Le château d’Excideuil du XVe siècle, bâti sur un promontoire rocheux donne l’impression, tel un vaisseau, de dominer la vallée de la Loue… Donnant aussi le sentiment d’une forteresse inattaquable, il présente d’un côté deux tours féodales du XIe et XIIIe siècle, Donjons jumeaux, et de l’autre un corps
de garde. Cette forteresse possède le seul double donjon carré du Périgord, adouci par un châtelet de Renaissance. Son histoire est tumultueuse et des moments merveilleux avec la délicate poésie de Giraut de Bornelh, l'un des plus grands troubadours selon Dante.. Au cours des temps, le château d’Excideuil passe régulièrement de main en main.
La construction du château d’Excideuil commencerait au XIe siècle lorsque les vicomtes de Limoges désireux de surveiller la route entre Périgueux et Limoges font construire des remparts et un donjon par Saint Yrieix. En 1182 et1184 il est attaqué par Richard cœur de lion mais résiste, il tombe aux mains anglaises 15 ans plus tard lorsque Jean sans terre se rend maître de plusieurs châteaux de la vicomté de Limoges. Vers 1210 le château revient à la vicomté. En 1303, le château reçoit la visite du roi de France Philippe le Bel, et l'année suivante celle du futur pape Clément V. Pendant la guerre de cent ans, il connaît l’occupation anglaise en 1351, il est libéré à nouveau en 1356, rendu aux anglais en 1360 puis libéré une dernière fois par Du Guesclin en 1370.
Puis viennent les guerres de religions, toujours sous l’apanage des vicomte de Limoges il revient à Jeanne d’Albret (mère d’Henri iv) et passe brièvement aux mains des protestants. Par mariage il devient la propriété de la famille de Talleyrand. Le château d’Excideuil est ensuite délaissé pendant des décennies et il se dégrade…en 1973 un incendie ravage les toitures du châtelet. A la fin du XXème siècle les nouveaux propriétaires, la famille Naudet entreprend des travaux de réhabilitation. aujourd’hui la partie logis et donjon est privée alors que la partie ouest le châtelet appartient à la commune.
Le château d’Excideuil est assis sur une butte rocheuse de forme ovale, longue d'environ 150 m dans le sens nord-sud et moitié moindre dans le sens est-ouest. L'enceinte se compose de deux parties distinctes, la basse-cour des chevaliers au sud et la haute-cour des vicomtes au nord. Au sud, logis, communs, écuries forment encore un arc de cercle percé de meurtrières. Au nord-est restent deux vertigineux donjons romans, sans contreforts, partiellement couronnés de mâchicoulis. On y accédait par une baie percée à une certaine hauteur sous deux arcs brisés concentriques.
Entre ces deux donjons, on bâtit au XIVe siècle un logis qui fut retouché au XVe siècle, avec des baies à remplages polylobés et un portail encadré de colonnettes sous un fronton sculpté, dont les armoiries ont été martelées. Une tour polygonale d'escalier était accolée aux donjons. A l'est un logis orienté est ouest, portait une tourelle en encorbellement. En équerre, un logis, en partie du XVe siècle, s'étire sur le rempart, très retouché au XVIIe siècle, accolé au sud d'une tourelle circulaire à mâchicoulis, coiffée d'un dôme.
Ce logis enfermait la chapelle que François des Cars avait fait décorer au XVIe siècle, par Du Fossé, de Rouen. L'immense terrasse avait été fragmentée par des murailles. On accédait à ces enceintes pat une barbacane basse qui a disparu, puis par une rampe aboutissant à un châtelet : gros pavillon carré du XIVe siècle, retouché au XVe et au XVIIe siècle. Bien des seigneurs se succédèrent en la forteresse : les comtes de Limoges eurent le fief dès le XIe siècle avec une châtellenie de trente paroisses, de sombres affaires de famille ensanglantèrent le château au temps de Gui V et Gui VI de Limoges.
Les XIIIe et XIVe siècles virent céans les Dreux-Bretagne: ils y reçurent la visite en 1303 de Philippe le Bel et, en 1304, de Bertrand de Got. Les XIVe et XVe siècles y connurent les Bretagne-Penthièvre qui, à maintes reprises, supportèrent le choc des Anglais et connurent sac et pillage par les reîtres. Un mariage en 1456 fit passer le fief aux Albret ; en 1463, les états généraux du Périgord s'y tinrent. Le XVIe siècle vit les Bourbon-Navarre qui, eux, supportèrent le choc des huguenots. En 1583, les Pérusse des Cars devinrent seigneurs d'Excideuil: ils obtinrent, en 1613, que la terre fût érigée en marquisat. Au début du XVIIe siècle, les Talleyrand leur succédèrent; ils y restèrent jusqu'en 1883, date à laquelle le prince de Chalais donna la terre aux Hospices de Chalais.
Non ouvert au public dans sa partie privée sauf pour des concerts en été, il peut être admiré de l’extérieur. Dans son enceinte, on accède au donjon, lieu public d’expositions, et à une magnifique salle de spectacle. Vous pourrez y déambuler librement le long des remparts et dans la cour, admirer le panorama sur la vallée de la Loue, et découvrir de juin à octobre dans les salles du châtelet, les expositions de peinture, photo, sculpture,…