Arrimée aux berges de la Besbre, à la frontière de la plaine du Billezois et de la Montagne Bourbonnaise, Lapalisse occupe une position charnière. Il semble que l'on puisse faire remonter aux temps préhistoriques les premières traces de la présence de l'homme dans la vallée de la Besbre. Un savant archéologique y découvrit en son temps des silex taillés et la nécropole de Châtelperron, à 25 km en aval, mise à jour au début du XXème siècle, est là pour l'attester. Le nom de La Palisse apparaît pour la première fois sur une ancienne carte en 1165 où il est question d'une chapelle (Capella di Palicia).
Lapalisse était qualifiée de "Nostable passage en Bourbonnais", car elle bordait l'antique voie romaine de Paris à Lyon. Au Moyen Age, les fortifications ainsi que sa position sur un axe de passage contribuent au développement de la ville. La famille des premiers seigneurs de La Palice s'est installée dès 1230, à cette époque, après avoir porté le nom des seigneurs de Lubié, de la Motte des Noyers. A 1500 m de là une ferme porte encore ces deux noms : cette motte féodale contrôlait le passage sur la Besbre, l'une des fortifications primitives de Lapalisse.
En 1429, le Duc Charles de Bourbon acquit la seigneurie de La Palice de Jeanne de Châtillon, et la revendit en 1430 à Jacques 1er, l'un des deux derniers représentants de la maison de Chabannes, ancienne famille dont les origines sont antérieures à l'an 1000. Jacques 1er et son frère Antoine, Comte de Dammartin, furent parmi les grands capitaines qui, à l'exemple de Jeanne d'Arc et avec elle, contribuèrent à lutter victorieusement contre les anglais durant la guerre de 100 Ans.
En 1736, la ville tout entière s'insurge contre la gabelle, impôt particulièrement mal-aimé. Le 11 octobre, les gabelous sont attaqués, pourchassés, et contraints de s'enfuir par les toits. En 1759, le tracé du grand chemin de Lyon provoque l'abattement d'une partie des murailles, déjà partiellement en ruine. Jusqu'à la révolution, Lapalisse s'écrivait en deux mots : mais l'orthographe variait soit en La Palice soit en La Palisse. En 1789, la ville s'est définitivement écrit Lapalisse. Après le coup d'État du 2 décembre 1851, les habitants des cantons de Luneau, Le Donjon et Jaligny se soulèvent, et s'emparent de Lapalisse après quelques combats (un gendarme tué). Mais la nouvelle de la réussite du coup d'État entraîne la dispersion des insurgés. La répression est sévère : les trois cantons soulevés totalisent environ 350 arrestations.
L'entrée dans Lapalisse se fait par une route qui s'engage entre les maisons, telle une voie triomphale, jusqu'au château surplombant ainsi la ville. Construit au XIIe siècle sur les bords de la Besbre entouré d'un magnifique jardin, le château a connu de multiples modifications jusqu'au XVIe siècle. Il est intimement lié à l'histoire de Jacques II de Chabannes La Palice, maréchal de France, et est habité par cette même famille depuis 1430.
Après avoir stationné votre véhicule sur l'un des parking de la ville, dirigez-vous vers l'office de Tourisme du Pays de Lapalisse, situé Place Charles Bécaud. La place Charles Bécaud accueillait l’ancienne halle de marché jusqu’au milieu du XIXe siècle. Un parcours permet d'apprécier la partie historique de la Ville et ses anciennes ruelles. Prenez la rue du Commerce, elle possède un véritable trésor, une maison à colombage du XVème siècle, à l'angle de la rue du Commerce et de la rue Notre-Dame. C'est une maison rectangulaire à étage sur encorbellement avec des pans de croix en bois de saint André, de haut pignon et un toit très pentu.
Poursuivez vers la place du Puits de l’Image et la maison dite Hostellerie du Puits de l'Image. Ancienne auberge, du XVème siècle, situé sur l’ancienne voie Paris Lyon, et qui recevait les gens de passage jusqu’à la fin du XIXème siècle. Elle conserve une porte d'époque ouvrant sur la rue de la Liberté avec tympan nu, ouvrant sur un escalier à noyau central terminé par une base du XVe siècle et des marches en pierre. Deux fenêtres du XVe siècle avec appui mouluré, sans meneaux, ont conservé leurs tores et gorges d'encadrement.
La rue de la Liberté était la route principale de Lapalisse jusqu’en 1855, l’ancêtre de la Nationale 7. Des changements importants sont intervenus au XVIIIe siècle dans la ville. En 1753, le grand chemin de Lyon fut tracé et provoqua l'abattement d'une partie des murailles, témoignage rue Billaudy et rue de la Liberté.
