Commencer votre périple souterrain par l'Abbaye Saint-Germain, Ce monument résume à lui seul seize siècles de l'histoire d'Auxerre. Superbe et majestueuse sont deux qualificatifs très souvent donnés à cette abbaye, véritable bijou du patrimoine auxerrois, à découvrir impérativement. Bien que composite, il offre un ensemble architectural d'un grand intérêt.
Ses cryptes carolingiennes du IXe siècle, construite autour du tombeau de saint Germain (378 - 448) sont décorées de peintures murales remarquables de par leur conservation et de par leur ancienneté puisque se sont les plus anciennes de France.
Ce complexe monastique, situé hors du castrum, fut fondé par la reine Clotilde au Ve siècle. Nécropole des évêques d'Auxerre, l'abbaye connut son heure de gloire au IXe siècle en abritant la prestigieuse école d'Auxerre qui fut un des centres de la Renaissance carolingienne. Le musée d'art et d'histoire, implanté dans l'abbaye, présente des témoignages sur le passé de la ville et de sa région, depuis la période préhistorique jusqu'à la fin du Moyen Age.
Les cryptes du IXe siècle , point d’orgue de la visite, sont ornées par les plus anciennes peintures murales découvertes en France à ce jour. Depuis juin 1999, l'avant-nef de l'église abbatiale est ouverte au public.
Les fouilles archéologiques menées pendant 10 ans ont permis la mise à jour de vestiges (maçonneries et sarcophages) des VIe, VIIe et IXe siècles. L'ensemble monumental permet de faire découvrir quinze siècles d'histoire d'Auxerre en souterre.
Poursuivez votre visite dans Auxerre avec la Cathédrale Saint-Etienne du XIe-XVIe siècles. Modèle d'élégance de style gothique, la cathédrale possède des portails aux bas reliefs remarquables. Les verrières du choeur et du transept confèrent une tonalité particulière aux espaces intérieurs et constituent un des plus beaux ensembles de vitraux conservé en France.
Ne manquez les cryptes du XIe siècle, vestiges de la cathédrale romane, célèbres pour leur très rare peinture murale du "Christ à cheval" . Le trésor, constitué de précieux objets du culte (émaux du XIIIe siècle, miniatures et manuscrits anciens) mérite également un détour.
Quittez Auxerre pour vous rendre à la Carrière souterraine d'Aubigny à Puisaye-Forterre par la D1 (34 km) plus agréable pour votre balade que la N151. Un bol d'air frais à 12° dans la seule carrière souterraine qui se visite dans l'Yonne. Ses pierres ont été utilisées notamment pour la construction des cathédrales de Sens et d'Auxerre, de l'Hôtel de Ville de Paris ou encore de l'Opéra Garnier.
Exploitée de 1830 à 1940, elle est désormais gérée par une association qui l'a ouverte au public en 1992. Entrez dans la carrière souterraine d'Aubigny, ses blocs de pierre ont laissé place à d'impressionnantes et immenses salles souterraines, portant les traces des lances, des aiguilles et des crocodiles, outils utilisés par les carriers.
Une visite libre ou accompagnée de ce lieu souterrain grandiose mérite le détour. Quelques explications fournies par le guide et enchainez sur la visite de la carrière à votre rythme. Ce lieu vous impressionnera par sa grandeur. Vous apprendrez tout sur la taille des pierres et admirerez les "chefs-d'oeuvre" des Compagnons du tour de France.
Continuez votre parcours en profondeur vers les Grottes d'Arcy-sur-Cure par la D950 (66 km). Les Grottes d’Arcy-sur-Cure renferment des peintures rupestres parmi les plus anciennes au monde !
Les Grottes d’Arcy sont un ensemble de cavités, vous partirez à la découverte des traces préhistoriques et de belles concrétions en empruntant ce parcours dans la Grande Grotte : la Salle du Grand Désert, la Salle de la Vierge, la Coquille Saint-Jacques, la Salle de la Draperie, la Salle de la Danse, le Calvaire, le Cierge Pascal, la Salle du Chaos, la Salle des Vagues de la Mer (peintures), le Lavoir des Fées et le Lac des Fées.
Pendant une heure, venez donc suivre les traces laissées par les hommes pendant près de 300 000 ans (traces de bougies, peintures). Admirez, dans les douze salles, les stalagmites et stalactites. Découvrez ses deux lacs et observez le travail de l'eau à travers des millions d'années. Toutes les peintures ne sont pas accessibles au public.
