L’itinéraire part de Montier-en-Der (km 0) où s’érige l’église abbatiale et s’étend sur plus de 60 kilomètres à travers les communes de Droyes, Châtillon-sur-Boué, Outines, Drosnay, Chasséricourt, Joncreuil, Bailly-le-Franc, Chavanges, Villeret, Lentilles, Puellemontier et Ceffonds. Laissez-vous alors surprendre par les sanctuaires à pans de bois, les églises en pierre et les superbes vitraux de l'École Troyenne du XVIe siècle...
L'église de Montier-en-Der est le seul bâtiment subsistant de l'abbaye fondée en 673 par saint Berchaire sur des terres données par Childéric II. L'abbaye a vu sont rayonnement spirituel et matériel atteindre son plus grand développement pendant l'abbatiat d'Adson (960-992). C'est pendant cet abbatiat que la construction de la nef actuelle a commencé. L'église a été consacrée en 998.
Quitter Montier-en-Der pour prendre la direction de Mathaux via la D400 (30 km) située dans le sud de la Champagne, au sein du Parc naturel régional de la forêt d'Orient, en bordure du lac du Temple. Le canal reliant le lac du Temple à l'Aube traverse la commune du sud au nord tandis que le canal reliant le lac du Temple au lac Amance coupe l'extrémité sud de la commune.
A voir l'église Saint-Quentin de Mathaux construite en 1761. L’église de Mathaux est le plus tardif des édifices entièrement en pans de bois de Champagne. Des documents d’archives permettent de la dater avec précision. Dotée d’un transept débordant, l’édifice a la forme d’une croix latine. Le clocher surprend par la masse imposante de sa tour carrée entièrement recouverte d’écailles de bois (essentes) et surmontée d’un étonnant campanile.
Poursuivre vers Longsols via la D61 et D148 (49 km). Longsols est l’une des plus pittoresques églises à pans de bois de Champagne, située un peu à l’écart des vastes forêts de chêne de la Champagne humide. La datation de ses bois révèle qu’elle fut édifiée entre 1483 pour le chœur et 1493 pour la nef.
Eglise Saint-Julien et Saint-Blaise de Longsols avec sa flèche imposante et extrêmement élancée, l’église de Longsols est un édifice majestueux. Son transept important lui donne une forme de croix latine. Cette église de caractère présente également un remarquable travail de charpenterie ainsi qu’un mobilier de grande qualité. Elle abrite plusieurs retables et quelques belles statues.
Votre prochaine étape sur cette route touristique des églises à pans de bois sera Morembert via la D48, D5 et la D441 (61 km) où vous trouverez l'église Saint-Jean-Baptiste. Elle était au doyenné de Margerie et une dépendance de la paroisse de Vaucogne.
L'église Saint-Jean-Baptiste de Morembert est nichée dans un cadre verdoyant et tranquille, ce petit sanctuaire aux dimensions modestes était à l’origine une chapelle seigneuriale. Il est devenu église paroissiale en 1841. Son toit à deux pans est campé d’un court clocher octogonal recouvert d’ardoises, ce qui est rare sur les églises en pans de bois.
Suivra le village de Saint-Léger-sous-Margerie par la D56 (74 km). L'église de Saint-Léger-sous-Margerie était du type de celle de Drosnay, mais des travaux au XVIIIe siècle ont supprimé les trois premières travées des bas-côtés, ce qui lui donne depuis la forme d’une église à transept à l’allure massive.
L’ensemble nef, transept et chœur est enserré dans une seule et même toiture dont émerge un clocher trapu recouvert de tavillons, tavillons recouvrant également la façade et une partie des murs de la nef.
Prendre la direction de Drosnay via la D55 (90 km) situé à proximité du lac du Der-Chantecoq, dans le sud-est de la Marne. Cette partie du territoire est occupée par les bois, les étangs et les Grandes Côtes à 142 m. L'église de Drosnay est caractérisée par une toiture à double versant qui la recouvre en totalité. Elle a été construite à proximité d’une motte castrale.
À l’intérieur se trouve un ensemble des lambris du XVIIIe siècle ainsi que le maître-autel et son retable datés de 1667. Dans une de ses fenêtres, un beau vitrail du XVIe siècle, issu des ateliers de peinture sur verre de la ville de Troyes voisine, représente l’arbre de Jessé, du nom employé pour désigner l’arbre généalogique du Christ.
