Les deux paroisses et communes Javerlhac et La Chapelle-Saint-Robert se sont réunies en 1823 sous le nouveau nom de Javerlhac-et-la-Chapelle-Saint-Robert. Javerlhac est occupé depuis l'âge du fer comme le montrent des vestiges trouvés à la fin du xixe siècle dans la grotte des Ormes. En 1264, Javerlhac est mentionnée dans les archives du Vatican, puis en 1288, dans la légende d'un sceau.
À la Chapelle-Saint-Robert la vie s'est organisée autour de son église romane remarquable datant du XIe siècle. En 1330, l'évêque d'Angoulême parle de la Capella Sancti Roberti. En 1943, le groupement 38 "Mermoz" des Chantiers de la jeunesse, déplacé des Pyrénées vers la Dordogne, installa son infirmerie-hôpital au château de Jommelières.
Le 24 juillet 1944 a eu lieu le combat dit de Javerlhac. Ce combat eut lieu à la limite des départements de Charente et de Dordogne, sur la route d’Angoulême à Nontron qui traverse les communes de Souffrignac (Charente) et de Varaignes et Javerlhac (Dordogne). Il opposa le 24 juillet 1944 une colonne de répression et de représailles germano-vichyste aux maquisards de la brigade RAC (Armée secrète) et de la Section spéciale de sabotage (SSS) de Jacques Nancy (alias Sape). Six maquisards trouvèrent la mort.
Au petit matin du 24 juillet, une colonne d’environ 400 hommes, composée de Feldgendarmes, d’unités de police, de supplétifs Nord-Africains et de miliciens, avec des véhicules blindés et de l’artillerie, venant d’Angoulême, se dirigeait vers Nontron en Dordogne, ville libérée par les maquisards. La 2e compagnie RAC du lieutenant Manuel Abeces (dit Manu) avait établi un barrage sur la route, entre le Grand Moulin de Varaignes et le moulin de Briée, sur la commune de Souffrignac, à la limite des départements de Charente et de Dordogne.
Les maquisards du groupe Manu, une vingtaine d’hommes, durent se replier en perdant cinq combattants, deux tués en action, trois capturés et exécutés. Ils reçurent ensuite le soutien de la SSS de Nancy, ce que permit de contenir l’attaque. En fin de journée, la colonne se retira, pour revenir le lendemain à Mainzac, au sud de Souffrignac, accrochant un détachement FTP, massacrant six habitants et brûlant deux maisons, la mairie et
l’école. Des stèles furent érigées à la mémoire des maquisards tombés dans les deux communes le 24 juillet.
Situé Place Saint-Étienne, le château de Javerlhac date du XVIe siècle. La seigneurie, dépendant de la baronnie de Nontron, avait pour seigneurs suzerains les vicomtes de Limoges. Le château avec ses ouvertures Renaissance et sa tour à mâchicoulis, est reconstruit vers 1498 par Dauphin Pastoureau, maître de forge à Nontron, début XVIe siècle. Une description de 1730 indique que le château est à trois tours carrées et rondes. En 1888, le donjon, haute tour carrée, n'existe plus.
L'édifice actuel se compose de deux corps de logis en retour d'équerre, soudés par une tour polygonale, à mâchicoulis, renfermant l'escalier qui dessert les deux bâtiments. Le logis ouest, rehaussé à la fin du 19e siècle, devait à l'origine posséder un chemin de ronde qu continuait celui de la tour ronde. A l'angle nord-ouest de ce logis s'élève une grosse tour ronde à mâchicoulis ornés de trilobes et portés sur des corbeaux à trois redans.
A ses côtés, il est possible d'admirer la Fuye, un pigeonnier circulaire haut de 7 mètres, à l'origine situé au milieu de la rivière. Il contient 1 200 cases à pigeons (boulins) et présente une girouette armoriée de 1737. Tout près sur la rive gauche du Bandiat, le moulin Martin servant autrefois à la fabrication de l'huile de noix, fait toujours tourner sa roue à aubes, comme au XIIIe siècle.
Construite au XIe siècle, l'église Saint-Robert de la Chapelle-Saint-Robert situé à 3 kms du bourg de Javerlhac, méritent votre attention. Elle fut à l'origine la chapelle d'un prieuré bénédictin. C'est un édifice de style roman, avec notamment une façade proche de celles des églises romanes de la Saintonge. Elle a été restaurée par l'Association de Sauvegarde de l'église de La Chapelle, les Bâtiments de France et la Commune.
La présence des moines est authentifiée dès le Xe siècle au lieu-dit Labadias (les abbayes). Vers 1050, Robert de Turlande, fondateur et 1er abbé de la Chaise-Dieu envoie son disciple Raoul Passeron fonder le prieuré au lieu même qui deviendra La Chapelle Saint Robert. Les bâtiments conventuels n'existent plus. L'église Saint-Robert de la Chapelle-Saint-Robert se distingue par son imposant clocher carré à trois étages de 27m. Ne manquez pas non plus d'admirer dans le bourg de Javerlhac l'église Saint-Etienne de Javerlhac. Cette dernière a été édifiée au XIIe siècle et remaniée au
XVIe. Elle abrite des piliers et chapiteaux anciens avec des têtes sculptées. Deux gisants reposent dans l'enfeu côté clocher.
En se baladant dans les rues de Javerlhac-et-la-Chapelle-Saint-Robert, il est possible d'admirer le manoir du Logis édifié à la fin du XIXe siècle sur l'emplacement d'une maison de maître de la fin du XVe siècle, le château de Puymoger du XVIIe siècle, ou encore le domaine de Jommelières construit entre 1859 et 1860 à l'emplacement d'une gentilhommière et d'une forge. En 1876 un industriel ancien maire de Javerlhac, Victor Massé, ouvre un centre d'éducation surveillée pour mineurs, un « bagne pour enfants », fermé par arrêté préfectoral en 1899. Aujourd'hui on y trouve une pépinière.
Au bord du Bandiat, Forgeneuve et la Forge forment le « site des Forges ». Il s'agit d'une ancienne forge royale à hauts fourneaux construite à partir de 1750 par Marc-René de Montalembert qui fait ériger deux hauts fourneaux afin de fournir des canons à l'arsenal de Rochefort. Elle est améliorée en 1755 par le suisse Jean Maritz et en 1782, Forgeneuve devient, par décision de Louis XVI, une forge royale à canons, dont l'activité cesse en 1870.
Un sentier de randonnée conduit à Pierre Virande, un roc en silex orangé, monolithe qui peut être rattaché à un culte druidique, au mythe solaire ou peut encore être considéré comme une pierre tombale de chef gaulois... Sur la route de Varaignes, on peut s'arrêter devant la fontaine miraculeuse Sainte-Marguerite.