Une terre où l’art semble naître naturellement
Il existe des territoires qui se découvrent avec les yeux. D’autres se vivent avec le cœur. L’Yonne appartient sans aucun doute à cette seconde catégorie. Dès les premiers kilomètres, une évidence s’impose : l’Yonne possède quelque chose de particulier. Les collines douces, les vallées paisibles, les forêts profondes et les vignobles lumineux composent un décor qui invite à la contemplation. Ce territoire aux multiples visages réunit les paysages du Sénonais, les bocages de Puisaye, les vallées de l’Avallonnais et les coteaux du Tonnerrois dans une harmonie presque parfaite.
Depuis des siècles, cette diversité attire les créateurs. Les écrivains y trouvent le silence nécessaire à l’écriture. Les peintres s’y imprègnent des lumières changeantes. Les sculpteurs puisent dans les matières locales. Les céramistes s’inspirent de la terre généreuse de Puisaye. La Route des Artistes Inspirés est née de cette richesse culturelle. Elle propose de parcourir l’Yonne à travers celles et ceux qui ont contribué à façonner son identité artistique.
Sens, porte d’entrée d’un voyage culturel
L’aventure commence à Sens, ancienne capitale des Sénons. Avant même de partir sur les traces des artistes, il est difficile de résister au charme de cette cité historique. Ses ruelles anciennes, ses places animées et sa majestueuse cathédrale rappellent que la culture fait partie de l’ADN du territoire depuis des siècles. Sens constitue le point de départ idéal d’un itinéraire qui relie patrimoine et création. Dès les premiers kilomètres, la route invite à ralentir, à regarder autrement et à se laisser guider par les histoires des hommes et des femmes qui ont trouvé ici leur refuge ou leur source d’inspiration.
Au départ de Sens direction Villeneuve-sur-Yonne (17 km) via la D606 et D72.
Villeneuve-sur-Yonne : dans les pas de Leslie Caron
À Villeneuve-sur-Yonne flotte encore le souvenir élégant de Leslie Caron. Ce village où Leslie Caron actrices françaises connue et reconnue dans le monde entier, naviguant entre Londres, Paris et Villeneuve-sur-Yonne, a acheté une maison et ouvert un restaurant cosy La Lucarne aux chouettes. Qu’est-ce qu'il l'a poussé à ouvrir cet endroit ?... Danseuse, comédienne, on retiendra notamment sa participation aux côtés de Gene Kelly dans « Un américain à Paris » en 1951.
En flânant le long des quais de l’Yonne ou dans les rues bordées de maisons anciennes, on comprend facilement l’attachement qu’elle a pu ressentir pour cette ville à taille humaine. Le rythme y est doux. Les façades se reflètent dans les eaux calmes de la rivière. Les terrasses invitent à prendre le temps. Cette atmosphère paisible résume parfaitement l’esprit de la Route des Artistes Inspirés : découvrir des lieux où l’art de vivre nourrit naturellement la création.
Direction Joigny via la D606 et D959 (34 km) pour rencontrer Jean-Michel Lorain et La Côte Saint-Jacques une affaire de famille. Depuis plusieurs générations, cette maison contribue au rayonnement gastronomique de la Bourgogne. Dans l’Yonne, l’inspiration passe aussi par les plaisirs de la table.
Joigny : l’art de la gastronomie comme expression culturelle
Jean-Michel Lorain reprend la tête de la petite pension de famille créée par sa mère à la fin des années 50. En 1971, sa cuisine très personnelle est récompensé d’une première étoile au guide Michelin, la seconde lui sera octroyée cinq ans plus tard... Puis, trois ! La création artistique ne se limite pas aux musées ou aux bibliothèques. Une grande cuisine raconte elle aussi une histoire. Elle met en scène un terroir, révèle des saveurs oubliées et transforme des produits simples en émotions durables. Face à la vallée de l’Yonne, Joigny offre ainsi une parenthèse gourmande qui complète parfaitement cette immersion culturelle.
Continuez vers Laduz via la D31 (49 km) pour visiter le Musée des arts populaires de Laduz créé par Jacqueline Humbert.
Laduz : la mémoire du monde rural sublimée
Le village de Laduz réserve une surprise aussi émouvante qu’inattendue. La première partie du Musée ouvre ses portes en 1986. La tâche est immense, d’autres bâtiments seront aménagés au fur et à mesure. Aujourd’hui l’incroyable Musée des arts populaires de Laduz réunit plus de 100 000 objets.
