Il faut remonter vers l'an 980 pour voir la naissance du village de Salignac au pied d'un donjon de bois établi par Geoffroi de Salignac, premier du nom, sur une éminence rocheuse aménagée en motte féodale, légèrement à l'écart du plateau. Au XIIe siècle, deux donjons en pierre lui succèdent sur la motte et l'église Saint-Julien est construite au sud-ouest du village, participant à l'extension de celui-ci. Après la réunion du Périgord à la couronne de France en 1393, les seigneurs de Salignac sont successivement appelés aux charges les plus éminentes. Parmi eux, le précepteur du petit-fils de Louis XIV, François de Salignac de la Mothe-Fénelon, archevêque de Cambrai.
En 1631, la peste frappe le village de Salignac. Elle y fait près de 500 victimes dont Marguerite Hurault de l'Hôpital, petite-fille du célèbre chancelier Michel de L'Hospital, veuve de Jean de Gontaut-Biron, baron de Salignac, ambassadeur de France à Constantinople. La Révolution entraîne, à la fin du XVIIIe siècle, d'importantes transformations du bourg dont la création de nouvelles places. C'est alors, en 1791, que bon nombre des documents qui auraient permis de connaître en détail l'histoire médiévale du village sont brûlés par la population en liesse : titres féodaux, archives notariales et de la cure,...
Les remparts du château de Salignac ne défendent plus le village accroché à son éperon rocheux, mais, cette fière bâtisse des XIIe et XIIIe siècles, appartenant à la famille de Salignac Fénélon, témoigne de son passé. Salignac-Eyvigues est surtout connue pour les Jardins du Manoir d'Eyrignac, à quelques kilomètres au sud du village, classés comme "jardins remarquables". Ce village aux témoignages médiévaux importants, mérite une étape sur la route de vos vacances.
Au détour des ruelles de Salignac se cachent de belles maisons périgourdines des XIIIe et XIVe siècles. Les vieilles rues aux chaudes couleurs de la pierre du pays conduisent à la halle et à l'église gothique dont on admire le chemin de croix. A proximité du château, la place de la halle a été, jusqu’à la Révolution, la place principale du village : le cœur du quartier commerçant où se tenaient les marchés. À ses abords ou autour d’elle plusieurs hôtels nobles sont construits dès le Moyen Age. Les archives témoignent de la présence d’une halle dès le XVIIIe siècle
Découvrez notamment le Palais de Salignac dit aussi le couvent des Croisiers daté des XIIIe et XIVe siècles. Il s’agit de l’une des plus anciennes et des plus belles demeures de Salignac. Même si certains l’appellent le couvent des Croisiers, aucun document d’archive n’atteste de l’existence d’un couvent en ce lieu. Le palais de Salignac est le seul monument qui mérite, selon le spécialiste des maisons médiévales Pierre Garrigou-Granchamp, une telle appellation dans tout le Sarladais. Il est probable que cette maison noble soit celle d'une des familles nobles vassales des comtes de Salignac, comme celle de Ferrières. On peut voir en partie basse six arcades et des restes de fenêtres ogivales au-dessus. Les ouvertures ont été modifiées au XIVe siècle pour faire pénétrer la lumière dans les vastes salles. Les niveaux de planchers ont été modifiés à l'époque moderne et les percements sont repris. Le toit de lauzes ne subsiste que sur le tiers du bâtiment.
La construction primitive de l'église Saint-Julien-de-Brioude de Salignac date du XIIe siècle, mais seule la chapelle sud de l'église témoigne de cette époque. Au XIVe siècle, l'édifice est en grande partie reconstruit : la nef, les portails ouest et nord, l'avant-chœur et le chœur. Au XVe siècle, une chapelle est ajoutée au mur nord de la nef. Au XIXe siècle, le clocher-porche remplace l'ancien clocher-mur percé de trois baies campanaires qui constituait la façade de l’église du XVe siècle.
Le château de Salignac en contrebas du village a une longue histoire. Pendant la guerre de Cent Ans, il était à la frontière entre le territoire anglais et le territoire français, et a changé de mains entre les deux parties à plusieurs reprises. Laissé en ruine par la guerre, le château de Salignac a été reconstruit au XVe siècle, avant les guerres de religion. Dans le cadre de cette guerre, en 1587 le château était sous le contrôle de l'évêque de Sarlat, et utilisé pour défendre la ville contre une attaque d'une armée de Turenne, dirigée par un seigneur de Salignac. Le château de Salignac était situé sur une position stratégique au moyen âge…et il l'est encore aujourd’hui.
Le Château de Salignac appartient à un particulier, c’est un domaine privé. Pas tout à fait en ruine, mais pas tout à fait en état, le Château de Salignac, derrière sa façade majestueuse, est un projet de sauvegarde qui vous permettra de découvrir la réalité des châteaux : de son état d'acquisition aux étapes de sa restauration au fil des ans. Le Château est ouvert à la visite. Pour qui observe un tant soit peu le découpage des parcelles au pied du château entre le chemin des Remparts et la rue du Barry aux tracés concentriques, il est facile de retrouver des indices de la régularité du parcellaire créé au Moyen Âge.
Au centre de la rue du Barry, la place Naudy, ainsi dénommée dès la fin du XVIIIe siècle semble correspondre à la « place de l’Estivalier » signalée en 1389. Le lavoir, au centre de la place, a été construit à la suite d’une souscription publique après 1855. Ce lavoir et sa fontaine, tout comme le lavoir et la fontaine de Roumestan une centaine de mètres au sud, ont constitué, jusqu’à l’apparition des machines à laver, un lieu de rencontre des femmes du village.
Il faut également citer, la chapelle du Cheylard du XIVe siècle, de vieilles maisons restaurées, les églises, les gentilhommières, les anciens presbytères, écoles et ferme d'Eyvigues et Eybènes, communes rattachées à Salignac, le château de Barbeyroux mentionné en 1325, le château d'Eyvigues du XVI et XVIIe siècles, le manoir d'Eybènes du XVIe siècle, le Château du Claud ou du Claux des XVe et XVIe siècles sur des bases remontant au XIIIe siècle, la demeure a appartenu successivement aux Vigier, aux d’Anglars et aux de Génis. Propriété privée. Ne se visite pas. Le château de Toulgou, lieu de naissance de Gautier de Costes de La Calprenède. Ne se visite pas. À une centaine de mètres à l’est, l’on peut découvrir les ruines de ce qui fut, à la fin du XVe siècle, l’église paroissiale de Toulgou auprès de laquelle un sarcophage témoigne de l’existence d’un ancien cimetière.