Augerville-la-Rivière : le point de départ, entre élégance et ruralité
Notre voyage commence à Augerville-la-Rivière (km 0), dans la vallée de l’Essonne et de la Rimarde. Le village est un écrin de tranquillité, dominé par le château d’Augerville, superbe demeure du XVIIᵉ siècle aujourd’hui dédiée à l’art du golf. Ses façades claires, ses douves, ses jardins soignés composent une atmosphère raffinée, presque aristocratique. On y ressent déjà cette alliance si particulière du Loiret : la nature omniprésente, mais toujours accompagnée d’un patrimoine élégant.
L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, sobre et ancienne, complète cette première étape. Puis la route s’échappe vers La Neuville-sur-Essonne via la D25 et D26 (11 km), où la ruralité s’affirme : maisons traditionnelles, champs modelés par l’agriculture, silhouettes d’églises romanes qui semblent veiller sur les vallées depuis des siècles.
La Neuville-sur-Essonne : un décor roman et des vestiges médiévaux
Dans ce village de La Neuville-sur-Essonne, l’église Saint-Amand Saint-Sulpice, vieille de près de mille ans, attire le regard. Sa nef rectangulaire, son clocher appuyé contre la façade sud, son portail roman préservé malgré l’effondrement de la toiture en 1921 : tout ici respire l’histoire.
Face à l’église, des vestiges médiévaux du XIVᵉ siècle intriguent. Un village sans église et sans château n'est plus tout-à-fait un vrai village. A de La Neuville-sur-Essonne la question ne se pose pas. Bien que sa trace ait été perdue, il est fait mention dès le XVIIIème siècle d'une tour de Grèz qui dépendait de Nemours. En en face de l'Eglise, des vestiges médiévaux du XIVème siècle sont encore visibles.
Ces fragments architecturaux sont-ils ceux d'un petit château fort ou bien ceux de la maison des Templiers dont parle Dom Morin, un moine écrivain du XVIIIème siècle de l'Abbaye de Ferrières en Gâtinais ? Si vous prenez la peine de monter un peu sur les flancs de la vallée, vous découvrirez d'agréables panoramas.
En montant sur les flancs de la vallée, de beaux panoramas s’ouvrent : champs arrondis, bosquets, silhouettes de villages. Le Loiret se dévoile dans sa simplicité lumineuse.
Boynes : capitale historique du safran
Continuez vers Boynes via la D25 (19 km) capitale européenne du safran jusqu'au début du XXe siècle. Le château de Mousseaux, aujourd'hui disparu, était situé sur la commune de Boynes. Il fut la résidence de Pierre Étienne Bourgeois de Boynes, secrétaire d'État à la Marine de Louis XV. Visiter l'église Saint-Pierre, constituée d'une simple nef avec deux collatéraux et un clocher surplombant l'entrée principale. Vous trouverez des maisons anciennes dans le centre de Boynes.
Ne manquez pas de visiter le musée du Safran, ce musée vous propose de percer tous les secrets de "l'or rouge" qui a fait la réputation du Gâtinais pendant plusieurs siècles. Épice raffinée, appréciée pour ses usages multiples et ô combien recherchée, le safran y fut implanté dès le Moyen Âge.
Yèvre-le-Châtel : un des plus beaux villages de France
Après votre visite épicé, remontez vers Yèvre-le-Châtel via la D950 et la D523 et la rue de Montberneaume (26 km) village classé : "plus beau village de France". Commencez votre promenade par le château de Yèvre-le-Châtel. Cette forteresse fut pendant la Guerre de Cent ans, avec Montargis, la seule place forte, au nord de la Loire, a n'être jamais tombée ni aux mains des anglais, ni des Bourguignons.
Récemment restaurée, la forteresse de Yèvre-le-Châtel constitue l'un des principaux sites touristiques du Loiret. Construite sous Philippe Auguste, au début du XIIIe siècle, elle s'élance, massive et imposante, derrière son châtelet d'entrée, ses fossés de 10 m de large et ses remparts de plus de 3 m d'épaisseur…
En contrebas, vous aimerez flâner dans ses ruelles toujours fleuries pour découvrir la basse cour et ses belles maisons en pierre et ses églises Saint-Gault et Saint-Lubin qu'admirait Victor Hugo. Une étape d'un charme fou à faire absolument à la belle saison où la campagne alentour se pare de mille couleurs.