Métiers des artisans, outils, saboterie, poterie, grès, jouets populaires, manège de bois, sculpture sur bois, atelier de chevaux de bois… Aujourd’hui, Jacqueline veille sur l’oeuvre de son mari et présente depuis 2001 des expositions temporaires d’Art textile/papier contemporain.
Jacqueline et Raymond Humbert se sont rencontrés aux Beaux-Arts de Paris, en 1958, Jacqueline et Raymond Humbert accumulent une multitude d’objets, véritables coups de coeur, témoins d’une époque révolue. Ils ne cessent de parcourir la France à la recherche d'objets qui les touchent, sur les foires à la brocante, les dépotoirs, les vide-greniers, chez les ferrailleurs ou dans des ateliers d’anciens artisans tombés dans l’oubli.
En 1969, ils s’installent à Laduz, dans l’Yonne où Raymond pratiquera la peinture jusqu’à sa mort en 1990, quasiment dans l’anonymat. Sa peinture, c’était sa respiration nécessaire, il faisait corps avec la nature, non dans le but de la représenter mais de la ressentir, au gré des saisons, mêlant graphisme vigoureux et éclatement coloré.
Après la visite de ce Musée des arts populaires de Laduz, prenez la direction Dicy via D89 et D943 (77 km) pour explorer La Fabuloserie.
La Fabuloserie : quand l’imagination n’a plus de limites
En Puisaye, un lieu défie toutes les classifications. La Fabuloserie est l’un des sites les plus surprenants de Bourgogne. Dédiée à l’art brut et aux créateurs autodidactes, elle célèbre l’imagination sous toutes ses formes. C’est un lieu où des bricoleurs de rêves nous surprennent et nous émeuvent avec des morceaux de métal peints animés par des moteurs de machines à laver, des poupées de collants synthétiques, ou encore des Turbulents, figures de Carnaval conçues en papier mâché et objets détournés.
Ici, des sculptures mécaniques côtoient des personnages fantastiques. Des œuvres insolites surgissent dans un jardin peuplé de rêves. Chaque salle provoque l’étonnement. On découvre des artistes qui n’ont suivi aucune école, mais qui ont créé par nécessité intérieure, guidés uniquement par leur imagination. Cette visite rappelle que l’art n’a pas besoin de règles pour exister. Il suffit parfois d’une étincelle, d’une émotion ou d’un regard différent sur le monde.
Un lieu unique dédié à l’art brut, pur fruit de l’imaginaire, que Caroline Bourbonnais fait vivre et s’agrandir depuis la mort de son mari Alain en 1988. Alain Bourbonnais, architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, aimait tout ce qui est insolite, anticonformiste mais authentique et vrai. Il collectionne et présente dès 1983, avec l’aide de sa femme Caroline, dans leur maison de campagne à Dicy, les œuvres de créateurs qui ne sortent pas des écoles d’art. Ils sont simplement facteur, maçon, agriculteur, ou encore garçon vacher.
A la suite de cette visite hors-les-normes, poursuivez votre chemin vers le château de Saint-Fargeau via D18 et D950 (115 km). Au détour des forêts de Puisaye apparaît l’imposante silhouette du château de Saint-Fargeau.
Saint-Fargeau : l’univers romanesque de Jean d’Ormesson
Le village de Saint-Fargeau, recèle un trésor que beaucoup tentent, année après année de restaurer, de préserver. Le château de Saint-Fargeau est l'un de ceux qui impressionnent le visiteur avant même qu'il n'ait franchi ses murs. Ses briques roses, ses tours majestueuses et son histoire millénaire en font l’un des monuments les plus fascinants de l’Yonne.
Mais ce lieu évoque aussi un autre nom : celui de Jean d’Ormesson. Imposant, gracieux, le château de Saint-Fargeau est la mémoire de plus de dix siècles, il fut propriété de la famille de Jean d’Ormesson jusqu’en 1967. Il y passa une grande partie de son enfance. Nostalgique de n’avoir pu garder l’édifice faute de pouvoir l’entretenir, l’académicien écrira Au plaisir de Dieu en 1980, un roman qui raconte la décadence d’une famille aristocratique, de l'affaire Dreyfus aux années 60.
En 1977 et 1978, le récit est adapté pour la télévision par Robert Mazoyer, sous le même titre. Une saga en 10 épisodes tournée… au château de Saint-Fargeau.
