Louis II de Bourbon fut le principal contributeur à la construction du château. Ce qu'il reste du château fut construit à partir de 1370, en plein cœur de la guerre de Cent Ans par Louis II de Bourbon, où il meurt, sans que les Anglais n’aient pu prendre la place. Le projet de Louis II de Bourbon avait un objectif principalement défensif. Il était accompagné de deux rangées de remparts, l'une autour du château, l'autre, ceinturant la ville, en place de l'actuel boulevard de Courtais. Cette muraille, le "cingulum majus", n'était ouvert que de quatre portes. Cette muraille de défense extérieure comportait 41 tours, ce qui présentait un impressionnant système défensif qui se voulait dissuasif. En effet, Montluçon se trouvait à la croisée des voies de communication, ce qui faisait d'elle une potentielle cible pour les Anglais et les bandes de brigands.
En 1523, François Ier, avait contraint le connétable de Bourbon, Charles III (1490-1527) à passer dans le camp de Charles Quint, afin de s'emparer du duché, et saisit ses biens. Lors du rattachement du Bourbonnais à la couronne de France, sous François Ier, le château est abandonné. Après 1662, les princes de Condé, devenus seigneurs engagistes du Bourbonnais, concèdent le château à un fermier et s'en désintéressent totalement. À la Révolution, seules les armoiries des ducs de Bourbon sont détruites de la tour de l'horloge. Puis le tribunal de police s'installa dans une des salles du château qui, en raison de ses dimensions, servit également de lieu de réunion aux assemblées générales des habitants.
La ville de Montluçon rachète le château au prince de Condé le 8 avril 1816 dans le but d'en faire une caserne d'infanterie. C'est à partir de ce moment-là qu'eurent lieu les démolitions les plus déplorables. Le château se voit débarrassé de sa galerie de bois pour faire place à des constructions en béton. L'intérieur fut remanié maintes fois pour l'installation d'un tribunal, d'une salle de spectacle et des bureaux de la mairie de la ville de Montluçon. En 1935, la ville de Montluçon le restaure. De cette restauration, seule la galerie en bois sera bien réalisée. En effet, le Château des ducs de Bourbon a vu sa lucarne de type gothique, mal restaurée et recouverte de ciment, ainsi que la salle du deuxième étage du donjon, salle qui semblerait être l'ancienne chambre du Bon Duc, Louis II de Bourbon, et dans laquelle il décédera en août 1410.
Dans cette salle, se trouve une voûte en berceau en plein-cintre surhaussé, retombant sur deux arcs très surbaissés, bandés le long des murs nord et sud. Cette voûte est très curieuse, car il s'agit d'une voûte en croisée d'ogives à deux branches supplémentaires, qui partent de chaque angle du pan coupé, pour aboutir à la clef de voûte centrale. Cette disposition est provoquée par la présence dans cette salle d'une cheminée en pan coupé. La clef de voûte qui complète l'ensemble de cette pièce est composée de quatre fleurons rayonnant autour d'un écu et réunis par des petits arcs en tiers-point trilobés. Les murs de cette salle sont, eux aussi, recouverts de ciment. Les joints des pierres du château de Montluçon sont également tous refaits avec du ciment. Ce qui ne peut pas être considéré comme authentique.
Les plafonds des principales salles du Château des ducs de Bourbon seront refaits en lambris de bois qui recouvrent, pour certaines, des charpentes en métal installées lors de cette restauration des années 1930. Depuis 1959, le château abritait un musée consacré aux musiques populaires. Depuis l’année 2013, le château sert désormais de réserve au nouveau musée de la ville de Montluçon, le MuPop.
Aujourd'hui, le château des ducs de Bourbon, situé sur le bord ouest du plateau, se présente comme un imposant corps de logis rectangulaire à deux étages, dont le second est sous combles ; il est couvert dans le sens de la longueur par un toit à deux versants très inclinés, et flanqué à son angle sud-ouest d'une tour carrée comprenant deux étages surmontés d'une plateforme à parapet crénelé. Contre la façade ouest est en outre accolée une petite tour trapézoïdale, également à deux étages, couverte d'un toit à trois versants. Enfin, sur la façade est, s'élève la tourelle carrée qui porte l'horloge et domine tout l'édifice.
Sur la façade ouest du château est visible une lucarne de type gothique flamboyant elle fut à l'origine en pierre, deux pieds droits l'encadrent et, elle est ornée de deux écus dans des quatre-feuilles ; le linteau est surmonté d'un gâble dont les rampants portent un larmier ; ce gâble est orné de deux trèfles supportant un quatre-feuilles et flanqué de pinacles. Elle est désormais, recouverte de ciment depuis la restauration du château dans les années 1930. La tour carrée constitue le donjon du Château des ducs de Bourbon. Alors que le grand logis est un édifice purement civil, la tour carrée présente les caractères d'un véritable ouvrage militaire, par le haut talus qui empâte sa base, le parapet crénelé qui la couronne et l'épaisseur du mur ouest.