Pithiviers : patrimoine, gourmandises et mémoire
Poursuivez vers Pithiviers via D123 et la rue Yèvre (33 km). Pithiviers a accueilli un camp de prisonniers tristement célèbre durant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, Pithiviers est principalement tournée vers le tourisme, à travers un patrimoine culturel et architectural intéressant, mais également grâce à son importante tradition culinaire.
Les spécialités gastronomiques ne manquent pas en effet, avec le pâté d'alouettes, le fromage Bondaroy au foin, les biscuits secs appelés croquignoles, et le plus célèbre, le Pithiviers. Ce dernier est un gâteau de pâte feuilletée délicatement fourré à la crème d'amande.
Pithiviers possède un intéressant patrimoine qui attire des visiteurs de toute la France, il ne manque pas de charme et d'atout pour attirer les touriste et leur permettre de découvrir les merveilles du Loiret.
En flanant dans Pithiviers, il vous sera possible d'apprécier de très beaux monuments comme le château de l'Ardoise dont l'élévation, la toiture et le bâtiment sont inscrits à l'inventaire des Monuments Historiques ou encore les vestiges de la collégiale Saint-Salomon-et-Saint-Grégoire construite au XIe siècle. Vous pourrez apprécier des décorations Renaissance et classique ainsi qu'une belle structure gothique.
Intéressant aussi pour une visite, le musée des transports de Pithiviers, il propose d'admirer plusieurs locomotives à vapeur ainsi que des traces de la ligne de tramway de Pithiviers à Toury. L'abbaye de Saint-Pierre, une abbaye cistercienne de 1080 et le château de Bellecour du XVIIe siècle sont également des sites incontournables à Pithiviers.
Ne manquez pas, le jardin de roses anciennes André-Eve, créé en 1998, est une vraie merveille naturelle. Une étape de la route touristique : "Au fil de la Rose".
Pithiviers-le-Vieil : roses anciennes et thermes gallo-romains
Passez par Pithiviers-le-Vieil par la D2152 et D927 (39 km). Commencez votre balade par le site gallo-romain : des thermes du IIIe siècle et où huit fana ont été répertoriés. Puis, après avoir admirer l'église Saint-Gervais-et-Saint-Protais, allez découvrir dans un jardin une autre spécialité du Loiret, les roses anciennes d'André Eve, associées ici à une collection de plantes vivaces.
Ce site d’un patrimoine botanique d’exception continue d’offrir le reflet d’une biodiversité rare, et permet des échanges sociaux, une plate forme d’échange, de rencontre, de formation, tout en conservant sa vocation d’invitation à la flânerie au milieu des roses, l’incitation au rêve et à savourer la poésie du lieu…
Chilleurs-aux-Bois : moulins disparus et château Renaissance
A la limite nord de la forêt d'Orléans, votre chemin passera à Chilleurs-aux-Bois via la D2152 (52 km). Chilleurs-aux-Bois s'étend sur Ses terres boisées ou défrichées depuis deux millénaires sont drainées par l'Oeuf, qui est géographiquement reconnu comme le cours supérieur de l'Essonne, un modeste affluent de la Seine.
Six lieux-dits perpétuent le souvenir de moulins à vent disparus. Le dernier moulin construit en 1830 écrasa le grain jusqu'en 1939, date de sa démolition. Vous pouvez visiter l'église Saint-Pierre et le château de la Saussaye ou Chaussaye. Le château de Chamerolles de style Renaissance, racheté et rénové par le conseil général du Loiret entre 1987 et 1992, héberge un musée des Parfums.
Un château tout en élégance et en préciosité, richement meublé, paré de magnifiques atours, voici une demeure digne d’une femme de cour. Dans cet écrin Renaissance aux magnifiques jardins, on parle fragrances, hygiène et beauté !
Ingrannes : une église surprenante et un arboretum exceptionnel
Dirigez-vous vers Ingrannes via la D109 et D921 (68 km), Ingrannes était traversé par la voie romaine de Sens à Orléans, encore appelée chemin de César. Arrêtez-vous à l'église Saint-Médard, la façade nous surprend : deux pignons, l’un percé d’un porche roman, l’autre d’une fenêtre gothique. Si vous faites le tour de l’édifice, vous trouvez à l’extrémité orientale, trois absides. La vue du chevet de l’église est admirable.
Vous ne pouvez pas ne pas la trouver, sa flèche élancée domine le village. En approchant vous serez surpris de la découvrir en dehors du bourg, à la limite des champs, au centre d’une vaste place, entourée par une ceinture d’arbres. L’église se dresse au milieu d’un grand espace de silence. Comme beaucoup d’églises, elle fût, jusqu’en 1920, entourée du cimetière.