Prenez la direction de Treigny pour visiter le château de Ratilly via D185 (131 km). Nichée discrètement au coeur des sous-bois de Treigny, cette véritable forteresse médiévale en pierres ferrugineuses surgit au débouché d’un petit chemin de terre.
Ratilly : le royaume du grès et de la création
Cette forteresse médiévale est devenue, grâce à Jeanne et Norbert Pierlot, l’un des hauts lieux de la céramique française. Tombés amoureux du château de Ratilly au hasard d’une promenade, en 1951, Jeanne et Norbert Pierlot vont quitter Paris et leurs prometteuses carrières, lui est comédien, elle chanteuse et musicienne. Ils rachètent le château, le restaurent et tournent le grès de Puisaye. Peu à peu, les Pierlot vont faire de Ratilly un haut lieu du renouveau du grès en exposant leurs pièces et celles de nombreux céramistes de l’époque comme Georges Jouve, Shoji Hamada. En parallèle, ils organisent stages de poterie, expositions prestigieuses, concerts et spectacles.
En 1976, le Musée des Arts décoratifs consacre une exposition à l’activité exceptionnelle du château de Ratilly. Petit à petit, Norbert Pierlot fait évoluer ses poteries utilitaires vers des oeuvres massives, véritables sculptures. La Puisaye possède depuis longtemps une relation particulière avec la terre. Ici, les argiles abondantes ont favorisé l’émergence d’une tradition potière exceptionnelle. À Ratilly, cette tradition se transforme en aventure artistique. Les ateliers, les expositions, les concerts et les rencontres font vivre le château au rythme de la création contemporaine. L’endroit possède une atmosphère rare, où patrimoine et innovation dialoguent naturellement.
Votre prochaine destination sera Saint-Sauveur-en-Puisaye D66 et D955 (142 km) où Colette est née. Elle n’aura de cesse de chanter cette Puisaye où elle vécu une enfance heureuse et libre.
Saint-Sauveur-en-Puisaye : l’enfance éternelle de Colette
Peu de lieux en France sont aussi intimement liés à un écrivain que Saint-Sauveur-en-Puisaye l’est à Colette. Née ici en 1873, l’auteure n’a jamais cessé de célébrer les paysages de son enfance. Les jardins, les bois, les chemins creux et les saisons de Puisaye irriguent toute son œuvre.
Visitez le Musée Colette, géré par le Conseil Départemental de l'Yonne et la mairie de Saint-Sauveur-en-Puisaye, installé dans le château de la ville, sous le formidable donjon du XIe siècle dit Tour sarrazine. Une muséographie inventive et subtile met en scène meubles, objets de l’écrivain et reconstitution de son appartement au Palais Royal. Elle accompagne le visiteur par la voix et « les regards de Colette », lui offre un vrai musée littéraire où découvrir l’œuvre et la personnalité de l’un des plus grands écrivains français.
Mais le véritable musée est peut-être à l’extérieur. Il suffit de parcourir les chemins alentour pour retrouver les sensations décrites dans ses livres : l’odeur des feuilles humides, la lumière traversant les branches, le chant des oiseaux dans les haies bocagères. L’esprit de Colette semble encore habiter chaque recoin du paysage.
A Tremblay visiter le Centre Régional d’Art Contemporain du Tremblay via la D85 et D1 (152 km). Dans le cadre d'une gentilhommière du XVIIe siècle, le Centre présente chaque année des expositions temporaires d'art contemporain. Originaire d’Auxerre où il est né en 1920, Fernand Rolland exercera quantité de métiers avant de se consacrer totalement à l’art. À la fin des années cinquante, il fonde avec Jean-Louis Vetter, le Centre régional d’art contemporain du Tremblay où les artistes se succèdent : Alechinsky, Poliakoff, Mathieu, Nikki de Saint Phalle, Soulages, Jean Dubuffet, Armand Avril...
M'an Jeanne, la mère de Jean-Louis Vetter, vit près d’eux. Un jour, les deux hommes trouvent un dessin au pastel, le croyant issue de la main d’une petit fille. Mais, ces petits objets naïfs représentés viennent tout droit de l’imagination de M'an Jeanne, qui a alors 70 ans. Pendant les trois dernières années de sa vie, elle créera d'une manière très personnelle, de merveilleux petits tableaux au pastel gras qui attirèrent médias et visiteurs de la France entière.