Direction à présent des Grottes de Saint-Moré via D606 et le bois des grottes (67 km). A un jet de pierres d’Arcy-sur-Cure et de sa Grande grotte ornée, les cavernes de Saint-Moré dont la grotte de « La Colombine », celle dans laquelle l’ancien communard, le fameux père Leleu vécut jusqu’à sa mort début 1913 témoignent d’une occupation humaine vieille de plus de 1.000 siècles.
Pour y accéder vous pourrez emprunter, juste avant le tunnel routier, dans le sens Avallon-Auxerre, le chemin qui longe la rivière. A droite du pont ferroviaire, prenez l’escalier puis le sentier qui le prolonge. D’autres voies d’accès moins raides mais plus longues permettent d’y arriver.
Sur la droite de cette grotte, par un petit sentier peu visible, on accède à la grotte de la Roche Percée ; une mine d’ocre y fut exploitée quelques années. Le père Leleu y travailla comme terrassier. L’entrée en est assez remarquable.
A gauche de la grotte du Père Leleu, s’échelonnent une petite dizaine de grottes dont la plus importante et la plus belle est la grotte de Nermont avec sa cheminée naturelle qui, avant les fouilles, était le seul moyen d’accès. Cette cheminée débouchait sur un camp retranché, délimité par une enceinte, au sommet du plateau.
D’autres grottes ont également un intérêt archéologique important : la grotte du Mammouth, la grotte de l’Homme, la grotte des Pêcheurs… En suivant le sentier installé au pied des grottes, sur les matériaux rejetés par les premiers découvreurs, et souvent pilleurs, vous ne pourrez manquer d’admirer l’"aiguillette de Saint Moré".
A Saint-Moré, on peut monter jusqu’au Camp de Cora, site gallo-romain, poste fortifié sur la voie d’Agrippa, qui reliait Lyon à Boulogne-sur-Mer, site stratégique dominant la vallée de la Cure.
Après ce passage dans la préhistoire direction les Anciennes Carrières de Cravant via la D606 et D139 (91 km). De l'autre côté du village, en allant sur Vincelottes, après avoir passé le faubourg Saint-Nicolas, on aperçoit les carrières de Palotte, curiosité historique. Elles sont privées et fermées au public.
C'est sous le coteau de Palotte que sont exploitées dès le 12éme siècle ces carrières de calcaire. Les pierres étaient destinées à la construction, notamment des monuments parisiens tels que le Panthéon, Notre Dame de Paris ou Polytechnique.
Pendant la seconde guerre mondiale, les carrières sont d'abord utilisées par les Français, puis les allemands, la Société Nationale de Construction Aéronautique du Centre reprendra ensuite l'usine. On peut encore voir, deux blockhaus, face aux carrières, dominant la vallée de l'Yonne.
Fondée en février 2005, l’association « AVIATROGLO » (Aviation & troglodytes) a pour objectif de sauvegarder le patrimoine militaire et aéronautique local, notamment à travers les opérations de réhabilitation et de valorisation de l’ancienne usine souterraine d’aviation de Cravant-Palotte et de ses installations annexes.
A la sortie de Cravant, après le pont sur l'Yonne, sur votre gauche, se trouve la halte nautique sur le canal du Nivernais. Le canal du Nivernais, d'une longueur de 174 km, va de Saint-Léger-des-Vignes, petite ville du sud de la Nièvre, à Auxerre. 116 écluses jalonnent son trajet. Si la rivière a connu un déclin certain, le canal du Nivernais a repris une activité importante avec la navigation de plaisance.
Pour cette dernière étape de ce parcours touristique, direction les Caves Bailly-Lapierre via la rue de Cravant (101 km). Ce village bourguignon de Bailly est le berceau de l’AOC Crémant de Bourgogne élaborés depuis 1972, dans une carrière de pierre souterraine qui offre des conditions naturelles uniques, des vins effervescents d’un autre monde.
L’exploitation des carrières souterraines de Bailly remonte au moins au XIIe siècle. La pierre calcaire de très bonne qualité a servi jusqu’au XXe siècle pour la construction de monuments tels châteaux et églises comme l’Abbaye de Pontigny et de villes. Le transport était facilité par la rivière de l’Yonne qui coule au pied des carrières.
Retour sur Auxerre via la D606 (113 km).