Le début de la construction de Tourtoirac remonterait aux environs de 1003, elle s’est étalée jusqu’au XIIIe siècle. A la fin du XIIIe siècle, 34 moines vivaient dans l'abbaye. Détruite en 1345 lors de la guerre de cent ans, restaurée sous Louis XI, elle fut à nouveau ravagée lors des guerres de religion. Si en 1465 on compte encore 16 moines, il n'en reste plus un seul après le passage des Réformés et Saint Pierre de Tourtoirac n'eut plus d'abbaye que le nom. Le bourg a été édifié dans la vallée, en bordure de l'Auvézère, à proximité de la fontaine de la Clautre qui signifie le cloître. Cette charmante commune de Tourtoirac traversée par l'Auvézère mérite le détour pour son imposante abbaye, sa grotte découverte en 1995. Proche de Tourtoirac, sur les collines et falaises, se concentrent quelques hameaux : les Rochers, Saint-Hilaire, les Ourteix et les Taloches.
Vous pouvez commencer votre promenade dans Tourtoirac en visitant l'ensemble formé par l'église abbatiale Saint-Pierre-ès-Liens, romane et l'ancienne abbaye bénédictine. Une abbatiale dressée fièrement au centre du village, qui a traversé les siècles avec leurs aléas, joyau du patrimoine communal. L'abbaye de Tourtoirac fut l'un des plus grands établissements monastiques du Périgord. Sa fondation date de 1023, établie à l'emplacement d'une ancienne villa romaine, les religieux appartenaient à l'ordre des bénédictins. L'ensemble comprend au premier chef l'église abbatiale devenue ensuite paroissiale, de style roman, élevée aux XIIe et XIIIe siècles.
Détruite en 1345 lors de la guerre de cent ans, restaurée sous louis XI, elle fut à nouveau ravagée lors des guerres de religion au point de n'avoir plus d'abbaye que le nom. La révolution lui fut fatale : le monastère incendié à 2 reprises, une grande partie de l'église détruite, les fortifications rasées, dégâts amplifiés par une inondation en août 1790. Elle se compose aujourd'hui d'une nef d'origine dont les voûtes ont été remaniées, d'un transept voûté en coupole, ce qui est une tradition dans la région, et de deux croisillons en hémicycle dont les chapiteaux historiés et le décor peint ont été préservés.
En revanche, le chœur semi-circulaire a été détruit. Pour ce qui concerne les bâtiments conventuels, un mur du cloître, la salle capitulaire, découverte dans les caves du presbytère, avec ses remarquables chapiteaux, certains représentent des moines en train de danser, une chapelle voûtée en berceau brisé du XIIe siècle, un four à pain et des éléments d'enceinte datant du XIVe au XVIIe siècle sont toujours visibles. Au sein de ces riches vestiges qui relèvent du roman mais présentent aussi des notes typiquement périgourdines, un musée lapidaire a été aménagé, regroupant pierres et sculptures. Ce patrimoine témoignage de la prouesse technique et artistique de nos ancêtres et de leur vie spirituelle, continue à subir les outrages du temps et chacun peut observer avec inquiétude les stigmates de la lente dégradation des bâtiments.
Sur le côté Est de l'église abbatiale Saint-Pierre-ès-Liens, on trouve le buste du roi d’Araucanie et de Patagonie... Poursuivez votre flanerie en direction de l'étonnant musée des rois d'Araucanie et de Patagonie. Il est consacré à Antoine de Tounens (1825-1878), inhumé à Tourtoirac. Cet aventurier avait quitté la Dordogne en 1860 pour gagner l'Amérique du Sud. C'est là qu'il rencontra la tribu des Mapuches, un peuple d'origine précolombienne que le Français estime malmené par les autorités du Chili. Antoine de Tounens est bientôt proclamé roi d'Araucanie et de Patagonie. Arrêté, expulsé par le gouvernement chilien, il revient en France et meurt dans le dénuement. Pourtant, ses héritiers entendent maintenir la mémoire du roi, et le musée met en avant la richesse culturelle des peuples de Patagonie et les dangers que le monde moderne leur fait courir.
Vous pouvez également visiter le petit cimetière et chercher une tombe royale, celle d'Orélie Antoine de Tounens, roi d'Araucanie et de Patagonie. Au passage, ne manquez pas également de vous rafraîchir à la fontaine de la Clautre, exsurgence du réseau souterrain que vous pouvez parcourir lors de votre visite de la grotte. Au dessus du village de Tourtoirac, au cœur duquel s’écoule la paisible rivière Auvézère, il y le château. Edifié au XVIIIe siècle, le Château de Tourtoirac est l'ancienne demeure des Chevrier, des Queroult et des Labrousse. Sur le bord de Tourtoirac, vous pouvez aussi voir un charmant manoir appelé le Manoir de la Farge du XVIIIe et XIXe siècle.
Après avoir flané dans le centre de Tourtoirac, vous pourrez vous promener le long de la rivière, une charmante partie de la commune. Et pour les amoureux des pique-niques vous trouverez un endroit magique sur le bord de l' Auvézère, où vous pourrez déjeuner les pieds dans l'eau à l'ombre des grands arbres. Quand on évoque le nom de Tourtoirac, on pense de suite à sa grotte, la perle géologique du Périgord, découverte en 1995. Une histoire qui a commencé en 1980 lorsque Gérard Bugel, spéléologue plongeur local décide de s'aventurer seul dans la fontaine de la Clautre située en plein cœur du village de Tourtoirac. Cette fontaine est une résurgence de rivière souterraine, la rivière de la Clautre qui alimentait la commune de Tourtoirac en eau potable.
Ouvert aux visiteurs, le parours traversant les grottes a une longueur d'environ 300 mètres et contient un bon nombre de stalactites et de stalagmites, qui ont été bien éclairés pour rendre la visite plus atmosphérique. En suivant la rivière souterraine, vous serez immergés dans un spectacle d'ombres et de lumières entre colonnes et draperies, excentriques et fistuleuses. Au fil du temps, l'eau et la nature ont creusé la cavité et l'ont décorée et dessinée en une immense fresque.
Le secteur de Tourtoirac compte aussi de nombreuses petites vignes de producteurs locaux. Plus méconnu, le secteur se prête aussi parfaitement à la culture du kiwi ou de la grenade. Enfin, les sous-bois sont propices à la croissance des fraises des bois, des champignons, particulièrement le cèpe ainsi que des chênes truffiers. Pour les amateurs de randonnées, la commune et son environnement sont synonymes de riche potentiel. Outre les berges et cheminements aménagés le long de l'Auvézère, le nord-est du territoire peut être découvert via des sentiers balisés, et des boucles de plus vaste ampleur se dirigeant par exemple vers le Périgord Noir, au sud, sont envisageables.