La petite cité de caractère de Bourbon-l'Archambault est également connu pour son thermalisme depuis des temps immémoriaux. Au XIIIe siècle, les bains de Bourbon, comprenant un vaporium, étaient les plus célèbres de ce temps. Des visiteurs célèbres, tels que Madame de Sévigné, Charles Delorme, le Maréchal Gallieni, Talleyrand, Paul Bourget, Camille St Saëns, André Messager ou encore Madame de Montespan ont ainsi séjourné à Bourbon pour profiter des bienfaits de l’eau thermale. Remonter au XIIIe siècle, rien de plus facile pendant votre étape à Bourbon l'Archambault. A partir du centre ville, entre les vieilles pierres, les petites rues pittoresques, le quartier thermal, la forteresse médiévale et les alentours boisés, méritent le détour en ne manquant pas de surprendre le promeneur. Chargée d'histoire, Bourbon l'Archambault est aussi une station thermale moderne, dont les eaux sont efficaces pour les rhumatismes.
Après avoir stationné votre véhicule sur l'un des parkings, dirigez-vous vers l'office de tourisme, situé sur la place de l'Hôtel de ville. Vous y trouverez toutes les informations nécéssaire à votre visite dans Bourbon l'Archambault, prendre sur la gauche la rue Achille Allier. Au 13 Bis, se trouve Hôtel Calemard, ancien pavillon de Noailles. L’immeuble, qui fut le bâtiment de l’Intendance des Eaux, est orné d’une superbe porte en bois sculpté, un exemple bien conservé de l'architecture civile du XVIe siècle. Observez un bel ensemble de balcons en métal forgé qui domine la rue. La Surintendance des Eaux a été créée en 1605 sous Henri IV mais c’est sous Louis XIII et surtout sous Louis XIV que Bourbon connait un premier apogée. Les grands de la cour y sont envoyés prendre les eaux par le médecin du roi, le bourbonnais Charles Delorme.
Poursuivre vers la rue de la Monnaie pour admirer l'immeuble dit Logis du Roy, l'ancien hôtel de Conti, construit entre 1609 et 1646 sur ordre de Gaston d’Orléans, frère cadet du roi Louis XIII. Ce pavillon de style Mansart est le 1er établissement thermal de Bourbon, contigu aux trois puits d’eau thermale. Il comportait trois bassins : un pour les Capucins qui appliquaient les soins, un pour les hommes et un pour les femmes. Les thermes gallo-romains se trouvent en partie sous ce bâtiment. Contrairement à Vichy et à Néris, les thermes de Bourbon ont toujours été fréquentés.
Cet établissement connut une certaine célébrité sous le règne de Louis XIV : la princesse de Conti, Madame de Sévigné et Madame de Montespan, vinrent prendre les eaux à Bourbon. Madame de Montespan y fit planter les allées en amphithéâtre qui ont gardé son nom. Il a servi aux soins thermaux jusqu’en 1995, à son niveau inférieur.
Prendre à droite, pour arriver à la Place Charles Delorme. Cette place était un point névralgique du thermalisme local, comprenant les 3 puits, les bains, la résidence des Bains et l’hôtel des TroisPuits, lieux de résidence de cure. On y remarque aussi les vestiges d’une mystérieuse porte appelée localement « Porte du singe ». Né à Moulins, Charles Delorme était le médecin de trois rois de France, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV.
Continuez sur la rue des Trois Puits, pour en savoir encore plus sur l'histoire de la ville, un tour au musée Augustin Bernard, s'impose. 2 000 ans de l'histoire de Bourbon-l'Archambault, la petite ville au grand nom, se livrent à vous, dans une atmosphère intime et feutrée ... le tout illustré de maquettes, mises en scène et témoignages. Après cette visite, rendez-vous à la Place des Thermes. Il s’agit de l’ancienne Place des Capucins, du nom du couvent de frères mineurs qui s’établissent en 1621 dans l’ancien hôtel-Dieu de Bourbon, en face de l’hôtel Montespan. La place est aujourd’hui occupée par l’hôtel et comprend trois immeubles : le Logis Sévigné au fond de la place ; le Pavillon Talleyrand, fréquenté par Mme de Montespan et surtout par Mme de Sévigné ; au coin de la rue des Thermes, l’hôtel Montespan, frappé d’alignement et reconstruit en 1872 suite à l’élargissement de la rue.
