Dès l'époque gauloise, la situation géographique, en bordure du Dropt, juste à la limite du territoire des Pétrocores, a donné à cette cité une importance stratégique. Les gaulois présents sur les terres d’Eymet vinrent arriver la grande puissance romaine à leurs portes et comme pour beaucoup de situations similaires à cette époque, Rome triompha. Les gaulois étant contraints d’accepter Rome dans leur quotidien : la civilisation gallo-romaine
naquit. De nombreuses traces de villas romaines ont été retrouvées à Eymet et ses alentours.
L'histoire d'Eymet commence "officiellement" le 28 juin 1270 avec l'acte de fondation de la bastide sous l’impulsion d’Alphonse de Poitiers, frère du roi de France Louis IX, avec la promulgation de “la charte de coutumes”. Alors comte de Toulouse depuis 1249, il hérita à la mort de son beau-père, Raymond VII, d’immenses domaines dont l’Agenais. Contrairement aux idées reçues, les bastides, à l'origine, ne sont pas fortifiées et certaines ne le seront jamais. Le rôle des bastides est essentiellement économique.
Lors de la guerre de Cent Ans, Eymet était une place anglaise commandée par Thomas Felton, assisté par bon nombre de chevaliers gascons, comme le seigneur de Duras, de Mussidan, Bérard d'Albret, seigneur de Langoiran, ainsi que le seigneur de Rauzan. Elle fut assiégée et prise le 1er septembre 1377 par les troupes de Bertrand Du Guesclin. Eymet, comme la plupart des cités entre Castillon-la-Bataille et Bergerac, choisit la réforme protestante en 1561. Les huguenots forment la majorité de la population au xvie siècle. En 1854, près d'une centaine de foyers de la bastide sont protestants. Ils sont desservis par un temple toujours en activité au xxie siècle.
Le territoire d'Eymet porte toute son importance dans sa localisation qui fut d’elle un endroit incontournable pendant les guerres et les différentes batailles de l’époque. C’est ainsi, qu’Eymet un lieu pourtant peu connu par les français dispose finalement d’une histoire extrêmement intéressante car à un moment c’était le seul passage pour passer de la France à l’Angleterre et c’est ce qui rend cette commune unique historiquement.
Implantée sur une boucle du Dropt, Eymet permettent de visiter un territoire privilégié qui ouvre en grand ses portes à tous ceux qui apprécient que les vieilles pierres leur racontent l’Histoire... De Alphonse de Poitiers en 1270 à Napoléon 1er en 1804, le récit de cette bastide du Sud-Ouest de la France vous serra conté. La bastide d’Eymet est sans aucun doute le symbole de l’histoire médiévale de ce village. Le style architectural du village et les nombreux monuments témoignent encore aujourd’hui du grand passé historique d’Eymet.
Rien ne vaut une balade à pieds à travers les ruelles pour découvrir la bastide d’Eymet. Commencé votre visite par la magnifique place centrale entourée de cornières. La place de la bastide d'Eymet a une particularité, contrairement aux autres bastides voisine où elle est le cœur du village, elle est ici décentrée à l’ouest afin de se rapprocher de la rivière, le Dropt où se situait un débarcadère, ce notamment à des fins commerciales. Entourée de maisons à arcades, elle constitue le coeur de l'ancienne cité médiévale, à la fois centre administratif avec la grange aux dîmes, et centre commercial avec la halle centrale aux piliers de bois, lors des travaux d'aménagements menés en 1994, on a retrouvé des traces de celle d'Eymet, détruite en 1793.
Elle se voit dotée de divers noms : place des arcades, des cornières ou encore place d’armes. Son nom 'officiel' est aujourd'hui la place Gambetta, bordée de "couverts" qui abritent les marchands depuis le Moyen Âge. La halle fut remplacée en 1830 par la fontaine que vous pouvez voir en plein centre. Cette halle accueille le marché, dont le jour est fixé dans la charte - le jeudi à Eymet. Cela fait donc 750 ans que le jeudi matin, les étals emplissent ce lieu pour offrir les produits de la région.