Une insoupçonnable oasis vous attend près d'Ingrannes. La réserve naturelle régionale des Grandes Bruyères, créée le 11 octobre 1979 au sein de l'arboretum du même nom.
Niché au coeur de la forêt d’Orléans, ce conservatoire botanique exprime toute sa beauté à travers quatre collections nationales : chênes, cornouillers, conifères et magnolias. Inoubliable flânerie dans un jardin d’inspiration entre esthétisme et exotisme. En fin de parcours, vous découvrez enfin un potager, où sont élevés les différents arbres et arbustes nés à l’Arboretum.
Combreux : étang, loisirs et château néo-médiéval
Nous vous proposons en option une petite pause bucolique à l’étang de la vallée et sa base de loisirs de Combreux via la D149 et D9 (80 km). Profiter de cette halte pour admirer le château de Combreux, reconstruit sur un édifice du XVIe siècle entre 1887 et 1905 dans un style néo-médiéval, puis l’église Saint-Pierre du XIXe siècle.
Saint-Benoît-sur-Loire : un chef-d’œuvre de l’art roman
Votre escapade touristique vous emmène Saint-Benoît-sur-Loire situé dans une courbe de la Loire par la D10 et D952 (103 km). Ville étape située sur la route historique de la Vallée des Rois.
Visible de loin, visiter l'abbaye bénédictine de Fleury, elle témoigne de l'épanouissement de l'art roman aux XIe, XIIe et XIIIe siècles. La construction de cet édifice est centrée autour du corps de Saint-Benoît dont les reliques rapportées du Mont Cassin par des moines bénédictins constituent la pierre de fondation. En pénétrant dans le clocher porche qui précède la nef, douze chapiteaux historiés vous dévoileront les joyaux de l'art roman, une entrée en matière étonnante.
Germigny-des-Prés : un trésor carolingien unique en France
Continuez vers Germigny-des-Prés via la D60 (110 km), la commune est située sur plusieurs grands circuits touristiques : la route de la vallée des rois de Briare à Saumur ; la route des hauts dignitaires de la Seine à la Loire ; la Loire à vélo.
Germigny-des-Prés est particulièrement connu des historiens et des archéologues pour posséder l'une des plus anciennes églises de France, rare exemple du style architectural carolingien. Il a été érigé par Théodulfe, proche conseiller de Charlemagne pour servir de lieu de culte à sa luxueuse villa.
Abrité par un bosquet de tamaris, cet oratoire carolingien est un sanctuaire chrétien des plus remarquables. Une mosaïque en cul-de-four du IXe siècle représentant l’Arche d’Alliance orne le cœur de l’édifice. Un petit chef d’œuvre à voir absolument.
Ouzouer-sur-Loire, Châtenoy et les jardins des Rondeaux
Traverser Ouzouer-sur-Loire en suivant la Loire via la D60 et D119 (131 km) pour la prochaine étape de cette route touristique à travers le Loiret. En remontant la D952 et la D948 (152 km), vous arriverez à Châtenoy.
Admirer le château de la Rivière, depuis Châtenoy, le château est accessible via la route de Lorris puis la route des Mariniers situées à proximité de la route départementale 948. Le château a probablement été construit sur l'emplacement d'un ancien château médiéval. Il est composé d'un donjon carré de deux étages et d'un corps de bâtiment, et il est entouré de douves.
Les communs, les écuries et le colombier sont au-delà des douves, ses façades sont en briques roses. Nicolas de Harlay de Sancy (1546-1629), politicien et diplomate français, grand dignitaire de la cour des rois de France Henri III et Henri IV, fait bâtir le château dès la fin du XVIe siècle.
Flanez au jardin des Rondeaux, un jardin paysager de 7500 m2, planté de végétaux peu courants dans un cadre naturel avec potager. Hydrangéa paniculata, Cornouilliers d'Asie - d'Amérique et Européen, Virurnum, Marronniers nains, Sterwartia, Magnolia. Plantes : Ligulaire, Hosta, Aster, Fougères etc...
Belvédère des Caillettes : la plus belle vue de la forêt d’Orléans
L'itinéraire passera par Combreux, puis le belvedère des caillettes via la D137 (168 km). Il vous faudra affûter vos mollets pour gagner la plus belle vue panoramique de la forêt d’Orléans. Le petit matin est le moment idéal pour s’enfoncer dans la forêt et y découvrir ce gigantesque mécano de bois de 48 tonnes, composé de 220 modules assemblés en bois de chêne et pin.
