Le village est construit le long de la départementale 38, et à pied on ne met pas plus de 10 minutes à le traverser. Mais en réalité, on peut y passer des heures car le village possède des atouts indéniables. Partez à la découverte de cette charmante commune labellisée "Plus Beaux Villages de France", de ses habitations à l'étonnant caractère architectural, de ses falaises et de son immanquable cascade.
A l’entrée Autoire, deux belles demeures du XVe et XVIe siècle vous accueillent, l’une fut utilisée comme Prieuré tandis que l’autre fut un couvent occupé par les soeurs de la congrégation ND du calvaire jusqu’au XXe s.
En descendant la rue principale à l’entrée du village, on tombe tout de suite sur l’église Saint Pierre, très jolie à l’intérieur. L’église Saint-Pierre et Saint-Paul, au centre du village fortifié, fut reconstruite fin XIe début XIIe siècle, suite à la donation faite à l’évêché de Cahors par les seigneurs de Banze. Elle fut fortifiée vers la fin de la guerre de Cent-ans, et le clocher fut surélevé.
Coiffé d’une coupole, l’édifice roman présente un important décor sculpté. On peut voir au-dessus de l’entrée principale une esquisse du blason de la famille de Banze et une croix du Languedoc, symbole du comté de Toulouse.
Lui faisant face, dans l’angle, trône le château de Peyruse, du XIIIe siècke, bâti sur l’emplacement du premier fort d’Autoire. Le château seigneurial des Peyrusse de Banze, bâti sur l’emplacement de l’ancien Castrum et remanié après la guerre de Cent Ans, fut converti, et quelque peu dénaturé, au XIXe siècle en mairie-école.
Il abrite maintenant la salle des fêtes. On peut encore voir sur la façade principale de belles ouvertures en arc brisé ou à croisées de meneaux, et une curieuse échauguette. Plus loin, la magnifique petite place et la fontaine aux Dauphins datant de 1860. Elle a été érigée grâce à une souscription publique. Le motif du dauphin était un élément décoratif très prisé depuis la Renaissance, souvent associé à la présence de l’eau.
Et tout du long de cette rue, on longe de magnifiques maisons médiévales en pans de bois à encorbellement. Elles datent pour la plupart d’après la guerre de Cent ans. Elles sont construites en pans de bois et en encorbellement : étage avançant sur la rue reposant sur des corbeaux de bois. Le rez-de-chaussée était très souvent destiné au commerce et à l’artisanat, d’où les grandes ouvertures donnant sur la rue.
Les rues étroites sont fleuries, les tourelles et les poivrières prolongent les façades magnifiquement ouvragées, agrémentées de fenêtres à meneaux et de chapiteaux richement travaillés. Au hasard des ruelles empruntées, on découvre les belles maisons de pierre avec leurs poutres apparentes et leurs toitures de tuiles brunes typiques de la région.
En allant vers le bâtiment de la salle des fêtes vous avez certainement vu sur votre gauche une grande demeure, appelée le Manoir de Colomb (privé). Le Manoir de Colomb date vraisemblablement de la fin du XVIIe siècle. Toiture à la Mansart, lucarnes à fronton triangulaire et épis à boules affirment la richesse des propriétaires.
Parmi les personnalités qui ont vécus dans ce manoir, le Chevalier de Colomb, garde du corps du roi Louis XVI en 1777, et son fils le Général Louis de Colomb, qui combattit l’armée prussienne et contribua à faire connaître l’Afrique du Nord.
Enfin, au bout du village, le château de Limargues (privé), une splendide demeure du XVe siècle vous accueille avec ses deux tours accolées au bâtiment principal dont l’une abrite un escalier. Simple demeure au départ, il a fait l’objet d’ajouts lorsque le sieur Lafon fut fait Chevalier par le roi Charles VIII, et obtint ainsi le droit de construire tours et mâchicoulis.
La porte au bas de la tour est ornée d’un arc torique sculpté en accolade, typique de la fin du XVe siècle. La seconde tour, plus imposante, servait de tour de défense.
Admirer aussi le manoir Laroque-Delpat (privé), maison bourgeoise de XVIIe siècle. Propriété d‘une famille de bourgeois depuis 1605 (juges, notaires, avocats…), il présente toutes les caractéristiques du XVIIe siècle : plan en L articulé autour d’une cage d’escalier, grandes fenêtres, lucarnes à fronton surmontées de boules. Sa particularité réside dans un plafond plat peint, inscrit récemment à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
N'oubliez pas de visiter la "Maison des arts et du costume" en montant vers le haut du village, par la rue jouxtant la fontaine. Prenez le temps de regarder le ruisseau d’Autoire. Ruisseau qui prend sa source à 372 mètres d’altitude sur la commune de Saint-Jean-Lagineste. Ruisseau qui ensuite bondit de 30 mètres de haut au Cirque d’Autoire, traverse Autoire pour ensuite rejoindre la Bave en rive gauche trois kilomètres plus au Nord.
Intéressez-vous au château de Limargue qui se trouve tout de suite à droite au départ du chemin qui mène à la cascade. Doté d’une tour ronde percée de baies et rehaussée d’une tourelle en encorbellement, il fut construit au XVe siècle pour un compagnon d’arme du roi Charles VIII, le chevalier Lafon, pour récompenser sa bravoure lors des guerres d’Italie. Malheureusement le château est une propriété privée et ne se visite pas mais admirer l'édifice de l'extérieur suffit à s'en mettre plein les yeux.
A partir du village, un chemin de 1.5km part vers la cascade du village. Autrement un point de vue existe à la sortie du village en hauteur, indiqué par des panneaux de bois. De là, on a une vue plongeante sur la chute d’eau.
En dehors du village, après le parking réservé aux visiteurs, sur le chemin de la cascade, vous pouvez aller voir la petite chapelle Saint- Roch, érigée en ex voto après l’épidémie de peste au XVe siècle.
On suppose que cette chapelle a été élevée en ex-voto après une épidémie de peste, saint Roch étant le patron des pestiférés. Couverte de lauzes calcaires, la chapelle Saint-Roch abrite une salle quadrangulaire où est placé un autel en belles pierres de taille. Les murs sont ornés de peintures murales du 15e siècle, malheureusement très dégradées, malgré les restaurations effectuées en 1993.