Le "village primitif " de Daglan devait exister à la fin du haut Moyen Age. En effet, A la création du diocèse de Sarlat en 1317, l'église paroissiale, les chapelles Sainte-Marie de las Novas et du Bedeaux existaient déjà. Cette dernière fut d'ailleurs de tous temps un lieu important de pèlerinage, attesté dès le XIIe siècle. Le lieu apparaît sous la
dénomination "castro novo" avant le XIIIe siècle. A la création du diocèse de Sarlat par Jean XXII en 1317, Daglan fut choisi par le premier évêque comme l'un de ses 7 archiprêtrés, à la tête de 18 paroisses.
Fin XIVe, le château du Peyruzel sera occupé par des routiers anglais, qui écumeront le pays et ses alentours. Quasi-désert à la suite de la guerre de Cent Ans, une fois la paix revenue, Daglan se repeupla rapidement avec l'aide de population en provenance du Limousin, du Bas-Quercy et du massif central. S'ensuivirent des plantations ou restaurations de vignes. Deux facteurs sont à l'origine du renouveau de Daglan après la guerre de cent ans : ses nombreux moulins au nombre de dix et le fameux vignoble du pays de Domme. Deux facteurs sont à l'origine du renouveau de Daglan après la guerre de cent ans : ses nombreux moulins au nombre de dix et le fameux vignoble du pays de Domme. Le vignoble est en pleine extension du XVe au XVIIIe siècle.
Au XVIIIe siècle, les vins du pays s’exportaient et prenaient le bateau aux ports de Domme et Castelnaud. A cette époque, les coteaux étaient couverts de vigne. Cette quasi-monoculture s’est maintenu jusqu’à la fin du XIXe siècle lorsqu’une une épidémie de phylloxera provoqua une grande calamité sur la vigne, richesse du pays. Un exode rural s’ensuivit, entraînant une désertification de la vallée.
Autre atout majeur de Daglan : les moulins. Du XVIIe et XVIIIe siècle, l'industrie daglanaise est basée sur la force motrice des ruisseaux le Céou et ses affluents la Lousse et le Riol. La vie des huit moulins dont 10 dans la paroisse de Daglan donne une impression d'intensité à tel point qu'il est nécessaire d'intervenir autoritairement pour empêcher les meuniers de travailler le dimanche. Ils sont donc les principaux témoins de la vitalité de la vallée à la veille du XIXe siècle. Durant ces époques de prospérité, Daglan s'orne de belles demeures dans le bourg et aux hameaux environnants : le Peyruzel et son château, Pauliac et son château... Aujourd'hui, les visiteurs peuvent sillonner les ruelles et voir ces demeures restaurées, témoins vivants d'un passé florissant.
Daglan est aujourd’hui la capitale périgordine des cabanes en pierre sèche, des cayrous et des murets : 171 constructions recensées, témoin d’un épierrage forcené, liée souvent à la viticulture. En épierrant les terres très calcaires pour planter les vignes, des abris ronds et murets ont été édifiés pour protéger du vent et des intempéries. En sillonnant les ruelles et places de ce petit bourg pittoresque, vous serez charmés par de belles demeures des XVe et XVIIIe siècles, restaurées, témoins vivants d’un passé florissant.
La mairie de Daglan se situe dans un château du début du XVIe siècle dans le centre du bourg. La demeure a appartenu aux familles de Caumont, aux Montravel puis aux Maynard. Racheté par la commune, il abrite aujourd’hui au rez-de-chaussée la mairie et l’agence communale de la poste. Le château se compose d’un logis rectangulaire et d’une haute tour ronde qui dessert les différents étages. La porte de cette tour est d’inspiration gothique. Si le château présente globalement un aspect ancien, de nombreuses modifications ont été effectuées au XIXe siècle, comme l’ouverture des fenêtres sur la façade est.
Admirez l'église de Saint Martin de Daglan construite aux XIe siècle et XIIe siècle, elle a été remaniée à de nombreuses reprises. De la construction d’origine des XIe et XIIe siècles ne demeurent aujourd’hui que le portail et quelques chapiteaux. L’église était composée d’une nef unique et d’un petit transept. Lors des aménagements suivant les destructions des guerres de Religion, des chapelles dédiées à des familles seigneuriales locales ont été ajoutées. Le clocher-tour se dresse au-dessus du chœur. Sa toiture à longs pans ressemble plus à une tour de château, ne possédant pas de flèche.
L'hôtel particulier Revaugier est une imposante demeure de la deuxième moitié du XVIe siècle, elle appartenait à une fille de deux familles rivales les Cugnac de Giversac et les Mirandol. Ces familles bourgeoises de l’époque tiraient une partie des revenus des moulins et des terres environnantes. L’aile droite a été remaniée, au XIX siècle les fenêtres à meneau ont disparues. L’aile gauche détériorée par un incendie en 1945 a été agrémentée au rez-de-chaussée, lors de la restauration, par une ouverture gothique pour le moins anachronique.
Ne manquez pas de visiter le Musée de la Maison de la Pierre Sèche de Daglan avec sont exposition de vieux outils et objets d'autrefois. Daglan a conservé de jolies petites maisons à galeries et s'est fait une spécialité de la découverte des cabanes en pierres sèches. La fontaine Sainte-Marie de Daglan est très ancienne. Ce fut un lieu de culte carolingien, païen, voire gaulois, christianisé par la suite comme l’indique sa forme en croix. La source ne s’est jamais tarie et permet de disposer d’une fontaine et d’un lavoir. À l’origine, le lavoir était une pierre plate ou une simple planche posée au bord d’un cours d’eau, d’une mare ou d’une source, sans abri.
Ici, le lavoir est un bassin alimenté en eau d’origine naturelle qui avait pour vocation première de permettre de rincer le linge après l’avoir lavé. Comme le lavage ne consommait que quelques seaux d’eau, il pouvait avoir lieu dans les habitations ou les buanderies où le linge s’accumulait avant la « grande lessive », mais le rinçage nécessitait de grandes quantités d’eau claire, uniquement disponible dans les cours d’eau ou dans une source captée. Il existe des lavoirs avec plusieurs bassins, le bassin en amont servant de rinçoir, ceux en aval de lavoir (lavage du linge).
Avant le XVe siècle, un péage royal figurait sur le pont de Daglan, à l’origine Daglan fait partie de la juridiction de Domme-vieille. Une partie du village de Daglan appartient à la famille de Dome comme lui avait appartenu le Mont de Dome avant sa vente au roi en 1280. Les principaux droits seigneuriaux sur Daglan sont partagés entre les seigneurs de Castelnaud et ceux de Domme-vieille. Le pont de Daglan enjambe la rivière nommée Céou qui est un affluent de la Dordogne en rive gauche. Daglan est un village riche d’histoire qui préserve son patrimoine. Vous trouverez à la suite quelques exemples de cette richesse. N’hésitez pas à partir à la découverte des calvaires et autres merveilles daglanaises comme des moulins, des fours à pain ou des pigeonniers.