Il arrive souvent de confondre Beauville dans le Lot-et-Garonne, et non la commune du même nom, à l'est dans le Tarn-et-Garonne. Beauville viendrait du latin Bovis villa, ou littéralement la villa (grand domaine de l'époque romaine) des boeufs ; se retrouvant sur le signe héraldique du village. "Bou" étant le boeuf en gascon, le village se serait appelé successivement Bouville, puis déformé en Boville, pour enfin donner Beauville. On raconte que
durant la guerre de Cent Ans, Beauville, appelée autrefois Boville a triomphalement résisté aux assauts des anglais pendant la guerre de 100 ans.
Beauville a été jusqu'au xvie siècle le siège d'une importante baronnie de l'Agenais, possession de la famille féodale de Beauville puis Talleyrand-Périgord dont l’évêque d’Autun fut le dernier baron. François de Beauville a mené en 1574 la défense du château contre les protestants. Surplombant la vallée depuis son promontoire surplombant la belle campagne Agenais, Beauville semble faire corps avec la roche. Beauville a tout d'une bastide sans être encore reconnu comme tel.
A l’entrée du village, Beauville s'organise autour d'une place à cornières plantée de marronniers, nommé aujourd'hui le carré où alternent vieilles maisons de pierre et maisons à colombages. la place principale de Beauville, contient la mairie d'un côté et de beaux bâtiments en pierre à arcades autour des trois autres. Les rues se coupent à angle droit, y compris les ruelles de la ville basse. Même si le plan du village, organisé autour d'une place à arcades a suggéré que Beauville pouvait être une bastide "oubliée", son existence était bien antérieure à la période de création des bastides à la fin du XIIe siècle. C'était typiquement un bourg seigneurial contre son château. Seule la partie centrale du village actuel a un plan proche de celui d'une bastide, alors que les maisons les plus proches du château ont disparu.
Au centre du village de Beauville sur la place de la Mairie, l’église Saint-Jacques datant des XIVème et XVIème siècles vous ouvre ses portes. L'église Saint-Jacques se compose d'une large nef comportant deux travées carrées et une abside polygonale, le tout voûté sur croisées d'ogives avec liernes et tiercerons. Deux chapelles au sud et trois au nord, voûtées sur croisées d'ogives, s'ouvrent sur la nef et sur l'abside. Les murs de la nef sont ornés de peintures décoratives modernes. De même, les vitraux sont modernes. La porte d'entrée est de style Renaissance et se trouve sous le clocher, établi sur la façade ouest. L'étage inférieur du clocher voûté sur croisées d'ogives avec liernes et tiercerons, forme le porche qui communique avec l'extérieur
au moyen de trois portes surmontées d'arc en tiers point. Le clocher se présente sous la forme d'une tour carrée massive. L'accès se fait par un escalier à vis Saint-Gilles dont la porte s'ouvre sur la façade ouest.
Montant la garde à l'extrémité du plateau, à l’ouest du village s’offre à vous un château Renaissance des XIIIe et XIVe siècles et sa tour à mâchicoulis. Ce château de Beauville, dont les soubassements remontent aux XIIIe et XVIe siècle, a appartenu à la famille de Boville, alliée à celle du maréchal de Montluc et à celle de l'évêque d'Autun, Talleyrand-Périgord. François de Beauville mène en 1574 la défense du château contre les protestants. Les fondations et les soubassements datent de la fin du XIIIe siècle. Les Boville lèguent le bâtiment au département qui y installe six familles de gendarmes de 1865 à 1976.
La moitié du château de Beauville a été construite au XVIe siècle comme en témoignent les fenêtres à meneaux. Le bâtiment est partiellement restauré au début du XVIIe siècle. Vous observez au cours de votre visite l’influence de la Renaissance italienne sur la porte d’entrée et les cheminées, le travail raffiné de la taille d’une pierre de qualité. Une partie du château a conservé une couronnement de mâchicoulis. Certaines hautes fenêtres portent des doubles meneaux. On trouve à l'intérieur un grand escalier intéressant et les anciennes cuisines.
Allez vous promener le long des remparts de Beauville. Les remparts qui la ceinturent, offrent de magnifiques points de vue sur les vallées de la Séoune et les collines environnantes. Saint Roch est le saint protecteur de Beauville. Né vers l'an 1200 à Montpellier, il mourut jeune dans des conditions misérables. Au XVIe siècle, son évocation écarta le fléau de la lèpre qui anéantissait le bétail de Beauville. Une chapelle fut construite en son honneur sur les hauts de Beauville. Elle s'écroula avec le temps. Une croix de pierre la rappelle encore aujourd'hui à côté de l'actuel château d'eau. Les restes de voie romaine entre Beauville et la Petite Séoune.