Prolongez votre circuit vers le Centre d’art graphique de la Métairie Bruyère via D3 (171 km) à Parly. Le centre se veut un carrefour de création pluridisciplinaire accueillant artistes et écrivains du monde entier autour des techniques de la gravure, de la lithographie et de la typographie à l’ancienne. Un parcours à travers les ateliers permet de suivre les étapes de réalisation d’un livre d’artiste, d’une estampe contemporaine. Robert Dutrou était imprimeur-graveur. Son métier, il l’a appris aux côtés de Picasso, Braque, Chagall et Matisse avant d’intégrer la fondation Maeght où il devint le graveur attitré de Miro. En 1980, Lydie et Robert Dutrou s’installent dans la demeure poyaudine qu’ils viennent d’acquérir à côté de Parly, dans l’Yonne, et créent l’un des hauts lieux culturels de l’Yonne.
Direction Auxerre via la D965 ( 194 km) pour finir la première étape de cette route touristique des artistes inspirés.
Auxerre et les chemins de Rétif de la Bretonne
La route conduit ensuite à Auxerre, capitale culturelle du département. Ville d’Art et d’Histoire, elle offre un décor remarquable de maisons à pans de bois, d’églises anciennes et de ruelles médiévales. Nous vous proposons de parcourir le sentier de randonnée "Rétif de la Bretonne".
Le GRP ® de Rétif de la Bretonne, déroule son parcours dans un secteur géographique au sud-est d'Auxerre, délimité par les villes et villages de Vermenton, Sacy, Lichères-près-Aigremont, Préhy, Courgis, Auxerre, Saint-Bris-le-Vineux, Saint-Cyr-les-Colons. D'une longueur avoisinant les 70 km, il emprunte les chemins que l'écrivain local parcourut, depuis la fin de son enfance à Sacy, et successivement à Courgis puis à Auxerre. Marcher sur ces chemins, c’est voyager à travers le temps autant qu’à travers l’espace.
Fin de la première étape de ce circuit
Vézelay : l’inspiration au sommet
Pour cette deuxième étape départ de la ville d'Auxerre vers le Vézelay via la D606 (51 km). Face aux monts du Morvan, au sommet d’une colline escarpée, Vézelay et la basilique Sainte-Madeleine, veille majestueusement sur les maisons vigneronnes et les demeures Renaissance. Ce chef d’œuvre de l’art roman restaurée au XIXe S par Viollet-le-Duc, fait de Vézelay un haut lieu de pèlerinage et un point de départ vers Compostelle.
Visitez la maison Jules Roy au pied de la basilique Sainte-Madeleine, dernière demeure de l’écrivain de Jules Roy, acquise par le Conseil Départemental de l’Yonne. Aujourd’hui maison d’écrivain, lieu de culture et de mémoire, elle accueille des écrivains en résidence. Le bureau de l’écrivain, laissé en l’état, et le parc de la propriété sont ouverts à la visite
Né en Algérie, Jules Roy fut l’un des premiers intellectuels à dénoncer les erreurs et les abus commis de l’autre côté de la Méditerranée au cours du conflit qui opposait algériens et français. Colonel d’aviation, il démissionne de l’armée avec fracas pour protester contre les bombardements effectués par la France en Indochine, et se consacre dès lors exclusivement à l’écriture. Son œuvre est particulièrement importante.
Puis, explorer le musée Zervos - Maison Romain Rolland. Ouverts en mars 2006, avec l’aide du Conseil Départemental de l’Yonne, le musée ouvre ses portes dans l’ancienne maison de Romain Rolland. Les Zervos se sont toujours effacés devant les œuvres qu’ils appréciaient.
L’accrochage du musée respecte cette honorable attitude en présentant, en harmonie avec l’espace et la lumière de la maison, des œuvres d’artistes qui ont fait l’histoire de l’art moderne : Léger, Laurens, Giacometti, Calder, Miró, Picasso, Victor-Brauner, Hélion et quelques autres. Dans une salle du musée, la chambre-cabinet de Romain Rolland a été conservée et constitue un lieu de mémoire.
Originaire de Clamecy dans la Nièvre, où il naît en 1866, Romain Rolland, passionné d’art et de musique classique, rechercha toute sa vie un moyen de communion entre les hommes. À partir de 1938, il vit à Vézelay où il rencontre Yvonne et Christian Zervos. Yvonne et Christian Zervos ont donné à voir à travers des ouvrages ou des expositions, les artistes de leur époque.
