Au moyen Age, le domaine de Fiquefleur et d'Equainville et bien d’autres appartenait au lignage de la famille Bertran dont le premier personnage est Guillaume Bertran. Notons que le nom de Bertran est orthographié sans "d" au niveau de la terminaison. La famille Bertran serait issue de Thurstin (Torsten) de Bastembourg ou Richard Turtain (vers 945), également à l'origine de la maison de Montfort-sur-Risle. C'est Guillaume Ier (vers 970-1010), fils de Richard Turtain et de N. Aubere, baron de Bricquebec, qui devint vicomte du Cotentin et prit le nom de Bertran. Il épousa une demoiselle de Beaufou dont il eut Guillaume II (° av. 1010-† apr. 1049), baron de Bricquebec, qui épousa une demoiselle d'Aumale, et fut l'ancêtre de la branche anglaise des barons de Bothal et de Mitford (comté du Northumberland).
Robert Ier Bertrand de Bricquebec dit le Torz ou le tort ou le boiteux naît en 1045, fils de Guillaume II Bertrand de Bricquebec , personnage charismatique du lignage. Robert Bertan reçoit des terres dans le Pays d’Auge et il fonde le prieuré de Beaumont en Auge, en outre, c’est lui qui construit au XIe siècle l’église Saint-Georges de Fiquefleur.
Le vicomte Robert Bertran tenait également les domaines de Bricquebec, Roncheville et Cramefleur (La Rivière Saint Sauveur). Vers 1060, il fait don de l’église Saint Georges de Fiquefleur au Prieuré de Beaumont-en-Auge qu’il a fondé avec sa femme Suzanne. Robert Bertran sera signataire de nombreuses chartes, en particulier la charte de la fondation du prieuré de Saint Hymer (Calvados) et celle de Carbec qu’il signe avec son cousin Hugues II de Montfort. Entre 1051 et 1066, avec son épouse Suzanne, ils font une donation à l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen par charte souscrite par Guillaume le Conquérant Robert Bertran participe activement, avec Guillaume le Conquérant et son cousin Hugues II de Montfort à la conquête de l’Angleterre en 1066.
Une grande partie de l’église Saint-Georges date en effet du XIe siècle, présentant un plan en forme de croix latine avec un transept saillant, composé d'un vaisseau unique et terminé par un chevet plat. Malgré plusieurs remaniements effectués aux XIe, XVe et XVIe siècles, l’édifice a conservé son architecture romane originelle.
Le chevet de l’église Saint-Georges de Fiquefleur pourrait avoir été construit dans les dernières années du Xe siècle ou les toutes premières années du XIe siècle. La façade occidentale en mur-pignon, épaulée de contreforts, est percée d'une porte en arc en anse de panier et d'une fenêtre quadrangulaire dans la partie supérieure.
La nef et le chœur demeurent d'origine, mais la croisée du transept a été reprise au XIIIe siècle (elle supporte le clocher). Par ailleurs, au XVIe siècle, la tour lanterne fut arasée et la nef, raccourcie, fut pourvue de baies. Le clocher, de plan carré, est situé au-dessus de la croisée du transept. L'édifice est couvert d'une toiture en bâtière. Les murs latéraux et les bras du transept, épaulés de contreforts, sont percés de baies cintrées et quadrangulaires. Le mur du chevet est également épaulé de contreforts.
On remarque que les murs extérieurs comme intérieurs sont pourvus de plaques sculptées aux décors géométriques ou animaliers : un lion et un agneau sur la porte latérale ; deux agneaux et entrelacs sur le chevet. À l'intérieur, des statues, l'autel et des bas-reliefs sont classés à titre d'objets. Le cimetière au sein duquel se dresse un if millénaire jouxtent l'église participent au charme du site.
La localité de Fiquefleur-Équainville compte encore des manoirs sur les lieux-dits du Favril (XVIIIe), de la Rue (XVIe) et de la Loge (XVIe, remanié ensuite), mais aussi des maisons villageoises de caractère et pour certaines très anciennes (XVIIe) ou encore des fermes à l'architecture traditionnelle préservée. On mentionnera aussi des croix de chemin et un puits ancien. Sur le village d'Équainville, l'ancienne église Saint-Pierre se révèle également un site d'intérêt et protégé, avec le cimetière qui l'entoure. Elle date du XIIe siècle pour ses parties les plus anciennes (le chœur), alors que la nef et la tour clocher sont du XIIIe, le porche du XVIe, les baies de la nef ayant été reprises par la suite. On observe des modillons et des éléments sculptés faisant saillie sur les murs. L'église abrite une importante statuaire, des autels, retables et un mobilier de très belle facture.