Habité dès le Néolithique puis à l'époque gallo-romaine, Saint-Astier et son nom sont liés à l’histoire d’un homme, Astérius, fils d’une famille romaine, né au vie siècle à Puy-de-Pont, à l’embouchure de l’Isle et du Salembre, près de Neuvic sur l'Isle. La légende veut que, devenu ermite, il réalise de nombreux miracles donnant au lieu une certaine renommée. Après sa mort, son tombeau attirant la dévotion des fidèles, une abbaye est bâtie au viiie siècle, autour de laquelle s'établit une cité.
Sur les rives de l’Isle, la petite bourgade subit de plein fouet les invasions qui ravagent le Périgord, notamment par les Normands qui la dévastent en 849. En 980, une église est bâtie. Les restes de saint Astier y sont transférés. L’église elle-même fera l’objet de fortifications successives, lui donnant son aspect massif actuel. Incendiée, elle sera reconstruite au xie siècle et connaîtra plusieurs modifications jusqu’à nos jours. En 1219, Saint-Astier devient l’une des trente-quatre villes fortifiées du Périgord, se protégeant en particulier du côté de la rivière.
L’évènement marquant à Saint-Astier au XIXe siècle fut la construction d’un pont permanent sur l’Isle, en remplacement des fragiles passerelles en bois, auxquelles chaque crue était fatale. Le 20 août 1944, des combats opposent les résistants aux Allemands qui, en représailles, fusillent le soir même vingt-et-un otages, dont le curé de la paroisse, l'abbé Petithomme-Lafaye au lieu-dit Les Quatre Routes. Sur place, deux stèles ont été érigées pour rendre hommage à ces victimes ainsi qu'aux dix résistants morts pour la France ce jour-là.
En arrivant de Périgueux, la découverte des bords de rivière est magnifique avec en arrière-plan l'église fortifiée millénaire et les toits de Saint Astier. La ville située sur une couche crayeuse pure a permis l'installation d'usines qui extraient et préparent la chaux. A l'entrée de la ville, vous pouvez voir égalament le Château de Puy Saint-Astier (privé), du XVème siècle, qui dispose de tours crénelées et d'une terrasse dominant la vallée. La présence du Puy-Saint-Astier est attestée par des documents dès 1340, mais l’actuel château ne paraît pas antérieur au XVe siècle.
De par son implantation dominante sur la vallée de l’Isle, le château permettait d’assurer un contrôle sur les voies de communication, aussi bien terrestres que fluviales, entre Saint-Astier et Périgueux. Vu l’importance des mouvements des troupes tant anglaises que françaises au cours de la guerre de Cent Ans, on comprend mieux l’importance stratégique du site. Le Château de Puyferrat, comprend un corps de logis rectangulaire flanqué de tours rondes et un chemin de ronde sur mâchicoulis.
Un peu plus loin, le château de Crognac, au sommet de la falaise, dominant l'Isle, fût une position fortifiée au Xe siècle. Il y subsiste des vestiges du XVIème siècle, bien que le corps de logis principal fût reconstruit en grande partie au XIXème siècle (propriété privée).
Commencez votre promenade par la place Saint-Astier ou se trouve une statue du saint, habillé en habit de moine. Asterius est né en 560 AC près de Neuvic sur l'Isle qui est à environ 10 km de Saint Astier. Dirigez-vous vers la place Gambetta au pied de l’Église. Sur la place Gambetta, se trouvent deux maisons aux angles desquelles subsistent des tourelles en encorbellement, appelées « poivrières », à toitures pointues ou plates, dont l’encadrement des fenêtres est composé d’un fronton et de deux colonnettes sculptées de motifs renaissance. L'une des tourelle à encorbellement nommée salle capitulaire servait autrefois de salle de réunion.
On aperçoit sur l’une des fenêtre de la tourelle une coquille, marquant l’itinéraire des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, le Camino de Santiago. Il existe de nombreuses routes de pèlerinage vers Santiago-de-Compostelle en Espagne et la ville de Saint Astier est sur la route de Vézelay. À côté de la salle capitulaire se trouve le porche qui autrefois étais l'entrée de la ville. Remarquez la très étroite rue Daumesnil à côté de la porte d'entrée. De l'autre côté de la porte se trouve la place de la République dominée par la grande halle couverte construite en 1886. Elle était à l'origine une halle aux grains.
La place de la République accueille également l’Hôtel de ville. Dès 1925, l’ancienne mairie située sur la place de la Victoire apparait trop exiguë. C’est ainsi qu’en 1929 la nouvelle mairie est construite sur la place du Minage (actuelle place de la République). L’architecte a tiré un excellent parti de l’édifice en y ajoutant deux belles salles de chaque côté, se prolongeant toutes deux avec un léger avancement. L’église de Saint-Astier se trouve à l'autre bout de la place Gambetta. Edifiée à la fin du Xe siècle, l’église de Saint-Astier fut consacrée au début du XIe siècle par Raoul de Scoraille Evêque de Périgueux (1001-1013) il a également fondé la congrégation des chanoines de Saint-Astier.
