Avant de commencer votre découverte du Lauragais, revenons au Pastel. Un nom local hérité de la pâte qu'on obtenait en broyant les feuilles de la plante pour en extraire son précieux pigment bleu. Le pastel (Isatis tinctoria) a constitué une source de richesse importante dans le Lauragais. Une fois récoltées, les feuilles étaient broyées, réduites en pâte d’où le nom de Pastel) avec laquelle étaient confectionnées des boules appelées « cocagnes ». Après plusieurs mois de séchage, ces cocagnes étaient écrasées au maillet. On obtenait ainsi une poudre, l’agranat, qui servait à l’élaboration de la cuve de teinture.. Pour accélérer la fermentation, on y versait de lʼeau croupie, de chaux et de lʼurine.
Les tissus y étaient plongés et quelques minutes plus tard, ils réapparaissaient bleus. La magie avait opéré ! La chute des cours du pastel au début des années 1560, l’arrivée d’un colorant concurrent (l’indigo) sur le marché européen et les désordres causés par les guerres de religion ont entraîné une période de déclin relatif pour Montgeard. Alors que les grandes familles de marchands pastelliers redeviennent de simples propriétaires terriens, les guerres de religion achèvent de ruiner la région. La proximité du comté de Foix et de localités acquises à la Réforme (Calmont, Gibel, Mazères) explique en partie l’ardeur de ces conflits. Cependant, le calme revenu, les XVIIe, XVIIIe et début du XIXe siècles sont une nouvelle période de prospérité pour Montgeard, grâce à la culture du blé. Le pastel occitan est encore cultivé par quelques passionnés pour ses graines, utilisées dans des cosmétiques.
Prenez la direction de Montgeard (km 0). Niché en plein coeur du Lauragais, à seulement dix minutes du Lac de la Thésauque, le village de Montgeard vous offre la joie de replonger dans le Moyen Âge à travers ses vieilles pierres chargées d’un captivant passé. La bastide de Montgeard fut fondée le 21 juin 1317 par décision du roi de France Philippe V le Long. Pour sa création, il fallut établir entre ce dernier et le seigneur de Nailloux, Hugues de Peytavin, un contrat de paréage dans lequel étaient notifiés les droits et devoirs de chacun, dans le but de répartir équitablement les richesses engendrées par la nouvelle fondation.
Qui pourrait croire que ce petit village était autrefois, à l’âge d’or du pastel, une grande ville renommée dans tout le Lauragais ? Parcourez les ruelles de Montgeard qui se croisent en angles droits : elles sont typiques des bastides, ces villages bâtis aux XIIIème et XIVème siècles pour reconstruire le comté de Toulouse, dévasté par la croisade contre les Albigeois également connu sous le nom de Cathares (1209-1229). Partez à la recherche de l'hôtel Durand, dit «le château». Il fut construit à partir de 1555 par Guillaume Durand, seigneur local devenu Capitoul de Toulouse grâce à sa fortune née du négoce du pastel. A l'intérieur, de l'ancienne propriété, ses cheminées et ses vastes pièces voûtées qui portent encore le blason et le sceau de la famille Durand, se visitent sur rendez-vous.
Lʼéglise Notre-Dame de l'Assomption de Montgeard a été construite de 1522 à 1561. Bijou de l'architecture gothique méridionale, elle contient de précieux témoignages de l'âge d'or du village : le bénitier en marbre de Pise (1516) et les albâtres de Nottingham (XVIe siècle). Ses chapelles abritent les sépultures des riches marchands pasteliers qui les ont financées : Bernard Durand, Jacques Caussidières, ou encore Pierre de Ganhac. Le clocher de l'église est unique en Lauragais. Sa base, massive, devait accueillir dans le projet initial une immense tour pour que l'on puisse voir le village de très loin. Mais le projet avorta par manque d'argent et l'on fit construire à la place un simple clocher-mur. Par beau temps, la vue y est imprenable.
