Sur l’Allier, à une vingtaine de kilomètres de Bourbon-l’Archambault, se trouve le castrum de Deneuvre, aujourd’hui Châtel-de-Neuvre, siège d’une viguerie qui dépend également du duché d’Aquitaine. Son viguier au début du Xe siècle, un familier du duc Guillaume Ier d’Aquitaine, s’appelle Aymar ou Adhémar. Il est le premier ancêtre connu des seigneurs de Bourbon. Aymar fait don de sa villa de Souvigny en 915 à une communauté de moines bénédictins issus de Cluny. Le prieuré deviendra, avec l’essor que l’on connaît de l’abbaye mère, un symbole de la puissance des descendants d’Aymar. Souvigny deviendra leur sanctuaire au XIVe siècle; on parlera même du Saint-Denis des Bourbons.
Vers 940, le fils d’Aymar, Aimon, semble avoir intégré l’antique castrum borbonensis à son domaine. Aimon délaisse Deneuvre pour Bourbon, aujourd'hui Bourbon-l'Archambault, et en fait le siège de son pouvoir. Le nouveau château est stratégiquement et militairement plus intéressant que Deneuvre et se situe au carrefour de voies antiques importantes. Malgré des tensions initiales avec les moines de Souvigny, il confirme par des actes signés au château de Bourbon en 952 et 954, la donation qu’avait faite son père de son domaine de Souvigny à des moines de Cluny. Profitant de l’effacement progressif du pouvoir central carolingien à partir de la fin du IXe siècle, les seigneurs de Bourbon vont étendre leurs possessions en direction de l’Auvergne et du Berry, confondant rapidement les fiefs dont ils ont la charge avec leurs alleux, à l’instar de la plupart des seigneurs du Xe siècle.
La lignée des sires de Bourbon est donc connue depuis Aymar de Bourbon († 953). Le premier Archambault de Bourbon vécut en 959, Archambaud le Franc, le second en 1018, le troisième en 1064, le quatrième en 1075, le cinquième en 1096, le sixième en 1099, le septième en 1177, le huitième en 1200 et le neuvième en 1249. Cette première lignée bâtit une importante principauté féodale aux confins de trois grands ensembles territoriaux : Berry, Autunois, Auvergne en s'alliant à Cluny.
En 1276, les Bourbons entrent dans la famille royale par le mariage du sixième fils de Louis IX (Saint Louis) Robert de France, comte de Clermont en Beauvaisis, avec Béatrice de Bourgogne, héritière de la seigneurie et dame de Bourbon. Le roi de France Charles IV le Bel Batis le Bourbonnais en duché en 1327 et l’année suivante, Philippe VI de Valois en fait une pairie au bénéfice de Louis, le fils de Béatrice et Robert, qui devient donc le premier duc de Bourbon et pair de France, après avoir succédé à sa mère en tant que sire de Bourbon en 1310. Ainsi commence la dynastie des Bourbons...
Un premier castrum à Bourbon-l'Archambault est mentionné par Eginhard, qui relatent sa destruction par Pépin le Bref en 761 aux prises avec le duc d'Aquitaine pour la possession de Narbonne. Des trous de poteaux mis au jour sur ce rocher font remonter une occupation du site au Ve siècle. Le château en bois à l'époque fut reconstruit plusieurs fois, puis fut rebâti en pierre à partir du XIIe siècle, agrandi sous Philippe-Auguste et flanqué de tours rondes à partir du XIIIe siècle. Entre le XIIIe et le XIVe siècle, le château devint une puissante forteresse; on y dénombre quinze tours.
Louis Ier de Bourbon, premier duc de Bourbon, fils de Béatrice de Bourbon et de Robert de Clermont et petit-fils de Saint-Louis, entreprit, à la suite des travaux déjà réalisés par son père, d'agrandir à nouveau la forteresse. Il fit édifier une chapelle en 1310, placée sous le vocable de Notre-Dame, pour abriter les saintes reliques apportées par Robert de Clermont à Bourbon pour son épouse.
Bourbon-l'Archambault devient un château royal avec la Maison d'Orléans-Valois, mais il n'était plus besoin de forteresses médiévales au XVIème siècle et le château fut abandonné. Après le retour du duché à la couronne, le château de Bourbon-l'Archambault est vidé et sert de carrière de pierres à tout le pays. Les chanoines ayant à leur charge la garde des saintes reliques continuent néanmoins de vivre dans l’enceinte du château abandonné, dont ils sont les premiers, dit-on, à remployer les pierres pour se faire construire deux petites maisons dans la basse-cour au milieu du XVIe siècle. L’une de ces maisons est propriété de la Commune de Bourbon-l’Archambault et se visite.
Le bâtiment fut confisqué durant la Révolution de 1789 et fut revendu comme bien national vers 1794. En 1832, le poète régional, Achille Allier, sauva de la destruction les trois tours au nord du promontoire rocheux,, seules vestiges des vingt-quatre tours du château et le logis seigneurial éventré qui laisse voir les restes d’une architecture somptueuse. Les tours présentent des décors peints et sculptés d’une grande originalité et des singularités architecturales particulièrement intéressantes.
Le château de Bourbon-l'Archambault appartient aujourd’hui à la Fondation Saint Louis, gestionnaire des biens de la famille d’Orléans depuis 1974 qui en a délégué la gestion à la Commune de Bourbon-l’Archambault, elle-même ayant confié une mission de valorisation et de protection du patrimoine à une association, toujours dépositaire du site. Les ruines du château attirent les visiteurs et font de Bourbon-l'Archambault un haut lieu touristique. Un magnifique panorama attend le visiteur du haut des trois tours. Mais ce ne sont pas les seuls vestiges du château. Sont encore visibles aujourd’hui la fameuse Tour Qui Qu’en Grogne, trois autres tours de l’enceinte, des courtines le moulin fortifié, le pont,… autant de vieilles pierres qui contribuent au charme de la ville médiévale de Bourbon-l’Archambault classée Petite cité de caractère.