Par la suite le sanctuaire d'Avitus (Saint Avit) devint alors un haut lieu de pèlerinage notamment pour les marcheurs de Saint-Jacques de Compostelle en raison de sa situation sur le chemin qui part de Vézelay et de la notoriété de Saint Avit. Le passage des pèlerins est attesté par des objets retrouvés lors des fouilles du cloître durant les années 1960. Une deuxième église romane, plus vaste, est donc construite fin XIe - début XIIe siècle : il s'agit de l'église actuelle.
Situé à proximité de la vallée de la Couze, le village de Saint-Avit-Sénieur est situé sur une hauteur, à l'extrémité d'un plateau, limité par deux vallées sèches, sur un site offrant des facilités défensives à l'ouest et au sud. Au cours des siècles, le monastère et le village connurent 3 saccages : en 1214 par les Albigeois, en 1442 par les Anglais (Guerre de Cent Ans) et en 1577 durant les guerres de Religions. L'église construite au XIIe siècle fut l'objet d'incendies, de pillages, durant la guerre de Cent Ans. Les murs d'enceinte écroulés servirent alors de carrière pour la construction de maisons des habitants alentours.
La richesse patrimoniale de cette belle petite cité de Saint-Avit-Sénieur mérite le détour, la beauté et la quiétude de son patrimoine charmera plus d'un visiteur. L’histoire de ce lieu impactée par Saint Avitus et par le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, invite les visiteurs à découvrir un village rempli de charme, de sérénité et de beauté architecturale. Tel un véritable livre d'histoire mis à la disposition des regards, les vieilles pierres vous conteront, au détour d'une ruelle bordée de Abbatiale, la glorieuse histoire de cette petite cité de la Dordogne.
Il n'est pas difficile de garer votre véhicule, il y a plusieurs emplacements de stationnement dans le centre de Saint-Avit-Sénieur. Commencez votre visite par le principal monument de Saint-Avit-Senieur, son Abbatiale. Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'Abbatiale est un monument considérable. La construction de l'abbaye est entreprise au début du XIIe siècle, comme en attestent 3 inscriptions lapidaires situés dans l'avant-chœur de l'église, qui relatent des événements de l'histoire de la vie de l'abbaye.
Entrez dans l'église abbatiale de Saint-Avit-Senieur où la beauté de l'architecture se mêle au décor peint.... L'église quelque peu fortifiée se rattache l'abbaye dont il ne reste que quelques ruines. Une tradiction orale rapporte que les Albigeois auraient incendiés la prieurale au XIIIe siècle. Après les destructions de 1214, on y ajoute deux tours en façade qui constituèrent avec les combles aménagés à cet effet, l'essentiel du dispositif de défense. L'entrée est surmontée d'un crénelage et de deux clochers datant du XIIIe siècle. Le clocher nord a été partiellement détruit au cours des guerres de religion. Le mur accolé aux ruines du cloître présente de façon nette des traces rouges d'un incendie. Deux traditions orales attribuent cet incendie soit aux albigeois en 1214, soit aux Anglais en 1442, pendant la guerre de Cent Ans. Au pied de l'abside se trouvent quelques tombes vides de moines ou d'aristocrates.
A l''intérieur de l'église abbatiale : une impression d'ampleur et de majesté se dégage avec les 18 mètres de hauteur sous clé de voûte. Le chœur abrite un important retable en bois doré du début du XIXe siècle ainsi que d'anciennes stalles restaurées. Le bénitier monolithe porte un décor de lions fantastiques à la queue fleuronnée. Sur les murs intérieurs de l'église, vous apercevrez quelques peintures murales datées du XIVe siècle et qui s'inspirent des motifs orientaux. Vous avez également une représentation de Saint-Christophe tenant l'enfant Jésus sur son épaule. Mais le plus impressionnant est le magnifique décor de losanges à fleurons qui se développe d'abord sur les voûtes en auréoles concentriques à partir des clés pour gagner ensuite les murs.
Lors de la restaurations de l'église abbatiale de Saint-Avit-Senieur, des fouilles archéologiques menées par Paul Fitte dans les années 1960 ont mis au jour des tuiles canal comme en employaient les Romains et qui pourraient être celles du temple gallo-romain de la légende.
