Située à un carrefour de voies navigables, la ville de Decize est construite sur une île rocheuse et devient rapidement un point névralgique où le commerce prospère. Cette position stratégique a cependant été à l'origine d'attaques dans son histoire, au cours desquelles de nombreux édifices ont été détruits puis reconstruits. Les premières traces d'activité remontent au Néolithique, comme en témoignent les silex retrouvés. À l’époque celtique, Decize est un oppidum des Éduens, connu sous le nom de Decetia. La première mention de Decetia nous est donnée par Jules César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules.
Le Moyen Âge a laissé le plus de traces de Decize, installé au départ sur une île de la Loire, le bourg s'est rapidement étendu de part et d'autre du fleuve. On raconte qu'au milieu du VIe siècle le corps de l'évêque Aregius, mort à Nevers, fut placé dans une barque qui, sans aucune aide, aurait remonté la Loire jusqu’à Decize, où il fut enterré. Sous le nom de Saint-Aré, il devint donc le protecteur de la ville et le saint patron de la paroisse. Au XIe siècle, des bénédictins se sont installés dans Decize et y ont fondé le prieuré Saint-Pierre, qui passera plus au XVIe siècle aux mains des religieux Minimes, qui reconstruisirent une partie des bâtiments du couvent et de l'église. Au XVIIIe siècle, la ville subit de nombreuses transformations.
Au cours de la période révolutionnaire de la Convention nationale (1792-1795), la commune a porté provisoirement les noms de Decize-le-Rocher et de Rocher-la-Montagne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Résistance fait exploser un pont dans la nuit du 9 au 10 septembre 1944. Le général Robert Caillaud, originaire d'Auvergne, a commandé la libération de Decize en 1944 face aux 13 000 hommes du général Elster. Partez à la découverte des vestiges du passé comme les remparts, érigés en 1194. Les principaux monuments de Decize se dévoilent également au travers de visites guidées : ruines du château des Comtes de Nevers, galeries souterraines, Couvent des Minimes et église Saint-Aré n’auront plus aucun secret pour vous, après cette étape sur la route de vos vacances.
Dirigez-vous vers l'office de Tourisme, place du Champ de foire, juste devant l’office du tourisme se trouve un énorme parking. Un circuit pédestre y est proposé pour faire le tour du patrimoine local. Celui-ci est matérialisé au sol par des flèches à l’effigie de la mascotte du territoire. Vous trouverez également un plan de visite disponible à l’Office de Tourisme. En sortant de l’Office de Tourisme, sur votre droite s’étend la Promenade des Halles. Cette promenade plantée de trois allées de platanes et de tilleuls séculaires s’étend sur plus de 985 m de long. D’une longueur exceptionnelle, elle a été créée à la fin du XVIIIe siècle, prolongée en 1810 sur un bras abandonné de la Loire et complétée en 1836.
La Promenade des Halles doit son nom du mot "Halles" en vieux français, signifiant « terres hâlées, desséchées, brûlées par le soleil ». Son nom s’explique donc tout naturellement : c’est la Promenade des terres hâlées. La promenade de Decize jouit d’une situation étonnant. Elle est en effet implantée sur la pointe nord de l’île de Decize, sur un terrain plat et sableux, entre le bourg, perché sur son promontoire, et à la confluence de la Loire, de la vieille Loire et du Canal du Nivernais, dans un paysage caractéristique de la Loire Nivernaise. Elle offre un point de vue remarquable sur la Loire !
Rejoignez la rue des fossés en traversant le parking et le passage piétons situé entre les deux banques. Au XVIe siècle, les fortifications de Decize étaient insuffisantes, et la ville a été pillée par une bande de mercenaires italiens. Pour éviter que ne se reproduisent de semblables désastres, les échevins décidèrent en 1583 de faire bâtir, en aval de la ville, deux avancées triangulaires ou ravelins. Seul le ravelin ouest a été construit entre 1593 et 1605. Il était entouré de deux portes, la Poterne de la Croix-Voisin et la Porte des Rosiers. Des fossés avaient été creusés au pied des murailles, pour en augmenter la dénivellation. Très tôt, les fossés ont été transformés en jardins privés par les habitants du quartier.
Une élégante échauguette, "Échauguette de la Croix Voisin" qui servait de tour de guet couronne l'angle de cet ouvrage. Il était possible d'y voir les armes des Gonzague, ducs de Nevers : un aigle et un cygne. Une échauguette ou eschauguette, eschargaite ou escharguettes, escargaite, eschelgaite, esgaritte, garite, pionnelle, maisoncelle, centinelle ou sentinelle, hobette désignait, du XIVe au XVIe siècle, la sentinelle. Actuellement, le terme désigne une petite loge carrée ou cylindrique contenant une petite pièce, le plus souvent construite en encorbellement, munie de mâchicoulis et de meurtrières, destinée à abriter, dans un château fort ou une fortification, le veilleur surveillant le territoire environnant sur un large horizon, et à jeter des projectiles sur les assaillant.