Visitez le Château de La Palice, résidence du célèbre Maréchal de France, propriété de la famille de Chabannes depuis 1430. Comme souvent pour les châteaux, le château de Lapalisse a été très remanié au cours de son histoire, notamment au XVIe siècle. Entièrement meublé, le plafond à caissons de son salon doré, du XVIe, de style renaissance, est unique en Europe. Le château est entouré d'un ravissant jardin. Le saviez vous? Le mot lapalissade (évidence immédiate) provient de Lapalisse. Suite à une erreur, sur la tombe du seigneur de la Palice fut gravé "S'il n'était pas mort, il serait encore en vie". Une lapalissade !
Continuez vers l’église Saint Jean Baptiste, construite entre 1876 et 1897, présente un style néo-romane. Eglise de plan longitudinal, en croix latine, à transept saillant, terminé par une abside en hémicycle. Celle- ci est flanquée de chaque côté d'une absidiole semi- circulaire accolée à une seconde, de plan carré. Les bas- côtés sont surbaissés par rapport à la nef centrale et aux bras du transept. Le clocher est surmontée d'une petite flèche d'ardoise.
Prendre la direction de la place du champ de foire dans la ville haute et l’imposante salle de la Grenette ancienne halle dite de La Grenette du XIXe siècle. Cette ancienne Halle aux Grains est le dernier témoin avec les restes du Moulin de la Ville, de ce qui rappelle encore quelle fut l'opulence des marchés aux grains de La Palisse du temps de sa splendeur économique. Aujourd'hui ce beau bâtiment après des travaux de rénovation, a été reconverti en salle des fêtes communale.
A proximité, l’Hôtel de ville était une ancienne dépendance du château. En 1800, Lapalisse obtient le statut de chef-lieu d’arrondissement, et la sous préfecture s’installera dans ce bâtiment jusqu’en 1941. Prendre la rue de la Fraternité, puis la rue de la Prairie. Elle était autrefois empruntée par les paysans pour se rendre dans les champs à l’extérieur de la ville. Sur votre gauche, la passerelle vous permet de traverser la rivière Besbre, longue de 80 km qui traverse le Pays de Lapalisse du sud au nord.
Traversez la place Jean Moulin, puis prendre la rue du Souvenir Français. Elle était anciennement nommé rue du Gaz, puisque de 1889 à 1955 une usine à gaz s’y trouvait. Déhambulez jusqu'à la place du Général Leclerc. Elle accueille l’ancien hôpital de Lapalisse des sœurs Augustines, fondé en 1656 sur les terrains de la famille De Chabannes par le Gouverneur du Bourbonnais Claude-Maximilien de la Guiche, fils de Jean-François de La Guiche, maréchal de France.
Flanez tranquilement sur les quais de la Besbre, créés en 1872, après les inondations qui avaient emporté en 1707 le pont de la Besbre. La Besbre traverse le coeur de ville de Lapalisse, elle invite à la promenade, à la détente et également à la pratique de la pêche. La Besbre prend sa source dans le massif du Montoncel, point culminant du département de l’Allier et se jette dans la Loire sur la commune de Diou.
Votre promenade bucolique vous emmenera au Parc Floral de Lapalisse. Le long de la rivière Besbre, le Parc Floral se compose de jardins à la française et à l'anglaise, et de bassins en cascade. Le plan du parc est construit autour d'un kiosque par rayonnement des allées. Il se compose d'un jardin à la française et d'un jardin à l'anglaise, séparés par des bassins en cascade. L'ensemble est bordé d'un alignement d'arbres le long de la rivière. Il compte plus de 95 essences (dont le chêne des marais, un savonnier, un tulipier de virginie…). Collections de pivoines. Jardin classé parmi les "jardins du massif central".
Finissez votre escapade touristique par le musée de L’Art en Marche, 9 av 8 Mai 1945. Le musée d'art "hors norme", où sont exposées les œuvres de plus de 150 artistes contemporains d'envergure internationale et qui ne sont pas présents dans les musées traditionnels, inscrit Lapalisse au premier plan des villes "singulières". C'est le musée des créateurs libres de toutes contraintes, de la liberté créatrice, de l'audace et de l'authenticité.
Ne manquez pas également le célèbre Embouteillage de Lapalisse qui a lieu tous les 2 ans en Octobre. Revivez le temps d’une journée les bouchons de la Nationale 7 Historique avec de nombreuses animations sur le thème des années 50-60. Grâce à un formidable engouement, Lapalisse retrouve ses couleurs d’antan au Pays des vérités.