Du cloître augustinien accolé au mur sud de l'église, il ne reste que les murs extérieurs, sur lesquels on remarque les emplacements pour les poutres de la charpente du cloître, la base d'un muret intérieur ainsi qu'au centre le puits dans lequel on a découvert divers éléments sculptés appartenant au cloître et de nombreux boulets de pierre. Le cloître a servi de cimetière de 1659 à 1923. La salle capitulaire subsiste. Dans celle-ci est installé un petit musée archéologique présentant des éléments du cloître découverts lors de fouilles effectuées dans les années 1960, notamment des bordures de piliers ou de chapiteaux, des blocs représentant les signes astrologiques, les cavaliers et les vieillards de l'Apocalypse. Le style de ces sculptures montre l'influence du Quercy et du Toulousain.
Subsistent également le porche d'entrée est, la sacristie situé à côté de l'église abbatiale de Saint-Avit-Senieur et une partie du dortoir des moines au-dessus de la sacristie. Le bâtiment attenant à l'église du Dortoir des Moines, est plus ancien que celle-ci. Au rez-de-chaussée, la sacristie et la salle capitulaire. Cette demeure fut couverte au XIIe siècle de voûtes d'arêtes retombant sur deux piles carrées aux chapiteaux moulurés et aux bases sans décor. A l'étage, le dortoir des moines. Le porche donne accès au cloître et au musée géologique et archéologique qui est à visiter. Celui-ci présente les collections d'un petit musée géologique suite aux legs de Jean Capelle.
Au sud se dresse un ancien presbytère servant de lieu d'expositions temporaires. L'étage supérieur s'élève sur un rez-de-chaussée probablement plus ancien. Le presbytère est un logis fortement remanié, construit au XVIIe siècle. Le rez-de-chaussée, du XIe siècle, à servi de base à cette construction. Il est éclairé par des fenêtres cintrées et possède des voûtes en berceau brisé. Ce pourrait être l'église primitive du village de Saint-Avit-Senieur. Les pierres de l'étage et de la galerie haute proviennent de récupération après les destructions. Des sculptures provenant de supports du cloître y furent trouvées. Les murs qui forment le cloître sur les côtés ouest et sud appartiennent respectivement au cellier et au réfectoire.
Près du mur sud du cloître se trouvent les fondations des pièces qui ont pu être, si on se réfère au plan traditionnel des abbayes, les cuisines avec les restes d'un four à pain, le réfectoire, un scriptorium, le cellier aujourd'hui couvert d'une halle. Des vestiges de murs de fortifications entourent le presbytère. À l'ouest du presbytère se trouvent encore d'autres fondations qui ont pu être celles d'habitations. Située au nord de l'église, la place du fort présente des maisons anciennes à fenêtres gothiques ou Renaissance, à gauche, une maison au cadran solaire. La maison située à gauche du rempart porte l'inscription « Chanoine Fadelpech 1628 ». Au fond du jardin, vestige du mur d'enceinte du XIVe siècle. A droite, mur de l'église où l'on remarque les pierres rougies par les incendies des sacs en 1214 et 1577. L'abside initialement circulaire fut détruite en 1577 et rebâtie droite, donnant moins de place au chœur.
À l'ouest de l'abbaye de Saint-Avit-Senieur, à gauche de la mairie, se trouve un ancien hospice pour les pèlerins se dirigeant vers Saint-Jaeques-de-Compostelle, dont ne subsistaient au début du XXe siècle que les murs ouest et nord (fenêtres à meneaux). Une léproserie était attenante au bâtiment. L'hospice donne sur une esplanade offrant une vue sur la vallée et sur la grotte cachée derrière les feuillages à flanc de falaise, en face où Avitus a peut-être vécu. On aperçoit également un lavoir alimenté par une source où l'ermite aurait pu, autrefois, s'abreuver.
À l'ouest et au sud de l'esplanade, des jardins en terrasse, soutenus par des murets régulièrement rénovés, ont pu être cultivés par les chanoines. Ces cultures en terrasses, gagnées sur l'emplacement d'anciennes carrières, disposent d'un système de citernes creusées à même la roche, au pied des falaises. Dans la vallée, passait une voie romaine venant de Beaumont, allant en direction de Molières et Badefols. Les nombreux séchoirs à tabac encore en activité sur la commune de Saint-Avit-Senieur, sont les témoins d'une activité agricole d'antan intense.