Nous vous proposons de retrouver cette tradition tout au long d’un circuit touristique des fontes d'art qui vous fera découvrir un patrimoine industriel aux multiples facettes, des oeuvres mais aussi l’univers des hommes du fer qui développent, aujourd’hui encore, des savoir-faire de pointe dans les domaines de la fonderie, de la forge, de la coutellerie et des instruments chirurgicaux.
Un itinéraire touristique de 76 km à travers 2500 ans de métallurgie, de traditions, de fontes d’art. Aujourd’hui, l’activité minière a disparu mais la métallurgie et les fonderies sont bien vivantes dans le Nord de la Haute-Marne. Des rues de Saint-Dizier à la Vallée de la Blaise, les témoins de cette tradition ne manquent pas.
Votre périple touristique commencera de la ville de Saint-Dizier (km 0). Localisée au nord de la Haute-Marne, aux confins de la Marne et de la Meuse, à près de dix kilomètres du lac du Der-Chantecoq, la ville de Saint-Dizier, ancienne place forte et cité industrielle, invite ses visiteurs à partir à la découverte de ses attraits.
À Saint-Dizier, l’histoire de la métallurgie est très ancienne. Elle connaît son apogée au XIXe siècle quand des artistes célèbres comme Hector Guimard font appel aux fonderies locales pour réaliser leurs créations. L’industrie métallurgique est toujours présente dans la ville.
Un circuit Art nouveau des fontes ornementales : balcons, panneaux de portes…, rythmé par les réalisations de l'architecte Hector Guimard, mais aussi musée municipal, installé dans un ancien hôtel particulier surplombant le joli square Winston Churchill, sont autant de lieux à voir au fil du parcours. Dans le musée se succèdent des collections de beaux-arts, de fontes d'art, d'archéologie, d'ornithologie et d'histoire locale.
La ville est dotée de plusieurs structures culturelles comme le théâtre et Les Fuseaux ainsi qu'un musée. Promenade du Jard et des remparts, ancien château médiéval transformé en sous-préfecture, et un important patrimoine et ses pittoresques « voyottes ».
Après votre flanerie dans Saint-Dizier, prendre la direction de Wassy (18 km) via la D384 et la D2. Wassy surprend par son patrimoine architectural marqué par son histoire et par l’industrie du fer qui s’y est développée très tôt et durablement. Mais c’est surtout le massacre des protestants le 1er mars 1562 qui fait entrer Wassy dans la grande Histoire en plongeant la France dans les guerres de religion.
Le nom de Wassy apparaît pour la première fois en 672 dans une charte de Childéric II à propos de la fondation de l’abbaye de Montier-en-Der. À partir du XIIe siècle, les comtes de Champagne s’implantent, exploitant sans doute les bassins miniers. C’est à cette période que le château, l’église et l’enceinte urbaine sont construits.
Grâce à l’eau, la forêt et surtout le minerai de fer, la métallurgie se développe très tôt à Wassy et dans ses environs jusqu’à atteindre son âge d’or au XIXe siècle. La ville connaîtra alors une expansion importante et verra l’arrivée du chemin de fer et le creusement du canal de la Blaise. Actuellement, la "Fonderie GHM Wassy" et les "Fonderies de Brousseval et Montreuil" perpétuent ce savoir-faire : pièces automobiles, ferroviaires...
La Fonderie des Petits Champs, l'entreprise actuelle (GHM) occupe l'emplacement de la première forge industrielle de France. Les premiers éléments du site industriel datent du milieu du XIXe siècle. Le haut fourneau fut édifié vers 1849 sur l'emplacement d'une ancienne forge à bras que le comte de Champagne céda à l'abbaye de Clairvaux en 1157.
L'anciennes mines de fer de Wassy, alors que l'extraction du minerai de fer à Pont Varin est très ancienne, c'est à partir de 1870 que de véritables infrastructures industrielles y sont installées par Zénon Laduron et Cie. La Société des mines de fer de Wassy et de la Blaise est créée en 1875, la Compagnie des forges de Champagne en 1881. En 1895, 400 mineurs travaillent sur le site dont les activités cesseront vers 1922.
A voir le site métallurgique datant du Moyen âge (privé) ; fontes remarquables dans les promenades et "digue des Leschères" qui alimentait le canal et permettait d’évacuer le minerai de fer vers Saint-Dizier.
Le parc des Promenades et ses fontes d'art : au XVIIIe siècle, la ville subit d'importants aménagements urbains et des promenades sont aménagées le long de la Blaise entre 1774 et 1788. Des fontes d'art de la fin du XIXe siècle, réalisées par trois artistes différents, sont érigées dans le parc, valorisant ainsi un savoir-faire régional de longue date : Le Triomphe de Galatée, de Jean Coulon (1889) ; Le Faucheur, de Sylvain Kinsburger (vers 1900) ; Le Cerf, de Prosper Lecourtier.
Profitez de votre passage pour admirer l'église Notre-Dame est de style roman fortifié. Deux chapelles de Wassy portent l'empreinte du peintre religieux régional Joseph-Constant Ménissier. La Tour du Dôme. Le théâtre néoclassique : il se trouve à l'emplacement du château de Marie Stuart et a été totalement restauré en 2009.