En 1894, une crypte a été découverte sous le choeur avec un autel du XIe siècle contenant des reliques censées appartenir à l'ermite Astérius. Restaurée au XVe siècle après la guerre de cent ans, il ne reste de l’église primitive, en dehors de la crypte, qu’un pan de mur sur la face nord, les piliers qui supportaient la coupole centrale, et un ancien bas-relief enclavé dans le mur ouest du bas-côté. Au début du XVIe siècle furent construits l’abside polygonale et le clocher. L'église de Saint-Astier abrite un impressionnant orgue baroque et des concerts sont organisés tout au long de l'année. Notons la présence de ruelles étroites autour de l'église.
De l'autre côté de l'église se trouve une jolie rue de maisons à colombages d'architecture médiévale, rue de la Fontaine qui descend vers l'office de tourisme appelé la Maison Labidoire qui faisait partie de l'enceinte fortifiée du XIIIe siècle. La sauvegarde de la maison du XVIe siècle dite « Maison Labidoire », à l’angle de la rue de la Fontaine et de la rue Claveille a nécessité en 2012 des travaux de rénovation de charpente et de couverture. Enfin, dirigez-vous vers la rivière. Très belle promenade sur les bords de la rivière offrant une vue imprenable sur l'Eglise fortifiée. Une plate-forme a été construite à côté de la rivière et de là, vous pourrez admirer le barrage, le pont en pierre voûté et les maisons au bord de la rivière. La passerelle métallique que vous pouvez voir fait partie du 'Véloroute Voie Verte' créé en 2015.
Plusieurs châteaux ornent également quelques hameaux : Edifié au XVe siècle par la famille de La Porte, le château de Puyferrat se situe à 2 km du centre-ville de Saint-Astier. Au XIXe siècle, il est acquis par la famille Dupont, famille d’imprimeurs périgourdins et représentants du peuple. L’un d’eux, tué en duel, reposerait dans la chapelle néo-gothique du parc. Le château de Puyferrat garde de nombreux témoins de l’architecture féodale, notamment un corps de logis de plan rectangulaire couvert d’un toit extrêmement pentu et d’une belle charpente en croix de Saint-André. Flanqué de deux tours d’angle et deux échauguettes couvertes de toits en poivrière, un chemin de ronde complet sur mâchicoulis en fait le tour. Le chemin de ronde, permet d’apprécier un magnifique panorama sur Saint-Astier, la campagne et les villages environnants.
Prendre le chemin des Chapelles jusqu'à la Chapelle des bois, sur les coteaux au Nord Ouest. Cette chapelle est mentionnée dés 1276. Rebâtie au XVIIe siècle et fortement restaurée au XIXe, la chapelle abrite la grotte de l’ermite Saint Astier qui y vécut à partir de la fin du VIe siècle. La tradition attribue à l’ermite un pouvoir de guérison et notamment celle d’une princesse qui, en reconnaissance, aurait financé la fondation d’une communauté religieuse. Édifice de plan rectangulaire avec clocher, l’accès à la grotte se fait par une baie en arc surbaissée sous la chapelle.
Une voûte en berceau surbaissée, vestige de l’édifice médiéval, est soutenue dans sa partie centrale par un arc doubleau chanfreiné. Dans l’angle nord-ouest est aménagée une fontaine de forme ovoïde avec une margelle en arc de cercle, la Foun Bonî miraculeuse. A proximité, subsistent des restes de l'église romane St-Pierre dans une grange.
Prendre la D43 et la route des Roches en direction de la Chartreuse de Fareyrou, situé au 635 Chemin du Domaine de Fareyrou. La Chartreuse de Farreyrou est indissociable de la famille de Chalup. L’édifice a probablement été construit au XVIIe siècle par Raymond de Chalup, seigneur de Farreyrou. La famille occupe le domaine jusqu’à la Révolution, puis le domaine est partagé en deux propriétés. La Chartreuse de Farreyrou est composée de quatre corps de bâtiments articulés autour d’une cour carrée.
Au centre de l’aile occidentale, l’entrée est marquée par un châtelet crénelé, rappelant l’architecture seigneuriale du moyen âge, bien que datant du XVIIe siècle. Le châtelet conserve un décor dorique et mâchicoulis. À l’est du corps de logis proprement dit s’étend un jardin. Aujourd’hui, une même famille occupe les lieux et cette réunification du domaine permet une restauration de l’ensemble des bâtiments.
Pour finir ce petit parcours, continuer vers le domaine de Labatut, via la D3 et la route du Val de l'Isle. Témoignage de l’occupation de grandes familles nobles dans ce lieu, il s’insère dans le paysage naturel du canal, site remarquable et propice à la promenade. Le château de Labattut du XIVe et XVe siècles est situé dans la plaine, entre l’Isle et le canal, la tour peut être datée du XVe siècle. Les premiers occupants furent la famille Chaumont et La Batud, le château a été remanié par les différentes familles qui l’ont occupé, il n’en garde pas moins son intérêt architectural, le manoir actuel étant plus récent.