Nous vous conseillons de suivre la D58 et D57 pour vous rendre à Sainte-Marie-du-Lac-Nuisement (108 km), un peu plus long mais la route est plus plaisante. Sainte-Marie-du-Lac, la bien nommée puisqu'elle se trouve à deux pas du lac du Der. Sainte-Marie-du-Lac-Nuisement se situe au nord du Lac du Der-Chantecoq. La digue est un endroit particulièrement bien situé pour observer les arrivées et les départs des grues en période de migration.
Après le vacarme des gros travaux du grand lac, les larmes des villages enfouis, le bonheur est revenu. En fait, Sainte-Marie-du-lac-Nuisement, n'a pas oublié, mais elle a volé le bonheur au passage, et installé un musée extraordinairement vivant. Ce musée représente des scènes de vie d'antan, les laveuses grandeur nature, les bûcherons au travail, l'église transplantée pierre par pierre, et reconstruite à l'identique, le petit bistro, la cuisine ancienne, les villages perdus sont réalisés en miniature, l'école, le jardin de curé.
L'église Saint-Jean-Baptiste de Nuisement, l’église provient de Nuisement-aux-Bois, village disparu lors de la mise en eau du Lac du Der. Démontée pièces par pièces et réédifiée à l’identique à Sainte-Marie-du-Lac en 1969, elle fait aujourd’hui partie intégrante du village-musée du Pays du Der, aux côtés d’autres bâtiments à colombages et de leurs jardins.
La région fut défrichée dès le Moyen Âge par les moines de Montier-en-Der. Ils creusèrent des étangs et construisirent des moulins.
Le lac du Der (chêne en celte) fut creusé pour éviter les grandes inondations subies par la capitale "Paris" au début du XXe siècle. Le lac était en pourparler depuis des années, cependant, la nécessité d'amputer la belle forêt du Der, associé à la disparition de trois villages révoltaient les Champenois. Maintenant, le plus grand réservoir d'Europe occidentale participe beaucoup au renouveau des villages.
En chapelet, les étangs du Grand Coulon, des Landres et de la Forêt, sont tous pourvus d'observatoire. Plus loin, l'étang d'Outines est une réserve naturelle, vous apercevrez peut-être les milans, les foulques, les grèbes, les hérons, en automne les grues cendrées viennent en nuages tapageurs, les oies, les canards et même les cygnes sauvages.
Votre escapade passera à Châtillon-sur-Broué via la D13 (123 km). Confortablement installée dans le bocage champenois, Châtillon-sur-Broué peut être fière de ses ravissantes maisons à colombages. Son église à pans de bois possède un surprenant clocher carré. Longtemps délaissées, les églises de Champagne sont maintenant très bien restaurées.
L'église de la Nativité-de-la-Vierge de Châtillon-sur-Broué date des XVIe et XVIIe siècles. Elle compte un intéressant clocher à doubles pans, sur portique, et des vitraux du XIXe siècle. Cette église est la seule du circuit à présenter un porche entièrement fermé. Autre originalité, le porche est surmonté d’un clocher trapu, plaqué au pignon de la nef.
Le porche entièrement fermé, unique en son genre, doit son éclairage aux deux larges ouvertures joliment décorées de balustres sculptés. Lorsque l’église est illuminée, l’éclairage intérieur apparaît au travers de ces balustres. Bien que sans bas-côtés, l’édifice présente un volume important, bien éclairé par deux niveaux de fenêtres. A observer, les pans de bois de l’abside formant des croix de Saint-André.
Remontez vers Outines par la D55 (127 km). Le village d'Outines a fait l'objet d'un arrêté de protection le 7 février 1970, pour son habitat traditionnel particulièrement remarquable et bien conservé. Son architecture rurale en pans de bois et torchis typique de la Champagne humide, où la pierre manquait pour la construction, se retrouve aussi bien dans les maisons peu élevées du village que dans l'Église Saint-Nicolas.
Cette église Saint-Nicolas d'Outines classée est la plus grande des églises à pans de bois et l'une des plus spectaculaires. Elle date du milieu du 16ème siècle et possède un porche devant la façade, une flèche élancée, des fenêtres en arcs outrepassés et un Christ en croix datant de la fin du 13ème siècle-début du 14ème. L’église possède également un mobilier original qui s’échelonne sur plusieurs siècles.
Les volumes intérieurs transposent ceux d'une église en pierre : nef, bas-côtés, transept et choeur polygonal ; mais les piliers sont remplacés par des poteaux et les arcs par des poutres horizontales. Elle est équipée d'un système audio pour la visite. L’intérieur est vaste et monumental, garni de poutres massives et de lourds piliers, éclairés par une après-midi ensoleillée par les verrières de la rosace.