Flâner dans le quadrillage des rues et des carreyrous, charmantes petites ruelles très étroites se croisant à angles droits, elles permetent de découvrir les vieilles maisons et le petit patrimoine très riche du village. Observez les maisons typiques à pans de bois, certaines façades ont été remaniées au XVe siècle. Le torchis et les les pans de bois ont été remplacé par la pierre, plus solide et résistante. Une en particulier pourra retenir votre attention, celle qui abrite aujourd'hui le restaurant "La Maison d'Amour" qui tient son nom au fait que Henri de Navarre y aurait séjourné.
De nombreux monuments n’attendent que vous et votre appareil photo. Eymet est l’une des rares bastides de France abritant un château fort en son sein. Pour des besoins défensifs, notamment durant les nombreuses batailles de la Guerre de Cent Ans, ce château de Eymet seront renforcés et se transformèrent en forteresse. C’est ainsi qu’en 1320, les appareils défensifs seront ajoutés à l’édifice : échauguette dans le mur Ouest, donjon carré surmonté de mâchicoulis et de créneaux près de la porte Sud, bretèche à l’Est ainsi qu’une muraille de part en part. Une splendide demeure, typiquement périgourdine des XVe et XVIe siècles, est également construite et adossée au rempart Nord.
Lorsque vous passez sous la porte Nord du château de Eymet, levez les yeux et observez les signes gravés dans la pierre. Certains y voient de simples graffitis, d'autres se laissent aller à penser que ces gravures étaient des marques laissées par les maîtres tailleurs de pierres afin de matérialiser le travail accompli... et s'assurer de la rémunération liée à l'ouvrage. Cette fortification efficace en son temps n’a pas su subsister au temps. Effectivement, celle-ci a perdu la majeure partie de ses courtines et son logis a dû être reconstruit au XIXe siècle. Ses remparts ont été détruits en 1830. Vous pourrez malgré tout admirer les nombreux vestiges du château : son majestueux donjon carré, ses remparts, ses portes d’entrée ainsi que son musée. Les vestiges des remparts de la ville y sont également visibles. Construits en 1320, ils ont été détruits en 1830.
Lors de votre escapade dans les ruelles d’Eymet, admirez l'église Notre-Dame-de-l'Assomption du XIXe siècle, de style néogothique, qui a remplacé l'ancienne église médiévale. Un important patrimoine religieux est présent à Eymet outre l’église Notre-Dame-de-l’Assomption, vous pouvez également voir l’église romane Saint-Martin du XIIe siècle. On y trouve même un temple protestant nous rappelant qu’Eymet devient une place Huguenote au XVIe siècle. Véritable empreinte du passé religieux de la région, le temple protestant d’Eymet fait parti des lieux à visiter. Le temple a été construit suite à la création de l’Edit de Nantes mettant fin aux guerres entre catholiques et protestants. Bien qu’il soit caractérisé par son côté sobre, et par sa reconstruction en 1808, il fait partie du patrimoine de la région. Emprunter la rue du Temple et vous pourrez l’apercevoir.
Enfin, un autre héritage de la bastide d’Eymet concerne son quai de navigation. Ce quai rappelle qu’Eymet a été un port par lequel des gabarres chargées de vins, de grains et de bois passaient en direction de Bordeaux. En face de cet édifice, on peut retrouver les soubassements du moulin de la ville, créé au XIVe siècle. Terminez votre ballade le long du Dropt, rivière qui encercle la bastide. Peut-être pourrez-vous apercevoir les gabarres, bateaux traditionnels transportant du vin le long de la rivière.
Plus loin, le pont médiéval du Dropta été construit au XIIIesiècle sur la voie reliant Marmande à Bergerac fréquentée depuis l'Antiquité romaine. A deux kilomètres, au sud-est de la Bastide, venez admirer le château de Pouthet du XVIIIe siècle. Profondément remanié à la fin du XIXe siècle, il est aujourd’hui une chartreuse surélevée doté d’un parc comportant des buis taillés et une superbe allée de cèdres plantée il y a 150 ans !