Les chrétiens construisirent une église sur son tombeau et un monastère s’y établit, aujourd’hui un pèlerinage a lieu tous les ans au mois de juillet. La sainte très honorée par Saint-Eloi au VIIe siècle, vit son culte redynamisé au Xe siècle à la suite de la découverte de ses reliques vers 960. Colombe était vénérée au moyen âge dans toute la France. L’ordre des bénédictins a été fondé en 529 par Benoit de Nursie. Suivant les source évêché de Sens
en Auxerre : les reliques de Ste Colombe, bouts d’os conservés dans un coffret, porte les inscriptions Sancté Colombae, furent sûrement apportées par les bénédictins de l’ordre de Cluny qui occupèrent les lieux et très implantés dans notre secteur, Sainte-Colombe de Sens était sous leur protection, donc on peut penser que la Sainte n’est jamais venue à Sainte-Colombe.
Sainte-Colombe est au Moyen Âge une communauté semi-indépendante dirigée par des consuls, une jurade. Elle avait une charte de coutumes qui réglait les rapports entre les habitants, fixait les punitions dispensées pour tel ou tel manquement. Sainte-Colombe a connu la peste de 1628 qui mit plus de 6 ans à disparaître, et en 1634 et 1635 des orages d'une rare violence qui détruisirent le clocher !
Le village de Sainte-Colombe-en-Bruilhois, d'une petite taille est facile à visiter. Le centre historique conserve encore certains de ses remparts, une église et un anneau de maisons. Cette fort jolie commune est assez remarquable avec la présence de trois églises intéressantes de par leur histoire. En vous promenant dans les rues, vous remarquerez que le village est pavé à l'ancienne. Cette commune est régulièrement distinguée par le jury départemental des villages fleuris.
L'église Notre-Dame-du-bourg construite au XIIe siècle, a été remaniée au XVe siècle. Sa structure rappelle les églises romanes, mais ses voûtes, ses moutures sont gothiques. L'édifice se compose d'un choeur roman, voûtée en berceau brisé, terminé par un cul de four, sur deux doubleaux ; une travée de nef en berceau également romane ; travées de nef ainsi que le bas-côtés nord voûtés d'ogives. Les deuxième et troisième travées de la nef ont des voûtes à liernes et tiercerons, à clefs ornées. Le profil des ogives atteste le 15e siècle. Des chapiteaux en bagues sont ornés de grotesques et d'animaux. Les façades extérieures présentent une austérité militaire.
Le clocher de l'église est sa caractéristique la plus inhabituelle: il est une flèche octogonale sur une tour carrée, et la flèche est construite entièrement en pierre, avec aucune tuiles. Le clocher surmonte la façade occidentale, simplement percée d'un porche en tiers-point mouluré, les chapiteaux des colonnettes formant frise. La souche du clocher est carrée et porte une plateforme octogonale reposant sur trois boudins. Une flèche octogonale couvre ce clocher. A l'entrée de l'église, vous pouvez voir quelques sculptures en pierre traditionnelles. L'église Notre-Dame-du-bourg est encore en partie serrée dans son enceinte portant, devant sa façade occidentale, le puits banal. Le quartier de l'église fut rapidement entouré de fortifications doublées d'un fossé et pris le nom de château.
De divers endroits dans le village de Sainte-Colombe-en-Bruilhois, il y a des vues sur la campagne du département du Lot-et-Garonne. De côté de l'entrée principale du village, vous pouvez également suivre le Chemin de Ronde autour de l'extérieur des remparts, une autre façon de profiter des vues à travers le paysage environnant. Les remparts servirent peut-être longtemps à la population, pour se mettre à l'abri des larrons et des bêtes sauvages, peu à peu le temps fit son œuvre. Au XVIIIe siècle, les murailles ne comptaient guère plus mais les deux portes restaient debout. On peut encore voir quelques vestiges des fortifications au sud de l'église et une des deux portes d'accès ouverte à l'ouest.
Pendant votre flanerie dans Sainte-Colombe-en-Bruilhois, vous remarquerez sans doute nom de rue qui racontent l'histoire du village. La place des vignerons, la rue du chai : ces noms rappellent que la commune était autrefois couverte de vignes qui assurait le revenu de l'ensemble de la communauté. En effet, elle produisait un vin réputé qui pouvait tenir les voyages les plus longs même sur mer. La rue du Rivelin : Le rivelin est le nom utilisé pour désigner l'entrée d'un château. Mais c'est aussi et surtout le nom d'un système défensif développé plus tard par Vauban. Rivelin est une déformation de rebelin (rebel : qui ne peut être pris). Peut-être aussi pour rappeler une ancienne limite; rive signifiant bord, pente, côte, versant. C'est donc pour indiquer l'entrée de ce qui fut longtemps appelé le château...