Le parapet crénelé est bâti en briques avec arrêtes et chaînes de moyen appareil ; il est soutenu par des cavets et superposées de deux moulures en talon, séparées par des cavets et superposées sous un larmier très saillant. Il y a deux créneaux sur la face ouest, un seul sur les faces est et sud. Le merlon central est percé d'une archère sans échancrure. Un large larmier borde ce couronnement. Le haut du merlon est à 20 mètres au-dessus du niveau de l'esplanade. La façade est, sur la cour, n'a pas conservé son caractère primitif. Presque tout le rez-de-chaussée et une partie du premier étage ont été remaniés.
La tour de l'horloge fut élevée dans l'angle qui faisaient le château actuel et l'ancienne aile nord que ce dernier possédait, mais qui fut détruite au XIXe siècle. Elle est bâtie en blocage, avec parements extérieurs de moyen appareil. Il est facile de constater que cette façade ne fait pas corps avec la tour ; on a seulement, de loin en loin, arraché un carreau de son parement, pour permettre l'introduction de la saillie d'une assise de la face sud de la tour, afin d'éviter un décollement. Cette disposition prouve que la tour appartient à une campagne de construction postérieure à celle durant laquelle fut remaniée la façade est du corps de logis.
Elle est en plan carré, mesurant 4m de côté et domine tout l'édifice ; près de 25 mètres séparent le sommet de la corniche du niveau de l'esplanade. Cette tour fut construite dans le but de supporter une horloge, ainsi qu'en témoignent sa hauteur, son inutilité au point de vue défensif, la disposition intérieure du dernier étage et le petit escalier montant jusqu'au mécanisme de l'horloge actuelle, enfin et surtout, la présence sur la face est, de sculptures tracées évidemment pour entourer un cadran ; ces sculptures dessinent deux pieds-droits moulurés de cavets, agrémentés de bagues en larmier et supportés par des culs-de-lampe décorés de feuillages ; ils se terminent par des pinacles fleuronnés entre lesquels est compris un arc en tiers-point jadis décoré de crochets relevés vers le ciel ; Toute la partie médiane de l'ornementation qui comprenait deux contre-courbes rejoignant un fleuron central a été démolie pour l'installation du cadran, dont la véritable place est toute marquée sous l'arc en tiers-point.
La corniche qui couronne la tour est ornée de motifs composés de deux petites branches croisées en X et garnies à leurs extrémités de délicates feuilles froissées. Une toiture en pavillon, surmontée d'un clocheton ajouré, qui contient les sonneries, couronne la tour ; cette toiture fut refaite en 1715, en remplacement d'une précédente enlevée par un ouragan. La galerie boisée à l'italienne fut construite au xve siècle4, (à peu près en même temps que la tour de l'horloge) et détruite au XIXe siècle, puis reconstruite dans les années 1930. Elle est supportée, du côté du château, par des corbeaux et du côté de la cour par des piliers carrés terminés en talus, alternés avec des colonnes, des poteaux de bois supportent la toiture qui couvre cette galerie.
Les prétendus souterrains du Château des ducs de Bourbon : la tradition populaire rapporte que plusieurs souterrains faisaient communiquer le château avec différentes parties de la ville de Montluçon. Cette croyance a été entretenue par la présence, sous différentes maisons de la rue des Serruriers, de couloirs voûtés, assez longs, s'étendant même au-delà des maisons dans la direction du château. Ces couloirs sont en réalité de vastes caves, toutes plus ou moins diminuées de longueur par la construction de murs modernes, et dont quelques-unes étaient communes à deux immeubles situés de part et d'autre de la rue. Il est impossible d'y voir autre chose.
Plus certaine, au contraire, est l'existence de passages dérobés à l'intérieur du château. Passages dérobés que Louis XI empruntera lors de son séjour à Montluçon en 1465. Le premier de ces passages se trouvait dans la tourelle de la façade ouest, le deuxième se trouvait dans la partie sud de la tour carrée, avant que des murs ne viennent l'obstruer et le troisième se trouvait dans la partie nord de l'enceinte du château.
Vous aurez l'occasion de voyager dans un autre temps durant votre visite de ce château. Les différentes pièces vous feront découvrir les traditions de l'époque du Château des ducs de Bourbon à Montluçon. Admirer la vue depuis la terrasse du Château des ducs de Bourbon. Et même, en s’arrêtant sur le parvis du château, on peut contempler les alentours de Montluçon. L’occasion de faire de belles photos pendant cette étape à Montluçon. La ville a également conservé de remarquables témoignages du mécénat des ducs de Bourbon dans ses églises et mérite à ce titre son label de “Ville d'Art”. Sont particulièrement remarquables : le quartier Saint-Pierre, ses maisons à pans de bois, son église, édifice roman du XIIe et la Maison des Douze Apôtres.