Continuez votre chemin en longeant les parkings pour rejoindre les Tours. Derniers vestiges de l’enceinte de Decize, elles sont situées le long d’anciens fossés alimentés par la Loire et remblayés au fil du temps. Decize a possédé plusieurs enceintes successives. En 1194, Pierre de Courtenay, Comte de Nevers, fait construire les remparts de la troisième enceinte et des tours de défense aux extrémités des deux ponts de la Loire.
Montez les escaliers à côté des Tours pour atteindre la Place, puis prenez la rue Maréchal Foch jusqu’au premier carrefour et tournez à droite par la rue du Marquis d’Ancre. La porte du Marquis d’Ancre se trouve dans cette rue, c'est la seule des cinq portes, par lesquelles on pénétrait autrefois à Decize. Erigée au XIIe siècle sous Pierre de Courtenay, comte de Nevers, la porte du Marquis d'Ancre est la dernière porte monumentale à pont-levis de l'enceinte fortifiée de Decize par laquelle on pénétrait dans la ville. Elle fut remaniée en 1468. Selon la tradition, un nommé Jean Bernard aurait été chargé de se rendre à Nevers pour dessiner la Porte du Croux et permettre aux maçons d'en faire une copie. Le nom de cette porte s'explique par une altération de "maquis d'ancres".
La porte du Marquis d'Ancre a appartenu aux seigneurs de Lamenay ; en 1778, elle a été acquise par Guillaume Decray. En 1923, le colonel Paul Tiersonnier, héritier de la famille Decray, l'a cédée à la ville de Decize, à condition qu'un musée soit installé dans la salle de l'étage, ce qui ne s'est pas réalisé. La salle de garde a hébergé plusieurs associations, dont le Cercle Artistique de Decize. La porte était précédée par un pont-levis enjambant un fossé. Des ouvertures verticales, bouchées par la suite, servaient à remonter les chaînes. Sous la voûte, on distingue les rainures de la herse. Un petit escalier en colimaçon permet d’accéder à une grande salle de garde. A quelque distance de la porte du Marquis d'Ancre, entre le pont et les remparts, se trouvait l'un des ports les plus actifs de la ville.
À côté de la porte du Marquis d'Ancre, au n° 7, on peut voir un bel hôtel particulier qui a appartenu à la famille Decray. Cette famille a donné à la ville un grand nombre d'échevins et de curés, et au XIXe siècle deux maires : Étienne et Jean-Charles Decray, sénateur. La rue du Marquis d'Ancre tourne brutalement après le bâtiment des bains-douches ; elle longe la Loire pour aboutir au pont. Le petit pont sur le bras donnant accès à la Loire est le rendez-vous des pêcheurs à la ligne.
Remontez la rue du Marquis d’Ancre puis, à droite, prenez la rue Jean Jacques Rousseau pour atteindre l’église paroissiale dédiée à Saint-Aré, évêque de Nevers de 548 à 558. L’église de Saint-Aré fut érigée au VIIe siècle, à l’emplacement d’un oratoire encore plus ancien et dédié à la Vierge. La double crypte en berceau sous le chœur, où fut conservé le tombeau de Saint-Aré, remonte vraisemblablement à l'époque mérovingienne. La partie orientale de l’église, se composant à l’origine d’un transept sous deux clochers et d’un chœur de deux travées en berceau avec bas-côtés et absides, remonte vraisemblablement à la fin du XIe siècle. Seul le bas-côté nord du chœur fut conservé avec son absidiole, actuellement il fut converti en sacristie. Les arcades en plein cintre de la croisée reposent sur des piliers à colonnes engagées dont les chapiteaux assez primitifs sont sculptés de personnages, d’animaux et de feuillages. Le portail nord, remanié à la Renaissance et dépourvu de son tympan, conserve deux chapiteaux romans sculptés d’animaux musiciens et de lions affrontés. Les autres parties de l’église ont été refaites : le clocher, au XVe siècle, la façade et les chapelles, au XVIe siècle ; la nef, quant à elle, fut reconstruite au XIXe siècle.