150 marches plus tard et 24 mètres plus haut, on y découvre une vue imprenable sur tout le massif environnant : châtaigniers, érables, chênes, frênes, pins sylvestres et laricio de Corse… Tout en haut, sur la plate-forme supérieure, une table d’orientation vous guide dans la lecture du paysage et répond aux questions que vous vous posez sur la forêt et les espèces animales et végétales qui la composent.
À la clé : un océan vert des plus belles essences de la région dans une atmosphère parfois proche des canopées tropicales.
Nibelle : châteaux de transition et atmosphère paisible
Dernière étape de votre circuit touristique, Nibelle via la rue de la cave (173 km). Surtout ne manquez pas d'admirer le château du Hallier situé à l’écart du bourg, construit par Charles de l’Hospital en 1544. C'est une propriété privée qui ne se visite que de l’extérieur. Le château a été bâti entre le Moyen Âge et la Renaissance. Avec ses courtines de brique et pierre, il est cantonné de dix grosses tours. C'est un exemple de demeure de transition entre le château fort et la résidence de plaisance.
A voir aussi le château de Flottin, les vestiges du château de la Guette, l'ancien prieuré de Flottin tombé en ruine, l’église Saint-Sauveur...
Retour vers Pithivier par la D30 et D921.
Une route pour tous les voyageurs
La Route à travers le Loiret peut se parcourir : en voiture, à moto, en camping-car, en autocar, à vélo. Elle offre des paysages variés, des sites majeurs, des villages charmants, des jardins, des châteaux, des musées, des panoramas. C’est une route idéale pour les familles, les couples, les passionnés d’histoire, les amoureux de la nature, les gourmands, les photographes.
Le Loiret, une destination qui se vit autant qu'elle se visite
La Route à travers le Loiret offre bien davantage qu'un simple parcours touristique. Elle raconte une terre façonnée par les hommes et par les fleuves, où la Loire demeure le fil conducteur d'un patrimoine exceptionnel. Elle traverse des paysages agricoles d'une grande douceur, longe des canaux chargés d'histoire, pénètre dans l'immensité de la forêt d'Orléans et conduit vers des villages dont les pierres semblent conserver intacte la mémoire des siècles.
Elle permet de découvrir des sites prestigieux, comme Yèvre-le-Châtel, Germigny-des-Prés ou Pithiviers, mais aussi une multitude de lieux plus confidentiels qui font toute la richesse du département. Elle invite à rencontrer des artisans passionnés, à savourer les produits du terroir, à emprunter les chemins de halage, à écouter le silence des sous-bois ou simplement à contempler les reflets du soleil sur les eaux de la Loire.
Dans un monde où tout semble aller toujours plus vite, le Loiret rappelle que le véritable luxe réside peut-être dans le temps que l'on s'accorde pour découvrir un territoire en profondeur.
Prendre une route secondaire plutôt que l'autoroute. S'arrêter dans un village sans programme précis. Entrer dans une église dont la porte est restée ouverte. Observer un pêcheur installé sur la rive. Échanger quelques mots avec un producteur. Respirer l'odeur des sous-bois après une pluie d'été. Goûter une pâtisserie encore tiède dans une boulangerie artisanale.
Ce sont ces instants, simples en apparence, qui composent les plus beaux souvenirs de voyage.
Le Loiret ne cherche jamais à impressionner par des effets spectaculaires. Il préfère séduire avec délicatesse, révélant peu à peu ses paysages, son patrimoine, ses traditions et son hospitalité. Cette discrétion est sans doute sa plus grande force. Lorsque vient le moment de reprendre la route, une impression demeure : celle d'avoir découvert une France authentique, élégante et profondément attachante. Une France où la nature, l'histoire et les savoir-faire continuent d'écrire, ensemble, un récit vivant.
Et c'est peut-être cela, finalement, le véritable privilège qu'offre cette Route à travers le Loiret : non pas simplement visiter un département, mais prendre le temps de le ressentir, de l'écouter et de le vivre. Car certains voyages s'effacent peu à peu de la mémoire. D'autres, au contraire, continuent longtemps d'habiter ceux qui les ont parcourus. Le Loiret appartient incontestablement à cette seconde catégorie. Il ne se contente pas de se laisser découvrir ; il donne, presque sans que l'on s'en aperçoive, une irrésistible envie d'y revenir.