. Visitez l’église remarquable de Saint Germain de Clairefeuille du XVe siècle. La clôture du chœur du XVIe siècle peinte de scènes de la vie du Christ est classée à titre d'objet aux Monuments historiques. Les vestiges du château-fort du Bois-Geffray se trouve sur la commune, ainsi que la motte castrale du château de Clairefeuille. Vous pouvez admirer le Manoir du Mesnil (XVIe), le Manoir des Orgeries (XVIIIe) et le Manoir et haras de la Boutonnière (XVIIe).
Revenez sur vos pas, puis tournez sur votre gauche en direction de Nonant le Pin (16 km). A Nonant le Pin ses parents tiennent une épicerie, aujourd’hui détruite où Alphonsine naît le 20 janvier 1824. À 12 ans elle travaille à Nonant comme blanchisseuse. Après son départ pour Paris, elle y reviendra en juillet 1841 et quelques années plus tard, malade, elle séjournera chez le Duc de Narbonne, au Château de la Roche, à la Cochère. Visitez l'Église Saint-Blaise-Saint-Cyr-Sainte-Julitte du XIe-XIIe siècles et les vestiges du château de Nonant ayant appartenu aux barons de Nonant : tour et chapelle du XVe siècle.
La prochaine étape de la route touristique "de la Dame aux Camélias" sera le Haras national du Pin via la D926 (23 km). Véritable «Versailles du cheval», comme Alphonsine faites une promenade au coeur de ce haras prestigieux. Symbole de l'excellence française en matière d'élevage équestre, le « Versailles du Cheval » est le plus ancien et le plus prestigieux des haras nationaux, fondé en 1715 sur ordre du Roi Soleil. Autour de sa majestueuse cour d'honneur, les écuries se déploient en fer à cheval. Visite possible du château, des écuries, du parcours-découverte ... en période estivale découvrez également «les jeudis du Pin».
Des visites guidées, un espace muséographique qui donnent aux visiteurs la possibilité de tout savoir du cheval, des spectacles et animations ou démonstrations variées, des expositions, des compétitions sportives, autant de facettes qui en font un lieu unique à découvrir.
Continuez sur la D936 vers le Bourg Saint Léonard. Admirez le Château du XVIIIe. siècle, exemple typique d’un château de courtisan en province. Ce château est la parfaite émanation du Siècle des Lumières. Il abrite de très nombreuses œuvres classées à titre d'objets. Visitez l'église Saint-Gilles de Fougy du XIIe siècle.
Poursuivez votre escapade vers Exmes via la D14 (35 km). A Exmes, son père la met en pension chez Plantier un vieil homme, rue du Four Banal, puis la place à l’auberge des époux Denis. Quelques mois plus tard son père l’emmènera à Gacé. A voir : Église Saint-André du XIe-XVIe siècles, le Prieuré Notre-Dame-des-Loges du XVIe, le Grenier à sel du XVIe-XVIIe et la Chapelle néo-romane Saint-Godegrand-et-Sainte-Opportune (1879-1888) bâtie sur l'emplacement de l'ancien donjon.
Suivez la D14 et la D726 vers Courménil (41 km). A Courménil, ses parents s’y marient le 1er mars 1821. À voir : Le Coteau de la Butte (Espace Naturel Sensible protégé), le Château de Courménil du XVIIIe siècle, inscrit au titre des Monuments historiques et l'Église Notre-Dame du XVIe siècle. Des retables du XVIIIe et une Vierge à l'Enfant du XIVe sont classés à titre d'objets. Suivre la D726 et la D13 vers Gacé (48 km).