Au fond de la place par l’escalier situé entre le Pavillon Sévigné et le Pavillon Talleyrand, vous trouverez la rue de casse cou. C'est l’une des rues les plus secrètes de Bourbon l'Archambault, parfois méconnue des habitants eux-mêmes. Cette venelle pittoresque relie la Place des Thermes à l’ancienne route de Bourges. Poursuivez dans la rue des trois maures, il s’agit de l’antique route de Bourges. Une étonnante légende gravite autour de son nom : venus rendre hommage à Robert de Clermont (1317), sixième fils de Louis IX, l’émir Soliman et ses deux frères sont frappés de cécité en arrivant à Bourbon. Après avoir auguré que les trois Maures retrouveraient la vue quand ils auraient cessé d’être aveugles, l’ermite Jonas parvient à les convertir à la foi chrétienne. Une fois baptisés, les Maures recouvrent miraculeusement la vue et s’établissent à Bourbon.
Profitez du Nouveau Parc Thermal créé en 1883 pour une promenade bucolique dans un cadre ombragé. Il offre l’un des plus beaux points de vue du château. L’enceinte du château était flanquée d’une quinzaine de tours, dont les trois tours du front nord encore visibles. Il s’étendait sur tout le promontoire rocheux, soit un hectare. Depuis ce point de vue, on peut aujourd’hui observer les vestiges de courtines, de tours des XIIe et XIIIe siècle. et le soubassement de la tour Amirale sous le bâtiment d’accueil du site Château de Bourbon. Chaque année, plusieurs milliers de visiteurs assistent de ce parc à l’embrasement de la forteresse et au feu d’artifice tiré au-dessus de l’étang, au soir du 14 juillet.
A la sortie du parc, prendre à droite la rue des écoles, puis à gauche la rue de l'étang de la Burge, pour arrivé dans la rue du Moulin où se trouve... le moulin du château ! Ce moulin à eau fortifié est l’un des rares exemples du genre à nous être parvenu. Il a sans doute été reconstruit au XIVe siècle et il s’agit d’un moulin seigneurial, ou banal, intégré ici à l’enceinte du château. Avec le boulevard maintenant bâti, il constituait une digue qui retient encore aujourd’hui le courant de trois ruisseaux pour former l’étang du château. Un nouveau bâtiment est édifié au XIXe siècle. Une minoterie voit le jour en 1937, et s’étend jusque sur l’ancien boulevard de la digue : ce sont les bâtiments en béton que l’on observe autour du moulin médiéval. L’arche du déversoir a été baptisée « le grand four » par les habitants de Bourbon.
Une visite pittoresque du souterrain de la Burge est désormais proposée à Bourbon-l'Archambault par l'office de tourisme de Bourbon-l'Archambault. L'ouvrage, de 430 mètres de longueur, recouvre le ruisseau La Burge dans sa traversée de Bourbon, entre le moulin du château et le pont Cachet. Créé par la commune, en trois tranches, entre 1898 et 1912, il chemine sous la partie basse de la ville, de la montée de la Prison jusqu’au pont Caché.
Prendre la montée de la prison, elle date de la fin du XVIIIe siècle et doit probablement son nom à l’usage qui a été fait de la tour Quiquengrogne pendant la Révolution. Vous voilà dans la Rue de la Sainte-Chapelle avec sa tour Qui Qu'en Grogne. La tour Qui qu'en Grogne est une tour circulaire transformée et fortifiée sous Louis II de Bourbon, gardant la forteresse de Bourbon au sud. La visite s’articule autour du principat de Louis II et de la guerre de Cent Ans, de la cave à la terrasse surplombant le bourg en passant par la salle de garde. Les blasons armoriés qui figurent sur la tour ont été restaurés. Sous l’écu des Bourbons simplifié à trois fleurs de lys, figurent les blasons de Bourbon-Dampierre (2ème Maison de Bourbon, fin XIIe siècle - fin XIIIe siècle ) à gauche, et de Bourgogne ancien, à droite.
