Le site de Mulhouse était probablement occupé de longue date, des vestiges Gallo Romains et antérieurs y ont été retrouvés. La première mention écrite du lieu remonte au IXème siècle sous le nom de Mühl Hausen (Maisons du Moulin). En effet la ville s'est construite dans une zone comprenant des cours d'eau importants, propices à l'installation de moulins. La ville est possession d'une abbaye avant de passer sous la tutelle des Evèques de Strasbourg. Les Hohenstaufen revendiquent la ville qui se place sous leur protection au XIIIe siècle.
Mulhouse prospère alors et devient ville libre d'Empire en 1308, un statut particulièrement avantageux (elle est de fait une petite république). La ville rejoint la Décapole, l'alliance de dix villes libres d'Empire alsaciennes au sein du Saint-Empire romain germanique en une ligue fondée en 1354 et dissoute en 1679. Au XVIe siècle elle s'associe aussi aux cantons suisses et entre dans la Confédération Hélvétique. C'est aussi pendant cette période que Mulhouse adopte la Réforme. La guerre de Trente Ans (1618-1648) qui est particulièrement dévastatrice pour l'Alsace épargne Mulhouse qui est neutre, au même titre que la Suisse.
L'Alsace devient française à l'issue de la guerre de Trente Ans et du traité de Westphalie mais Mulhouse reste indépendante. Un esprit frondeur, curieux et une volonté de se distinguer qui a plongé Mulhouse dès le milieu du XVIIIe siècle dans la révolution industrielle bien avant de nombreuses villes de France. Les industries textiles, mécaniques et chimiques y prospérèrent tant qu'au XIXe siècle, Mulhouse fut surnommée « La Manchester française » et « la ville aux cent cheminées». Ce riche passé historique et industriel vit encore dans les nombreux musées de la ville.
La singularité et l'esprit d'indépendance de l'ancienne ville République de Mulhouse, flotte toujours dans les rues et les ruelles de la deuxième ville d'Alsace. Commencer votre découverte de Mulhouse par la Tour de l'Europe, haute de 106 mètres et de 31 étages, c'est le point le plus visible de la ville de Mulhouse.
Cette tour , a été conçue par l'architecte François Spoerry pour architecte, a été mise en chantier en avril 1969. Sa construction fut achevée fin 1972. Le projet initial (1965) prévoyait une hauteur de 130 m afin de dépasser la hauteur de l'immeuble Pirelli à Milan qui était le plus haut gratte-ciel du « Marché Commun » à cette époque. Face au surcoût lié au normes de sécurité pour les immeubles de plus de 100 m, la hauteur a été « rabattue » à 100 m (hors du sol). Ce gratte-ciel est devenu le symbole moderne de la ville de Mulhouse. La tour abrite à son sommet un restaurant panoramique tournant qui en fait le tour en 75 minutes.
Rejoignez la tour du Bollwerk en suivant le boulevard de Metz. Erigée au XIVe siècle, la Tour du Bollwerk faisait partie des remparts du vieux Mulhouse. Appelée Tour du Cochon au XIXe siècle en raison du voisinage de l'abattoir. C'est un des derniers vestiges du mur d'enceinte bâties au XIIIe siècle qui protégeait cette partie du bourg. D'ailleurs Mulhouse est parfois nommée Cité du Bollwerk.
Plusieurs fois modifiée au cours du temps elle a aujourd'hui son aspect du XIIIème siècle, période à laquelle un toit lui a été ajouté et les deux portes percées de part et d'autre. Elle est ornée d'une fresque, peinte en 1893 par le peintre Ferdinand Wagner, qui représente l'attaque de Mulhouse par le chevalier Malterer en 1385. Vous pouvez aussi apercevoir le blason du Saint Empire Romain Germanique, un aigle, rappelant que Mulhouse était ville libre d'Empire. Passez sous la tour pour emprunter la rue de la justice et rejoindre la place de la Réunion.
La place de la réunion est le cœur de la ville, son nom rappelle le rattachement de Mulhouse à la France en 1798. La place de la Réunion à noël accueille pendant la période de l’Avent le marché de noël de Mulhouse. Un événement à ne pas manquer si vous êtes dans la région. A la tombée du jour, la place se transforme en un lieu féérique avec ses chalets, ses lumières et sa grande roue. La place est bordée de bâtiments historiques qui figurent parmi les plus intéressants de la ville, à commencer par l'Hôtel de Ville. Elle donne à la ville une touche de la Renaissance rhénane.