L'église de Saint-Aré abrite plusieurs objets remarquables. La nef principale est accessible depuis l’église par un escalier, la petite nef est éclairée par deux petites fenêtres. Un retable sculpté sur une pierre d’Apremont à été découvert dans le dallage de la nef en 1841. La crypte actuelle de l'église de Saint-Aré fut construite autour d'une grotte et peut-être d'un ancien temple gallo-romain. La crypte est composée de deux nefs, reliées entre elles par deux passages. Situés dans la crypte : une statue de la vierge à l'enfant du XVe siècle, dite Notre-Dame de sous-terre, y fut longtemps vénérée pour ses miracles. Une chasse, fabriquée au XIXe siècle, renferme des reliques de Saint Aré. Une statuette de pierre décapitée du XVIe siècle et portant des armoiries. Un retable en pierre sculpté du XVIe siècle de 80 cm de haut pour 150 cm de large, représentant 5 saynètes sur fond de paysage ou d'architecture, séparées par des pilastres et surmontées d'arcature de style Renaissance. À chaque extrémité du retable, sont sculptés le donateur et la donatrice à genoux. Y figure aussi quelques écussons avec armoiries. une Statue en bois de saint Paul du XVIIIe siècle d'environ 1 mètre de hauteur. Une Plaque funéraire en pierre gravée et sculptée du XVIIe siècle, haute de 1,40 mètre et large de 80 cm, de « Jacques Salonnier, sieur de Lagarde, conseiller du roi et receveur du grenier à sel de Decize ». L'épitaphe porte fondation de messes par lui et sa femme. Une autre statue de Vierge à l'enfant dont les visages sont abimés. Statue de pierre d'un moine chartreux dont il manque un bras. Un Bas-relief en pierre du XVIe siècle représentant le Christ au jardin des oliviers. Un Groupe en bois sculpté représentant l'éducation de la Vierge par sainte Anne...
Situés dans l'église: 2 bénitiers sculptés en bronze de 70 cm de diamètre en forme de vasque munis chacun de quatre anses. Le rebord est orné d'un bandeau avec inscription en saillie et au-dessous, dans des médaillons rectangulaires, des personnages en bas relief alternent avec de petites scènes finement gravées, 18 stalles en bois taillé du XIXe siècle. Une peinture sur toile, L'Institution du rosaire, du XVIIIe siècle. Les deux vantaux en bois du portail latéral, composés de panneaux à serviettes, séparés par des colonnettes.
En 1842 les murs du château de Decize qui surplombaient l'église de Saint-Aré se sont éboulés, entraînant dans leur chute la nef, plusieurs chapelles et une partie du transept. Les origines du site de l’ancien château des Comtes et Ducs de Nevers se perdent dans la nuit des temps. Les origines du site de l’ancien château des Comtes et Ducs de Nevers se perdent dans la nuit des temps, la mention la plus ancienne dont les archives gardent la trace, date de la fin du XIe siècle. Seuls les premiers niveaux d’élévation, excepté pour le donjon, des différents corps de logis nouvellement dégagés et mis en valeur sont actuellement conservés. Il est possible de parcourir des couloirs et des salles souterraines qui constituaient une partie du système de défense.
En sortant de l’église rejoignez la place Guy Coquille (Place de la Mairie) où se dresse une autre tour : la Tour de l’Horloge également appelée Tour Guy Coquille. Au Moyen-Age, Decize posséde un beffroi consolidé au milieu du XVIIe siècle et entouré d'échoppes et de deux chapelles, contiguës à l'ancien hôpital. En 1847, le conseil municipal décide de raser chapelles, échoppes et beffroi pour construire "une nouvelle tour" plus digne de la ville. La tour est inaugurée le 23 septembre 1849. Par la même occasion, les decizois honorent la mémoire de Guy Coquille. Un statuaire est choisi : Louis Rochet (1813-1878), connu pour des œuvres remarquées aux Salons de 1840 et des années suivantes et pour l'ensemble de ses statues représentants de grands personnages (Madame de Sévigné) mais son chef d'oeuvre est le groupe constitué par Charlemagne et ses leudes (devant Notre Dame de Paris). La statue présente à Decize est réalisée en fonte. Guy Coquille est représenté en pied, dans le costume des magistrats du temps de Henri IV. Sa tête chauve penchée, sa figure grave et réfléchie dénotent les méditations, le travail et les veilles. Cette tour de 33 mètres de haut, abrite 3 cloches dont la plus grosse fondue en 1622, pèse environ 1300 kg.
Descendez la rue de la République, puis tournez à droite dans les escaliers de la rue Marguerite Monnot. Plus haut, sur votre gauche se trouve l’ancien Couvent des Minimes et la Salle Olga Olby. Le Couvent des Minimes fut à l’origine en 1026 un prieuré bénédictin le Prieuré Saint Pierre, édifié par les Moines Bénédictins de l’Abbaye de Saint Germain d’Auxerre. Le prieuré décline à la fin du XVe siècle, en 1559, il fut en grande partie détruit par un incendie qui ravagea la ville.