Les amateurs de vieilles pierres ne resteront pas insensible au patrimoine historique du village de Montgeard outre l'hôtel particulier, l'impressionnante église. Vous pouvez admirer l'échauguette : il s'agit de la dernière tour de guet d'un système de défense qui en comprenait sans doute plusieurs. L'ancien couvent, cette bâtisse est sans doute l'une des plus anciennes du village. Les anciennes douves : le village au Moyen Âge était protégé par des fossés remplis d'eau, qui couraient tout autour de la bastide. Il y avait de l'eau dans certaines parties des douves jusque dans les années 70. Découvrez également la petite plantation de pastel, située entre le cimetière et le chevet de l'église. La municipalité a décidé il y a quelques années de remettre en culture un champ de pastel.
Votre prochaine destination sera Avignonet-Lauragais, via la D43 (18 km). Avignonet-Lauragais se situe sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle (Voie d'Arles, Via Tolosa). Aucune trace de lʼépoque pastelière nʼest visible à Avignonet, mais vous pouvez cependant vous balader dans les rues pleines de charme du village. Qui pourrait croire que cette paisible commune, bercée par le canal du Midi, fut au XIIIème siècle le théâtre du massacre des Inquisiteurs, événement majeur dans la lutte que menait l’Eglise catholique contre les cathares ? Le 28 mai 1242, le tribunal d'inquisition, dirigé par Guillaume Arnaud et Étienne de Saint-Thibéry se tenait dans la cité. Plusieurs hommes, dirigés par Pierre-Roger de Mirepoix et aidés par les gens d'Avignonet, massacrent pendant leur sommeil les inquisiteurs et leur suite, à coups de hache, faisant ainsi onze victimes. Ce ne fut que l'un des derniers sursauts de résistance avant le siège de Montségur, qui se termina par un bûcher destiné aux cathares réfugiés dans la place, le 16 mars 1244.
Avignonet-Lauragais possède un patrimoine historique intéressant, témoin de son passé riche et tumultueux. L'église Notre-Dame-des-Miracles d'Avignonet-Lauragais, commencée en 1385 possède un clocher octogonal flanqué d'une élégante tourelle d'escaliers et couronné par une flèche gothique à crochets. À l'intérieur, un tableau de 1631, placé au fond de l'église, évoque le massacre perpétré le 28 mai 1242 par les conjurés du Lauragais à l'encontre des membres du tribunal de l'inquisition au château d'Avignonet qui a disparu depuis.
Outre la magnifique église gothique Notre-Dame des Miracles, admirez les vestiges des remparts des XIIIe et XVe siècles et du château fort du XIe siècle, appelé "castellum", la tour en poivrière portant la statue du croisé, c'est aujourd'hui un des rares vestiges des fortifications médiévales du village d'Avignonet-Lauragais. Accolée à cette tour se trouvait une grande porte fortifiée qui permettait de contrôler les allées et venues des habitants et des gens de passage. C’est d’ailleurs sans doute par cette porte, disparue au XIXème siècle, que le convoi des chevaliers « faydits », chevaliers dépossédés de leurs biens et suspectés d’hérésie, pénétra dans la nuit du 28 au 29 mai 1242…
Promenez vous dans la Grand'Rue, vous découvrirez les belles demeures à colombages et les demeures du XVIIe et XVIIIe siècle compléteront votre visite. Si vous êtes observateur, vous pourrez voir des dates de construction gravées au-dessus des portes d’entrée ! En déambulant dans les ruelles, vous remarquerez que les constructions sont faites en pierre blanche, en grès calcaire. Cette caractéristique distingue le village par rapport aux autres situés dans le midi toulousain, tous bâtis en brique rose… Le Moulin du Mares est le seul encore visible des nombreux moulins à vent qui peuplaient les collines du Castrum d'Avignonet dès 1240. Ce moulin a été restauré extérieurement et couvert d'un toit en poivrière. Le moulin ne se visite pas, mais il est plaisant de l'admirer de l'extérieur.
Le canal du Midi s’étire au pied du village d'Avignonet-Lauragais qui abrite deux jolies écluses (« En Cassan » et « Emborel ») ainsi qu'un petit port de plaisance (Port-Lauragais). Avec son riche patrimoine médiéval, ses paysages bucoliques et sa proximité avec le Canal du Midi, Avignonet-Lauragais offre une expérience authentique du Lauragais.