Retour vers le département de l'Aube en arrivant sur Bailly-le-Franc via la D655 et D56 (131 km) où se trouve l'église Sainte-Croix-en-son-Exaltation de Bailly-le-Franc. De même type architectural que l’église de Lentilles, mais avec une nef plus courte d’une travée, ce sanctuaire est également dominé par une flèche élancée recouverte d’ardoises.
L’arcade sur pignon, la montée d’escalier et la base du clocher sont recouverts d’écailles de bois (essentes). A observer, les pans de bois formant des croix de Saint-André, qui encadrent les fenêtres hautes. L’intérieur rustique a conservé ses enduits masquant presque tous les colombages. Plus Les sept verrières de l’abside et de la nef, datant du XIXe siècle, portent les noms de leurs généreux donateurs.
Continuer vers Lentilles par la D56 et D2 (143 km). Le petit village de Lentilles, est un des plus beaux exemples des fameuses églises à pans de bois, en Champagne, en vous dévoilant la beauté de l’Eglise Saint Jacques et St Philippe.
L’église Saint-Jacques et Saint-Philippe à Lentilles témoigne du soin apporté aux revêtements de bardeaux sur la façade de son église, et la nouveauté de certains éléments, inconnus encore à l’époque comme son décor losangé au plafond, son oculi ouvert au dessus des baises de son chevet, et son pignon avec sa statue de St Jacques en hauteur, sur la travée centrale du porche.
C'est la plus typique et harmonieuse du circuit avec sa superbe flèche pointue, ses quatre niveaux d’abatson et son revêtement original et unique d’essentes de châtaigniers. Sa construction remonte sans doute à la première moitié du XVIe siècle. L’édifice comporte en plus de son porche sur la façade, un chœur à 5 pans, bordé de 2 sacristies plus récentes, une nef encadrée de collatéraux achevés sur un mur plat.
L’élément le plus surprenant est le plafond continu en lambris admirablement décoré de pattes losangées. Cet ensemble harmonieux donne une impression de finesse avec une haute flèche, qui apporte à cet ensemble toute sa grâce. Les fidèles comme les touristes sont accueillis par St Jacques du haut de son porche. L’équilibre parfait de ses proportions, ses deux toitures séparées, celle de la nef et celle des bas-côtés, ses verrières circulaires en font un édifice remarquable.
A l’intérieur, une luminosité fort agréable est diffusée par les fenêtres hautes encadrées de croix de Saint-André. Observez pendant votre visite les cinq verrières des fenêtres circulaires. Le vitrail de la fenêtre ronde centrale représente le donateur et sa femme. Datant du XVIe siècle, ce vitrail est l’œuvre des ateliers troyens de peinture sur verre.
Poursuivre votre parcours touristique vers Soulaines-Dhuys par la D24 (175 km). À la limite de la Champagne humide argileuse et du Barrois aubois calcaire, le pays de Soulaines est boisé, parsemé d'étangs mais aussi sec et proche du vignoble champenois.
Chaque rue dans Soulaines-Dhuys vous emporte dans un rêve, la rivière Laines, aux ponts et bordures fleuris, traverse la ville. Le plus petit coin ou courette de verdure est une invitation au regard. Les habitants participent à ce conte de fée. Soulaines-Dhuys vous accroche, où parfois les rues sont semée d'intéressantes maisons à colombages.
La chapelle Saint-Jean de Soulaines-Dhuys, bâtie sur un plan rectangulaire, elle en majorité du XVIe siècle, mais son porche fut bâti jusqu'au XVIIIe. Elle a aussi une flèche qui s'élève au centre de l'édifice et des verrières du XVIe siècle. Toute proche de l’église du village, la chapelle SaintJean est le plus petit des édifices en colombages de la région.
Ancienne chapelle d’une maladrerie, l’une de ses particularités réside dans la décoration du porche en façade. Encadrant la porte, la présence de baies ornées de barreaux de bois permettait aux lépreux, restés dehors, de suivre les offices. Sur la voûte du sanctuaire, subsistent les vestiges des séries de motifs réalisés au pochoir : fleur de lys, arabesques encadrant des feuillages et motifs stylisés.
Pour poursuivre la visite, un circuit balisé sillonnant les rues du village s’impose pour découvrir les ponts de bois de la « Venise verte de l’Aube » et les maisons traditionnelles.
Retour vers Montier-en-Der via la D384 (188 km).