Quittez Wassy en direction de Montreuil-sur-Blaise par la D192 (22 km), village situé sur la route du fer et des hommes avec un superbe pigeonnier et une roue à aube qui tourne en période du printemps et de l'été, et tout ceci illuminé les nuits. Un circuit à récemment été mis en place sur le fer et les hommes.
Poursuivez votre route du fer en Haute-Marne vers Dommartin-le-Franc via la D2 (29 km) depuis la fin du XVe siècle, la localité est connue pour son activité métallurgique. C'est aujourd'hui l'un des quatre sites de Metallurgic Park : dans une ancienne unité de production du XIXe siècle, découvrez les secrets de la métallurgie haut-marnaise par l’intermédiaire d’une muséographie interactive, d’une scénographie surprenante et de machineries spectaculaires.
Le village de Dommartin-le-Franc possède deux fonderies anciennes :
L'usine du bas (anciennement Fonderie d'art de Dommartin-le-Franc) est devenue un lieu patrimonial en cours de rénovation par l'Association pour la sauvegarde du patrimoine métallurgique haut-marnais.
Le haut-fourneau (usine du haut) est devenu un centre d'interprétation de la métallurgie ancienne et contemporaine, Metallurgic Park ; ouvert au public, il présente un haut-fourneau du XIXe siècle et sa machinerie : roue à aubes, soufflerie, chantier de coulée, wilkinson), une histoire de la fonte d'art en Haute-Marne et la découverte de la métallurgie du département de la Haute-Marne.
A voir l'église paroissiale Saint-Martin du XIe siècle, puis continuer vers Sommevoire par la D13 (39 km) qui possède la particularité d'avoir deux églises : L'église Saint-Pierre et l'église Notre-Dame.
Le village de Sommevoire possède également un lieu dans lequel sont entreposés des modèles de statues réalisées à la fonderie de Sommevoire. Ce lieu est nommé le "Paradis" et il peut être visité.
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Dans le Paradis sont compris le colombier (qui peut être loué) ainsi que deux granges pour les différents modèles. À l'arrière existe un petit jardin avec un futur bassin. Là-bas sont entrepris des travaux de rénovation par les jeunes de Sommevoire. L'association « Les compagnons de Saint-Pierre » essaie de préserver ce site.
Créée en 1976, cette association a sauvegardé le fonds de modèles Antoine Durenne, issu de la fonderie locale, appelé « Paradis » par les employés tant la statuaire religieuse domine sur l’ensemble. Les Compagnons de Saint-Pierre détiennent la clé du Paradis.
Le Paradis de Sommevoire permet d’imaginer l’envergure de la production et de la diffusion d’une fonderie d’art haut-marnaise du XIXe siècle, au plan national et international : monuments commémoratifs, fontaines, statues animalières, religieuses ou allégoriques, kiosques, luxuriants décors architecturaux, éclairages publics...
Des artistes comme Auguste Bartholdi, Albert Carrier-Belleuse, Hector Guimard, Emmanuel Fremiet, Pierre-Louis Rouillard, Alfred Jacquemart et bien d’autres, ont collaboré avec Durenne, participant au fameux mouvement des Arts Décoratifs.
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La Fonderie GHM (Générale Hydraulique et Mécanique). Autrefois fonderie Durenne, là étaient coulées un grand nombre de statues expédiées dans de nombreux pays. Aujourd'hui, GHM fabrique essentiellement du mobilier urbain et reçoit des commandes pour des statues, des fontaines telles les fontaines Wallace à Paris.
L'étape suivante du circuit touristique des fontes d'art passera par Cirey-sur-Blaise par la D229 et D2 (54 km) où se trouve le château de Cirey. Il doit sa renommée à Voltaire qui, fuyant Paris après la publication, à son insu, de ses Lettres Philosophiques, y trouva refuge de 1734 à 1749, invité par sa maîtresse Émilie du Châtelet, marquise du Châtelet, autre brillant esprit du XVIIIe siècle.
Le château de Cirey est une résidence privée que ses propriétaires ouvrent au grand public pour la visite.
Pour finir ce parcours touristique, prendre la direction de Joinville par la D126 (76 km). La commune de Joinville est labellisée « Village étape » depuis 2014 et « Petite cité de caractère » depuis 2015. Le patrimoine naturel et culturel forment un écrin cohérent et préservé autour de la ville. La vallée de la Marne est ici vallonnée, oscillant entre des prairies en son lit et des côtes couvertes de forêts.
A cela s'ajoute le canal. Le cadre naturel porte ainsi un ensemble patrimonial de qualité. Pour le découvrir, des cheminements doux existent et sont progressivement mis en valeur :
Un axe existe afin d'aller du château du Grand Jardin au Parc du Cavé en passant par le pittoresque quai des Peceaux : depuis 2015, le Parc du Cavé et son pigeonnier sont réhabilités et le pont dit Pontcelot est restauré, l'ensemble forme une promenade douce au fil de l'eau, le long du bief des cheminements existent afin de découvrir la colline de l'ancien Château d'en Haut : un parcours plus sportif permet la découverte de panoramas sur toute la vallée de la Marne
Des Statues se trouvent dans le jardin public face au Château du Grand Jardin. A Poissons : vestiges des anciennes minières à ciel ouvert, au lieu-dit « Les Lacets de Mélaires ». Et en accès libre, visible de la route entre Vecqueville et Joinville, ancien haut fourneau de 1866.