Reprenez votre véhicule, la prochaine étape sera Roumens (39 km). L’histoire de Roumens remonte à plusieurs siècles, témoignant de son riche passé. Fondé à l’époque médiévale, le village a traversé les âges en conservant son caractère rural et son architecture traditionnelle. Les ruelles étroites et sinueuses, les maisons de pierre aux volets colorés et l’église centrale témoignent de l’empreinte du temps sur ce lieu préservé. Au Moyen Âge, Romens était situé dans une structure circulaire entourée de fossés. Un seul pont à l'Ouest en permettait l'accès. Plus tard, le village s'est développé à l'extérieur des fossés, aujourd'hui encore remplis d'eau. La tradition locale veut que l'actuelle sacristie soit l'ancienne chapelle du château, qui portait le nom de Saint Jean-de-Romencs. Le château et l'Hôtel de Ville qui étaient, avec l'église, le centre du village, n'existent plus. Seule reste l'église.
Loin des circuits touristiques traditionnels, Roumens offre une parenthèse enchantée, où le temps semble s’écouler doucement. Roumens dévoile un patrimoine authentique et un art de vivre préservé, offrant aux visiteurs une parenthèse enchantée loin de l’agitation urbaine. Dans un petit village du Lauragais, l'atelier Bleus Pastel d'Occitanie est un lieu incontournable pour découvrir Le Pastel des Teinturiers, couleur emblématique des Rois de France. Vous apprendrez l'histoire d'une plante qui fut longtemps liée à l'alchimie,son renouveau et ses applications modernes. Le savoir-faire ancestral de la teinture au pastel était tombé dans lʼoubli depuis le XIXe siècle jusque dans les années 90. Denise Lambert est à lʼorigine de la renaissance du pastel en Occitanie. Elle vous ouvre les portes de son atelier pour découvrir la teinture au pastel.
Au sein de l‘Atelier Bleus Pastel, les visiteurs peuvent découvrir le processus fascinant de transformation de la fleur de pastel en teinture naturelle. Des démonstrations captivantes révèlent les étapes de la récolte, de la fermentation et de la préparation des pigments, offrant un aperçu unique de cette tradition millénaire. De plus, des ateliers pratiques permettent aux participants de s’initier à cet art artisanal et de créer leurs propres œuvres teintes au pastel. Roumens et ses alentours sont également réputés pour leur artisanat et leur gastronomie authentique. Profitez de votre séjour pour visiter des ateliers d’artistes et d’artisans locaux, où vous découvrirez le savoir-faire traditionnel du Lauragais.
Roumens séduit également par sa nature environnante. Les collines verdoyantes qui entourent le village offrent un cadre idyllique pour les randonnées et les promenades en pleine nature. Profitez d'une vue panoramique depuis le plateau de "la lande".
Continuez votre itinéraire vers Montégut-Lauragais, via la D1, puis la D20 en direction de Loubens-Lauragais (58 km). Bâti sur une motte castrale, Loubens-Lauragais est un charmant village marqué par la période de l'or bleu. Ce petit village surplombe les coteaux du Lauragais. Vous découvrirez dans le cœur du village son impressionnant château et ses douves jouxtant l’église, ainsi que d’authentiques ruelles qui ont gardé tout leur charme d’antan. Au XVIe siècle à lʼâge dʼor du pastel, lʼancien château féodal est agrandi et rénové aux goûts de la Renaissance. A l'origine, le château fort est bâti par la famille Loubens au XIe siècle. Les origines des seigneurs de Loubens remontent au XIème siècle avec Guillaume de Loubens, originaire de La Réole en Gironde, qui participe à la première croisade aux côtés du comte de Toulouse Raymond IV en 1096.
Il est possible de visiter, sur rendez-vous uniquement, le parc classé du château ainsi que les anciens offices souterrains, les appartements meublés et les greniers à grain. Il ne reste en effet aucun vestige du premier château. L'imposant château de Loubens-Lauragais qui comptait sur sa propriété deux moulins pasteliers, témoignent encore de cet âge d'or du pastel. L'église Notre-Dame construite grâce à l'enrichissement dû au pastel, se situe au cœur du village près des douves du château. L'église possède une imposante tour à la base du clocher. Elle accueillait autrefois les sépultures des seigneurs de Loubens. Construit sur une motte en terrasse avec des gros contreforts en pierre, le moulin à vent du XVIe siècle possède un toit pointu, typique des moulins à vent du Lauragais. Il a perdu ses ailes depuis 1940. De nombreuses maisons à colombages et l'ancien moulin à vent sont autant de témoins de cette époque du pastel.