Le Couvent des Minimes fut racheté en 1621 par les moines Minimes et des travaux importants furent effectués en 1629. Les Minimes construisent les locaux et le cloître avec façade en pierre de taille, tels qu’ils existent actuellement. L’Ancienne église Saint Pierre faisait partie de l'ancien Couvent des Minimes. Le 17 juin 1626, la nef de l’église s’écroule. Seuls le clocher et le choeur subsistent de l’édifice roman. Une nouvelle nef, plus large est bâtie. Cette nef est éclairée par de grandes baies ogivales. Elle est surélevée par rapport au transept. Revendu à la révolution, le Couvent des Minimes servit tour à tour de prison, hôpital, cinéma et d’école avant de finir inoccupé. Dans ses caves romanes subsistent de mystérieux graffitis laissés on pense par des prisonniers.
L'ancienne nef de l'église, débarrassée des aménagements modernes du cinéma, a repris un aspect qu'elle devait avoir autrefois. Propriété communale, c'est une salle d'expositions, utilisée par le Cercle Artistique de Decize, par des artistes invités, par des associations locales. Le public vient y entendre des concerts et des pièces de théâtres. Cette salle a reçu le nom d'Olga Olby (1900-1990), peintre russe qui a fait don de ses œuvres à la ville de Decize. Le cloître est fermé au public excepté pour les Journées du Patrimoine.
Continuez votre parcours par cette même rue pour découvrir la maison natale de Marguerite Monnot. Maison non visitable. Née en 1903 elle est morte en 1961 d'une péritonite, elle est inhumée au cimetière Saint- Privé de Decize. Une plaque a été apposée sur sa maison natale. Pianiste et violoniste précoce, elle composait déjà à l'âge de cinq ans. Destinée à la musique classique par ses parents, elle s'orienta très tôt vers les variétés, la chanson, les musiques de films, les comédies musicales. Pour Edith Piaf, Marguerite Monnot a écrit la musique d'une cinquantaine de chansons parmi lesquelles : Milord, l'Hymne à l'amour, Mon Légionnaire...
Descendez la rue du grenier à sel puis, la rue Saint-Just pour rejoindre la place dédiée à Louis-Antoine de Saint-Just, né à Decize le 25 août 1767. Cette place a été dégagée de 1774 à 1787. Plusieurs maisons ont été démolies, pour donner accès au nouveau pont. Il ne reste plus rien de l'ancienne Porte de Loire, située au coin du Quai de Loire, qui était déjà en très mauvais état au XVIe siècle. Le pâté de maisons entre la rue des Pêcheurs et le Quai de Loire était autrefois occupé par la maison Léonard Robinot l'Aîné (1701-1776), grand-père maternel de Louis-Antoine de Saint-Just, notaire et échevin de Decize. Les bâtiments actuels ont été reconstruits en 1857.
Louis-Antoine de Saint-Just (1767-1794), futur Conventionnel n'a vécu que jusqu'à l'âge de neuf ans à Decize et à Verneuil. Ses études se déroulèrent au collège de Soissons et à Reims. Sa carrière politique a été fulgurante ; élu à la Convention en septembre 1792, il accéda au Comité de Salut Public en compagnie de Robespierre, qu'il suivit sur l’échafaud le 10 thermidor An II (28-07-1794). Deux monuments ont été élevés sur la place : un buste de Saint-Just, sculpté par Pierre Peignot, se loge sur la façade d’une maison de la place et une fontaine inaugurée en 1991.
Dirigez-vous vers le Pont de la Vieille Loire. On ignore la date du premier établissement d'un pont à Decize. La ville est certainement dotée de ponts en bois ou pierre et bois dès l'Antiquité, ils n'ont pas laissé de traces archéologiques comme ceux étudiés à Cosne-Cours-sur-Loire ou Saint-Satur. En −52, César traverse la Loire à Decize en empruntant la voie qui mène de Bourges (Avaricum) à Autun (Augustodunum) sans détailler par quel moyen.
Entre le XVIe et XVIIIe siècle un vieux pont de pierre en très mauvais état existait en lieu et place de l’actuel. Des passerelles en bois remplaçaient même certaines arches détruites par le courant. La première pierre de l’ouvrage a été posée le 7 octobre 1775, en présence de l’Intendant du Bourbonnais. Conçu avec onze arches pour franchir la Loire, il n’enjambe maintenant plus qu’un ancien bras du fleuve, d’où son nom de Pont de la Vieille Loire. C’est suite a l’aménagement des canaux et du barrage que ce bras du fleuve s’est ensablé, devenant la "Vieille-Loire".