Avant de partir de Vézelay passer à Chamoux au Cardo Land. Dans un parc forestier de 10 hectares, Cardo, a laissé libre cours à son imagination : une lagune et sa faune, de nombreux dinosauriens, des rhinocéros de Merck, le grand stégosaure, des tigres à dents de sabre, des ours des cavernes, des oiseaux, un diplodocus de vingt mètres de long et l'homme de Cro-Magnon, tous "grandeur nature".
Itinéraire particulier que celui de Cardo. À l’âge de cinq ans, il tourne dans un film dont Gaby Morlay était la vedette. Passionné par les animaux, il s’installe en 1982 à Chamoux, prè de Vézelay, et crée un parc préhistorique imaginaire, Cardoland.
Direction Saint-Père-sous-Vézelay via D957 et D958 (54 km) pour une pause à L'Espérance créé par Marc Meneau dans une ancienne maison de maître, avec près d’un hectare de jardins. Au fil des années, les étoiles et les bonnes notes s'enchaînent, pour faire du restaurant une des meilleures tables de France.
Attaché au terroir, Marc Meneau plante 16 hectares de vignes et contribue au renouveau du vignoble de Vézelay. Malgré des soucis financiers en 2007, l'Espérance reste néanmoins un exceptionnel établissement où Marc Meneau officie avec un talent et une créativité sans limite.
Direction Avallon, via D957 (68 km) pour visiter le Musée de l'Avallonnais. Des générations d’érudits locaux, collectionneurs et donateurs, souvent engagés dans la politique pour la République, ont rassemblé des objets d’un grand intérêt historique et ethnographique et créé le musée en 1862.
L’Histoire de l’Avallonnais de Jean Desprès est dessinée par ces collections variées et les créations des sculpteurs Loiseau-Bailly, Vigoureux et de l’orfèvre Desprès. Une salle lui est intégralement dédiée : bijoux, objets utilitaires mais aussi art religieux. Arrivé très jeune à Avallon, Jean Desprès en deviendra une des figures locales.
Remonter vers Noyers-sur-Serein par la D944 et D49 (101 km) pour chantonner des airs de Charles-Louis Pothier. Son nom ne vous dit peut-être rien mais vous connaissez certainement les oeuvres de ce compositeur – parolier qui de 1903 à sa mort en 1962, passe de longs séjours à Noyers-sur-Serein dans la maison devenue l’hôtel de la Vieille Tour. La plus connue de ses chansons fut interprétée par Fernandel : "Félicie aussi".
Visiter le Musée de Noyers-sur-Serein, du musée cantonal créé après 1870, il reste un original cabinet de curiosités. En 1990, le musée reçoit du peintre Yankel, l'une des plus belles collections d'art naïf de France. D'autres peintres qui ont séjourné dans le Tonnerrois, ont déposé leurs oeuvres au musée tels les africanistes Hélène Farey et Roger Nivelt.
Le peintre et critique d'art, Yvon Taillandier a fait don d'une collection de petits objets populaires de divers pays commencée par Jacqueline Selz, amie des Surréalistes. Cet ensemble constitue un lien privilégié entre la collection d'art naïf et le mouvement surréaliste, qui fit connaître les arts "hors normes".
Né à la Ruche, passage Danzig à Paris, Yankel est un enfant de la balle, le fils du peintre Kikoine, une figue emblématique des peintres de l’École de Paris. Kikoïne venait dans les années 1930 avec ses amis Soutine et Kremègne dans la vallée du Serein… En 1990, Yankel lègue une partie de sa collection d’art naïf au Musée de Noyers-sur-Serein.
Direction Tonnerre, puis le château de Tanlay via la D965 et D86 (130 km) où sesitue le Centre d’art de l’Yonne. Chaque année à la belle saison, le Centre d’art de l’Yonne présente notamment, dans les communs du château de Tanlay, un importante exposition d’art contemporain.
Le Centre d'art de l'Yonne a pour objectif le développement de l'art contemporain dans le département. Dirigé par Jacques Py, le centre est à la fois lieu de ressource, centre de documentation, organisateur d’expositions, d’ateliers pédagogiques et de conférences. Il propose également des aides à la création, un service éducatif et un service des publics.
Fin de deuxième étape de la route des artistes inspirés.
Retour possible vers Sens par la D905 (211 km).