On accède à la tour Qui Qu'en Grogne par quelques marches depuis la cour de l'école de musique (ancienne école des filles de Bourbon). Un escalier à vis dessert les étages supérieurs et permettait notamment de rejoindre le chemin de ronde. Tour de défense fermant la basse-cour au sud, elle constituait également un point d'observation intéressant de la population habitant le bourg. La salle du premier étage, qui aurait été utilisée comme prison, a conservé des anneaux scellés dans le mur. Le clocheton édifié sur sa plateforme date du XVIIIe siècle. Son curieux nom est double D’une part, sa présence au cœur du bourg est mal perçue par la population qui y voit une agression des pouvoirs publics. D’autre part, la pression fiscale étant déjà très lourde en cette période de guerre, la contribution imposée par le duc à la population pour financer la tour paraît inacceptable. Devant la contestation, le duc se serait écrié : « je la bâtirai, qui qu’en grogne », quoi qu’on en dise.
A proximité se trouve l'ancienne dépendance du château des ducs de Bourbon, connue sous l'appellation "maison du Chanoine". Cette maison pittoresque au toit très pentu a été construite au milieu du XVIe siècle. avec des pierres du château ruiné, dans le fossé sec qui barrait la haute-cour, adossée à l’enceinte extérieure et à un mur d’une tour carrée. Sa charpente médiévale de grande facture est dans un très bon état de conservation. L’escalier à vis occupe une tour hors œuvre s'adosse au corps de logis, comme ce sera l’usage jusqu’au XVIIe siècle. Un appentis a été ajouté postérieurement au pignon sud.
Les chanoines desservent les chapelles castrales de 1332 à la Révolution. Gardiens des reliques de la Passion qui y sont conservées : une épine de la Couronne et trois fragments de la Vraie Croix. Ils ont aussi en charge l’organisation de la liturgie et célèbrent les offices selon le rite parisien aux heures canoniales. Ce sont des augustiniens mais contrairement aux chanoines séculiers des chapitres cathédraux, ce sont des clercs réguliers. Leur présence ne cessera, quelle que soit l’époque, de générer des conflits entre les autorités diocésaines de Bourges dont dépend Bourbon et le clergé des ducs.
La prochaine visite sera le château Bourbon l'Archambault. Ce château du XVe siècle est le fruit d’une très longue évolution. La forteresse de Bourbon tire ses origines d’un castrum carolingien du VIIIe siècle, occupé par les Archambaud au début du Xe siècle. Il sera le siège de leur pouvoir et la base de leur expansion territoriale pendant quatre siècles. Il en reste aujourd’hui les trois tours du front nord sauvées par Achille Allier, ainsi que la fameuse tour Qui-Qu’en-Grogne, deux tours de l’enceinte, une partie des courtines et le moulin fortifié. Visiter le logis avec son cellier et les tours attenantes, du haut desquelles le panorama offre une vue imprenable sur la ville, la vallée de la Burge et sur la campagne environnante.
Le pont dormant actuel date du XVIe siècle, a été transformé après le rattachement du Bourbonnais au Domaine royal en 1532. François Ier accepte alors que la famille de Bourbon conserve le château de ses origines, à condition que le pont-levis soit comblé par une arche en plein ceintre. Le pont commandait l’accès à un châtelet du XIIIe siècle, composé de deux tours circulaires flanquant un corps de garde sur l’arrière.
En sortant du site du Château de Bourbon-l'Archambault, prendre à gauche, puis à droite la Rue Grelichon. Cette ruelle porte le nom d’un saint apocryphe bourbonnais dont l’effigie figure toujours nichée dans la façade d’une maison (en bas, à gauche en descendant). La croyance populaire lui attribuait la vertu de guérir les femmes atteintes de stérilité. Il leur fallait racler le bâton figurant la verge du saint à l’aide d’une lame et d’en boire les fragments dans de l’eau. Elles imploraient alors le saint de leur donner « bel enfant et belle poitrine » !
Passez devant le marché couvert, il date de 1925 et le marché hebdomadaire s’y tient tous les samedis depuis sa création. Il a été construit suite à la canalisation de la Burge (1896-1909), qui coule à ses pieds et se dirige vers le Pont Cachet. De l'eau coule sous les pieds des Bourbonnais ! En aval de l'étang qui alimentait le moulin du château, sous le bitume de la place "Qui qu'en grogne de la rue du lieutenant-colonel Dubostet du marché couvert, la rivière la Burge poursuit son bonhomme de chemin à l'abri des regards, accueillant au passage l'eau thermale, qui sort des thermes à plus de 30 ° C.