Baladez-vous dans les ruelles remplies de charme aux façades à pans de bois et aux volets bleus. Les grandes arcades témoignent du passé commercial de Loubens-Lauragais. La rue principale que vous empruntez était autrefois bordée d’échoppes. Sous la halle, qui servait aussi de prison, se tenait autrefois un grand marché réunissant de nombreux paysans.
Prolongez votre route en direction de Bourg-Saint-Bernard, via la D826 (66 km). L’origine du Bourg reste, à ce jour, incertaine. Toutefois, la découverte d’un important matériau archéologique dans la région, atteste d’un peuplement très ancien, dès le paléolithique. De nombreux objets comme des tessons d’amphore et de poteries, vestiges de tuiles, mis au jour par Jacques Bouvier, archéologue amateur de Bourg-Saint-Bernard, prouvent la présence de « villae » gallo-romaines, ce qui n’a rien d’étonnant, les Romains étant particulièrement friands de terres à blé, comme celles du Lauragais.
Le village actuel doit son nom à Bernard, abbé de Clairvaux. D’après la légende, le futur Saint Bernard et l’évêque Albéric, envoyés par le pape Eugène III pour prêcher contre l’hérésie cathare, sont molestés, en 1147, à Verfeil et trouvent refuge dans un bourg voisin. Celui-ci portera, désormais, le nom du saint, canonisé en 1173. Sans qu’on puisse l’affirmer formellement, le village lui-même, pourrait être issu du faubourg d’une place forte érigée sur une motte voisine, sur l’importante voie de crêtes menant à Toulouse. Sur ce site se trouvait autrefois l’église Saint-Paul de Brettes, qui est certainement antérieure à celle de Bourg-Saint-Bernard et est aujourd’hui, disparue. Il pourrait s’être appelé Villelongue, à cette époque. A la Révolution, les noms de saints n’étant plus en « odeur de sainteté », le village prend le nom de Bourg-la-Loi, mais recouvre très rapidement et définitivement, son nom initial.
Construit sur un coteau dominant la vallée du Girou, le village de Bourg-Saint-Bernard , axé sur la Grand-Rue, est, au Moyen-âge, cerné de fossés. Les maisons, aveugles du côté extérieur, tiennent lieu de remparts et deux portes ferment le village, au niveau des actuelles, place de Cers et place d’Auta. Elles seront démolies en 1864. Une halle ouverte coupe, en son milieu, l’actuelle Grand-Rue. La belle église a vu le jour au XVIe siècle grâce à la manne pastelière. A l'intérieur, vous y découvrirez la statue de St Bernard de Clairvaux, des tableaux du peintre Sieurac, et une Piéta du XVème siècle. Au XVI° siècle, le Bourg connaît une grande prospérité grâce à la culture du pastel. Le dénombrement de 1585 fait état de 20 moulins pasteliers, 8 moulins à vent, 5 moulins à eau. Des foires et des marchés font vivre de nombreux artisans.
A présent, rejoignez directement Tarabel, via les D31 et D97 (82 km). Entre l’église Saint-Barthélémy ornée de trésors historiques et le château Renaissance, le village illustre son riche passé gallo-romain, médiéval et l’époque du pastel.
Sur un site gallo-romain, au nord du village de Tarabel, avait été édifiée une première église, Saint-Martin-de-la-Rivière. Il n’en reste plus rien, et il est fort possible qu’une partie des pierres se retrouve dans les murs de l’église actuelle. Au cœur du village se trouvent un château. La première mention du château date de 1362. Il appartient alors à Bertrand de Palais, capitoul de Toulouse. A partir de 1540, il change de propriétaire. Pierre de Coustous y entreprend de grands travaux de modernisation. Les marchands pasteliers ont eu à cœur de se faire construire des demeures ostentatoires pour montrer leur réussite sociale. D’ailleurs, il serait plus juste de parler « d’hôtels particuliers ». Ces marchands ont connu une ascension fulgurante dans l’échelon social. Sous l’Ancien Régime, les charges, c’est-à-dire les postes importants dans la fonction publique se monnayaient : quiconque avait de l’argent pouvait acheter un office et grâce à cela, parfois s’anoblir. Il arrivait que les marchands pasteliers rachètent des châteaux déjà existants sur le territoire depuis le Moyen- Age et y fasse des travaux d’embellissement. A la Révolution Française, la plupart de ces familles ont été dépossédées ou sont devenues maires de leur village.