La place du Maréchal Ferrand : c'était l'emplacement de l'ancien cimetière aujourd'hui déplacé à l'entrée du village. Autrefois, les cimetières jouxtaient l'église et était placé au sud, lieu représentant le paradis et donc le repos des morts. On trouvait sur cette place, qui servie longtemps aux marchés, une forge, d'où le nom qui lui est attribué... Par ailleurs, on trouve sur la commune un circuit de matériel ancien unique. Les scènes de vie rurale et le savoir-faire d'antan exposé, honorent la mémoire des anciens. Ces parcours procurent un immense plaisir à ceux qui les empruntent et cela quelle que soit la saison choisie. Vous remarquerez également sur la commune plusieurs petits bâtiments traditionnels tels que pigeonnieres.
La deuxième église de la commune de Sainte-Colombe-en-Bruilhois : l'église Saint-Martin est située au hameau de Mourrens. Retirée dans le silence des terres dominant la Vallée de la Garonne, l'église Saint-Martin construite au début du XIIe siècle, est un joyau de l'art roman. Cet édifice fut construit en remplaçant un ancien lieu de culte implanté au centre d’une nécropole mérovingienne. Il fut fortifié à la fin du Moyen-âge, et renforcé au fil des siècles, pour des besoins de défense. L’église devint un pôle de protection pour les populations environnantes.
Le portail d'entrée percé dans le mur sud de la nef est assez caractéristique et conserve des chapiteaux sculptés. Le portail sud est formé d’un avant-corps à trois ressauts reposant sur des chapiteaux décorés de feuillages ou de personnages. Des rinceaux sont placés au-dessus. La partie supérieure est décorée de modillons en forme de têtes animales. Pendant les guerres de religion, ce large portail a été muré et remplacé par une petite porte ouverte à l’ouest appelée « porte des pestiférés ». L’église Saint-Martin a servi à cette époque de lieu de quarantaine pour les malades de la peste.
Le chœur est remarquable par sa décoration composée de onze arcades plein cintre avec hautes colonnes engagées et décorée de chapiteaux sculptés de palmettes ou d'oiseaux affrontés. L'abside est couverte en cul-de-four. La voûte de la nef et du faux-transept a disparu, remplacée par un plafond en bois. On ne sait pas si l'église est restée inachevée ou si la voûte s'est effondrée. Elle conserve des contreforts intérieurs flanqués de
colonnettes engagées qui indiquent la structure primitive de cette partie de l'édifice. Un jardin médiéval, Le Buis qui court, vient agrémenter ce site exceptionnel.
La troisième église de la commune de Sainte-Colombe-en-Bruilhois, trône paisiblement dans le charmant petit hameau de Goulard. L’église, placée de nos jours sous le vocable de Notre-Dame, est un édifice roman dont la construction remonte au XIIe siècle. Au XIIIe siècle, Goulard possédait un hôpital appartenant aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et au Seigneur d'Espiens, Bertrand II de Goalard ayant la tâche d’héberger et de défendre les pèlerins en voyage vers St Jacques de Compostelle puis plus tard de s’occuper des lépreux.
L’église de Goulard n’est pas mentionnée avant le début du XIVe siècle. Elle apparaît au IVe siècle sous le vocable de saint Orens, évêque d’Auch fêté le 1er mai, ou de saint Martin en fonction des documents. Elle est rattachée jusqu’au début du XVIIe siècle au chapitre de Roncevaux de Navarre. En 1625, elle appartient au chapitre de Saint-Sernin de Toulouse. Elle est alors une cure du diocèse de Condom et de l’archiprêtré du Bruilhois. Ce titre lui est enlevé à la Révolution. En 1808, la paroisse de Goulard est supprimée et son église est attachée comme oratoire à Brax.
Elle est bâtie sur un plan rectangulaire : une nef unique précédée à l’ouest d’une façade surmontée d’un pignon triangulaire à deux arcades et terminée à l’est par un chevet plat moins large que la nef. Seul le chevet est voûté en berceau brisé, la nef étant simplement lambrissée. Le voûtement de la nef date de l’époque moderne..
La façade occidentale est construite en petit appareil de pierres cubiques qui paraît dater, selon l’historien Georges Tholin, de l’époque antique. Il est possible que l’église soit élevée sur l’emplacement d’un édifice gallo-romain, en remployant les matériaux de construction. Les murs de clôture de la nef comme ceux du chevet sont bâtis avec une alternance de pierre et d’assises de brique. Les murs du chevet sont soutenus par quatre contreforts plats dont l’un, au sud-est, est renforcé à une période postérieure à la construction de l’église.