La place de la réunion à Mulhouse se situe au croisement de nombreuses rues du centre historique : rue Mercière, rue de la Lanterne, place Lambert, rue du marché, rue des boulangers, rue Henriette, rue Guillaume Tell, et le passage de l’Hôtel de Ville. Les maisons de la place de la réunion présentent plusieurs murs peints dans la tradition Mulhousienne. Vous pouvez retrouver les plus exceptionnels au numéro 1, 2,7 et 9 de la place. L'une des maisons à gauche de l'hôtel de ville abritait le poêle des tailleurs que l'on reconnaît grâce à des ciseaux peints.
A côté la Maison Mieg, édifice Renaissance avec de fausses pierres peintes en trompe-l’œil. La maison Mieg du nom de son ancien propriétaire, les deux blasons peints rappellent l'attachement du propriétaire à la Suisse. Le premier représente un monument commémoratif de la bataille de Sempach et le second le héros de cette bataille, le suisse Von Winkelried. Construite au XVIe siècle, sa tourelle a été ajoutée à la façade un peu plus tard, en 1639 par Louis Witz.
Adjacent à la maison Mieg, le bâtiment avec sa façade peinte aux tons rouges remonte à 1564. Il a subi de nombreuses transformations aux XIXe et XXe siècles. Elle abritait la corporation des tailleurs, la plus importante de Mulhouse jusqu’en 1798. Observez les peintures murales : vous y remarquerez les emblèmes de la corporation, comme les ciseaux de tailleur.
Le bâtiment de la pharmacie au Lys remonte à 1464 mais a connu plusieurs restaurations et agrandissements. La demeure actuelle abrite une pharmacie depuis 1649 et ceci sans interruption. La fontaine du hallebardier se trouve un peu en retrait du terre-plein central de la place de la Réunion, entre le temps et l’hôtel de ville. Elle est la réplique d’une ancienne fontaine. La colonne centrale est surmontée d’un soldat : un hallebardier justement se tenant debout sur les armoiries de la ville.
L'ancien hôtel de ville de Mulhouse, la bâtisse rouge aux murs peints abrite aussi le Musée historique, gratuit. Dans le hall de l'étage vous pourrez admirer deux très beaux meubles d'époque renaissance, un lavabo et un dressoir à orfèvreries. A côté vous pourrez découvrir la salle du conseil de la ville, encore utilisée à certaines occasions dont les mariages. Le reste du musée est consacré à l'histoire de la ville et de sa région, vous pourrez y trouver d'anciennes armes, des poêles en faïances, des meubles et des reconstitutions de logements d'époque XVIII et XIXème siècle. Vous pourrez aussi y voir la bannière offerte par le Pape Jules II aux troupes de la ville venues combattre à Pavie en 1512.
L’ancien hôtel de ville de Mulhouse se caractérise par son escalier couvert à double volée. Ses décors en trompe-l’œil représentent les figures allégoriques de la justice et de gouvernance. Le bâtiment abrite aujourd’hui le musée historique de la ville. Sur l'un des pignons est accrochée une reproduction du Klapperstein, ou pierre des bavards. Cette pierre sculptée représentant un masque grimaçant était suspendue autour du cou des femmes médisantes qui devaient la porter, juchées sur un âne, tournée vers l'arrière.
Sur la place de la réunion, vous trouverez également le temple Saint Etienne. Ne vous fiez pas au style gothique du Temple Saint-Étienne, ce sanctuaire protestant réformé est de construction relativement récente (1859-1866). Même s’il existait une église sur le site depuis le XIIe siècle. De cette époque, le Temple a conservé des vitraux datant du 14ème siècle, un trésor unique en Alsace. La flèche du clocher culmine à 97 mètres, ce qui en fait le plus haut temple protestant de France. Il s’agissait du plus haut monument de la ville jusqu’à la construction de la Tour de l’Europe. L’élégante flèche a été inspirée de celle de la collégiale de Thann.