Déhambulez dans l'avenue Etienne Desborde. L’avenue a été percée en 1885 en mémoire du maire de Bourbon de 1878 à 1882. C’est sur ce flanc du château qu’avait été construite la Sainte Chapelle de Bourbon, dont le chevet débordait des fortifications. Le contrefort qui la soutenait existe toujours. On peut l’observer depuis la route de Franchesse. Édifiée à partir de 1479 sous Jean II (sixième duc de Bourbon), elle n’est inaugurée qu’en 1508 par la duchesse Anne de Beaujeu. L’édifice consacré à la sainte Croix abritait des reliques de la Passion dont Robert de Clermont, qui les avaient reçues en cadeau de son père Saint Louis, opère la translation à Bourbon en 1287.
Prendre sur votre droite la Ruelle Traversière, puis suivre rue de la Malicorne. La Malicorne, le mauvais coin. Le nom de cette rue nous rappelle qu’il y avait aussi des coins malfamés à Bourbon ! Ces ruelles au charme médiéval offrent en outre de très jolis points de vue sur le château et sur les toits du bourg. Poursuivre vers la rue des Thermes. A l'angle de l'avenue Charles Louis Philippe, se trouve le Pavillon Achille Allier. Avant de devenir l’Hôtel des Sources, cette maison a hébergé Achille Allier, ami de Victor Hugo, jeune poète et historien né à Montluçon en 1807, qui épousa une bourbonnaise, Evelyna Deshays. C’est à lui que l’on doit la sauvegarde des trois tours de la forteresse
Au N°7 de la rue des Thermes, l'établissement thermal de Lecoeur. En 1824, Charles X accèpte la construction d'un nouvel établissement thermal, accordée par le ministre du Commerce en 1880. Les céramiques peintes ornent toutes les faces internes des élévations, hormis les structures architectoniques. De chaque côté de l'escalier, des panneaux de céramique à fond ocre présentent un décor de fleurs bleues, avec phylactères portant les noms des différentes sources de Bourbon et des environs. L'originalité du décor intérieur, très moderne pour 1881, réunit les éléments constitutifs de l'Art Nouveau.
Votre parcours touristique passera par le château Bignon et son parc. La bâtisse abrite aujourd'hui la salle du conseil municipal et diverse manifestation. Le parc, complètement aménagé, vous permet de profiter de divers sports comme la piscine, le boulodrome avec ses pistes pour les boules lyonnaises et pour la pétanque, des courts de tennis et une aire de jeux. C'est là aussi que se trouve le camping communal. Pour clôturez votre tour d'horizon de Bourbon l'Archambault, l'église Saint-Georges de style roman bourguignon, vous accueille au milieu d'un joli parc très bien arboré. L'édifice date du milieu du XIIe siècle et abritait les offices d'un prieuré de moniales bénédictines. Plusieurs fois remaniée, la chapelle s'est enrichie au fil des siècles de plusieurs autres chapelles formant un ensemble harmonieux et reposant. Elle fait partie des nombreuses églises romanes du pays de Souvigny.
Dans la rue Pacaud, vous pouvez également admirer la Villa Plaisance. Villa pittoresque à la façade polychrome : moellons au rez-de-chaussée, enduit, bandeaux en brique rouge, frises de carreaux de terre cuite, carreaux de céramique. Au rez-de-chaussée en avant de la façade, formant une terrasse, la porte d’entrée est ornée de fonte de style Art Nouveau. Ce panneau en fonte produit en série est aussi présent sur les portes d’entrée des demeures suivantes : Maison au 32, rue Achille Allier à Bourbon-l’Archambault. En suivant la rue Pacaud jusqu'à l'avenue Charles Louis Philippe, vous pouvez admirer la vue unique sur le château du haut de cette rue pentue, avec la tour Qui Qu’en Grogne dans l’axe des trois tours nord. Les tours recèlent aujourd’hui encore de nombreux mystères ; elles présentent des décors peints et sculptés d’une grande originalité et des singularités architecturales. Leur construction s’étale du XIIe au XIVe siècle.
Si vous avez le temps, nous vous conseillons une dernière halte à la Maladrerie Saint-Lazare, à la sortie de Bourbon-l'Archambault prendre la D139, puis la D134 jusqu'au lieu-dit 948 Les Genivres. Cette chapelle est le seul vestige subsistant d'une maladrerie connue depuis le XIVe siècle et annexée à l'hôpital de Bourbon au XVIIIe siècle. L'édifice conserve des culots à moulures concentriques peints en rouge, un placard à ornement, une piscine et plusieurs croix de l'ordre de Saint-Lazare gravées sur les murs.