Sur la hauteur de Tarabel, le fameux château de Tarabel possédait une chapelle castrale qui connut plusieurs agrandissements au fil des siècles. Aujourdʼhui, vous pouvez encore admirer cette architecture de style Renaissance. Une chapelle était située à lʼemplacement de lʼéglise actuelle. A la Révolution Française, le château de Tarabel subit de grands dommages. Le fossé actuel témoigne vraisemblablement des douves médiévales d’origine. Il est franchi par un petit pont menant à une porte d’entrée en plein cintre, surmontée d’un fronton et encadrée de pilastres. Sur la gauche, une belle tour octogonale, probablement une tour d’escalier, protège la porte grâce à deux meurtrières encore visibles.
Dans l'église Saint-Barthélemy de Tarabel, un élément d'autel votif gallo-romain est scellé dans le mur du porche. L'une de ses cloches date de 1559, et celle-ci est décorée de peintures murales de François Bernadi. Les deux édifices ont longtemps cohabité. L’église proche du château fut donc rebâtie sur l’emplacement même de la chapelle : sa construction s’acheva en 1844. Elle devint l’église Saint-Barthélémy. Avant le XVIème siècle et la culture du pastel, la région était plutôt pauvre. La grande forêt de Saint Rome recouvrait une partie du territoire et les lieux de peuplement étaient épars. Chaque village avait bien entendu sa propre église car la religion était au cœur de la vie quotidienne. Mais lorsque la culture du pastel devient intense, elle génère une prospérité sans précédent. Certaines personnes passent du statut de simples propriétaires terriens à bourgeois, voir noble quand ils peuvent acheter des charges grâce à leur fortune. Ils souhaitent dès lors que leur église soit à l’image de leur prestige social et font donc reconstruire ou embellir ces dernières.
Pour finir votre parcours touristique, la dernière étape sera Labège, via les D32 et D2 (101 km). Au XIVe siècle, une seigneurie de Labège existe dans des documents d'époque. Elle est achetée en 1360, avec celles de Drémil et d'Auzil, par le cardinal Hélie de Talleyrand-Périgord pour assurer des revenus au collège Saint-Front de Périgord, plus connu sous le nom de collège de Périgord qu'il vient de fonder à Toulouse, collège qui en restera propriétaire pendant quatre siècles. Le village se forme alors autour de l'église dès la fin de la Renaissance.
Commencez votre visite du village de Labège par la place Saint-Barthélemy avec sa maison de maître ornée d'un cadran solaire, de 1906, la Maison Pastel et la Maison Salvan. Le muséum Terre de Pastel à Labège est unique en son genre. Admirez la sculpture-fontaine. Les fontaines Saint-Sernin et du Laurier sont connues pour leurs eaux curatives. Une légende raconte que saint Sernin se serait arrêté à Labège et donna à la fontaine de Saint-Sernin le pouvoir de guérir. De la place partent la rue Baratou en direction de Castanet, la rue de la Mairie et la rue de l'Ancien Château qui passe devant l'église Saint-Barthélemy du XIXe siècle et ceinture le reste du vieux village. Il est fait mention d'une première église en 1232 ; plusieurs églises brûlées et reconstruites, notamment la deuxième de 1518 à 1570, détruite par les Huguenots. A voir également l'ancien presbytère aujourd'hui école de musique dédiée à Claude Nougaro et le pigeonnier du Bouysset datant du XVIIIe siècle.
Les moulins pasteliers ont pratiquement tous disparu aujourd’hui, mais dans les textes historiques, ils apparaissent souvent par dizaine sur une même ville au XVIème siècle. Ces témoignages nous laissent imaginer que l’activité liée au pastel était prépondérante. Autrefois, on utilisait les fonds de cuve de pastel pour peindre les menuiseries, les charrettes et les cornes des bœufs. En effet, le pastel possède des propriétés fongicides et insecticides. Aujourd’hui, beaucoup de maisons et de fermes du midi toulousain ont conservé cette tradition de peindre les volets de cette couleur bleue. Sur fond de brique, c’est du plus bel effet !