L'ensemble de la place de la Réunion forme un bel ensemble. Poursuivre vers la rue des Boulangers, la rue des Trois Rois puis la rue de la Tour du Diable pour rejoindre une ancienne tour du XIIe siècle, intégrée dans le mur d'enceinte après la destruction du château épiscopal, transformée en appartements d'ouvriers au XIXe siècle. Son nom de tour du Diable lui a probablement été attribué au Moyen Age, lorsqu'elle servait de prison pour les femmes accusées de pratiquer la sorcellerie, ceci dès le XVème siècle. Après sa rénovation, son aspect ne ressemble en rien à la tour initiale.
Par la rue du Bourg vous rejoignez la tour Nessel, qui servait de porte de la ville. Construite probablement au cours du XVIe siècle, elle fut transformée en prison puis vendue à un bourgeois de Mulhouse en 1803. Elle est aussi également transformée en habitations pour ouvriers au XIXe siècle.
En remontant la Grand Rue, vous atteignez la chapelle Saint-Jean, ancienne chapelle de l’ordre des Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem bâtie au XIIIe siècle à Mulhouse. Lédifice est caractérisé par ses travaux d’embellissement intérieur, entrepris dès le XVIe siècle, la plupart d’entre eux restant inachevés. A l'intérieur, dans cette chapelle, vous pourrez contempler d’exceptionnelles fresques murales exécutées au début du XVIe siècle. Si toutes ne sont pas achevées, elles vous surprendront par leur grande qualité stylistique. A voir également une cuve baptismale romane, des dalles funéraires, des statues ainsi que d'intéressantes fresques inachevées du XVIème siècle, consacrées à la vie de Saint Jean Baptiste.
Poursuivez Grand Rue et rejoignez la rue des Franciscains. Vous y trouverez de belles demeures. Cette rue était vouée à l'activité d'impression sur étoffes du XVIIIe au XIXe siècle : la maison située aujourd'hui au no 7 faisait partie de la manufacture Kohler & Mantz, et la maison Loewenfels au no 42 était l'habitat de Jean-Jacques Feer, financier de la première manufacture d'impression sur étoffes de 1746. Des nos 11 à 15, on y retrouve une maison et ses dépendances, qui étaient au XVIIIe siècle louées à la société d'indiennage Eck, Schwartz et Cie.
Jean-Michel Schartz rachète les murs en 1773, installe sa résidence dans le corps central et accole deux ailes manufacturières. L'avant-cour, qui servait au déchargement, était séparée par des chaînes massives, ce qui lui valut son nom, la "Cour des chaînes". Au no 21 se trouvaient les murs d'une propriété qui appartenait à un Lorrain, Pierre Thierry (d'où le nom "Cour de Lorraine"). En 1753, Jean-Henri Dollfus, l'un des trois cofondateurs de la première manufacture d'impression sur étoffes, rachète ce bâtiment et y installe une nouvelle manufacture.
En effet, l'emplacement est propice à l'impression des toiles peintes, la cour était située à proximité de l'ancien fossé du Traenkbach. Dès les années 1830, les manufactures établies dans le noyau médiéval de la ville quittent ce secteur pour s'établir à l'extérieur, et les ensembles manufacturiers sont alors transformés en immeubles d'habitation. La cour des Chaînes est entourée par un grand palais dont le corps central est de la fin du XVIème siècle avec une belle tourelle d'escalier. Les deux ailes sont du XVIIIème siècle et abritaient des ateliers manufacturiers.
Un peu plus loin, vous trouverez la cour de Lorraine avec un bâtiment du XVIII siècle à soubassement de grès rose. Elle aussi a été occupée par une manufacture. Toujours dans cette rue, la maison Loewenfels, du XVIIIe siècle est en grès rose pour le soubassement et en pierre blonde pour la façade. La façade est élégamment décorée. En poursuivant par la rue des Maréchaux et du Sauvage vous regagnez place de la Réunion.
Mulhouse est célèbre pour ses grands musées techniques. Les passionnés de belles voitures seront comblés. Le musée national de l'Automobile - Collection Schlumpf, de renommée internationale, expose en effet 500 voitures prestigieuses. D'autres sites culturels témoignent de l'évolution industrielle : musée français du Chemin de fer renfermant une importante collection de matériel ferroviaire (locomotives à vapeur, électrique, wagons...), musée de l'Impression sur Étoffes retraçant l'histoire du coton imprimé, musée EDF Électropolis consacré à l'histoire et aux apports de l'électricité ou encore musée du Papier Peint dévoilant une collection de panoramiques.